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LE RELAIS TELEPHONIQUE
Relais et amplificateurs téléphoniques.
Différents moyens daugmenter la portée des circuits
téléphoniques ont été indiqués aux
pages « Lignes aériennes » et «Lignes souterraines
».
Indépendamment de la pupinisation et du mode de construction
de Krarup * pour les câbles, on envisagea dautres moyens
et, en premier lieu, on pensa à augmenter l'intensité
des courants microphoniques, mais les charbons, en séchauffant,
se dilataient et perdaient leur mobilité.
Cet inconvénient donna naissance à des microphones à
circulation deau.
* Carl Emil Krarup était un ingénieur télégraphique
danois, principalement connu pour l'invention d'un type de câble
chargé , appelé éponyme câble Krarup, qui
a amélioré la transmission des signaux téléphoniques,
en particulier sur les câbles sous-marins .
On peut citer, tout dabord, le microphone hydraulique du Professeur
Majorana, susceptible de supporter des courants de plusieurs
ampères ;
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1905 Le premier microphone hydraulique italien
a été conçu par le comte Quirio Majorana
de la Poste italienne.
Dans le microphone de Majorana, une fine colonne d'eau tombait
verticalement d'un jet ; la pression à cet endroit était
modulée par le diaphragme du microphone, modifiant le diamètre
de la colonne et faisant ainsi varier sa résistance électrique
lorsqu'elle passait entre les deux contacts au fond du boîtier.
Étant donné que l'élément résistif
était de l'eau (ou plutôt de l'eau additionnée
d'acide sulfurique ou de sels pour augmenter sa conductivité),
un refroidissement était intégré, mais on
peut supposer que si une puissance excessive était utilisée,
des nuages de vapeur commenceraient à sortir du microphone.
Le microphone haute puissance de Majorana a été utilisé
pour la première fois pour la téléphonie longue
distance en Italie en 1906. Comme l'amplification en cours de route
n'était alors pas possible, plus le signal du microphone
est puissant, plus la distance que vous parcourez est grande pouvait
communiquer.
L'étiquette sur l'écran indique "Microphone
hydraulique à jet vibrant pour radiotéléphonie".
L'embout buccal est la corne courte en haut, fixée par
quatre vis. Le robinet tout en haut est le raccordement pour larrivée
deau.
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Ensuite le microphone réalisé,
en 1907, par Egner et Holmstrôm (téléphone
à courant élevé), qui, après quelques perfectionnements,
permit, en 1909, de correspondre entre Berlin et Stockholm, entre Paris
et Stockholm et enfin entre Paris et Sundsvall, soit sur 2.850 kilomètres,
dont 48 de câble.
Des résultats également satisfaisants furent obtenus avec
le microphone Ericsson, dans lequel quatre électrodes creuses
sont alimentées de liquide par un réservoir clos; un dispositif
de cloisonnement permet de monter ces quatre éléments, soit
tous en parallèle, soit en deux séries de deux éléments
placées en parallèle.
Les deux premiers de ces microphones furent également employés
pour des transmissions radioléléphoniques.
Le problème, qui avait donné naissance à tous ces
instruments, devait nécessairement, par analogie, orienter les
recherches vers une retransmission semblable à celle quon
effectue sur les longues lignes télégraphiques.
Lidée dun tel relais avait été formulée,
dès 1878, par Du Moncel, mais, bien que
Hughes, qui avait procédé à
des expériences, ait déclaré les résultats satisfaisants,
il semble que cette idée soit retombée dans loubli.
1878 un travail intéressant nous a été
communiqué par MM. Elihu Houston et Edwin Thomson sur
un relais téléphonique basé sur l'emploi
du microphone. "Dès le mois de février 1878, j'avais
songé à ce problème, et voici ce que je disais
dans ma communication à l'Académie du 25 février
: Si les vibrations de la lame du téléphone récepteur
étaient semblables à celles du téléphone
transmetteur, il est facile de concevoir qu'en substituant au téléphone
récepteur un téléphone à la fois récepteur
et transmetteur ayant sa pile locale, ce dernier pourrait réagir
comme un relais, grâce à l'intermédiaire de la bobine
d'induction, et pourrait ainsi non-seulement amplifier les sons, mais
encore les transmettre à toute distance; mais il n'est pas prouvé
que les vibrations des deux lames en correspondance soient de la même
nature, et si les sons résultent de rétractions et dilatations
moléculaires, le problème serait beaucoup plus difficile
à résoudre".
Ce sont des expériences à tenter. Eh bien! ces expériences
ont été tentées avec succès par M. Hughes,
qui, ainsi qu'on l'a vu, est parvenu, grâce à la combinaison
du microphone au téléphone, à faire un relais téléphonique.
Le relais de MM. Houston et Thomson ne diffère de celui de M.
Hughes qu'en ce que le microphone, au lieu d'être placé
sur une planche de bois à côté du téléphone,
est fixé sur le diaphragme lui-même du téléphone
et se compose de trois microphones à charbons verticaux que l'on
peut associer en tension ou en quantité, suivant les conditions
de l'application. Le modèle de cet appareil est reproduit dans
la Telegraphic Journal du 15 août 1878, et nous y renvoyons le
lecteur qui voudrait avoir plus de renseignements à ce sujet.
D'un autre côté M. Hughes est parvenu à obtenir
un relais téléphonique par l'intermédiaire de deux
microphones à charbon vertical.
En plaçant sur une planchette deux microphones de ce genre, et
reliant l'un de ces microphones à un troisième servant
de transmetteur, alors que le second est mis en rapport avec un téléphone
et une seconde pile, on entend dans le téléphone les paroles
prononcées devant le microphone transmetteur sans que le relais
téléphonique mette à contribution aucun organe
électro-magnétique.
On peut encore obtenir la reproduction de la parole au moyen d'un microphone,
en fixant sur la même planche que ce microphone un aimant en fer
à cheval entre les pôles duquel est adapté un noyau
de fer doux recouvert de la bobine magnétisante. C'est encore
un système de relais téléphonique qui fonctionne
sans diaphragme électro-magnétique.
M. Ader, de son côté,
vient d'exécuter un modèle de téléphone qui
a aussi son mérite. Le récepteur n'est autre chose qu'un
électro-aimant ordinaire à deux branches, dont l'armature
est soutenue à deux millimètres environ de ses pôles,
par une lame de verre à laquelle elle est collée, et qui
elle-même est fixée à deux supports rigides. Pour
entendre, il suffit de l'appliquer contre l'oreille. Le transmetteur est
une tige mobile de fer ou de charbon qui appuie sur un morceau de charbon
fixe, sans autre pression que son poids, et qui porte une plaque concave
devant laquelle on parle. Ces deux pièces sont disposées
de manière à se mouvoir horizontalement, de sorte que, quand
l'appareil est suspendu, le circuit est forcément disjoint par
ce seul fait, alors qu'il se trouve fermé au moment où on
prend l'appareil pour parler. La parole est très-bien reproduite
avec ce système qui, exécuté dans de plus grandes
dimensions, peut transmettre la parole à une certaine distance.
Le Directeur des ateliers de construction des télégraphes
du Brésil M. Bernard Enzmann a dernièrement cherché
une autre solution pour laquelle il a pris des brevets dans plusieurs
pays au commencement de 1888.
Pour plus de détais sur lemploi de ces diagrammes, consulter
louvrage de M. Blakesley. On Altèrnating currents of Ehctricity.
Le système dEnzmann est analogue au système dexploitation
télégraphique par courant de travail. Linventeur emploie
des émissions plus ou moins longues de courants alternatifs rapides;
chaque émission de courant comprend un nombre plus ou moins grand
dondulations, suivant quelle correspond a un trait ou à
un point.
Fig 1
Au bureau transmetteur M. Enzmann se sert dun manipulateur spécial
(fig 1) pourvu dun dispositif qui sert à interrompre automatiquement
le courant primaire. Au bureau récepteur les courants alternatifs
traversent les bobines dun relais téléphonique dont
la membrane enregistre les signaux dans un appareil spécial. Le
relais téléphonique peut naturellement être employé
avec un appareil enregistreur quelconque ou bien donner des signaux Morse
sonores ; la durée de ces derniers est réglée par
la durée de l'émission des courants alternatifs; elle est
courte pour un point, et plus longue pour un trait de lalphabet
Morse.
M. Enzmann a pu réaliser une économie considérable
dans les frais de piles, car le courant quelles fournissent ne circule
pas sur la ligne télégraphique, mais dans un circuit local
seulement. Les piles sont dailleurs utilisées alternativement
pour la transmission et la réception; dans le premier cas, elles
fournissent le courant primaire pour la bobine dinduction et dans
le second elles ne servent que pour lappareil local Morse. Cette
utilisation double dune même batterie est réalisée
au moyen dun simple commutateur.
Avec une batterie composée de 2 à 8 grands éléments
Meidinger, on peut produire un courant qui, grâce à la sensibilité
du relais téléphonique, donne de très bons signaux
Morse sur une ligne dune résistance de 1003300 ohms; on peut
aussi tourner, mettre des aiguilles magnétiques en mouvement, etc.
La sensibilité du relais téléphonique permet également
déviter lemploi de relais de translation, car on pourra
télégraphier directement même à de grandes
distances.
Linstallation des bureaux Morse serait fort simplifiée si
chaque bureau réservait une ligne déterminée exclusivement
à la transmission ou la réception. Comme les deux opérations
ne sont pas simultanées, et comme les signaux émis par je
poste expéditeur doivent être rendus visibles au poste récepteur,
linstallation devient un peu plus compliquée.
La clef dinduction doit donc satisfaire aux deux conditions suivantes
: à létat de repos, elle doit intercaler le relais
téléphonique dans la ligne télégraphique,
mais en abaissant ce levier, ce relais doit être mis hors circuit
en même temps que la bobine secondaire de linducteur doit
être intercalée; dautre part, le levier abaissé
doit fermer le circuit de la pile à travers la bobine primaire
de linducteur pour permettre la production des courants dinduction.
Une clef ordinaire suffit pour la solution du premier problème.
II suffit de la munir dun levier H (fig. 1 et 2) en laiton mobile
sur une pièce m, elle est attirée contre le contact de repos
c par un ressort et vient se placer sur le contact a quand on labaisse.
Les deux ressorts et f1 f2 vissés sur la planchette servent à
fermer le circuit de la pile P pendant la transmission; /j est un peu
plus élevé que f2 et se trouve sous une vis g qui entre
dans le levier dela clef et dont lextrémité inférieure
est pourvue dune pointe isolée.
Quand le levier H est abaissé il établit lé contact
entre f2 et f1 et ferme ainsi la pile P; ensuite H rencontre a et ferme
ainsi le circuit pour les courants alternatifs. Il va sans dire que les
deux clôtures doivent se suivre rapidement, sans quoi il ne pourrait
pas entrer dans la ligne L un nombre considérable de courants alternatifs
produits par linducteur.
La bobine dinduction J ne présente rien de particulier. Linterruption
du courant seffectue de la manière ordinaire par Un marteau
de Wagner.
Le relais téléphonique R est représenté en
coupe et en plan sur les figures 3 et 4. Sur la paroi de derrière
se trouve un aimant S en fër à cheval, fixé au moyen
de la vis B et sur lequel le noyau de lélectro-aimant M est
monté. Devant les pôles de ce dernier, une plaque en fer
Q est disposée de manière à entrer en vibration quand
les bobines de M sont parcourues par des courants alternatifs. Sur le
côté extérieur du cadre se trouve encore un petit
bras s formant un angle et tournant facilement autour de son axe. Lextrémité
de ce bras s repose sur la plaque Q et oscille avec celle-ci. Le contact
entre s et q peut être réglé à volonté
au moyen de la petite vis q pourvu d'un écrou. Le contact est naturellement
moins intime pendant les vibrations quà létat
de repos, par conséquent, un courant électrique traversant
s et q sera beaucoup affaibli pendant les vibrations de la plaque Q, cest-à-dire
pendant la transmission d'une série de coulants alternatifs. Tous
les points de contact sont platinés.
En dehors de ces appareils et de lappareil Morse X, chaque bureau
est pourvu de deux bandes de laiton s munies de 3 bornes pour y fixer
les fils de communication et dun commutateur U dont le bras repose
sur g pendant la transmission dune dépêché et
sur N pendant la réception.
Fig 2
Fig 3 et 4
La communication entre les appareils est représentée sur
la figure 2 où lon voit facilement que linventeur a
intercalé lappareil Morse M dans le circuit dd et établi
une dérivation rr dans laquelle le levier s et la plaque Q du relai
se trouvent. Lintensité du courant en dd augmente par conséquent,
et cest ce qui fait écrire lappareil X aussi longtemps
que la membrane du relais vibre.
La transmission télégraphique se fait maintenant de la manière
suivante :
Dans le bureau transmetteur, le bras du commutateur u est sur g. Si le
levier H est au repos la pile est ouverte puisque f2 et f1 ne se touchent
pas ; un chemin est ouvert de la ligne L par 1, m et c à travers
les bobines du relais R et par t et 4 à la terre T.
Si le levier H est abaissé, il ferme le circuit de la pile P du
pôle positif C passant par 3, u, g, la bobine primaire de linducteur
J et par son interrupteur automatique i, b, par g, f2, f1 et au pôle
négatif et linterrupteurautomatique commence à fonctionner;
mais, dès que le levier H.arrive sur le contact a, linducteur
J émet des courants alternatifs passant dun côté
par x, a, m. et t dans la ligne L et dun autre côté
par y, t et 4 à la terre T. Lenvoi des courants alternatifs
dure aussi longtemps que H reste en contact avec a.
Comme le bras u du bureau récepteur repose sur N la pile P émet
constamment un courant local en partie par dd et z et en partie par n,
q, s, r. Quand les courants alternatifs arrivent à ce bureau ils
vont de L par 1, m,t et v dans les bobines du relais R et continuent ensuite
par t et 4 jusquà la terre, alors lélectro-aimant
M fait vibrer la plaque Q et diminue ainsi le contact entre s et q ; le
eourant passant par lappareil Morse X se trouve par suite considérablement
renforcé et lappareil trace un trait ininterrompu tant que
dure la série des courants alternatifs, cest-à-dire
tant que H reste abaissé au bureau de transmission.
Mais on peut aussi laisser u sur g dans le bureau récepteur.
Dans ce cas lappareil X ne peut naturellement pas fonctionner ;
par contre le relais R fonctionnera comme un parleur et les sons émis
sont de la même durée que les émissions de courants
alternatifs par conséquent R donne pour un abaissement momentané
de la clef au bureau de transmission un son bref correspondant au point
dans l'alphabet Morse et pour un abaissement prolongé un son plus
soutenu correspondant au trait de sorte que les signaux composés
par ces différents sons sont aussi facilement perceptibles que
ceux qui sont écrits sur une bande de papier; la lecture par loreille
exigera certainement moins de peine et moins dattention soutenue
que loisque le commencement et la fin de chaque signal sont indiqués
par un bruit dans la plaque téléphonique.
Rappelons pour terminer comment on sest efforcé, par dautres
moyens plus ou moins parfaits, darriver à des résultats
analogues au moyen dun téléphone ou dun corps
vibrant.
Il faut dabord mentionner le téléphone harmonique
du Pr. Elisha Gray de Chicago qui a réalisé
la télégraphie multiple
au moyen de diapasons réglés à un son déterminé,
Lappareil fonctionnne avec des courants de pile dune même
direction. qui sont décomposés en impulsions rapides au
moyen de vibrateurs. (Cest le dispositif imaginé par Sieur
et employé dans lappel phonique de van
Rysselberghe. N. D. L. R)
Les relais employés par Gray ressemblent au point de vue de leur
fonctionnement électrique aux relais téléphoniques
dEnzmann, mais Gray a recours à des communications locales
très compliquées avec deux circuits locaux pour empêcher
le payeur de donner de faux signaux.
Le capitaine Zigang a «introduit dans sa
trompette électrique un parleur pour la télégraphie
militaire qui produit les signaux Morse de la même manière
que le relais téléphonique dEnzmann par des sons plus
ou moins longs; mais Zigang télégraphie simplement avec
des courants de travail et ne donne quà son récepteur
un dispositif permettant linterruption automatique des courants
télégraphiques longs et courts.
Déjà un peu avant MM. Edison, Smith
et Gilliland avaient imaginé un système
télégraphique permettant de communiquer entre un train en
marche et les gares.
Les signaux Morse sont également reproduits dans un téléphone
par des sons plus ou moins longs, les courants alternatifs sont communiqués
à la ligne et au téléphone par linduction statique
au moyen de charges et de décharges de condensateurs ; ces derniers
étaient dabord chargés délectricité
alternativement positive et négative par les courants induits dans
la bobine secondaire dun inducteur voltaïque.
On travaille avec le courant de repos ce qui rend la lecture des signaux
plus difficile parce que les sons émis par le téléphone
ne représentent pas les signaux même mais seulement les intervalles
qui les séparent.
Plus tard Edison sest également servi du téléphone
dans son phonoplex pour la reproduction des
signaux Morse mais chaque signal est ici idiqué par un bruit au
commencement et à la fin. Chaque bruit correspond dailleurs
à lémission de deux courants dinduction, un
courant douverture puissant et un courant de fermeture plus faible,
le système a donc une certaine analogie avec celui de Varley dont
nous avons parlé plus haut.
Comme on le sait, le phonoplex était au commencement un duplex
car, comme dans le système van Rysselberghe, les courants destinés
à produire les signaux soit sur un relais soit sur un parleur étaient
amortis par un graduateur pour ne pas agir sur le téléphone,
la bobine du graduateur et une clèf de Morse étaient en
même temps placés dans un circuit local afin denvoyer
les courants dinduction sur la ligne pour chaque fermeture et interruption
du courant local.
Labaissement de la clef provoquait dabord linterruption
du courant local, mais immédiatement après quand le levier
de la clef arrivait sur le contact de travail il était de nouveau
fermé par lintroduction dune résistance assez
considérable; quand la clef se relevait, cette dernière
fermeture prenait fin et la première était rétablie
sans la résistance, chaque mouvement de la clef donnait donc lieu
à lémission dun onde dextra-courant.
Edison a plus tard développé son phonoplex en un triplex
en intercalant dans le circuit local dun deuxième graduateur,
un intercepteur téléphonique automatique analogue à
la trompette de Zigang, ce qui permettait, par labaissement de la
clef, deuvoyer une série de paires dextra courants
de puissance égale.
Lélectrophone ou le phonopore,
de M. Charles Langdon-Davies, présente aussi une certaine analogie
extérieure avec le dispositif de M. Enzmann. Le but de M. Langdon-Davies
est également dutiliser simultanément la même
ligne pour la télégraphie ordinaire et la téléphonie.
Le phonopore construit en forme de bobine ressemble exactement a une bobine
dinduction ordinaire ; il a également une bobine primaire,
mais au lieu de la bobine secondaire de linducteur le phonopore
est muni dune bobine composée de deux fils isolés
et très longs qui tous les deux sont isolés à un
bout tandis que les deux autres bouts sont reliés par lappareil
télégraphique ordinaire avec la ligne. Le phonopore est
donc un condensateur et comme tel il peut amener les courants téléphoniques
alternatifs envoyés dans la ligne à un relais spécial
intercalé dans lun des fils où il les fait agir. Ce
relais actionne un appareil Morse ou parleur, mais dune manière
presque identique et aussi compliquée que chez Gray, au moyen de
deux circuits locaux et dun électro-aimant. Le transmetteur
est une clef Morse comprise dans le circuit delà bobine primaire
qui, à laide dun interrupteur automatique sur le phonopore,
envoie une série rapide de courants à travers la bobine
primaire dès que son levier est abaissé, de sorte que cette
bobine agit de nouveau avec les deux autres enroulements comme un condensateur
et la ligne est par conséquent parcourue par une série de
courants alternatifs.
Les téléphones et les appareils analogues sont employés
déjà depuis longtemps pour donner des signaux dappel.
Il est inutile de rappeler les nombreux appareils de ce genre qui ont
été construits.
Le capitaine Cardew a donné, dans une Conférence,
devant la « Society Tetegraph Enginens, tous les détails
des nombreux essais entrepris dans le but dutiliser le téléphone
comme récepteur pour la télégraphie
militaire. Lui aussi sest efforcé de remplacer les bruits
secs dans la plaque téléphonique par des sons plus ou moins
longs et produits par des émissions de courants dune durée
égale à celle du signal. Ces séries de courants étaient
envoyées par des interrupteurs automatiques (parleurs de Theiler).
Linterrupteur était en partie compris dans un circuit local
formant pour la pile une dérivation à la ligne télégraphique.
Nous pouvons enfin mentionner les expériences communiquées
à lAcadémie des Sciences, par M. Ader,
en 1888.
Ader propose de reproduire les signaux Morse, pour la télégraphie
sous-marine dans un téléphone.
En télégraphiant avec des courant de deux directions il
veut obtenir des sons plus forts et de longueur égale, mais dans
deux téléphones différents, dans lun appliqué
à loreille gauche on nentendra que les signaux donnés
par des courants positifs tandis que loreille droite ne perçoit
que ceux donnés par des courants négatifs. (c'est notre
créateur de la stéréo)
Dans les deux cas on se sert dun interrupteur automatique et dans
le dernier encore de piles locales qui sont augmentées ou diminuées
selon les uns des courants télégraphiques.
Cest ainsi quen 1899, la Telegraph
and Téléphone Co offrait une prime dun million de
dollars à linventeur dun relais téléphonique
analogue au relais télégraphique .
Le principe commun à tous les relais, qui furent tout dabord
imaginés, est le suivant :
la membrane dun récepteur est rendue solidaire de la plaque
dun microphone, à laquelle elle communique tous ses mouvements;
on a ainsi une reproduction du courant darrivée, mais la
fidélité plus ou moins grande de celle-ci dépend
essentiellement de la construction de lappareil, car la membrane
réceptrice, dont le rôle ordinaire est de déplacer
seulement des couches d'air, doit ici entraîner un ensemble doué
dinertie et engendrant des frottements, doù une altération
dans la retransmission.
Les divers systèmes se distinguent précisément par
les moyens employés pour tourner cette difficulté.
En 1910, S. G. Brown construisit un relais, dans lequel le microphone
est constitué par une petite pointe de platine sappuyant
sur une lame de même métal, portée par la membrane
du récepteur; les vibrations de celte membrane, sous laction
des courants téléphoniques, provoquent de petites coupures
du circuit microphonique; la résistance de cet intervalle varie
dans de très grandes proportions pour des changements très
faibles de lécartement des électrodes, de sorte que
des coupures de lordre dune fraction de micron suffisent pour
le fonctionnement de ce relais. Deux ans plus tard, linventeur remplaça
ce dispositif par un microphone à granules de charbon; des essais,
effectués entre Londres et Berlin, donnèrent de très
bons résultats.
Nous relevons dans la Zeitschrift fur Fermechanik, les détails
suivants sur un relais téléphonique construit par M. S.
G. Brown.
Le problème du relais téléphonique n'a pas encore
reçu une solution parfaite.
Le renforcement des très faibles courants transmissifs de la parole
parvenant à l'extrémité d'une ligne n'a pu être
encore obtenu avec un degré suffisant d'exactitude de manière
que ces courants renforcés puissent être acheminés
sur une seconde ligne. Pourtant M. G. Brown est arrivé à
un résultat important et pratique.
Le dispositif
employé est représenté sur cette figure.
Les courants d'arrivée sont amenés, par les bornes A d'un
enroulement W en fil fin, enroulement dont les nombreuses spires se trouvent
disposées sur les épanouissements polaires d'un aimant permanent.
Sur les branches de cet aimant glissent les tubes sur lesquels on a enroulé
quelques spires d'un gros fil W du circuit local. Les courants parasites
prenant naissance dans les tubes en cuivre doivent compenser l'effet magnétique
des courants renforcés du circuit local. Avec l'enroulement W
se trouve monté en série, outre la batterie locale E, le
récepteur téléphonique F et le contact microphonique
K. La petite lame de contact disposée sur l'armature a, large d'environ
10 mm, est formée de platine iridié ainsi que la pointe
de la vis de réglage. Cette vis de réglage est disposée
de manière que l'armature a commence à osciller exactement
comme un interrupteur à marteau.
Alors on fait tomber sur le point de contact une goutte d'huile. Dès
ce moment, l'armature cesse d'osciller et le relais se trouve réglé
pour le renforcement des courants. Les effets magnétiques excessivement
faibles des courants transmissifs de la parole en W donnent lieu à
des mouvements très minimes de l'armature, ce qui occasionne de
fortes oscillations de l'intensité du courant du circuit local.
Le contact K doit alors se trouver complètement protégé
contre les ébranlements extérieurs. Le réglage délicat
du contact, nécessaire dans la pratique, constitue le principal
point faible de tout l'appareil, car ce réglage peut se modifier
très vite et très rapidement.
Le relais Erdmann, dans lequel les vibrations de
la membrane réceptrice sont transmises à la membrane microphonique
par une colonne gazeuse en mouvement; Une soupape, en souvrant plus
ou moins sous linfluence de lélectro-aimant récepteur,
fait varier la pression dans un tube où circule le gaz, et cette
variation agit à son tour sur la membrane du microphone.
Les relais de ce genre présentaient linconvénient
de ne pouvoir fonctionner que dans un seul sens; on pensa tout dabord
à duplexer la ligne, mais on éprouva de grandes difficultés
à maintenir un bon équilibre, par suite, notamment, des
variations de la résistance disolement; dans les expériences
relatées ci-dessus, Brown fit usage dun commutateur automatique
extrêmement sensible, pour intervertir les connexions suivant
le sens des courants téléphoniques reçus.
Ce mode permutation était assez délicat, et lon chercha
à rendre la conversation bi-latérale en faisant usage de
deux relais et en mettant sur chaque branche de la ligne le récepteur
de lun et le transmetteur de lautre, suivant un montage tel
que celui de la figure suivante :

On se heurta alors à des phénomènes de résonance,
quon caractérise en disant que les relais forment «
ronfleur » : en effet, si la membrane de lun des microphones
vient à recevoir une impulsion accidentelle, les courants induits,
qui en résultent, vont se fermer sur la seconde ligne en traversant
le second récepteur; celui-ci, à son tour, réagit
sur son propre microphone, qui induit des courants dans le premier récepteur,
et ainsi de suite, de telle sorte que la vibration est indéfiniment
entretenue.
Pour remédier à cet inconvénient, Edison, en
1912, réalisa le montage en différentiel, représenté
par la figure suivante :
Les courants
de la ligne passent dans les enroulements 1 et 2 dun transformateur
différentiel; ceux quils induisent dans lenroulement
3 se rendent dans le récepteur de lunique relais et agissent
sur le microphone: celui-ci induit à son tour de nouveaux courants,
qui, par son secondaire, en dérivation entre 1 et 2, se partagent
en parties égales sur les deux côtés de la ligne,
si les impédances au départ sont convenablement équilibrées,
mais leur action sur lenroulement 3 est nulle.
La Western Electric Co obtint un résultat analogue par
le montage en pont de Wheatstone indiqué ci-après :
Le récepteur
est en dérivation sur les deux fils de ligne; le microphone agit
dans les primaires de deux bobines dont les secondaires sont en série
sur les fils de ligne, de part et dautre de la dérivation
: si les impédances sont égales sur les deux branches,
les courants transmis ne peuvent pas passer par la dérivation.
Deux inventions survinrent en téléphonie, qui sont à
considérer comme de grandes conquêtes de la technique moderne:
la bobine Pupin (1899)
et la lampe amplificatrice de de Forest (1906), dont l'utilisation
pratique ne fut pas immédiate.
La question des relais téléphoniques entra dans une phase
nouvelle lorsquon pensa à utiliser, pour cet usage, les
tubes à gaz ionisé; en effet, on obtenait,
de la sorte, un retransmetteur absolument dépourvu de toute inertie
mécanique, et on devait arriver à une reproduction beaucoup
plus fidèle de la parole transmise.
Fleming le 16 novembre 1904, breveta le tube redresseur à
deux électrodes, qu'il appela grille oscillatrice.
Valve Fleming
Puis en 1906 en insérant une grille entre lanode
et la cathode d'une lampe diode, l'Américain Lee De Forest
invente la première triode nommée Audion
: un tube à vide capable de provoquer lamplification dun
signal électrique.

Audion ou Triode
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L'audion consistait
en un tube de verre sous vide contenant trois électrodes :
un filament chauffé, une grille et une plaque. Il est important
dans l'histoire de la technologie car il a été le
premier appareil électronique largement utilisé capable
d'amplifier ; un petit signal électrique appliqué
à la grille pourrait contrôler un courant plus important
circulant du filament à la plaque.
La triode Audion d'origine avait plus de gaz résiduel dans
le tube que les versions ultérieures et les tubes à
vide; le gaz résiduel supplémentaire limitait la plage
dynamique et donnait à l'Audion des caractéristiques
non linéaires et des performances erratiques. Développé
à l'origine comme détecteur de récepteur radio
hors site en ajoutant une électrode de grille à la
valve Fleming, il a trouvé peu d'utilisation jusqu'à
ce que sa capacité d'amplification soit reconnue vers 1912
par plusieurs chercheurs, qui l'ont utilisé pour construire
les premiers récepteurs radio amplificateurs et oscillateurs
électroniques Les nombreuses applications pratiques pour
l'amplification a motivé son développement rapide,
et l'Audion original a été remplacé en quelques
années par des versions améliorées avec un
vide plus élevé. |
Dès 1911, Cooper Hewitt démontra,
à l'aide dun tube à vapeur de mercure, que, si lon
enlève le diaphragme dun récepteur téléphonique
et si on maintient lélectro-aimant à proximité
du tube à gaz ionisé, on peut amener lespace occupé
par ce gaz à subir des variations de résistance correspondantes
aux ondes sonores, et former ainsi une sorte de transmetteur téléphonique
; un peu plus tard, de Forest a fait la môme démonstration
en employant son récepteur radio-télégraphique
connu sous le nom de audion.
En 1912, Lieben-Reisz construisit un relais dans lequel lamplification
du courant téléphonique sobtient en faisant passer
le courant reçu entre deux électrodes placées dans
un tube à vapeur de mercure. Un courant de haute tension passe
dans le tube, entre lune de ces électrodes et une électrode
auxiliaire, et subit des variations correspondantes à celles
des courants téléphoniques; en connectant deux ou plusieurs
relais semblables en série, on multiplie les effets et, en employant
des transformateurs convenablement construits, on peut relier des circuits
de longueurs inégales et de caractéristiques différentes
vent proposés; les meilleurs résultats furent obtenus
à laide de la lampe-valve à trois électrodes,
modification de la valve de Fleming, à laquelle on a adjoint
une électrode supplémentaire, appelée couramment
grille; on trouvera plus loin la description et le fonctionnement de
cette lampe.
Il existe un grand nombre de montages, permettant tous la conversation
dans les deux sens et évitant lamorçage des oscillations
entretenues, susceptibles de produire un ronflement ou un sifflement
continus, dans les cas où les impédances des deux lignes
raccordées sont inégales.
Tous ces montages peuvent se classer en deux catégories générales
: ceux qui comportent des dispositifs différentiels, avec ou
sans capacités et résistances de compensation; et ceux
qui réalisent léquilibre à laide de
lignes artificielles.
On désigne couramment sous le nom de relais téléphonique
embroché, celui quon intercale, dune façon
permanente, sur un circuit déterminé; le relais téléphonique
d'intercommunication est celui quon place sur les cordons des
tableaux téléphoniques, en vue daméliorer
les communications entre deux circuits quelconques.
1917 Le Relais téléphonique embroché, à
transmission dappels
Installé à Lyon, en 1917, sur le circuit Paris-Marseille
n° 3, en fil de cuivre de 3 mm.5; laudition est équivalente
à celle quon obtient sur deux autres circuits Paris-Marseille,
qui sont en fil de cuivre de 5 millimètres.
Lemploi de relais permet donc de réaliser des économies
considérables sur le prix détablissement des circuits.
Ce relais a été construit par le Service dEtudes
et de Recherches Techniques de lAdministration, à laide
dappareils établis par M. Marius Latour. Il comprend
un amplificateur à deux étages, formé de deux lampes-valves
montées en série, à la partie supérieure
du meuble, et dont les filaments sont alimentés par une batterie,
b, de 6 volts, à travers un rhéostat, placé entre
les deux lampes.

Les deux plaques, P et P', sont portées à un potentiel
positif par une batterie, b', dont la tension peut varier entre 50 et
100 volts, suivant lisolement de la ligne. Le fonctionnement est
le suivant :
Les enroulements 1, 2, 3, 4 et 5 constituent un seul et même transformateur;
les courants de conversation, arrivant par la ligne, L, ou par L', parcourent
les enroulements 1, 2, 3 et 4; ils sont reproduits, par induction, dans
lamplificateur par la grille, G, de la lampe de gauche et en sortent,
après amplification, par la lampe de droite et lenroulement
6 ; ils gagnent la ligne par lenroulement 7, placé en dérivation
sur le circuit, entre les points A et B, c'est-à-dire au milieu
des enroulements 1 et 2 dune part, 3 et 4 dautre part; deux
résistances de compensation, R et R', shuntant les divers enroulements
du transformateur 1, 2, 3, 4, 5, permettent datténuer les
effets du déséquilibre des impédances entre les deux
côtés delà ligne; on les règle à laide
de deux manettes placées à lavant,du meuble, de telle
sorte que, si les impédances des deux sections deviennent inégales,
une partie du courant passe par les résistances de compensation
qui, en diminuant ainsi lamplification, empêchent lauto-excitation
du relais. On a là, en réalité, un montage différentiel,
dérivé de celui dEdison.
Relais Edison
Les courants de signalisation (courants continus ou alternatifs à
basse fréquence) en traversant les enroulements du relais, pourraient
subir un affaiblissement et parvenir aux bureaux extrêmes avec
une intensité insuffisante.
Un dispositif, analogue à un translateur télégraphique,
et auquel le courant nécessaire est fourni par la machine d'appel
du bureau intermédiaire, assure la réexpédition
de ces signaux. A cet effet, le relais est bloqué par quatre
condensateurs, C, de 4 microfarads chacun ; les deux fils de ligne,
de chaque côté, sont renvoyés à ces condensateurs
par lintermédiaire des armatures des relais retransmetteurs,
dont les butoirs de repos communiquent également avec lentrée
et la sortie dun relais récepteur, rr' ; lorsque des courants
dappel arrivent de la ligne L, par exemple, ils se rendent dans
le relais récepteur, qui actionne, à son tour, le relais,
transmetteur, t. ; celui-ci, coupant la communication de la ligne, L',
avec les condensateurs, reproduit sur cette ligne les appels venus de
L.
La station de relais est avertie automatiquement, dans le cas où
lune des lampes est devenue hors dusage : à cet effet,
lalimentation des lampes a lieu à travers lun des
enroulements dun annonciateur polarisé, a, dont le second
enroulement est relié directement au pôle négatif
de la batterie; le sens donnécde ces courants et le nombre dampères-tours
est tel que, lorsque lallumage est normal, les actions magnétiques
sur le noyau sannulent; mais, dès que lun des filaments
devient défectueux, le second enroulement se trouvé prépondérant,
larmature est attirée et le volet, ç; de lannonciateur
ferme le circuit dune sonnerie.
Les opératrices extrêmes peuvent commander à volonté
lallumage ou lextinction des lampes du relais; dans ce but,
les relais récepteurs, r et r', peuvent, par une seconde armature,
fermer également le circuit dun relais à action
différée, R (voir figure ci dessus) rendu très
paresseux par un frein à glycérine, G. Lorsque le circuit
est fermé, larmature se met lentement en marche, mais la
brièveté des signaux dappel ne lui permet pas daccomplir
la totalité de sa course. Par contre, si lun des extrêmes
envoie un courant prolongé, pendant le temps nécessaire
pour compter lentement jusquà 5, lappendice, A, peut
donner le retour des batteries aux deux ressorts, r et r', reliés
respectivement à un vibrateur et à un électro-aimant
dallumage, E' ; larmature de celui-ci agit sur une came
analogue à celle dun commutateur déclairage;
elle allume les lampes si elles sont éteintes et réciproquement;
en outre, lopératrice entend un son, produit par le vibrateur,
et contrôle ainsi la manuvre effectuée.
Pour appeler la station de relais, les extrêmes envoient un courant
plus prolongé, dune durée égale au temps
nécessaire pour compter jusqu'à 20; lappendice,
A, monte alors jusquà ce que le ressort. /' vienne toucher
la butée, B, et fermer le circuit de la batterie dallumage,
b, sur un annonciateur, a, monté sur la face avant du meuble,
au-dessous de la lampe de gauche.
Pour les cas où les postes extrêmes oublieraient déteindre
les lampes, un boulon, placé entre les deux commutateurs de compensation,
permet dactionner en local le relais, R, et de provoquer lextinction.
Ce système de relais a été utilisé, pendant
la dernière guerre, notamment pour assurer la liaison entre Compiègne,
siège du Grand Quartier Général, et Milan, base du
corps expéditionnaire français en Italie. lia été
installé ultérieurement à Lyon, sur le circuit Paris-Turin.
...
Les brevets INPI
- Genre de relais téléphoniques 163206
08.07.1884 ; BOY Paris
- Relais téléphonique 171673
15.10.1885 ; DE COMBETTES Léonce VERSTRAET Louis Paris
- Système de relais téléphonique 218880
23.01.1892 ; LAULANIE Paris
- Nouveau relais téléphonique 239009
04.06.1894 ; GILLMORE Paris
- Nouveaux systèmes de microphones et relais téléphoniques
246887
25.04.1895 ; LE GOAZIOU Pierre Paris
- Relais téléphoniques, 293269
14.10.1899 ; RICHARD-CHALEIL Clermont-Ferrand
- Relais téléphonique acoustique 297879
06.03.1900 ; LEARD Auguste DIGEON et aîné Paris
- Relais téléphonique 302424
24.07.1900 ; TICE URMSON PARSONS HULL Paris
- Relais téléphonique 310065
18.04.1901 ; ANGELINI JENGO Paris
- Relais téléphonique 309871
12.04.1901 ; FABRIZI BLANC Paris
En Suisse
Citons ici in extenso, avec la permission de son auteur, M. Mûri,
chef de la division des télégraphes et des téléphones,
l'exposé de ces deux inventions dans sa brochure, publiée
en 1930, « Le développement du téléphone
en Suisse »
C'est la bobine de réactance ou bobine Pupin, imaginée
par le professeur serbe Pupin. Intercalée sur les conducteurs
d'un câble à des intervalles réguliers d'environ
1,8 km, cette bobine a pour effet de diminuer sensiblement l'affaiblissement
de la voix et d'accroître ainsi la portée des communications
téléphoniques. Mais cette invention, à elle seule,
eût été insuffisante pour assurer une audition parfaite
sur de longs câbles; il fallut recourir à un autre dispositif,
au relais ou amplificateur téléphonique qui, inventé
peu avant la grande guerre, reçut dès lors de notables
perfectionnements.
Cette dernière invention a contribué encore plus que la
première à améliorer les communications téléphoniques
par câble. Le but du relais amplificateur est de restituer au courant
de conversation affaibli par la distance la quantité d'énergie
perdue. Il permet non seulement d'augmenter la portée d'audition
de la parole, mais encore, et c'est là un avantage inestimable,
de réduire notablement le diamètre des conducteurs nécessaires
et, partant, le coût des lignes souterraines. Au lieu des conducteurs
de cuivre de 3 mm employés dans la construction des lignes aériennes
on peut, grâce au relais amplificateur, utiliser des conducteurs
de 1 mm ou d'un diamètre plus petit encore, suivant les circonstances.
Les relais téléphoniques sont groupés dans des stations
dites amplificatrices où, si besoin est, ils sont surveillés
et réglés. Ces stations sont espacées les unes des
autres de 75 à 150 km suivant la constitution des câbles.
Les conducteurs de 1 mm de diamètre doivent être amplifiés
tous les 70 à 80 km, ceux de 1,5 mm tous les 150 km en moyenne.
La Suisse possède des stations amplificatrices à Brigue,
Lausanne, Berne, Olten, Zurich, St-Gall, Coire, Altdorf, Faido et Lugano.
Pour la mise en valeur pratique des deux inventions retentissantes de
Pupin et de de Forest, la direction des télégraphes suisses
élabora tout d'abord
un programme pour un réseau interurbain souterrain devant rester
limité aux besoins du pays. Mais l'idée d'une interpénétration
téléphonique des pays européens cheminait.
Au printemps 1923 les représentants officiels des Etats de l'Europe
occidentale, la Suisse comprise, se réunirent en conférence
à Paris en vue d'étudier les voies et moyens propres à
développer uniformément et rationnellement le réseau
téléphonique européen. De cette conférence
naquit le « Comité consultatif international des communications
téléphoniques à grande distance» (aujourd'hui
C. C. I. F.). Ce comité arrêta les programmes de construction
et fixa les normes et dispositions devant régler la téléphonie
internationale.
L'exécution du programme suisse dut être activée
en raison de l'électrification générale des grandes
lignes des chemins de fer fédéraux. Conformément
à ce programme une artère principale a été
constituée au travers du territoire national, de Genève
à St-Gall, avec ramifications de Lausanne à Brigue, de
Berne à Neuchâtel, Bienne et La Chaux-de-Fonds d'une part
et de Berne à Interlaken d'autre part, d'Olten à Bâle,
d'Olten et de Zurich au Tessin par Lucerne et le Gothard, de Zurich
à Coire et l'Engadine, de Winterthour à Schaffhouse et
de Frauenfeld à Kreuzlingen. Une dernière ramification,
de Lausanne à Yverdon, va très prochainement réaliser
le parachèvement du programme suisse.
Rappelons à ce sujet que l'établissement du premier tronçon
Genève-Lausanne (60 km) du réseau interurbain a été
établi en 1920, dans le court délai de 4 mois, pour être
inauguré la veille de l'ouverture de la première assemblée
de la Société des Nations.
(Dans la suite il fallut poser sur tronçon un deuxième,
puis un troisième câble, comme il a fallu le faire, au reste,
entre d'autres centres importants tels que Berne et Zurich, Zurich et
Bâle, par exemple.) Le câble pupinisé, à 40
X 2 paires, fut fourni et posé par la maison Siemens et Halske.
Nous citons ce fait parce qu'il marque le point de départ des efforts
entrepris par l'administration des télégraphes auprès
des industriels nationaux, afin que la Suisse devienne de moins en moins
tributaire de l'étranger pour la fourniture de ses câbles
interurbains aussi bien qu'urbains. Ces efforts ont été
couronnés de succès. Les câbleries de Cossonay, de
Cortaillod et de Brougg sont maintenant outillées pour satisfaire
aux exigences de la téléphonie moderne.
L'augmentation énorme des conducteurs souterrains près
de 1 100 000 km de longueur de fils est significative de la popularité
toujours plus grande dont jouit l'usage du téléphone au
sein des populations de la Suisse. L'augmentation des conducteurs aériens
48 613 km est plus modeste. La prépondérance
des lignes souterraines est manifeste, ce qui ne veut point dire que
les lignes de poteaux disparaîtront de nos campagnes.
En Amérique :
L'un des premiers domaines dans lesquels les valves
(Triode, lampe à vide) ont été utilisées
était la fabrication de répéteurs téléphoniques,
et bien que les performances soient médiocres, elles ont permis
d'améliorer considérablement les circuits téléphoniques
longue distance.
Cette question a fait l'objet d'un rapport de MM. Clark et Osborne (Etats-Unis),
dans lequel les auteurs font un intéressant historique de l'installation
des câbles téléphoniques aux Etats-Unis, et montrent
les étapes successives qui ont conduit à la technique
moderne des câbles à grande distance.
Les premiers circuits en câbles pupinisés utilisés
aux Etats-Unis furent posés en 1902.
La distance couverte n'était que de 17 km, entre New York City
et Newmark dans le New Jersey. Au cours des années suivantes,
la portée des câbles s'accrût et atteignit des distances
de l'ordre de 150 km. Ces câbles primitifs ne contenaient que
des circuits réels.
Ce n'est qu'en 1910 que les problèmes posés par
l'utilisation des circuits combinés ou fantômes
notamment en ce qui concerne les phénomènes de diaphonie
entraînés par le déséquilibre entre conducteurs
furent résolus et permirent la pose d'un câble destiné
à relier Boston à Neponset (Massachusetts).
L'année 1914 marque le point extrême de l'évolution
des câbles chargés à conducteurs de gros diamètre,
avec la pose du câble de Boston à Washington couvrant une
distance de 724 km.
En janvier 1915, le répéteur téléphonique
à tube à vide fut utilisé pour la première
fois avec succès, lors de l'inauguration de la ligne téléphonique
New York San Francisco.
On chercha a développer ces installations; mais, on ne tarda
pas à constater que les circuits à 2 fils munis de répéteurs
auraient toujours une portée limitée, en raison des difficultés
d'équilibrage des répéteurs et de l'influence marquée
des phénomènes de diaphonie dans ces circuits. Aussi fut-on
conduit à expérimenter une nouvelle méthode consistant
à utiliser des circuits à 4 conducteurs.
Cette expérimentation mit en évidence des difficultés
d'un autre ordre, notamment celle d'obtenir une courbe d'affaiblissement
à peu près uniforme pour toutes les fréquences
transmises.
En 1932 Il fallut alors, procéder à des études
nouvelles sur la valeur de la charge à donner aux bobines Pupin,
étude qui aboutit au système de pupinisation connu sous
la désignation abrégée H. 44-25, consistant dans
l'introduction tous les 1830 m de bobines de 44 mH. sur les circuits
réels et 25 mH. sur les circuits fantômes. D'après
les auteurs, ce fut le commencement des circuits modernes en câbles
à grande distance en Amérique.
Après cet exposé, MM. Clark et Osborne passent à
la spécification des circuits téléphoniques interurbains
en câbles, signalant qu'ils se borneront à
citer les caractéristiques principales des types de circuits
utilisés aux Etats-Unis en s'efforçant d'en justifier
le choix. Ils passent ainsi en revue : les constantes du câble
interurbain normal utilisé dans le réseau du système
Bell; les caractéristiques des circuits réels et des circuits
fantômes; les conditions d'utilisation des circuits à 2
et à 4 fils; l'inductance et l'espacement des bobines de charge
qui, pour des raisons d'économie, correspondent à des
pas de pupinisation respectivement de 915 et de 1830 m ; l'espacement
des répéteurs et des régulateurs automatiques de
la transmission les répéteurs étant placés
à une distance aussi voisine que possible de 80 km, les régulateurs
automatiques, généralement introduits sur les câbles
aériens d'une longueur supérieure à 80 ou 160 km
étant disposés de préférence toutes les
deux stations de répéteurs .
Les auteurs examinent également: les gains de transmission des
répéteurs tant en ce qui concerne les circuits à
4 fils que les circuits à 2 conducteurs; la régularité
de l'impédance en ce qui concerne l'utilisation des circuits
à deux fils et la limitation de la diaphonie, tant à l'émission
la plus importante
pour les circuits à deux fils qu'à la réception
la plus importante pour les circuits à quatre fils . Ils signalent
à ce sujet les précautions prises dans la constitution
des câbles pour séparer l'un de l'autre le groupe des voies
d'aller et le groupe des voies de retour des circuits à 4 fils,
à cause des différences relativement importantes entre
les niveaux de transmission sur les voies d'aller et de retour. Enfin,
ils examinent le problème de 3 a limitation de la distorsion
de phase, très importante dans le cas des longs circuits à
4 fils, et à laquelle on peut dans une certaine mesure porter
remède par l'utilisation de dispositifs appelés «
compensateurs de phases ».
Les auteurs examinent ensuite les caractéristiques de fonctionnement
des câbles. Après avoir défini la perte nette minimum
de puissance en service et indiqué le rôle qu'elle joue
dans la détermination des portées des' câbles selon
leur spécification, ils étudient, avec courbes à
l'appui, les pertes nettes minima de puissance admissibles en service
pour des circuits à deux fils et à quatre fils utilisés
exclusivement pour le trafic terminal. Suit rémunération
des conditions imposées aux caractéristiques techniques
des câbles aux Etats-Unis, de manière à permettre
l'interconnexion des divers réseaux. Ces conditions, relativement
peu différentes de celles qui ont été arrêtées
par le Comité consultatif international des communications téléphoniques
à grande distance, figurent en même temps que ces dernières
au rapport.
L'une des parties les plus intéressantes de l'étude concerne
les conditions à imposer à l'avenir aux câbles téléphoniques
pour la réalisation des très
grandes portées. Les spécifications actuelles permettent
de réaliser dans de bonnes conditions des liaisons atteignant
3000 km. Mais, l'expérimentation effectuée sur des longueurs
de câble à 4 fils dépassant 6000 km a montré
que des modifications devront être apportées aux caractéristiques,
si l'on veut établir de bonnes liaisons à des distances
de cet ordre ou à des distances supérieures.
Il faudra, en particulier, des suppresseurs d'écho plus efficaces.
Les appareils du type ordinaire ne permettent pas, pour des distances
de Y ordre de 6000 km, une exploitation convenable avec la perte nette
de puissance de 9 décibels qu'il est désirable de réaliser.
En ce qui concerne la distorsion de phases, alors que des compensateurs
ne semblent pas nécessaires pour des circuits de l'ordre de 3000
km, il faudra envisager l'utilisation systématique de tels dispositifs
lorsque la distance deviendra double.
Le temps de propagation lui-même, dans un circuit à charge
légère de 6000 km, prend une importance relativement grande;
il devient de l'ordre du quart de seconde dans chaque sens, ce qui est
la limite provisoire fixée par le C. C. I. Tph. pour la communication
entière. En raison de ce temps de propagation, les suppresseurs
d'écho introduisent certains troubles dans l'échange des
communications. En supposant, en effet, les suppresseurs d'écho
distants de 3000 km, le temps de propagation entre ces dispositifs est
de l'ordre du huitième de seconde pour chaque sens de transmission.
S'il y a simultanéité de conversation aux deux extrémités
du circuit, les deux suppresseurs d'écho fonctionnent en même
temps, bloquant chacun
une voie du circuit, et introduisent, de ce fait, dans la conversation,
des trous qui sont appréciables.
Toutes ces considérations montrent que des circuits en câbles
meilleurs que les circuits actuels sont nécessaires pour réaliser
d'une manière satisfaisante des communications à très.grandes
distances.
Peut-être faudra-t-il s'adresser au téléphone par
courant porteur pour résoudre ce problème, la vitesse
de propagation d'un tel courant étant de l'ordre de 160 000 km
à la seconde en tenant compte de l'accroissement du temps de
propagation dû aux appareils.
Comme conclusion de leur rapport, les auteurs signalent que, bien que
le développement de la technique de la téléphonie
à grande distance ait été très rapide au cours
des derniers vingt ans, il n'est pas exagéré de prévoir
pour les vingt ou trente prochaines années des progrès techniques
au moins aussi importants.
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