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Heinrich Daniel
Ruhmkorff
Heinrich Daniel Ruhmkorff est un ingénieur
allemand souvent cité dans ce site, car il inventa la bobine
d'induction, élément essentiel qui améliora la
performance des téléphones.
Ruhmkorff est né à Hanovre en électorat de Brunswick-Lunebourg
le 15 janvier 1803. Il effectua une partie de sa carrière à
Paris et Londres.
Après un apprentissage en mécanique, il travailla en Angleterre
avec Joseph Bramah, l'inventeur de la presse hydraulique. Il travaille
ensuite à Paris, notamment dans la maison de l'ingénieur-opticien
Chevalier.
En 1855, il inaugure sa première boutique, à Paris, devenue
très connue pour sa production d'appareils électriques de
haute qualité.
C'est là qu'il a construit plusieurs modèles améliorés
de sa bobine d'induction en collaboration avec Antoine Masson ou
Hippolyte Fizeau.
Heinrich Ruhmkorff inventa la bobine d'induction qui porte son nom et
qui pouvait produire une étincelle allant jusqu'à 30 centimètres
de long.
Cette bobine, initialement prévue pour des usages médicaux,
a été utilisée comme générateur de
courant à haute tension par des physiciens comme Gustav Kirchhoff
ou Heinrich Rudolf Hertz pour ses expériences sur les ondes qui
portent son nom ou encore par Édouard Branly pour découvrir
les radioconducteurs utilisés ultérieurement par Oliver
Lodge pour créer le cohéreur lui-même utilisé
par Guglielmo Marconi dans ses récepteurs radio.
Jules Verne mentionne plusieurs fois des « appareils
de Ruhmkorff » lampes électriques étanches,
fonctionnant sur le principe du néon dans De la Terre à
la Lune, Vingt mille lieues sous les mers et Voyage au centre de la Terre.
ll decéde le 20 décembre 1877 à Paris
et est enterré au cimetière du Montparnasse (20e).
La rue Ruhmkorff dans le 17e arrondissement de Paris (75017) porte son
nom.
Il est passé à la postérité pour son générateur
électrique à haute tension, utilisé comme émetteur
à étincelles dans les débuts de la télégraphie
sans fil.
La bobine de Ruhmkorff est un générateur
électrique permettant d'obtenir des tensions très élevées
(plusieurs milliers ou dizaines de milliers de volts) à partir d'une
source de courant continu. Elle a été conçue vers 1850
par Heinrich Daniel Ruhmkorff mécanicien de précision parisien
d'origine allemande.
Auparavant Charles Grafton Page aux États-Unis et Antoine Masson
en France avaient réalisé des appareils similaires.
Ruhmkorff apporta à la bobine de Masson les perfectionnements nécessaires
pour répondre aux besoins, à la fois du milieu médical
et des physiciens, d'une source de courants à très haute tension.
Fonctionnement
Le principe de la bobine de Ruhmkorff
est celui d'un transformateur élévateur de tension constitué
d'un enroulement primaire P et d'un enroulement secondaire S.
Le primaire est constitué de quelques dizaines de spires de
fil de cuivre isolé d'un diamètre assez gros (de l'ordre
du millimètre) tandis que le secondaire est constitué
de plusieurs dizaines voire centaines de milliers de tours de fil
très fin (quelques centièmes de mm). Les deux enroulements
sont bobinés autour d'un noyau magnétique N constitué
de fils de fer doux réunis en faisceau. Le fait de diviser
le noyau permet de limiter les pertes fer par courant de Foucault.
Les spires de l'enroulement secondaire doivent être soigneusement
isolées entre elles pour éviter le claquage de l'enroulement
par surtension suivi de la destruction de l'isolation des spires et
formation d'un court-circuit.
Si l'enroulement primaire P est parcouru par un courant variable (un
courant continu produit par un accumulateur et commandé par
un interrupteur Int), la variation de champ magnétique induit
dans l'enroulement secondaire S une tension dont la valeur est proportionnelle
au rapport du nombre de spires de S par le nombre de spires de P.
Ce rapport de transformation est très grand pour la bobine
de Ruhmkorff, ce qui permet d'obtenir des tensions de plusieurs kilovolts.
C'est à la coupure du courant (ouverture du circuit primaire)
que la tension induite est la plus élevée et produit
une étincelle entre les bornes sphériques de l'éclateur
Ec.
La formation de l'étincelle se traduit par la formation dans
le circuit d'une série d'oscillations électriques amorties
dont la période fut calculée en 1853 par William Thomson.
Cette décharge oscillatoire s'accompagne de l'émission
d'ondes électromagnétiques amorties qui furent étudiées
par Hertz en 1887. |
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Bien qu'une véritable bobine de Ruhmkorff serve
initialement à produire de très hautes tensions (étincelles),
son principe d'induction a été miniaturisé sous forme
de bobine d'induction locale (AUSSI appelée "bobine locale")
dans les premiers circuits téléphoniques.
Elle permettait d''isoler le circuit du microphone (basse tension) du
reste de la ligne, d'élever la tension des signaux vocaux pour
qu'ils puissent voyager sur de très longues distances sans trop
s'atténuer.
Du Moncel (Vicomte Th.) publiait
en 1867 'Notice sur l'appareil d'induction électrique de Ruhmkorff',
Paris, Gauthier-Villars,
Dès l'année 1873, M. Elisha Gray avait, comme
on l'a vu, transformé les courants voltaïques qu'il employait pour faire
vibrer les lames de son transmetteur, en courants induits, par l'intermédiaire
d'une bobine d'induction analogue à celle de Ruhmkorff. Les courants voltaïques
traversaient alors l'hélice primaire de la bobine, et c'étaient les courants
induits qui réagissaient sur l'appareil récepteur en déterminant sur les
systèmes électro-magnétiques qui le composaient les vibrations provoquées
au poste de transmission.
Elisha Reis utilisait une bobine de Ruhmkorff
(ou une bobine d'induction similaire) enroulée autour d'une aiguille
à tricoter en acier. Les variations du courant électrique
modifiaient le champ magnétique, provoquant l'allongement et la
rétraction de l'aiguille par magnétostriction, ce qui restituait
le son à l'autre bout du fil. Le rôle d'une bobine d'induction
dans le téléphone classique.
...
Vu dans le premier ouvrage Français de Du
Moncel en 1878 sur le Téléphone :
Quand on faisait passer le courant intermittent
de la bobine de Ruhmkorff à travers le bras d'une personne, on
pouvait, en y appliquant l'oreille, entendre un son qui semblait provenir
des muscles de l'avant-bras et du biceps.
Du reste, des sons musicaux très-nets se
font entendre quand on fait fonctionner l'interrupteur du circuit primaire
de l'appareil de Ruhmkorff, et s'il y a deux interrupteurs, on obtient
deux sons différents, ce qui montre que ces sons proviennent de
l'étincelle.
Voici encore une expérience très-intéressante,
faite par le professeur Blake avec un téléphone dont le
barreau aimanté était remplacé par une tige de fer
doux de six pieds de longueur. Ce téléphone étant
réuni électriquement à un téléphone
ordinaire du modèle de la fig. 17, reproduisait très-bien
les sons émis dans ce dernier; mais leur intensité variait
suivant la direction que l'on donnait à la tige de fer, et le maximum
correspondait à la position de la tige dans le méridien
magnétique.
Quand on interpose un téléphone dans
un circuit télégraphique, on entend des bruits d'un caractère
très-particulier dont l'origine me paraît encore assez complexe
et souvent obscure. Il en est pourtant qui doivent provenir de l'induction
exercée par les fils voisins et des dérivations de courant
qui se produisent toujours à travers les supports des fils, car
les signaux télégraphiques échangés à
travers ces fils voisins sont parfaitement perçus dans le téléphone.
Certains bruits résultent aussi des courants terrestres, des vibrations
du fil sous l'influence des courants d'air et même des frictions
produites par des joints défectueux. La sensibilité du téléphone
est, du reste, telle que les bruits résultant des transmissions
télégraphiques voisines peuvent être perçus
quand on substitue au fil télégraphique du téléphone
un rail de chemin de fer, et alors même que les fils télégraphiques
les plus voisins de ce rail sont éloignés de quarante pieds.
D'un autre côté, M. Peirce a reconnu que des sons peuvent
être produits dans un téléphone, quand le fil télégraphique
auquel cet appareil est réuni est impressionné par une aurore
boréale. Quelquefois aussi, des airs chantés ou joués
sur un instrument de musique se sont trouvés transmis par le téléphone
sans qu'on ait pu savoir leur provenance; mais ce qui montre le plus la
merveilleuse sensibilité de cet appareil, c'est la possibilité
qu'il donne de reproduire la parole à travers des corps que l'on
pourrait croire à peu près non conducteurs. Ainsi la communication
à la terre d'un circuit téléphonique peut être
faite par l'intermédiaire du corps humain malgré l'interposition
des bas et des chaussures; et elle peut même être effectuée
si, au lieu d'être sur le sol, on est placé sur un mur en
briques. Il n'y a que la pierre de taille et le bois qui constituent un
obstacle assez grand pour couper la communication; mais il suffit que
le pied touche le terrain avoisinant, soit même une touffe de gazon,
pour qu'aussitôt les effets électriques manifestent leur
présence.
D'après ces résultats, une question
toute naturelle pouvait se poser à l'esprit: quelle est la longueur
maxima de circuit à laquelle les transmissions téléphoniques
peuvent atteindre ?... Mais il est difficile d'y répondre en raison
des conditions différentes dans lesquelles peut être placée
l'expérience. Dans les essais de laboratoire on est parvenu à
échanger sans difficulté des correspondances sur des circuits
de 60,000 ohms de résistance, soit 6000 kilomètres de fil
télégraphique, et je suis parvenu à transmettre sur
un circuit dans lequel étaient interposées 16 personnes
se tenant par la main, lequel circuit avait une résistance d'environ
6400 kilomètres. Toutefois la plus grande longueur de circuit télégraphique
sur laquelle j'ai pu obtenir une transmission nette de la parole, n'a
pas dépassé 250 milles. Dans cette expérience, aucune
difficulté ne survint, tant que les lignes télégraphiques
voisines n'étaient pas en activité; mais aussitôt
que les correspondances s'échangèrent à travers ces
lignes, les sons vocaux, quoique encore perceptibles, étaient bien
diminués d'intensité, et l'on aurait cru entendre une conversation
échangée au milieu d'un orage. On a pu également
transmettre la parole à travers les câbles sous-marins, et
M. Preece m'informe que des résultats satisfaisants ont été
obtenus à travers un câble de 60 milles de longueur, immergé
entre Dartmouth et l'île de Guernesey, et cela avec des téléphones
à main du modèle ordinaire
...
Dans le but d'accroître les variations de l'intensité électrique
dans le système d'Edison, nous faisons passer le courant dans le
circuit inducteur d'une petite bobine de Ruhmkorff, et nous adaptons le
téléphone récepteur aux extrémités
du fil induit. Le courant reçu a alors pour intensité la
dérivée de celle du courant inducteur, et par suite, les
variations produites dans le courant actionnant le téléphone
ont beaucoup plus d'amplitude. L'intensité des sons transmis est
fortement augmentée, et la valeur de cette augmentation dépend
du rapport entre les nombres des tours de spires des circuits inducteurs
et induits. Les essais que nous faisons pour déterminer les meilleures
proportions sont pénibles, puisqu'il faut faire autant de bobines
que d'expériences; jusqu'ici nous avons obtenu d'excellents résultats
avec une petite bobine de Ruhmkorff réduite à sa plus simple
expression, c'est-à-dire sans condensateur ni interrupteur.
...
Edison dans ses recherches sur le téléphone
note :
... Je suis rapidement devenu propriétaire d'une bobine d'induction
Ruhmkorff d'occasion, qui, bien que ne produisant qu'une petite étincelle,
tordait les bras et saisissait les mains d'un homme, l'empêchant
de lâcher l'appareil. Un jour, nous sommes descendus à la
rotonde du chemin de fer de Cincinnati et d'Indianapolis et avons relié
le long réservoir de lavage de la pièce à la bobine,
une électrode étant reliée à la terre. Au-dessus
de ce local se trouvait un toit plat. Nous avons percé un trou
dans le toit et avons pu voir les hommes entrer. Le premier homme, en
entrant, a trempé ses mains dans l'eau. Le sol étant mouillé,
il a formé un circuit, et ses mains ont remonté. Il a réessayé,
avec le même résultat. Il s'est alors adossé au mur,
l'air perplexe. Nous avons supposé qu'il attendait quelqu'un d'autre.
Ce qui se produisit peu après, avec le même résultat.
Puis ils sortirent, et la salle fut bientôt bondée, avec
une effervescence considérable. Diverses théories furent
avancées pour expliquer ce curieux phénomène. Nous
avons pris un immense plaisir à ce sport. Il faut se rappeler que
c'était il y a plus de quarante ans, à une époque
où l'enseignement de l'électricité n'existait pas
encore et où les possibilités de plaisanteries étaient
rares. Aujourd'hui, parmi une telle foule de travailleurs, il y aurait
forcément au moins un étudiant d'une école du soir
ou d'un cours par correspondance qui expliquerait le mystère sans
détour.
...
Les autres usages :
Il existe plusieurs types dinterrupteurs. Le trembleur,
linterrupteur à mercure motorisé ou à bascule
(de Foucault nom de son inventeur), linterrupteur électrolytique
(ou de Wenhelt nom de son inventeur), il y a aussi les turbines à
mercure, comme les modèles de Gaiffe utilisés pour la radiologie
médicale.
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Le trembleur
Pour produire des étincelles en permanence,
il a suffi à Ruhmkorff de découper le courant circulant
dans l'enroulement primaire à l'aide d'un trembleur, un système
interrupteur mis au point par l'Allemand Christian Ernst Neef. Le
principe est le même que celui de la sonnette électro-magnétique
:
- premier temps : le courant fourni par l'accumulateur
accu passe par le contact c et traverse la bobine P.
- deuxième temps : un champ magnétique se forme dans
le noyau qui se comporte alors comme un aimant et attire la palette
magnétique m fixée à l'extrémité
d'une lame-ressort r fixée au point o.
- troisième temps : la lame ressort s'écarte du contact
C et la circulation du courant dans le primaire s'interrompt brutalement.
L'étincelle de l'extra-courant de rupture est absorbée
par le condensateur cond. Le champ magnétique dans le noyau
disparaît.
quatrième temps : la palette m n'est plus attirée
par le noyau, la lame-ressort r revient en contact avec c, le courant
peut passer à nouveau.
Le temps séparant deux coupures du circuit
est appelé période de découpage. Il dépend
de nombreux paramètres (attraction du noyau, raideur du ressort
)
et peut être ajusté à l'aide de la vis de réglage
V. Il est de l'ordre de la milliseconde, ce qui correspond à
une fréquence de découpage de 1000 hertz.
L'ajout du condensateur aux bornes du contact C
a été proposé en 1853 par Hippolyte Fizeau.
Les principes décrits ici sont ceux utilisés
par la bobine d'allumage d'un moteur à allumage commandé
pour produire l'étincelle au niveau des bougies d'allumage.
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Émetteur radiotélégraphique à bobine
de Ruhmkorff
En 1902, depuis le phare du Stiff, Camille Tissot
procède à des essais de la station Ouessant TSF avec
un récepteur radio à cohéreur et un émetteur
à bobine de Ruhmkorff à deux boules.
Cette station à une portée radiotélégraphique
de quatre-vingts kilomètres avec une flotte de 14 navires
en mer et avec Brest.
Principe :
Une variation de champ magnétique induit dans l'enroulement
secondaire une tension dont la valeur est proportionnelle au rapport
du nombre de spires. Ce qui permet d'obtenir une tension de plusieurs
kilovolts qui produit une étincelle entre les bornes sphériques
de l'éclateur b et b'. La formation de l'étincelle
se traduit par la formation doscillations électriques
dans le circuit capacité l et l' suivie dune bobine
T, et on constate que ce circuit résonateur « TL »
est le siège doscillations électriques amorties.
Les oscillations électriques sont transférées
par les bornes t et t' à une antenne radioélectrique
qui permet d'émettre l'onde radio électromagnétique.
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Références
1855 Notice
sur l'appareil d'induction électrique de Ruhmkorff et les expériences
... Th Du Moncel (comte), Heinrich Daniel Rühmko
1857 Ruhmkorff's Induction-apparat und die damit anzustellenden Versuche:
Nach Di Heinrich Daniel Ruhmkorff, C. Bromeis, J . F. Bockelmann pubblicato
1857 J.D. Sauerlander's Verlag
1873 Machine électro-médicale de Ruhmkorff La Nature 1873
: Première année : n°1 à 26
1881 (articolo) MM G. Scarpa e L. Baldo Modification à la bobine
de Ruhmkorff La Lumière électrique 1e série, vol. 3,
n°1-26, 1881
1888 Mesures galvanométriques sur la bobine Ruhmkorff, par A. Heydweiler
La Lumière électrique 1e série, vol. 28, n°14-26,
1888
1891 Sur la théorie de lappareil de Ruhmkorff, par M. Colley
La Lumière électrique 1e série, vol. 42 n°40-52,
1891
1901 Bobine de Ruhmkorff à étincelle de 0m,80 de longueur
(J. LAFFARGUE) La Nature 1901 : Vingt-neuvième année, premier
semestre : n° 1436 à 1461
1902 G. Giorgi Il funzionamento del Rocchetto di Ruhmkorff Atti dell'Associazione
elett. Italiana 1902 p. 607
1908 Théories et généralités. Recherches théoriques
et expérimentales sur la bobine de Ruhmkorff, O.-M. CORBINO extr.
La Lumière électrique 2e série, vol. 4, n°40-52,
1908
1916 Le fonctionnement de la bobine de Ruhmkorff avec linterrupteur
électrolytique. -- O.-M. CORBINO et G.-C. TRABACCHI La Lumière
électrique 2e série, vol. 32, n°1-13, 1916 ( estratto
da L'Elettrotecnica 25 gennaio 1916)
1994 BRENNI, P. (1994), 19th Century French Scientific Instrument Makers.
IV: Heinrich Daniel Ruhmkorff
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