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Le téléphone
acoustique et/ou le téléphone à ficelle
La TÉLÉPHONIE est l'art de
reproduire les sons à distance de leur source.
Le terme a été utilisé pour la première
fois par Philip Reis de Friedrichsdorf,
dans une conférence prononcée devant la Société
de Physique de Francfort en 1861. Mais, bien que cette conférence
et les travaux ultérieurs de Reis aient reçu une
attention considérable, peu de progrès ont été
réalisés jusqu'à ce que le sujet soit abordé.
entre 1874 et 1876 par Alexander Graham Bell,
Au XIX ème siècle, on a longtemps vendu dans
les magasins de jouets un petit instrument appelé téléphone
à ficelle.
C'était un dispositif acoustique assez rudimentaire.
Aujourd'hui pour amuser
les enfants, deux boites de conserve ou deux pot de yaourt et
une ficelle suffisent pour fabriquer un téléphone
à ficelle.
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Ce concept remonte
en 1665, Robert
Hooke publia un livre intitulé « Micrographia,
ou quelques descriptions physiologiques de corps minuscules
faites à la loupe avec observations et enquêtes
à ce sujet ». Le livre de Hooke contient des
descriptions de corps minuscules réalisés à
laide de loupes et de protomicroscopes primitifs (comme
indiqué dans le titre du livre), ainsi que des «
Observations et enquêtes » sur ceux-ci.
Dans la préface du livre, Hooke affirme que les murmures
les plus bas, par certains moyens (qu'il ne révèle
pas dans le texte), peuvent être entendus à une
distance d'un mètre (égale à un huitième
de mile, soit 220 mètres). 660 pieds ou 201,168 mètres).
Il prétend également qu'il connaissait un moyen
par lequel il est facile d'entendre quelqu'un parler à
travers un mur de trois pieds d'épaisseur, et qu'au
moyen d'un « fil tendu », le son peut être
transmis à une très grande distance, presque
en un instant !
Robert Hooke philosophe naturel formé à
Oxford et membre de la Royal Society - essentiellement un
mathématicien dont les travaux théoriques et
expérimentaux ont aidé réaliser la révolution
scientifique en Europe. |
La formulation et lorthographe exactes (archaïques)
de Hooke sont les suivantes :
« Et comme les lunettes ont grandement amélioré
notre vision, il nest pas improbable quil puisse y
avoir de nombreuses inventions mécaniques pour améliorer
nos autres sens, louïe, lodorat, le goût,
le toucher. « Il nest pas impossible dentendre
un murmure à une distance de quatre cents mètres,
cela ayant déjà été fait ; et peut-être
que la nature de la chose ne la rendrait pas plus impossible,
même si ce stade serait dix fois multiplié. Et bien
que quelques auteurs célèbres aient affirmé
quil était impossible dentendre à travers
la plaque la plus fine de verre de Moscovie ; pourtant je connais
un moyen par lequel il est assez facile dentendre quelquun
parler à travers un mur dun mètre dépaisseur.
On n'a pas encore examiné à fond jusqu'où
les _Otocousticons_ peuvent être améliorés,
ni quels autres moyens il peut y avoir pour _accélérer_
notre ouïe, ou _transmettre_ le son à travers _d'autres
corps_ que l'_Air_ : pour cela, ce n'est pas le seul _medium_,
Je peux assurer le lecteur que j'ai, à l'aide d'un _fil
distendu_, propagé le son à une distance très
considérable en un _instant_, ou avec un mouvement
aussi apparemment rapide que celui de la lumière, du moins
incomparablement plus rapide que cela, qui en même temps
se propageait dans lAir ; et cela non seulement en ligne
droite, ou directe, mais en une ligne courbée sous plusieurs
angles
»
On se demande de quoi Hooke parle. A-t-il inventé
le téléphone ?
Pas exactement, mais presque. Il savère quen
plus de toutes ses autres grandes découvertes scientifiques,
il a également mené, de 1664 à 1685, des
expériences peu connues sur lacoustique et lenvoi
du son à travers un fil. Il s'agissait de cadres en bois
placés au sommet des collines, d'écouteurs, de fils
tendus et de cylindres. Dans son journal, par exemple, il écrit
: « Demain, nous ferons une bonne expérience de la
vitesse des vibrations dune corde qui sonne, et je vous
en parlerai dici la prochaine fois. »
Dans un article ultérieur, Hooke note son étonnement
que le son, voyageant sur une corde, puisse contourner un coin.
Ces expériences démontrèrent que «
le nombre de vibrations d'une corde étendue, produites
dans un temps déterminé, était nécessaire
pour donner un certain ton ou une certaine note. [Par ceci] il
a été constaté qu'un fil faisant deux cent
soixante-douze vibrations en une seconde de temps sonnait G Sol
Re Ut dans l'échelle de toute la musique ».
L'invention d'un téléphone à ficelle est
attribuée à Hooke dès 1667.
M. Antoine Bréguet
présente de la part de M. Edouard André un téléphone
à ficelle trouvé dans la Nouvelle-Colombie en janvier
1876.
Linstrument paraîtrait connu dans la Nouvelle-Grenade
depuis longtemps. M. Niaudet attribue
linvention du téléphone à ficelle à
M. Weinhold, professeur de physique à Chemnitz qui a publié
en 1870 dans le Repertorium für experimental Physik, le détail
dune expérience sur la transmission de la voix humaine
par un fil de fer.
sommaire

« II n'est pas impossible, dit-il, d'entendre un chuchotement
à la distance d'un furlong (200 mètres),
et même le fait a déjà eu lieu; peut-être
la nature de la chose ne la rendrait pas plus difficile quand
même cette distance serait dix fois plus grande. Je puis
assurer le lecteur qu'à l'aide d'un fil tendu j'ai propagé
le son à une distance très considérable,
non seulement en ligne droite, mais en une ligne brisée
faisant des angles nombreux. »
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Le téléphone à
ficelle se compose de deux cornets, ou embouchures, de bois
léger, fermées au fond par une membrane de parchemin.
Un fil de soie ou de coton, arrêté par un noeud,
est fixé au milieu de chaque membrane.
S'il est bien tendu en ligne droite, ce fil peut transmettre
la voix à environ cinquante mètres.
Une personne parle, en appliquant sa bouche sur l'embouchure
de l'un des cornets ; tandis qu'une seconde personne place
l'autre cornet à son oreille.
Les paroles sont ainsi assez facilement entendues.
Il faut seulement que le fil ne fasse ni inflexions, ni coudes,
qu'il soit rectiligne.
M. Brégnel est pourtant parvenu à faire parler
un fil présentant plusieurs inflexions. Pour cela il
a fait usage, comme supports, placés de distance en
distance, d'espèces de petits tambours de basque, par
le centre desquels il fait passer le fil.
Le son partant de la membrane dans laquelle on parle, étant
conduit par le fil, fait vibrer la membrane du petit tambour
de basque qui sert à former un coude, et ledit tambour
de basque transmet sa vibration à la partie du fil
qui suit. On peut, de cette manière, multiplier les
coudes, sans rien enlever à l'intensité des
paroles transmises,
Quel est l'inventeur du téléphone à ficelle
? M. Preece, électricien anglais, a revendiqué
cette invention pour un physicien de sa nation, Robert Hooke,
contemporain de Denis Papin, qui vivait au dix-septième
siècle. |
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Hooke, au XVIIe siècle, utilisa
ses nouvelles connaissances acoustiques pour construire divers
instruments de musique.
En septembre 1672, il nota dans son journal qu'il avait inventé
un moyen simple pour « un cylindre musical avec des pointes
d'étain pincées entre des anneaux de cylindre »
de transmettre le son une sorte de téléphone
musical, puisqu'il n'y a aucune preuve qu'il tentait de transmettre
la voix. Hooke a cependant inventé une grande « oreille
» en forme de corne, un « grand récepteur conique
en étain pour grossir les sons ; ce qui, après avoir
été essayé, s'est avéré faire
entendre distinctement les mots prononcés doucement à
distance ; alors quils ne pourraient pas être ainsi
entendus sans cet instrument », comme le raconte la Royal
Society.
200 ans plus tard, Thomas Edison a reproduit les expériences
de Hooke avec la trompette auriculaire, appelant
son appareil un mégaphone.
Il en combina deux (un pour chaque oreille) avec une trompette
parlante. On rapporte qu'une personne criant aussi fort que possible
pourrait être entendue jusqu'à trois kilomètres
de distance et qu'un murmure pourrait être entendu à
une distance allant jusqu'à 1 000 pieds.
Hooke a été profondément influencé
par ses recherches sur l'acoustique et la nature physique du son.
Dans plusieurs de ses écrits, il parle de vibrations, de
pulsations et danalogies musicales dans sa tentative de
rendre compte de tous les phénomènes physiques de
lunivers, qui, selon lui, fonctionnaient selon les principes
de « lharmonie » et de la « dissonance
». Cela est probablement dû au fait que dans la période
précédant juste lère proto-scientifique
de Hooke, on pensait quil existait une relation étroite
entre lacoustique musicale et la magie. Les qualités
« magiques » de la musique pourraient être rendues
empiriquement discernables via des phénomènes tels
que la vibration sympathique la capacité dune
corde vibrante à mettre en mouvement une autre corde à
distance. Pour un observateur du XVIe siècle, la vibration
sympathique était évidemment un exemple des pouvoirs
occultes de la musique. Les philosophes naturels de lépoque
croyaient quun type similaire de résonance sympathique
se produisait lorsque loreille humaine percevait de la musique
et que certaines « affections » pouvaient être
« mises en mouvement » chez lauditeur. Pythagore,
après tout, considérait le corps humain comme une
sorte de monocorde étendu composé de diverses proportions
harmonieuses.
Même pour un chercheur plus scientifique
du XVIIe siècle comme Hooke, une corde de violon vibrant
en résonance sympathique avec une autre était appelée
« corde magique ». Les historiens des
sciences nous ont montré que la corde vibrante nétait
pas seulement un dispositif mental heuristique pour Hooke, mais
un modèle fondamental permettant de comprendre et dexpliquer
dautres phénomènes naturels tels que le magnétisme,
la lumière et la gravité.
Agé de seulement dix-neuf ans, en
septembre 1821, Charles Wheatstone a présenté
au public un objet connu sous le nom de « lyre enchantée
», « Acoucryptophone » ou « lyre
magique » dans un magasin de musique de Pall Mall
et à l'Adelaide Gallery.
La « lyre » était suspendue au moyen d'un
fil passant à travers un tube dans le plafond jusqu'à
la pièce au-dessus, et là fixée à
la table d'harmonie d'un piano. Les vibrations de la planche
étaient transmises le long du fil jusqu'à l'instrument
et y étaient renforcées par sa caisse de résonance,
de sorte que l'instrument semblait jouer tout seul.
En 1831, Wheatstone décrit sa « lyre magique
» et démontre la conduction du son au moyen de
fils métalliques à la Royal Institution.
Il démontra qu'en reliant les tables d'harmonie de
deux instruments de musique au moyen d'une fine tige de bois,
un air joué sur l'un d'eux serait fidèlement
reproduit par le téléphone. autre. Les tables
d'harmonie des instruments de musique de Wheatstone suggéraient
l'utilisation d'une caisse de résonance plus pratique,
et on découvrit bientôt qu'une corde tendue ferait
tout aussi bien l'affaire pour transmettre un son d'une caisse
à une autre. Les physiciens ont donc très tôt
compris que le son pouvait être transmis sur une distance
considérable par un simple dispositif mécanique.
Bien que plusieurs brevets soient apparus, lidée
denvoyer de la voix sur une corde vibrante a été
reléguée au jouet connu sous le nom de «
télégraphe de lamoureux », ou deux
membranes de parchemin tendues sur des anneaux reliés
au centre par un fil de soie.
Pour terminer l'histoire, au cours de ses premières
années dexpérimentation en acoustique,
Wheatstone spécula sur les possibilités de transmission
du son sur de longues distances, ce qui le conduisit à
expérimenter la télégraphie électrique
dans les années 1830.
En 1837, Cooke et Wheatstone ont breveté le système
télégraphique électrique à «
cinq aiguilles ». |
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Nous ferons pourtant remarquer
que dans le texte de Robert Hooke, il ne s'agit nullement d'une
membrane vibrante, ni d'une embouchure. Il n'est question que
d'un fil tendu transmettant instantanément le son.
Mais le fait de la transmission du son par des corps solides d'une
grande longueur, était connu depuis longtemps. Les anciens
eux-mêmes savaient que les poutres et les conduites métalliques
transmettent instantanément le son à de très
grandes distances.
Le texte de Robert Hooke ne mentionnant que la transmission du
son par un fil tendu en ligne droite, ne peut aucunement s'appliquer
à un télégraphe pourvu de deux membranes
vibrantes.
C'est donc à tort, selon nous, que M. Preece veut faire
honneur de cette invention à Robert Hooke.
Voici le passage extrait des oeuvres de Robert Hooke par M. Preece,
et invoqué par lui, à l'appui de là prétendue
découverte du téléphone à ficelle.
« II n'est pas impossible, dit Robert Hooke, d'entendre
un bruit à grande distance, car on y est déjà
parvenu, et l'on pourrait même décupler cette distance
sans qu'on puisse taxer la chose d'impossible. Bien que certains
auteurs estimés aient affirmé qu'il était
impossible d'entendre à travers une plaque de verre noircie
même très mince, je connais un moyen facile de faire
entendre la parole à travers un mur d'une grande épaisseur.
On n'a pas encore examiné à fond jusqu'où
pouvaient atteindre les moyens acoustiques, ni comment on pourrait
impressionner l'ouïe par l'intermédiaire d'autres
milieux que l'air, et je puis affirmer qu'en employant un fil
tendu, j'ai pu transmettre instantanément le son à
une grande distance, et avec une vitesse, sinon aussi rapide que
celle de la lumière, du moins incomparablement plus grande
que celle du son dans l'air.
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Cette transmission peut être
effectuée non-seulement avec le fil tendu en ligne droite,
mais encore quand ce fil présente plusieurs coudes.
On voit qu'il n'est nullement question, dans ce passage, assez
embrouillé, du reste, de membrane résonnante, ni
de cornet acoustique, et que tout se réduit à la
mention d'un fil tendu en ligné droite, ou faisant des
inflexions. Mais tout le monde savait qu'une longue poutre transmet
à son extrémité le bruit d'une montre. Robert
Hooke ne fit que remplacer la poutre par un fil. Nous ne voyons
pas là le télégraphe à ficelle qui
vient d'être décrit.

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Le fait est que l'inventeur du télégraphe
à ficelle est parfaitement ignoré.
Il n'a jamais existé aucun engin semblable dans un cabinet
de physique, ni au siècle dernier, ni pendant le nôtre.
Or, les cabinets de physique en auraient certainement conservé
des modèles si un physicien estimé comme l'était
Robert Hooke eût jamais construit un instrument de ce genre.
Ainsi, l'origine du télégraphe à ficelle se
perd dans un lointain ténébreux
M. Edouard André, qui tut chargé par le gouvernement
français, en 1870, d'une mission scientifique dans la Nouvelle-Grenade,
en rapporta cet instrument, qu'on appelle dans ce pays fonoscopio,
et qui sert à amuser les enfants, grands et petits.
Les membranes résonnantes sont en vessie de porc, et les
cornets récepteurs en bambou : le fil est en coton.
On en trouve dont le fil n'a pas moins de 60 mètres de long.
D'après les notables de la Nouvelle Grenade, le fonoscopio
était connu dans ce pays depuis la conquête du Nouveau
monde par les Espagnols.
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Dans la république de l'Équateur on trouve
également le fonoscopio servant de jouet aux enfants.
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Dans une des dernières séances du
Verein fur Eisenbalinkunde, à Berlin, on a pu voir exposé
un téléphone à ficelle qui a été
remarquablement perfectionné par M. l'architecte Genzmer.
Dans cet instrument, l'appareil récepteur et l'appareil expéditeur
sont des boîtes en bois de 20 centimètres de longueur,
12 centimètres de largeur et 10 centimètres de profondeur.
La transmission du son se fait au moyen d'un fil d'acier galvanisé
de 3 millimètres de diamètre. A chaque bout le fil
passe dans un petit trou pratiqué dans la boite et est noué
à l'intérieur, de façon qu'il suffit de tendre
le fil, pour le fixer solidement contre le fond.
Grâce à un artifice assez ingénieux, le fil
peut faire des angles sans que cela nuise aux vibrations. Une installation
de ce genre fonctionne depuis longtemps déjà, paraît-il,
avec un plein succès sur une distance de 300 mètres
avec un fil qui ne fait pas moins de 14 angles. Ce système
présente les avantages suivants : il est excessivement bon
marché et transmet les sons si distinctement qu'on peut,
dit-on, entendre quelqu'un qui parle à voix basse à
2 mètres de l'appareil.
En fait, le téléphone à ficelle était
déjà connu bien avant en Nouvelle Grenade introduit
par les espagnols. Il était alors constitué de deux
cornets en bambou sur lesquels étaient tendues des membranes
en vessie de porc.
Musée du téléphone jouet en Tanzanie Linden
Autre fait : M. Antoine Bréguet présente de
la part de M. Edouard André un téléphone à
ficelle trouvé dans la Nouvelle-Colombie en janvier 1876.
Linstrument paraîtrait connu dans la Nouvelle-Grenade
depuis longtemps. M. Niaudet attribue linvention du téléphone
à ficelle à M. Weinhold, professeur de physique
à Chemnitz qui a publié en 1870 dans le "Repertorium
für experimental Physik", le détail dune
expérience sur la transmission de la voix humaine par
un fil de fer.
Le rédacteur en chef du journal "Scientific
American" du 27 mai 1876 publie un petit article :
Un télégraphe à fil . Un télégraphe
bon marché, utile à certaines fins, peut être
fabriqué de cette manière : on creuse deux cylindres
en étain de la taille d'une petite boîte à dés,
disons de 3 pouces de long sur 1 pouces de diamètre ; on
recouvre un fond de chaque cylindre de parchemin ou de vessie, formant
une peau de tambour. On perce le centre avec une épingle
et on insère un fil solide, et on fait un nud pour
éviter qu'il ne soit retiré.
Avec l'autre extrémité du fil (qui peut être
de n'importe quelle longueur, disons 100 mètres ou plus),
faites de même avec l'autre cylindre, et le télégraphe
est terminé. En gardant le fil bien tendu, afin que la vibration
soit parfaite, une personne qui parle ou même qui chuchote
dans un cylindre peut être distinctement entendue par une
autre personne tenant l'autre cylindre contre l'oreille.
De tels télégraphes de poche faits maison ne seraient-ils
pas très utiles dans les usines, dans les fermes, dans l'armée
et dans bien d'autres situations trop innombrables pour être
mentionnées ?
Une personne entreprenante pourrait réaliser une belle somme
en les fabriquant comme jouets scientifiques pour l'Exposition du
Centenaire.
Le tube pourrait être fait en canne à sucre, et je
suggérerais qu'ils soient fabriqués pour s'emboîter
l'un dans l'autre, afin d'être facilement transportés.
Des modèles plus solides peuvent être fabriqués
avec une corde fine, mais ils seraient plus volumineux.
GEO. QUINCY THORNDIKE
Menton, Alpes Maritimes, France. (L'américain Thorndike
se rendit en France pour étudier la peinture.)
sommaire
Un article amusant : "THE COMMON STRING
TELEPHONE"
Faisant référence au téléphone à
ficelle, constitué d'un morceau de ficelle ordinaire tendu
entre deux cylindres (comme les couvercles des boîtes d'allumettes
cylindriques), qui est depuis quelques années un jouet courant,
non seulement en Europe et en Amérique, mais même dans
Inde. M. A. Houtum-Schindler, inspecteur général des
télégraphes persans, dans une lettre récente
au secrétaire, mentionne qu'à Téhéran,
l'utilisation de ce jouet dans les rues était telle qu'elle
devenait une nuisance et qu'elle avait pour être finalement
interdit par la police. Après quelques expériences
faites il y a peu à Téhéran avec le téléphone
électrique, les Perses remarquèrent que l'invention
de leurs enfants avait été copiée par les Européens
et qu'ils l'appelaient « téléphone ».
Source : l'Almanach agricole de Lancaster, Pennsylvanie,
pour l'année 1879, imprimé par John Bater's Sons.
Comment construire un téléphone de fermier.
Une forme que l'on peut appeler le téléphone du fermier
pour les communications inférieures à mille pieds
peut être présentée à l'intention des
lecteurs agricoles, qui peuvent facilement la construire eux-mêmes.
Prenez du ruban adhésif comme celui qu'utilisent les dames
pour leurs robes, soit en long rouleau, soit en morceaux cousus
ensemble à plat. Chaque fois qu'il est nécessaire
de le soutenir, fixez-le à plat au sommet d'un ressort en
spirale d'environ un pouce et demi de long, fabriqué en enroulant
un petit fil d'acier serré autour d'un crayon à mine.
Les cheminées de lampes à kérosène constituent
les meilleurs embouts buccaux. Sur une extrémité,
étirez un morceau de vieux gant de chevreau ou de papier
épais à la manière d'une peau de tambour en
enroulant fermement une ficelle. Fixez le ruban à plat contre
la surface extérieure du diaphragme de cuir ou de papier
ainsi formé, lors de la conversation, maintenez le ruban
tendu. Les vibrations sonores se propageront sans interruption à
travers les points d'appui des ressorts en acier et la surface plane
de la bande empêche l'anneau musical qui détruit le
caractère distinctif de tels dispositifs constitués
de cordes. De telles lignes de ruban adhésif peuvent être
transportées dans toutes les directions, dans les coins arrondis,
dans les escaliers et en bas sans trop affecter le son, sauf par
la distance.
Source : Expériences téléphoniques de Harry
J. Curl racontées par lui à ET Mahood, au cours de
l'été 1933 à Kansas City, Missouri.
Première expérience téléphonique
Je suis né à Elwood, New Jersey, le 23 avril 1863.
Mon père était télégraphiste, tout comme
plusieurs de mes oncles. En 1879, alors que j'avais seize ans, mon
père et moi avons construit une ligne de poteaux longue d'un
mille et quart entre la gare ferroviaire d'Elwood, New Jersey, où
il était employé comme agent, et notre ferme, afin
d'établir ce que je crois être l'une des premières
lignes téléphoniques dans cette région du pays.
Nous sommes allés à Philadelphie pour acheter du fil.
Nous ne voulions pas utiliser de fil de fer et le seul fil de cuivre
disponible était le fil étiré doux n° 50,
que nous avons acheté. Nous avons suspendu ce fil aux poteaux
avec des boucles de cordes et connecté à chaque extrémité
un téléphone acoustique. Ces téléphones
étaient disponibles à Philadelphie comme jouets. Ils
navaient aucune batterie associée ni aucun moyen de
transmettre des signaux.
Ils opéraient par impulsion physique directe. Lorsque mon
père voulait appeler à la maison, il commençait
à appeler « bonjour » sur son téléphone
et lorsque nous l'entendions, nous répondions.
La transmission était bonne et nous navons eu aucune
difficulté à entendre. Nous avions l'habitude d'inviter
les voisins à écouter de la musique vocale et instrumentale
provenant de la gare située à un kilomètre
et quart de là. C'était la première expérience
téléphonique que j'ai eue. Le fil de cuivre s'affaissait
un peu entre les poteaux et nous devions souvent le tirer vers le
haut et éliminer une grande partie du jeu et, bien sûr,
avec le temps, son diamètre diminuait à tel point
que nous devions le retirer. "
Selon Bill Jacobs : Les
téléphones mécaniques étaient
également utilisés dans une certaine mesure en Grande-Bretagne.
Je me souviens en avoir vu dans l'ancien musée ferroviaire
de York et je suppose qu'il fait toujours partie de la collection
de l'actuel musée ferroviaire, très agrandi. Il y
a également une description dans le livre de Baldwin, History
of the Telephone in the United Kingdom . le Musée des Sciences
en a identifié une paire dans la collection des télécommunications
(non exposée) ; ceux-ci provenaient de la section GER du
LNER en 1923. Mike Horne a découvert qu'une paire était
utilisée à Earls Court sur le Metropolitan District
Railway pour relier le bureau télégraphique sur la
plate-forme en direction ouest avec la cabine de signalisation «
est », qui se trouvait au-delà. la gare. C'était
en 1881.
Comme ils ne contenaient aucun dispositif électrique de transmission
ou de réception, les téléphones mécaniques
ne violaient pas les brevets téléphoniques de Bell.
Par conséquent, ils étaient populaires comme méthode
alternative de communication à courte portée au cours
des premières années du téléphone, lorsque
les appareils étaient chers. Ces modèles ont probablement
été utilisés dans un bureau ou une gare ferroviaire.
Dès
1878 les premiers brevets de téléphones
mécaniques sont
déposés .
Alors
que cela fait deux ans que Bell a déposé
son brevet et que dans beaucoup de pays le téléphone
de Bell commence à s'implanter, nous nous demandons pourquoi
s'investir dans ce genre d'appareil ?

Téléphone expérimental
1878 : Parsons,Shaw, et Daniels
Patent 207 436
La suite de cette rubrique est développée dans la
page téléphones
mécaniques
sommaire
LE TELEPHONE ACOUSTIQUE du 19ème siécle
Les téléphones mécaniques
présentés précedement n'ont pas été
utilsé en France, Bell n'ayant pas obtenu de licence
en France, le téléphone magnétique a été
développé et installé dès 1878 sans
cette contrainte, de nombreux constructeurs fabriquaient déjà
des téléphones magnétiques.
Pourant avec le téléphone acoustique les conversations
phoniques se faisaient à l'intérieur des habitations,
voire même entre immeubles voisins, au moyen de porte-voix,
dits acoustiques et souvent étaient couplés sur
les réseaux de sonneries éxistants de ces locaux.
Cet équipement était beaucoup moins cher à
installer et entretenir que les téléphones magnétiques.
Ces appareils consistaient simplement en un tube de cuivre qui
reliait les deux points entre lesquels devaient se produire
les entretiens.
A chaque extrémité du tube de cuivre était
fixée une embouchure en bois destinée à
faciliter l'émission de la parole.
L'acoustique est, comme on le voit, d'une grande simplicité
et son emploi a été fréquent toutes les
fois qu'il s'agit de converser entre deux pièces très
rapprochées, comme par exemple d'un étage à
un autre ou entre deux appartements voisins.
On conçoit que le tube de cuivre ne saurait être
d'une seule longueur.
Dans les parties droites on se sert de tubes ayant d'ordinaire
de 2m,80 à 3 mètres et on les raccorde au moyen
de petites parties d'un tube d'un diamètre un peu supérieur
appelées mandions et qui chaussent sur les premiers.
Pour permettre au porte-voix de suivre les contours des murs,
on se sert de différentes pièces de formes appropriées.
Les coudes servent à contourner les angles, les S à
échapper des entablements ou parties de boiseries en
saillie.
A chaque extrémité d'un porte-voix, on met ce
que l'on appelle une bague à vis servant à relier
un tube souple qui se termine par l'embouchure en bois que l'on
approche ainsi aisément de ses lèvres.
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D'autres fois on simplifie les choses et on rend les appels
plus faciles en posant une sonnerie électrique annonce
et réponse qui double en quelque sorte le porte-voix.
L'addition d'appareils électriques a cet avantage
qu'elle permet de donner un appel dont on peut faire varier
l'intensité en prenant des sonneries plus ou moins
fortes.
Ces dernières peuvent également Nous allons
donner quelques installations de porte-voix prises parmi
les plus couramment employées.
sommaire
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Les porte-voix les plus simples
sont ceux qui servent à transmettre des ordres entre
deux pièces superposées que l'on réunit
directement par un tube en cuivre de fort diamètre
(30 millimètres d'ordinaire).
L'extrémité du tube placée à
côté de la personne qui transmet les ordres
est terminée par une embouchure en cuivre sur laquelle
elle applique ses lèvres pour parler ; l'autre extrémité
est munie d'un pavillon de forme très évasée,
semblable à celui des instruments de musique. Ce
pavillon porte le nom de conque. Il permet d'entendre les
ordres transmis dans toute la pièce où il
se trouve.
A ce porte-voix il n'est adjoint aucun mode d'appel d'avertissement,
les deux personnes qu'il met en rapport sont supposées
être constamment près de l'appareil.
C'est le porte-voix du capitaine de navire qui donne au
mécanicien tous les ordres de marche.
C'est également celui qui est en usage dans de nombreux
restaurants et qui réunit la salle occupée
par le public à la cuisine située au sous-sol.
Les ordres se transmettent de la même façon.
Au lieu de commander : En avant, plus vite, doucement, stop
! ! les garçons de restaurant indiquent à
haute voix au cuisinier affairé autour de ses fourneaux,
les différents plats commandés par leurs clients,
en faisant suivre souvent leur énonciation d'un Boum
! que dans les moments de presse ils envoient avec un brio
tout professionnel.
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Dans cette embouchure en
bois est enfoncé un sifflet. Quand l'un des interlocuteurs
veut entrer en conversation, il retire le sifflet de l'embouchure
et souffle dans celle-ci pour faire résonner le sifflet
placé dans l'autre embouchure, et le remet ensuite
en place.
La personne appelée retire son sifflet et souffle
à son tour afin d'avertir qu'elle est prête
à écouter, et l'entretien commence en portant
alternativement l'embouchure de la bouche à l'oreille
pour parler et écouter.
On trouvera, dans la vue ci contre, un spécimen de
porte-voix dans lequel nous avons réuni toutes les
pièces les plus couramment usitées dans la
pratique.
Lorsque d'un seul endroit on désire correspondre
à plusieurs autres, on en fait partir un nombre de
tubes égal à celui des directions à
relier au poste central.
Les appels se font ainsi qu'il a été dit pour
un porte-voix simple. Toutefois, comme au central on a besoin
de savoir de quelles directions viennent ces appels, on
munit chaque embouchure d'un sifflet donnant un son différent
qui permet de les distinguer entre eux.
Quand on désire savoir si on a été
appelé pendant une absence ou encore si l'on veut
éviter les sifflets de sons différents, on
fait usage d'embouchures à signal. Le sifflet de
ces embouchures est muni d'une petite tige en bois terminée
par une boule qui la rend plus visible. Quand on souffle
dans ce sifflet, cette tige est projetée au dehors
du logement qu'elle occupait et reste apparente tant qu'elle
n'a pas été remise en place à la main.
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Cliquez sur les pièces pour les agrandir
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Un porte-voix à peu
près analogue est celui que l'on emploie dans les maisons
où l'enfant est confié aux soins d'une nourrice
occupant une chambre assez éloignée de celle
où se tient la mère du bébé.
Un gros tube réunit les deux pièces. L'extrémité
qui se trouve dans la chambre de la nourrice aboutit au-dessus
même du berceau et se termine par un large pavillon
placé en quelque sorte comme la pomme d'un appareil
à douche, de façon à ce que l'on puisse
entendre en prêtant l'oreille à l'autre bout
ce qui se passe dans la pièce.
La mère peut ainsi surveiller à distance son
enfant, se rendre compte s'il crie ou s'il se plaint et au
besoin parler à la nourrice.
Nous avons dit que le porte-voix le plus couramment employé
consistait en un tube de cuivre droit muni à chacun
de ses bouts d'une embouchure avec sifflet.
Un tube souple sert d'intermédiaire et rend plus facile
l'entretien.
Quand on doit appeler de deux points différents à
un seul endroit, on se sert d'une fourche ou Y et, pour faciliter
les appels, on emploie les sonneries électriques.
Dans les hôtels à voyageurs, on met souvent un
porte-voix qui relie chacun des étages au rez-de-chaussée
: le même tube comporte un branchement par étage.
L'embouchure du rez-de-chaussée est munie d'un sifflet
qui indique les appels ; les autres embouchures sont fermées
par un bouchon sans sifflet.
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Si on veut pouvoir appeler
réciproquement, on installe des sonneries électriques
afin de pouvoir sonner à tel étage que l'on
désire, et au besoin on met un tableau indicateur au
rez-de-chaussée, au cas où la personne qui doit
répondre est exposée à s'absenter.
On pourra également se servir de porte-voix séparés
pour relier ensemble les différents appartements d'un
même immeuble à la loge du concierge. Chaque
locataire a, de la sorte, la faculté de demander ce
dernier ou de lui transmettre des ordres pendant le jour ou
la nuit. Un tableau électrique est alors à peu
près indispensable, à moins que le nombre d'étages
ne dépasse pas deux ou trois, auquel cas les deux ou
trois embouchures du rez-de-chaussée comportent simplement
des sifflets de sons différents ou des sifflets à
signal.
Donnons enfin un système de porte-voix assez peu connu
et qui cependant pourra rendre des services.
Il consiste en deux porte-voix A A mettant en relation deux
pièces éloignées avec une troisième
B. Les deux porte-voix sont simples, c'est-à-dire se
terminent chacun par des embouchures ordinaires distinctes.
On pourra, en employant une embouchure dite conjuguée,
mettre en relation directe les deux pièces A, soit
momentanément, soit pour un laps de temps voulu. A
cet effet, on enlèvera les deux sifflets en B et on
fixera les deux embouchures dans le tube & double cône
C, De la sorte, on obtiendra un porte-voix direct entre A
A qui pourront s'appeler et se causer en cas d'absence de
la personne placée en B .
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Les embouchures de porte-voix sont d'ordinaire soutenues
par des lyres en cuivre. Ces lyres ont le double but et d'éviter
que les sifflets ne tombent si l'embouchure restait pendante,
ce qui empêcherait tout appel, et de la mettre commodément
à portée de la main. Lorsque plusieurs porte-voix
sont placés à côté les uns des
autres, les lyres, de formes spéciales, comportent
des étiquettes indiquant les pièces auxquelles
ils correspondent.
Pour remédier à la chute des sifflets, on a
fait usage, il y a un certain nombre d'années, d'embouchures
ayant un mécanisme spécial supprimant le sifflet.
Ces appareils coûtaient fort cher et étaient
d'un fonctionnement assez irrégulier, aussi ont-ils
été peu à peu abandonnés.
Je ne m'arrêterai pas davantage sur ce sujet.
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L'établissement des
porte-voix ne présente que des difficultés matérielles
d'exécution qui réclament simplement du soin
et une certaine habitude de faire les percements et de poser
correctement les tubes.
Les fabricants donnent à toutes les personnes qui désirent
les utiliser les renseignements que nous ne pourrions donner
ici, parce qu'il faudrait trop multiplier les détails
si l'on voulait embrasser tous les cas que l'on rencontre
dans la pratique.
L'emploi simultané des appareils électriques
et des porte-voix rend des services fort appréciés
dans les grandes administrations, les hôtels, les usines,
etc.
Les porte-voix ont l'avantage de ne demander aucun entretien
et transmettent la parole de façon constamment régulière.
Ils présentent par suite une sécurité
absolue lorsqu'il est nécessaire de pouvoir éviter
toute interruption de service.
Ils échappent à des causes de dérangement
souvent difficiles à éviter avec les téléphones
électriques et ne réclament d'ouvriers spéciaux
ni pour leur installation, ni pour leur entretien.
Quand on a à lutter contre de fortes trépidations,
ou encore lorsqu'il faut réunir deux ateliers bruyants
soumis à des vibrations mécaniques violentes,
les téléphones ne donnent que des résultats
médiocres ou nécessitent un établissement
spécial, parfois celui de cabines isolées; le
porte-voix leur sera alors préféré si
la distance le permet.
C'est ainsi que l'usage du porte-voix a été
maintenu pour certaines applications dans lesquelles les téléphones
n'ont pu donner satisfaction en dépit de toute leur
perfection.
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Une disposition , due à M. II. Picq,
permet de parler et d'écouter tout en même temps. A
cet effet, lappareil est muni de deux embouchures : lune
se place devant la bouche, lautre sapplique contre loreille;
cet avantage rend la conversation pins facile et moins fatigante
; de plus, il ne peut y avoir de confusion, comme celaarrive souvent
avec une seule embouchure.
 
Le même inventeur a imaginé de réunir tous les
tubes communicatifs des diverses parties comme les bureaux dune
hdministration, les différents services dune usine,
etc., à un poste central où ils sont mis en relation
entre eux au fur et à mesure des besoins à laide
d'un manchon en caoutchouc. La ligure ci dessus représente
un poste central pour trente bureaux. Dans cette figure les postes
nos 4 et 16 et les nos 10 et 23 sont reliés entre eux; les
communications sont établies par le garde du poste sur la
demande qui en est faite par les bureaux.
Ce système, tout en permettant de satisfaire à toutes
les exigences dun service, réalise une économie
importante .
Vous pouvez consulter les brevets Inpi suivants :
Téléphone à air 151204
21.09.1882 ; PICQ Henry Paris (75056) ; (22 pages)
T éléphone à air 149310
01.06.1882 ; PICQ Henry-Pierre Paris (75056) ; (10 pages)
T éléphone à air 149310
02.06.1882 ; PICQ Henry-Pierre ; (10 pages)
sommaire
Le homacoustic
1893 A lExposition délectricité
de Chicago, dans la section anglaise, on découvre un appareil
baptisé du nom de homacoustic.
Cet appareil constitue, en effet, comme une résurrection
des anciens tubes acoustiques employés pour les communications
domestiques, et remplacés depuis une dizaine dannées
par les postes téléphoniques .
La comparaison entre les communications téléphoniques
et les communications acoustiques est toute à lavantage
des premières.
Les communication électriques sont moins coûteuses,
la nettelé de la voix se maintient sur les plus longs circuits,
et enün, au moyen de tableaux spéciaux, on peut opérer
des commutations.
Par exemple, si toutes les chambres dun hôtel sont reliées
par des tils conducteurs à un bureau central, il est possible,
au moyen dun commutateur spécial, de faire communiquer
lune des chambres de lhôtel avec lune quelconque
des autres pièces reliées au même commutateur.
Le prix de linstallation des communication-acoustiques est
relativement plus élevé et h voix perd sa netteté,
dès quon se sert de tubes dune certaine longueur.
Le
« homacoustic
Commutateur du « homacoustic ».
Le homacoustic est constitué par une embouchure fixe E, par
deux tubes écouteurs C C' qu'on maintient aux oreilles avec
les mains, et par un dispositif dappel A. Il suffit de presser
de haut en bas sur la tige verticale A pour produire lappel.
comme on le voit, ce poste acoustique ne diffère de ceux
quon a vus partout qui par sa disposition peut-être
plus ingénieuse, mais ii est aussi plus coûteux.
Linventeur du l'homacoustic a imaginé une sorte de
commutateur permettant de disposer un même appareil sur lun
des tubes acoustiques aboutissant au tableau commutateur. Cela permet
également détablir une commnication acoustique
directe entre deu J tubes qui y aboutissent. Linventeur mis
a profit lexpérience acquise pour les commnications
téléphoniques, mais lusage de ce tableau a linconvénient
de doubler la longueur du tube acoustique et lusage montre
quon altère notablement la netteté de la voix.
De plus, ces commutateurs tiennent trop de place. Ceux qui figurent
à lExposition et qui sont disposés pour recevoir
neuf tubes acoustiques, pourraient être remplacés par
des commutateurs téléphoniques pouvant recevoir dans
le même espace une soixantaine de fils avec les annonciateurs
dappel téléphoniques correspondants.
Le homacoustic napparaît donc pas comme un progrès
sur les résultats donnés par les postes téléphoniques.
Bien quil Approprie, suivant en cela, lexemple
de la téléphonie, l'emploi de commutateurs,
il fait malgeé tout leffet dune réaction
sur ce qui existe.
Peut-être certaines personnes ne seront pas de mon avis désabubusées
quelles en seront par l'emploi de postes téléphoniques
qui nont pas donné les promis. Cela tient à
ce quil faut se défier du trop bon marché et
ne sadresser qu'a desmaisons de confiance. Je ne vois pad
d'applications du homacoustic dans la marine ; et, en effet, les
prospectus disent que cet instrument a été adopté
par la manglaise. Tout le monde connaît la difficulté
dutiliser dans la marine les appareils const;ruits en tout
ou en partie en fer, à cause de l'action de lair salé
sur ce métal, X'est cette décision qui a empêché
non seulment les-téléphones mais les simples appels
électriques, de se répandre sur les transatlantiques
, et autres navires. Le homacoustic, qui peut se composer
exclusivement de pièces de cuivre et de caoutchouc, se présente
donc avantageusement pour les applications maritimes, mais ces avantages
disparaissent complètement, dès quon met le
pied sur la terre ferme. Lavantage appartient alors à
la téléphonie domestique.

Brochure
THE HOMACOUSTIC APPARATUS COMPANY
BEN HAM & PROUD , Ltd. Agents , Chandos St . , LONDON , W ;
C
1892 Vu dans le The marine engineer
L'HOMACOUSTIQUE.
Nous craignons que peu de nos lecteurs ne reconnaissent sous ce
nom l'ingénieux appareil qui, sur des distances allant jusqu'à
100 mètres au moins, supplante rapidement le téléphone.
Ils le reconnaîtront cependant plus facilement grâce
aux deux illustrations qui accompagnent cette notice. Cet appareil
est en réalité un tube acoustique amélioré,
et il ne présente pratiquement aucun risque de dysfonctionnement
comme c'est le cas dans un téléphone. Il est également
impossible que les fils se mélangent, que l'utilisateur soit
appelé par erreur, ou qu'il surprenne une conversation privée
entre un homme à son bureau et sa femme à leur domicile.
Nous avons vu cet appareil dans plusieurs bureaux récemment,
et il a donné satisfaction aux responsables de l'Exposition
navale, mais ce n'est pas de son utilité dans ce domaine
que nous souhaitons maintenant aborder. Ce qui nous intéresse,
c'est son application aux besoins de la vie à bord. Avant
d'aller plus loin, il est nécessaire d'expliquer ce qu'est
réellement cet instrument. Tous nos lecteurs connaissent
le tube parlant ordinaire et la manière absurde dont une
conversation est menée grâce à lui. Les artistes
de pantomime et des hommes comme M. Corney Grain ont toute latitude
pour imiter les difficultés de quelqu'un qui maintient une
conversation dans un tube parlant ordinaire. Il faut d'abord souffler
dedans pour le faire siffler à l'autre bout. Ensuite, il
faut coller son oreille contre le tube pour entendre si le sifflement
a été entendu. La conversation commence alors. Peut-être
que la personne à l'autre bout parle lorsque vous parlez,
mais comme elle n'écoute pas et ne peut pas l'être
car personne ne peut avoir sa bouche et son oreille au bout
d'un tube en même temps , toute la conversation doit
alors reprendre de zéro. Il peut paraître amusant de
voir ce procédé adopté par un artiste professionnel,
mais il devient monotone pour l'homme occupé. Il n'est donc
pas étonnant que le tube acoustique ait été
remplacé par le téléphone dans les hôtels,
les usines et autres grands bâtiments.
Mais le brevet de Cutmore, l'Homacoustic, change la donne et démontre
qu'une simple amélioration permet de supprimer tous les inconvénients
du tube acoustique. Tout d'abord, il y a un entonnoir, jaillissant
du mur ou du pied, dans lequel on parle. À quelques centimètres
derrière le tube, se trouve un robinet muni d'un bouchon
qui fait sortir un tube flexible par le côté, avec
un écouteur. Le dispositif est tel que, lorsque l'écouteur
est baissé, le passage vers l'embouchure est obstrué.
Lorsque l'écouteur est relevé au niveau de l'oreille,
le passage vers l'embouchure s'ouvre et, simultanément, la
voix, provenant de l'autre extrémité des tubes, descend
par la partie flexible jusqu'à l'auditeur. Outre ces dispositifs,
l'instrument est équipé d'une boule métallique
surmontée d'un cylindre. Pour attirer l'attention de la personne
à l'autre extrémité, il suffit d'enfoncer le
cylindre dans la boule. L'air est alors expulsé, l'écouteur
suspendu au robinet se ferme et l'air ne peut plus s'échapper
par l'embouchure. Il doit alors descendre dans le tube et siffler
à l'autre extrémité. En portant l'écouteur
à l'oreille, le robinet s'ouvre et la conversation peut être
maintenue, parlant et écoutant simultanément. Une
plaque de protection conique dans l'embouchure empêche les
sons de se mélanger.
Il s'agit donc de l'instrument dans sa forme la plus simple, mais
il est possible de diverses combinaisons, bien que le principe soit
toujours le même. Ainsi, pour une utilisation dans les salles
des machines et les usines, où le bruit est susceptible d'être
important, des écouteurs pour les deux oreilles sont fournis.
Ceux-ci sont entourés d'anneaux en caoutchouc qui s'ajustent
parfaitement à la tête et excluent ainsi tout autre
son, aussi fort soit-il. Le modèle que nous illustrons est
destiné à être utilisé dans une timonerie
ou un kiosque. De là, des tubes sont reliés à
toutes les parties importantes du navire, telles que la salle des
machines, le magasin à munitions, le projecteur, le compas,
l'appareil à gouverner manuel, la cabine du capitaine, les
machines de ventilation, etc., selon les besoins. Tous les tubes
communiquant avec ces différentes parties du navire sont
acheminés à l'intérieur du piédestal
et disposés de manière à ce que chacun soit
à la même distance de son voisin que le sont les trous
des plaques pivotantes situées au-dessus. Une sonnerie électrique
est également fournie, et malgré le grand nombre de
tubes, il n'y a qu'un seul appareil de communication et de réception.

Pour communiquer avec n'importe quelle partie du navire, le pivot
est déplacé jusqu'à ce que l'embouchure se
trouve directement au-dessus du tube requis. L'attention peut alors
être attirée soit en appuyant sur le bouton électrique
(indiqué par un point juste en dessous du chiffre 2), soit
en appuyant sur le cylindre du sifflet, et la communication est
immédiatement établie. Si, par contre, la salle des
machines ou une autre partie du navire souhaite faire un rapport
à la passerelle, elle envoie son appel et le couvercle correspondant
(comme le 4 sur le plan) s'ouvre et indique lequel des nombreux
tubes nécessite une intervention. Notre explication peut
paraître complexe, mais l'idée est simple et astucieuse,
et sera facilement comprise par quiconque l'observe un instant,
et nombre de nos lecteurs l'ont sans doute utilisée à
l'Exposition Électrique de Crystal Palace.
Il convient de mentionner que les titulaires du brevet disposent
d'un matériau spécial, doté de bonnes propriétés
acoustiques, pour la fabrication de tubes, même si l'instrument
peut être adapté à tous les tubes existants.
Nous en avons suffisamment dit pour démontrer que cet instrument,
qui présente si peu de risques de panne, aucun gaspillage
de produits chimiques, aucune ligne susceptible de s'emmêler
ou de se casser, a un grand avenir devant lui.
En France l'ACOUSTIPHONE" de Chavez Adrono est une adaptation
du "homacoustic".
Magnifique .
sommaire
L'audiphone
Avant de développer la pratique du téléphone
acoustique, alors que en 1879 le téléphone
électrique de Bell était déjà d'usage,
un autre concept a été développé : L'audiphone.
En septembre 1879, Richard Silas Rhodes (1842-1902), président
d'une maison d'édition à Chicago, reçut un
brevet pour son « Audiphone pour les sourds »
et ses diverses améliorations apportées à l'appareil.
( Brevet américain n° 319 828 ). Rhodes a souffert d'une
perte auditive de transmission pendant vingt ans à la suite
d'une maladie et était frustré par ses échecs
continus avec les trompettes auriculaires. Il a observé qu'il
pouvait entendre le tic-tac de sa montre lorsqu'il la tenait dans
sa bouche, ce qui a inspiré sa construction de l'Audiphone,
qui exploitait le fait que les ondes sonores pouvaient être
transmises par les dents ou les os crâniens.
Entendre par conduction osseuse en utilisant un matériau
pour transmettre le son externe à travers la mâchoire
ou les dents est une notion ancienne, avec des références
à son utilisation remontant aux Grecs anciens. Aux XVIIe
et XVIIIe siècles, certains érudits ont observé
que des sons pouvaient être entendus à distance en
plaçant une tige sur le sol et en tenant l'autre extrémité
contre les dents. Des médecins, des éducateurs et
même des personnes sourdes ont expérimenté divers
matériaux, tels que le bois, pour déterminer quels
objets pouvaient le mieux transmettre le son provenant d'une source
vibrante.
Le fonifero de Paledino, 1876 (à gauche) et l'audiophone
de Rhodes, 1879 (à droite).
Article parru dans "La Nature" du 4 Février
1880
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Les expériences récentes dont
je vais donner la description ont été entreprises
dans le but de procurer aux sourds-muets des appareils très
simples, dun prix très minime, et cependant assez
efficaces pour quils puissent distinguer les sons musicaux
et même la parole [1].
Vers la fin de 1879 un inventeur américain,
M. R.-G. Rhodes, de Chicago, a pris une patente pour
un appareil quil a appelé audiphone, et
dont lefficacité remarquable a été
constatée par un grand nombre dexpériences,
faites aux États-Unis dAmérique pendant
les mois de septembre, octobre, novembre, et décembre
1879. Quelques essais, entrepris dans des instituts de sourds-muets,ont
démontré que, par lusage de cet instrument,
beaucoup de sourds-muets arrivent assez promptement à
distinguer les sons musicaux de quelques instruments, et même
les articulations de la voix, et quavec le secours de
cet audiphone leur éducation orale se trouve considérablement
abrégée. Des résultats favorables ont
été aussi constatés pour des personnes
atteintes de surdité simple.
Linstrument de M. Rhodes est fabriqué
en caoutchouc durci et ressemble à un de ces écrans
de cheminée que lon tient à la main. Lécran
proprement dit, ou disque, est une large lame de caoutchouc
durci, munie dun manche de même matière
; sa largeur est denviron 0,24m et sa longueur de 0,30m
( fig .1)
 
( Brevet américain n° 319 828 ).
Les trois côtés voisins du manche,sont rectangulaires
; le quatrième côté, opposé à
la poignée, est découpé en arc de cercle.
Près du sommet de cet arc de cercle, sont attachés
des cordons qui aboutissent à, une ouverture pratiquée
au haut de la poignée. En tendant fortement les cordons,
on force la partie la plus éloignée du manche
à se courber comme un arc tendu (voyez la figure ci.contre),
et un petit encliquetage, fixé Vers cette ouverture,
permet de rendre la tension permanente. En appliquant ensuite
lextrémité de la partie recourbée
contre les dents de la mâchoire supérieure, les
personnes. sourdes entendent lès bruits avec une sonorité
très remarquable et distinguent assez bien les paroles
articulées et toutes les notes des instruments de musique.
Les sourds-muets chez lesquels les nerfs de
laudition ne sont pas totalement atrophiés peuvent,
avec le même instrument, distinguer presque immédiatement
les sons musicaux, hauts ou bas, de plusieurs instruments,
et ceux de la voix humaine lorsquils sont émis
avec force près de lappareil. Sils ont
déjà appris à prononcer. des sons bien
distincts et à articuler des mots, ils pourront, après
un très court apprentissage, dirigé par un instituteur
expérimenté, comprendre des mots ou des phrases,
et les répéter distinctement ; ils pourront
aussi entendre leur propre voix, ce qui facilitera puissamment
leur éducation orale. Lemploi de ces audiphones
peut donc être un véritable bienfait pour les
institutions de sourds-muets et pour la plupart de ceux qui
sort affligés de cette infirmité.
Malheureusement, le prix des écrans
audiphones de caoutchouc durci est assez élevé
; ils se vendent à Chicago, selon leur grandeur, depuis
10 jusquà 15 piastres ; leurs dimensions possibles
sont assez limitées et le caoutchouc durci est fragile
par les temps froids. Jai été consulté,
il y a une dizaine de jours, sur lefficacité
dun de ces appareils, importé dAmérique,
et sur son effet utile pour les personnes atteintes de surdité
simple, comparativement à celui quon obtient
avec des cornets acoustiques perfectionnés. Après
lavoir essayé et mêtre convaincu
de sa puissance pour recueillir les sons et les transmettre
aux organes intérieurs, il ma semblé probable
que des appareils plus simples, composés dautres
substances, pourraient rendre les mêmes services acoustiques
avec une dépense beaucoup moindre.
Jai fait de très nombreux essais
sur des lames minces de natures diverses, métaux, bois,
etc. ; enfin, jai découvert une variété
de carton mince laminé qui donne les mêmes résultats
que le caoutchouc durci et qui permettrait dobtenir
à 0 fr. 50 environ, au lieu de 50 francs, des appareils
de même puissance acoustique.
Les cartons qui mont donné ces
résultats favorables portent, dans le commerce, Je
nom de cartons à satiner, ou cartons dorties
[3] ; ils sont remarquablement compactes, homogènes,
élastiques et tenaces : ils sont aussi très
souples, et, pourvu que leur épaisseur ne dépasse
pas 0,001m, une légère pression de la main,
qui soutient un disque découpé dans une de ces
feuilles de carton, tandis que son extrémité
convexe sarcboute contre les dents de la mâchoire
supérieure, suffit pour lui donner une courbure convenable,
variable à volonté, sans fatigue pour la main
ou les dents. Ainsi, un simple disque de ce carton, sans manche,
sans cordons ni fixateur de tension, devient un audiphone
tout aussi puissant que les appareils de caoutchouc de linventeur
américain. On peut rendre la feuille de carton imperméable
en imbibant la partie convexe, celle qui sappuie contre
les dents, dun enduit hydrofuge qui résiste à
la vapeur de lhaleine. Je me suis assuré que
les sons peuvent être transmis aux dents supérieures
avec la même netteté en se servant dune
petite touche ou pince en bois dur, de la dimension dune
sourdine de violon ou de violoncelle, munie dune fente
dans laquelle entre à frottement dur lextrémité
supérieure du disque, et en appuyant cette pince contre
les dents supérieures [4].
Entre diverses séances dessais
auxquelles ont assisté des sourds-muets, jen
citerai une qui vient davoir lieu le 14 janvier en présence
de quelques personnes, et, notamment de lhabile instituteur
de sourds-muets M. Louis Sager. M. Sager avait amené
huit élèves sourds-muets, formés par
lui , comprenant les phrases par le mouvement des lèvres
de leur instituteur et prononçant plusieurs mots très
distinctement.
On a dabord vérifié quels
étaient ceux qui pouvaient percevoir de très
près les sons d un grand piano, et lon
a déterminé la distance à laquelle ils
cessaient den être affectés sans appareil
acoustique ; quelques-uns ne ressentaient les vibrations que
par les mouvements du parquet, recouvert dun tapis.
Lorsquils ont été munis de laudiphone,
ils ont tous indiqué que la sensation des sons était
transmise distinctement à la tête, tantôt
dun côté, tantôt de lautre,
selon les individus. On a pu constater que, leurs yeux étant
bien fermés, ils discernaient nettement les notes hautes
des notes basses du piano, et aussi les sons du piano de ceux
du violoncelle. La plupart étaient peu impressionnés
par les sons du violon, surtout dans les notes hautes, quils
nentendaient pas, ou fort peu.
Enfin, dautres expériences ont
permis de constater que des paroles prononcées très
près de laudiphone peuvent être perçues
par les sourds et muets et même répétées
distinctement par eux, pourvu quon les ait soumis à
une préparation préalable.
Les audiphones en carton peuvent avoir des
formes et des dimensions très variées. Une feuille
rectangulaire maintenue convenablement courbée, semble
réussir aussi bien que celle découpée
comme lindique la figure 2.
Un fait bien intéressant à noter,
cest quavec les audiphones en caoutchouc, ou en
carton, un grand nombre de sourds-muets qui navaient
jamais entendu les airs joués sur un piano ou dautres
instruments, non seulement ont pu les entendre, mais de plus
ils en ont éprouvé une véritable jouissance.
Vers la fin de la séance dirigée
par M. Sager, les élèves étant pourvus
daudiphones en carton, sauf celui qui écoutait
avec linstrument américain, on a joué
sur le piano une ouverture et on les a ensuite questionnés
sur leurs sensations ou impressions. Tous ont déclaré
quils avaient éprouvé un très vif
plaisir, tandis que, daprès M. Sager, les modulations
dun tambour les laissent indifférents.
Une demoiselle artiste, autrefois très
bonne musicienne, devenue complètement sourde, a éprouvé
une joie excessive lorsque, se servant de laudiphone,
elle a pu, pour la première fois depuis quinze années,
entendre les airs dun piano. Des expériences
analogues ont été faites dans une autre institution
de sourds-muets du canton de Genève, placée
sous la direction de M. le professeur Forestier, et dans quelques
familles.
On savait déjà que dautres
corps que lair transmettent les sons musicaux sans les
altérer et permettent de reconnaître les instruments
et les timbres.
Dans une série dexpériences
faites en 1841 sur le lac de Genève, en me servant
de boîtes à musique placées au fond de
leau sous une petite cloche de plongeur, jai pu,
avec lappareil de mon invention pour écouter
les sons qui se propagent sous leau, entendre les airs
transmis par leau à plusieurs centaines de mètres
; ces airs nétaient nullement altérés.
[5]
De nombreuses expériences récentes démontrent
quon peut obtenir des résultats analogues lorsque
les sons des instruments ou de la voix sont transmis par des
corps solides, non seulement par des métaux en fils
ou en lames minces, mais aussi par des cordes et des feuilles
débonite, de carton, ou dautres substances
végétales ou animales.
Les audiphones peu vent être utilisés par quelques
personnes dont louïe est altérée
et qui ont de la peine à supporter les appareils acoustiques
en contact avec louverture de loreille. Ils peuvent
surtout servir pour laudition dun concert. En
tous cas, le très bas prix des disques de cartons audiphones
rend ces appareils accessibles aux personnes les moins fortunées.
[1] Le prix de ces nouveaux appareils ne dépasse
guère 50 centimes. Ils peuvent aussi, dans certains
cas, être utilisés par des personnes chez lesquelles
le sens de louïe est fort altéré.
[2] Le Journal illustré de Leslie du 15 décembre
dernier , qui se publie à New-York, donne le dessin
de cet instrument Nous le reproduisons ci-dessus (fig. 1).
[3] Désignés en Angleterre sous le nom de Shalloon
Boards.
[4] Mes essais me font entrevoir que lépaisseur
la plus convenable des cartons est comprise entre 0,0008m
et 0,001m, et que les dimensions des disques de grandeur moyenne
peuvent être convenablement fixées à 0,28m
ou 0,30m de largeur, 0,35m à 0,38m de hauteur maxima.
En augmentant ces dimensions, la puissance est augmentée,
mais cette augmentation nest pas proportionnelle à
létendue de la surface. Je moccupe à
faire varier les formes des lames vibrantes et à combiner
les effets de lames multiples conjuguées.
[5] Comptes-rendus de lacadémie des sciences,
tXIII, page 439
 |
Le Double Audiphone .
Cet instrument est constitué
de deux disques semblables et parallèles, dont
les bords inférieurs sont unis, à partir
desquels s'étend un manche.
Les bords supérieurs sont séparés
d'environ un quart de pouce par des perles et ajustés
aux dents au moyen d'encoches.
La voix du muet tombe entre les disques et est ramenée
en arrière, lui permettant ainsi d'entendre sa
propre voix.
Cette photographie en noir et blanc
montre une jeune femme tenant l'Audiphone de Rhodes
contre sa bouche, vers 1926.
|
 |
L'Audiphone était constitué d'une
feuille flexible de vulcanite noire polie (caoutchouc durci),
avec une poignée, et était construit en forme
d'éventail. Il mesurait 24 cm de large, 27,7 cm de long
et 1 mm d'épaisseur.
Un autre modèle a ensuite été construit,
composé de deux vantaux, conçus pour que l'utilisateur
puisse également entendre sa voix.
Le modèle standard se vendait 10 $ et le modèle
double se vendait 15 $, une somme chère à l'époque.
Moyennant un supplément, Rhodes ajouterait des éléments
ornementaux pour dissimuler l'instrument et le rendre discret
en tant qu'appareil auditif. Il a été conçu
pour être tenu sans serrer dans la main, le bord supérieur
étant placé sous les dents supérieures
avec une légère pression ; les dents inférieures
ne doivent pas entrer en contact avec l'instrument (Goldstein
347). L'appareil n'était efficace que dans les cas de
surdité de transmission.
Les utilisateurs pourraient améliorer leur audition jusqu'à
30 décibels, ce qui équivaut à une douce
conversation entendue à quelques mètres dans une
pièce calme (à titre de comparaison, 20 dB correspond
au bruissement des feuilles ou au chuchotement ; 0 dB est le
seuil d'audition).
En janvier 1881, Rhodes reçut un brevet pour une version
modifiée de sa conception, un Audiphone plié en
éventail de 10 mm.
Le modèle a reçu une médaille à
l'Exposition universelle de Columbia de 1893 à Chicago.
Rhodes remarque que l'Audiphone était une « BONNE
NOUVELLE POUR LES SOURDS », car il leur permettait d'entendre
facilement les conversations ordinaires et était bénéfique
pour l'église, les conférences. , concerts, pièces
de théâtre, etc. De plus, la conception de l'appareil
en tant que ventilateur permettait à l'utilisateur de
dissimuler facilement sa surdité s'il le souhaitait,
en faisant semblant d'utiliser simplement un ventilateur. De
nombreux témoignages venus des États-Unis et d'Europe
ont commenté les capacités acoustiques de l'Audiphone
. L'Anglais James Samuelson, par exemple, en a acheté
un lors de sa visite aux États-Unis en 1880 et l'a essayé
lui-même en privé et en public. Il témoigne
: « Il me semble que les auristes [médecins spécialistes
de l'oreille] et les enseignants des sourds bénéficieront
beaucoup de l'invention : les premiers, en pouvant l'utiliser
comme instrument de diagnostic
les seconds, où
l'enfant est sourd à cause d'une blessure ou d'une imperfection
des parties mécaniques de l'appareil auditif ».
En effet, l'Audiphone était utilisé dans les écoles
pour sourds, notamment en France, même si les avis sur
ses avantages variaient. Certains enseignants ont été
étonnés de sa capacité à aider les
enfants sourds à parler, tandis que d'autres ont souligné
qu'il s'agissait d'une aide pédagogique totalement inutile.
Mary McCowen, par exemple, qui enseignait à une classe
denfants semi-sourds à la Nebraska School for the
Deaf (fondée en 1869) et à la « Voice and
Hearing School for the Deaf » de Chicago, a fait la remarque
suivante :
« Même si j'ai commencé mon travail cette
année en tant que fervent défenseur des audiophones
et que je l'ai utilisé consciencieusement pendant plusieurs
mois, je ne peux pas, sans protester, admettre que l' enseignant
de cette classe attribue le succès aux audiophones. Je
me spécialise dans mon travail ici dans la formation
de l'audition, mais je n'ai jusqu'à présent pas
réussi à trouver un seul enfant réellement
aidé par les audiophones » ( American Annals of
the Deaf and Dumb).
Certaines écoles en Angleterre ont même signalé
qu'au moins vingt pour cent des élèves avaient
une audition suffisante lorsqu'ils étaient assistés
par un audiphone, ce qui leur permettait de participer plus
assidûment à leur formation à la parole
et à leur apprentissage.
L'Audiphone de Rhodes est resté un
appareil auditif à conduction osseuse populaire jusqu'aux
premières années du XXe siècle, longtemps
après la mort malheureuse de Rhodes : il a été
tué alors qu'il marchait le long des voies ferrées
du Wisconsin Central Railroad dans l'Illinois.
Divers autres brevets et conceptions de l'Audiphone sont apparus
au-dessus des oreilles, chacun offrant un système de
conduction plus efficace, un prix moins cher ou une conception
plus révolutionnaire. Certaines dentre elles
ont été rapidement rejetées comme nétant
rien dautre quun autre « remède charlatan
» contre la surdité .
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