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Les Lignes et liaisons
téléphoniques
Pour établir une conversion à distance entre
deux personnes par téléphone, il faut les relier par une
liaison physique, en fil de fer au tout début puis en cuivre
... les relier par l'intermédiaire d'un bureau téléphonique
avec des opératrices, par la suite via les centraux automatiques
en premier, électroniques et numériques par la suite ...
en utilisant des liaisons entre centres et pays. On distingue trois
type de liaisons :
1 - Les liaisons analogiques sujet traité dans cette page.
Au début du téléphone, sur ces premières liaisons
téléphoniques, les courants qui circulaient étaient
tout simplement les courants analogiques bruts générés
par les voix des deux correspondants au travers des microphones des téléphones.
De ce fait, les signaux étaient rapidement affaiblis par les pertes
induites par les câbles métalliques, ainsi que par les courants
telluriques qui parasitaient les transmissions vocales brutes. Les liaisons
de longue distance, interurbaines, étaient alors impossibles.
2 - Les liaisons numériques
À partir des années 1950 après l'invention du transistor
en 1948 et avec la miniaturisation des composants électroniques,
il est alors devenu possible de commencer à mettre en application
une invention Françqies de 1937 : la Modulation par Impulsion et
Codage, couramment appelée MIC
racontée dans cette
page et cette autre
page du site.
Elle permet de transporter facilement les conversations sur de longues
distances sans affaiblissement ni altération.
3 - Les liaisons satellites
sujet exposé dans cette
page du site
Les liaisons analogiques
Rappel de La boucle locale ou
Réseau local
La ligne téléphonique relie le poste téléphonique
de l'abonné au commutateur d'entrée dans le réseau
backbone de l'opérateur, ce commutateur est appelé commutateur
de rattachement ou commutateur d'abonné. Il se situe dans un bâtiment
appelé central ou centre téléphonique (le
terme centre sera souvent confondu avec le terme commutateur).
Organisation de la boucle locale
En partant du poste téléphonique des abonnés reliés
à des câbles de branchement :
Les fils des abonnés sont des lignes bifilaires individuelles,
Les points de concentration PC : sont des petites boîtes
placées sur des poteaux ou dans des endroits réservés
au sein des immeubles desservis. Les paires téléphoniques
arrivent au PC sur des réglettes, des connexions amovibles les
relient à d'autres réglettes sur lesquelles sont branchés
les câbles de distribution. Le PC n'est rien d'autre qu'un mini
répartiteur de petite capacité d'une à quelques dizaines
de paires.
Les câbles de distributions relient les points de concentration
au sous Répartiteurs. SR
Chaque câble contient un certain nombre de paires et leurs calibres
sont généralement normalisés. On trouve des câbles
de 14, 28, 56, 112, 244, 448 paires de calibres 0.4 ou 0.6 mm. Ces câbles
peuvent être soit aériens, so it posé en plein terre
(moins onéreux mais vulnérables) soit en canalisations souterraines
équipées de regards de visite pour l'entretient.
Les sous répartiteurs SR sont des "casiers"
placés sur les trottoirs. Ils permettent de la même façon
qu'un PC de regrouper les câbles de distribution vers les câbles
de transport qui sont plus volumineux. Un SR peut connecter jusqu'à
1500 paires.
Les câbles de transport sont similaires aux câbles
de distribution avec des capacités plus élevée, 112
à 2688 paires. Ces câbles sont posés dans des conduites
souterraines.
Le répartiteur général placé dans le
bâtiment du centre de rattachement, constitue le point d'accès
des lignes à l'autocommutateur.
Sous Répartiteur
boucle locale
Le réseau téléphonique commuté
(RTC)
a été progressivement développé sous laction
des pouvoirs publics avec lobjectif de constituer un réseau
universel public couvrant la totalité du territoire national. Propriété
de France Télécom, le réseau téléphonique
commuté raccorde la quasi-totalité des résidences
principales et secondaires comme les professionnels et les entreprises.
La prise de conscience de limportance des nouvelles formes de communications
date globalement de lapparition du télégraphe électrique
dans les années 1830, lorsquest institué un monopole
dÉtat en 1837 avec la création de ladministration
des télégraphes, rattachée au ministère de
lintérieur. De linvention du téléphone,
en 1876, à la nationalisation de la société française
du téléphone en 1889, le développement du réseau
téléphonique est pris en charge par des sociétés
privées. On compte alors 12 000 abonnés au service téléphonique
en France, contre 177 000 en Europe, et 211 000 aux États-Unis.
Le ministère des postes et télégraphes, les «
PTT », créé en 1879, prend en charge la poursuite
du déploiement du réseau téléphonique.
La France demeure très en retard néanmoins, le nombre dabonnés
passant de 62 000 à 212 000 entre 1900 et 1910, ce qui correspond
à un accroissement annuel moyen de 13 %, contre 21 % aux États-Unis,
où lautomatisation des centraux téléphoniques
est déjà en cours.
À lissue de la Première Guerre mondiale, le téléphone
demeure un produit de luxe, réservé aux riches citadins,
et le nombre de postes téléphoniques nest alors en
France que de 0,77 pour 100 habitants, contre 4,9 en Suède, 2,1
en Allemagne et 1,6 en Grande Bretagne .
Suite au plan de 1923, qui confère un budget annexe aux PTT, lautomatisation
de la commutation se développe et près de 300 000 lignes
automatiques sont ainsi installées à Paris entre 1929 et
1934,
Le premier câble souterrain à grande distance
fut posé entre Paris et Strasbourg : les travaux débutèrent
en 1924 et la mise en service des premiers circuits eut lieu en 1926.
Les stations damplification étaient distantes
de 80 à 120 kilomètres, avec des stations déquipements
tous les 80 à 120 km..
Comparés aux circuits aériens, les circuits en câbles
présentaient, grâce à leur fort isolement et à
léquilibrage des conducteurs, une grande stabilité
de fonctionnement, et un rapport signal/bruit élevé.
La pose des câbles se déroula jusquen 1939, à
une cadence très régulière, à raison de 700
kilomètres de câbles par an. La technique des « courants
porteurs » faisait ainsi son apparition en France
tandis que
Dans les campagnes, le système « automatique
rural » est déployé dans les années
Trente, mais la dispersion des points de commutation 28 000 sur
tout le territoire en 1938 et les limitations de trafic propres
à ce dispositif empêchent un plein essor.
Les améliorations techniques et technologiques, telles que les
bobines dites « Pupin », du nom de leur inventeur, lamplification
en ligne et les courants porteurs, permettent daméliorer
la transmission des communications téléphoniques sur les
longues distances.
La récession suivant la crise de 1929 freine le déploiement
du réseau téléphonique, concentré sur les
besoins professionnels. On compte 1,59 million de postes téléphoniques
en 1938, soit 3,79 postes pour 100 habitants, contre 12,47 en Suède,
5,20 en Allemagne et 6,74 en Grande Bretagne.
Au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, le réseau téléphonique
est en mauvais état, notamment des dommages causés par larmée
allemande lors de sa retraite. Le réseau est rapidement réparé
afin de rétablir le service, mais les investissements manquent,
la modernisation na pas lieu, et le réseau téléphonique
semble le grand oublié des programmes de reconstruction de laprès-guerre.
En 1939, le réseau français comprenait environ 10 000 kilomètres
de câbles à grande distance et une centaine de centres damplification
: ce réseau câblé était constitué essentiellement
par 12 artères principales rayonnant à partir de Paris et
par quelques câbles sur des itinéraires transversaux tels
que Angoulême Lyon et Bordeaux Toulouse Avignon.
Les 8 000 circuits interurbains en service à cette date avaient
une longueur totale de plus dun million de kilomètres.
En 1950, on compte à peine 1,4 million dabonnements principaux,
la demande de raccordement au réseau téléphonique
est faible, et la durée dattente pour une ligne dabonné
est de lordre de six mois.
Les développements se concentrent sur les réseaux de longue
distance avec le déploiement de réseaux de transmission
en câble coaxial, le long des grands axes, et en faisceaux hertziens
à large bande.
Dans les années Soixante, la demande explose on passe ainsi
de 119 000 demandes de raccordement téléphonique en 1964
à 442 000 en 1966, et les délais dattente sont de
plus en plus mal perçus par la population.
Finalement, les cinquième (1966-1970) et sixième (1970-1975)
plans accordent une large place au développement des réseaux
téléphoniques, et à compter de 1974, la direction
générale des télécommunications (DGT) devient
le premier investisseur public.
Le plan de rattrapage du téléphone, préparé
depuis 1967 et adopté en 1975, permet à la France de combler
son retard dans le domaine des télécommunications et de
diversifier les réseaux et les services de télécommunications,
alors que lon ne compte encore que 4 millions dabonnements
principaux en 1970.
Lancé en 1974, le programme « delta LP », qui correspond
à un accroissement des lignes principales, permet daugmenter
le nombre de raccordements dabonnés. 105 milliards de francs
sont alors investis afin de multiplier par trois le nombre dabonnements
en dix ans.
En 1974, le nombre de circuits interurbains en France atteignait 160 000,
soit 20 fois plus, alors que le nombre dabonnés principaux
était multiplié par moins de 6, ce qui montre lexpansion
extraordinaire du trafic interurbain depuis la dernière Guerre
mondiale.
En 1980, le nombre de circuits interurbains dépassait 500 000,
ce qui traduit une croissance moyenne de plus de 20 % par an au cours
de cette période
En 1981, le rattrapage du téléphone est réalisé.
On compte alors 11 millions dabonnements principaux, soit 20 abonnements
pour 100 habitants, valeur atteinte par la Grande Bretagne en 1973 et
par lAllemagne en 1974. Le délai moyen de raccordement est
alors de 3 mois contre 16 mois en 1973. À la fin des années
1980, le nombre dabonnements principaux sélève
à 16 millions pour 25 millions de postes.
Le réseau téléphonique est donc ancien.
Bien sûr, son ampleur - 32,5 millions de paires de cuivre
en distribution raccordées via 1 000 000 km dartères
dont 50 % en aérien et 15,2 millions de poteaux selon les chiffres
dOrange explique en partie les difficultés dentretien
et didentification des points chauds.
Les lignes aériennes
Vous avez peut-être connu les poteaux et les fils
télégraphiques qui bordaient les routes et les voies ferrées.
Bien avant l'invention du téléphone, souvenez-vous de l'invention
de Samuel Morse qui finit par obtenir, en 1840 un brevet pour son télégraphe,
après de nombreux travaux de recherche et d'essais et un effort
soutenu pour convaincre des investisseurs réticents. Son système
de transmission de signaux à distance se composait d'un poste émetteur
où un opérateur générait des signaux codés
(le code Morse) à l'aide de son manipulateur, un poste récepteur
qui enregistrait le message sur un bande de papier et entre les
deux stations, une ligne télégraphique dont la longueur
pouvait atteindre plusieurs centaines voire milliers de kilomètres.
Le télégraphe,
après des débuts hésitants, rencontra rapidement
un vif succès, d'abord aux USA bien sûr, dès la fin
de la Guerre de Sécession puis en Europe après la Guerre
de 1870, avec comme premiers clients les services boursiers des grands
groupes financiers et les premières entreprises multinationales
nées de l'explosion du monde industriel.
Les premières lignes télégraphiques aériennes
ont vu le jour à partir des années 1840. Pour traverser
les fleuves puis les océans, câble
sous-marin raconté dans
cette page. seront mis au point et installés un peu
plus tard à partir des années 1866.
Les lignes aériennes se composent d'un support sur
lequel sont installés des isolateurs. Sur la base du retour d'expérience
des premières installations, les technologies vont bien sûr
rapidement s'améliorer (et se standardiser) de façon à
rendre le montage plus facile, sécuriser la résistance mécanique
et électrique des installations soumises aux caprices du temps
et réduire les coûts de maintenance.
Le bois est resté le matériau de base pour la construction
des poteaux. D'abord réalisés à partir de troncs
de résineux bruts, ils sont dès avant 1900 travaillés
dans des scieries spécialisées pour en faire des supports
parfaitement droits et dimensionnés suivant des normes bien précises
imposées par les sociétés clientes.
Compte tenu des besoins
liés au développement du télégraphe, du
téléphone et des réseaux d'électricité,
une véritable industrie de fabrication de poteaux bois va se
développer dans les pays industrialisés.
Pour améliorer la tenue dans le temps des
poteaux bois et retarder des attaques d'insectes ou de champignons,
les fournisseurs ont dû faire des choix parmi les espèces
d'arbres à réserver, faire les coupes forestières
au bon moment de l'année (à "lune descendante"
dit-on) et traiter chimiquement les troncs avec des produits fongicides
et insecticides.Ainsi va naître dans les régions forestières
françaises un nombre important de petites exploitations qui
fourniront aux services des PTT et aux sociétés d'électricité
des millions de poteaux en bois de résineux.
Les PTT exigent des fûts sans couronnes de nuds : certains
résineux ont en effet des branches qui partent toutes à
un même niveau, alors que dautres ont le départ
des branches réparti de façon hélicoïdale.
Les couronnes de nuds fragilisent le poteau et risquent de
provoquer des accidents dus à la casse en cet endroit.
Même si leur nombre a diminué au profit d'entreprises
modernes hautement mécanisées (et automatisées),
la fourniture de poteaux bois reste aujourd'hui encore une activité
industrielle importante.
La fabrication de ces supports doit répondre bien sûr
à des normes sévères (par exemple les normes
NF EN 12511, NF EN 12510, NF EN 12509, NF EN 12479, NF EN 12465)
et les livraisons subir de nombreux tests de réception.
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Poteaux épicéas à tête ronde
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En ce début du XXIe siècle, les besoins
en poteaux bois sont relativement stables et sont couverts par seulement
quelques grands chantiers qui ont effectué une mutation technologique
importante et sont équipés de raboteuses modernes,
de grappins mécaniques, mettant fin à la découpe
manuelle des troncs et ont automatisé le procédé
dautoclave pour le traitement du bois en prenant en compte
tous les aspects liés à l'utilisation de produits
antiseptiques dangereux et en particulier les exigences environnementales
européennes.
Conformément à la règlementation, un marquage
est apposé sur chaque poteau. Il précise en particulier
le traitement chimique reçu et la date de fabrication du
poteau.
Les unités de production en France sont à même
de produire des centaines de milliers de poteaux par an pour une
demande qui est supérieure à plusieurs millions d'unités.
Imaginez que dans les années 1970/80 la demande française
d'environ 1 500 000 poteaux/an était couverte par 800000
poteaux bois fabriqués en France et environ 350000 poteaux
d'importation, le reste étant des poteaux et supports métalliques.
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Le parc de poteaux en bois des PTT était en 1900 denviron
2 millions, en 1962, 10 millions et en 1990, denviron 25 millions.
Avec la mise en câbles souterrains et aériens du réseau
des télécommunications, il a fortement diminué et il
est évalué actuellement à environ 8 millions. A noter
que de nombreux poteaux métalliques ont été utilisés
et sont eux aussi toujours en service.
Traitement chimique des poteaux
Deux grands procédés ont été
développés pour le traitement des bois des poteaux.
- Le premier et le plus ancien sans doute est le procédé
BOUCHERIE qui consiste, sur des arbres fraîchement abattus, à
chasser la sève par une solution antiseptique - en général
du sulfate de cuivre - injectée sous pression. Ce procédé
est très bien adapté au traitement des pins sapins et épicéa.
La durée du traitement, en jours, doit être, d'après
les spécialistes en la matière, quasi égale à
la longueur en mètres du poteau !
- Le deuxième procédé dit procédé mécanique
consiste à faire pénétrer de la créosote (un
composé chimique issu de la houille) dans le bois, à refus,
par une mise sous vide et/ou en pression du poteau dans un autoclave.
Ce deuxième procédé permet de traiter des bois secs
et convient bien aux bois d'importation. Le traitement est suivi d'un
séchage à l'air libre du bois pendant 3 mois.
Un chantier utilisant cette technique existe à Saint Médard
dEyrans, près de Bordeaux. Il est visible depuis la voie
ferrée Bordeaux-Toulouse, sur la droite.
Mais l'imprégnation peut-être faite
avec d'autres agents chimiques. On peut citer le Pentachlophénol,
les CFK (Cuivre, Fluor, Chrome), les CCB (Cuivre, Chrome, Bore) et
surtout les CCA (Cuivre, Chrome, Arsenic) qui présentent une
grande toxicité.
Il n'est pas exclu de trouver aussi du lindane, un insecticide organochloré
commercialisé depuis 1938, dans les bois traités.
Ces procédés de traitements portent des noms spécifiques
suivant le processus retenu. Vous entendrez parler de méthode
Rüping, Estrade ou Bethel. Un autre traitement des bois est utilisé
pour prolonger la vie des poteaux. Un liquide fongicide est injecté
dans le pied du poteau, à lendroit où il sort
de terre (procédé Cobra).
Dans les années 1980, les 2/3 de la production de poteaux en
France provenaient d'une cinquantaine de chantiers dépendant
d'une vingtaine d'entreprises et implantés principalement en
Auvergne, dans les Vosges et en Saône-et-Loire.
On retrouve trace d'anciennes entreprises dans le Puy-de-Dôme
et en particulier près d'Ambert dans le Livradois.
L'imprégnation des poteaux télégraphiques fut
introduite dans cette région vers 1897.
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A Saint-Alyre-d'Arlanc, l'entreprise de fabrication de poteaux avait
mis en place une station d'imprégnation au sulfate de cuivre.
Les beaux cristaux bleus étaient livrés en sacs de jute
de 50 à 100 Kg en provenance de l'Angleterre. |
Certains chantiers pouvaient aussi faire un traitement au
fluorure de zinc.
Pour le sulfate de cuivre, il s'agissait du procédé du Dr
BOUCHERIE, même si ce terme est peu évoqué aujourd'hui
par les gens de la région.
Un mélange d'eau et de sulfate de cuivre (10 %) était stocké
dans une fosse étanche à la base d'une tour qui comportait
en hauteur trois cuves de grande capacité (15 à 30 m3). Ce
mélange était alors envoyé à l'aide d'une pompe
(à l'origine à bras, puis mue par un moteur à essence
et enfin un moteur électrique à partir de 1935 seulement)
dans la cuve supérieure qui alimentait par gravité les deux
cuves inférieures en maintenant leur niveau quasi constant. Le liquide
redescendait, par gravité, jusqu'aux troncs d'arbre à traiter
via un réseau de tuyauteries .
L'unité traitait des poteaux de 6.5 m, 7 et 8 m. Les deux cuves d'alimentation,
installées à des hauteurs différentes sur la tour permettaient
d'avoir des pressions d'injection variables suivant le type de tronc à
traiter.
Les troncs étaient alignés sur un pan incliné. Une
calotte en bois munie d'un joint d'étanchéité était
plaquée à l'extrémité de chaque tronc et maintenue
à l'aide de deux griffes en fer. Un trou percé au centre de
la calotte et muni d'un embout rigide appelé "le bistouri"
permettait d'injecter le produit de traitement en assurant une étanchéité
aussi parfaite que possible.
| Le joint d'étanchéité
pouvait bien sûr être constitué par un anneau de
caoutchouc, mais dans les installations les plus rustiques il était
réalisé à partir d'un simple toron de paille
; système simple, peu couteux, efficace sans doute et surtout
facile à changer sans devoir courir chez le quincailler ...
et puis le joint était "adaptable" à différents
types de résineux et façonnable à la main pour
épouser des coupes de bois pas toujours parfaitement franches.
Depuis des générations on savait faire
des "paillas" à Arlanc, ces ruches en paille torsadée
montée en spirales. Alors de là à faire des
joints d'étanchéité, il n'y avait eu qu'un
pas technologique à franchir !
Tiens, on raconte même dans le pays d'Ambert
que lorsque le joint d'étanchéité de l'alambic
venait à se déchirer, on le remplaçait par
un joint en paille pour ne pas arrêter la campagne de distillation
.... Bon, mais revenons à nos poteaux !
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Tour d'imprégnation de poteaux en sapin de Usson en Forez.
Les Monts du Forez riches en pins et sapins de qualité produisaient
au siècle dernier 3 types de bois.
Le bois de mines, du pin découpé en étais de
5 à 6 m de long, pour St-Etienne et le bassin minier de la
Loire, le bois en fût pour les poteaux télégraphiques
et électriques expédiés dans toute la France
et le bois de construction - du sapin - pour les charpentes. Ces
différents types de bois étaient transportés
en train jusqu'à la plaine et la région de St-Etienne
où ils étaient vendus aux clients. En 1938, le train
a transporté plus de 130 000 tonnes de bois de Sembadel-gare
à plus de 1 000 m d'altitude jusqu'à Bonson (Saint-Etienne)
à 350 m seulement.
On peut supposer qu'il y avait bien d'autres chantiers,
à la même époque, dans cette région du
Forez riche en forêts de pins et sapins.
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En cas de fuite, le bas du pan incliné, en
forme de goulotte, récupérait le liquide perdu et
le ramenait dans la fosse de stockage en bas de la tour. Mais le
système de récupération ne permettait pas d'éviter,
bien sûr, que du liquide chimique tombe accidentellement au
sol. D'où une inévitable pollution locale dont on
retrouve encore trace cent ans après. Au bout de quelques
jours, le sulfate de cuivre qui avait traversé en longueur
tout le tronc ressortait à son extrémité libre.
Un test obligatoire consistait à passer sur cette extrémité
du chlorure de fer qui virait au rouge si le traitement avait été
correctement réalisé.
La ligne de chemin de fer qui desservait St Alyre
d'Arlanc dés 1902, a permis le transport de ces poteaux -
éléments lourds et encombrants - dans bien des régions
de France (et des colonies) à une époque où
la demande était importante compte tenu des évolutions
techniques (développement du chemin de fer, de la téléphonie
et de l'électricité).
St Alyre d'Arlanc, petite bourgade perdue dans les
montagnes d'Auvergne, près de La Chaise-Dieu, a compté
jusqu'à 5 scieries et sa gare et a même été
à cette époque la deuxième de France pour le
transport du bois.
Une aubaine économique pour cette région
peu favorisée.
Le bois - ainsi que l'exploitation de carrières
de quartz laiteux - faisaient vivre plus de 1 000 habitants sur
la commune entre 1870 et 1900, alors qu'il n'en reste plus aujourd'hui
que 180.
Il existait aussi à Usson (dans la Loire,
à une trentaine de km de St Alyre d'Arlanc), au début
du XXe siècle, deux chantiers d'imprégnation au sulfate
de cuivre de poteaux en résineux à destination des
PTT.
Dans les années 1920, un wagon de 150 à
200 poteaux partait chaque jour depuis la gare de Saint-Alyre.
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Les poteaux téléphoniques étaient
expédiés en général à Brioude où
se trouvait un grand centre de répartition des PTT. Ils voyageaient
sur des wagons plats de 15 m de long, via Saint-Germain-des-Fossés.
Il existait aussi dans cette ville une usine, créée en 1925,
dont l'activité consistait à traiter le bois, poteaux électriques
et téléphoniques, charpentes et traverses de chemin de fer,
par imprégnation profonde à la créosote et aux sels
minéraux. Cette entreprise a cessé son activité vers
1990 et a été depuis démantelée.
Pour finir précisons que l'activité de "potellerie"
a cessé définitivement à St Alyre en 1975, mais qu'elle
avait déjà fortement décliné depuis les années
50, suite à l'importation de bois vendus à bas prix sur
le marché français.
Marquage

A gauche : La plaque bleue est la plaque d'identification du poteau. Sur
une ligne donnée, chaque poteau porte un numéro . Cette
indication permet de connaître avec précision où se
trouve le poteau, soit en cas d'accident, soit pour localiser une ligne
desservant une habitation, à partir d'une carte géographique.
Au centre : Cette plaque de signalisation est posée sur tous les
poteaux, pour dégager la responsabilité de France Télécom
en cas d'accident.
A droite : Le clou enfoncé dans le poteau donne un certain nombre
d'informations sur le poteau lui-même, en particulier le nom de
l'entreprise qui l'a fabriqué, sa date de fabrication et son type
d'imprégnation et quelques informations supplémentaires
utiles à sa traçabilité. Ces informations permettent
la gestion du parc de poteaux, le suivi pour entretien, etc.
Les lignes téléphoniques sont certes constituées
de nos jours avec des câbles multi-brins isolés, mais ceux-ci
sont toujours portés par des poteaux, surtout hors zones urbaines.
Les poteaux conventionnels vont de 7 m à 15 m de long et sont souvent
en bois autoclavé créosote (lettre R sur le marquage). Ils
ont une durée de vie escomptée de 25 ans, alors même
quils sont en contact avec le sol et soumis aux intempéries.
L'Isolateur télégraphique
Les premières lignes téléphoniques qui
ont été construites vers le milieu du 18ième siècle,
n'étaient pas équipées avec les dispositifs de support
et d'isolation des fils que nous connaissons aujourd'hui. L'isolateur en
verre ou en porcelaine n'existait pas encore.
Les fils étaient souvent simplement
supportés par des crochets en fer fixés à des
poteaux en bois.
Pour éviter une mise à la terre des conducteurs, le
crochet était isolé du bois par un manchon en caoutchouc
(plus tard en verre).
Ces 'ramshorn insulator', comme les collectionneurs américains
les appellent aujourd'hui, ont été très employés
sur les lignes de l'Ouest américain dans les années
qui ont précédé la guerre civile (guerre de Sécession).
Plus tard, vers 1870, l'emploi des isolateurs en verre ou en porcelaine
s'est généralisé.
Ces isolateurs téléphoniques étaient en général
vissés sur des supports en bois (pins) cloués sur des
traverses.
Très tôt, l'Europe a opté pour des supports métalliques.
La liaison entre l'isolateur en verre et la tige de maintient est
dans ce cas réalisée par un scellement. Diverses techniques
ont été employées, par exemple scellement au
soufre fondu, à la litharge, mais les fabricants d'isolateurs
ont assez rapidement préconisé l'emploi de plâtre
à modeler additionné de colle forte liquide à
froid ou des scellements au ciment de portland à prise lente. |
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Épissure
de raccordement de 2 fils téléphoniques Fils en Bronze siliceux
- Diamètre 3 mm
Vous souvenez-vous des petits objets en porcelaine ou
en verre qui brillaient au soleil, en haut des poteaux ?

Cétaient les isolateurs qui évitaient que le courant
électrique ne séchappe des lignes télégraphiques.
Il existe des quantités de modèles disolateurs pour
lélectricité, quelle soit domestique ou industrielle.
Je ne vais vous parler que des isolateurs télégraphiques
qui, dailleurs, pourraient sappeler aussi téléphoniques,
puisquils ont eu ce double usage. Les progrès techniques
en matière de télécommunications ont conduit au remplacement
des fils nus par des câbles, la plupart du temps enterrés.
Puis le téléphone sans fil sest démocratisé.
Avec le téléphone
mobile , plus besoin de lignes, plus besoin de fils, plus
besoin disolateurs. Bientôt, vous ne le trouverez plus que
dans les musées. Il est temps de lui rendre hommage.
Les isolateurs en verre ou en porcelaine ont des formes et des couleurs
qui varient à l'infini suivant l'époque et la provenance.
Les isolateurs ci-contre datent des années 1870. Ils équipaient
la ligne TUCSON-TOMBSTONE en ARIZONA (souvenez vous de O.K. CORRAL). Le
verre est partiellement dépoli par les vents de sable du désert.
La tête comporte une partie filetée qui assure une fixation
solide et permet un démontage facile.
La collection unique au monde de quelques trois cents isolateurs détenus
par le Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris a permis
de mettre en valeur le processus de l'évolution de ce modeste objet.
Une fois le poteau mis en place, il convient d'installer
les fils et de les fixer sur les isolateurs.
Griffes Les
Grimpettes
Exercice délicat et périlleux réservé à
des ouvriers monteurs spécialisés dans ces opérations.
Chaque étape du montage doit respecter des règles très
strictes et le fil doit être tendu correctement de façon
à assurer une bonne tenue mécanique de l'ensemble quel que
soit le temps, été comme hiver.
Après mise en service de l'installation, des inspections périodiques
sont faites ainsi que des remplacements de matériels (supports,
isolateurs, ....).
Pour effectuer tous ces travaux, bien sûr, il est indispensable
de savoir monter aux poteaux !
On ne monte pas aux poteaux bois avec une échelle ! On ne va pas
à la récolte des cerises quand on est monteur électricien
ou téléphoniste.
On enfile sa tenue de travail, on met un casque de sécurité
en théorie et on attache ses griffes de façon à pouvoir
monter au poteau par la vraie force de ses jambes.
Encore faut-il un peu d'apprentissage et d'entraînement pour monter
avec ces accessoires aux pieds. Il faut bien enfoncer les griffes dans
le bois relativement tendre pour bien assurer la montée, mais sans
doute pas trop pour ne pas rester coincé à mi-hauteur. sans
doute un exercice moins facile qu'il n'y parait ! surtout chargé
avec l'outillage dans la musette ! ... et puis la descente n'est pas forcément
plus simple que la montée !
Ces travaux sont réalisés par un personnel
qualifié et chaque intervention est bien sûr consignée
dans un document spécial (la gestion des travaux d'entretien est
assurée aujourd'hui par des moyens informatiques).
La création, assez tardive et surtout au lendemain
de la Première Guerre mondiale, du téléphone fera
apparaître, sans les emprises des compagnies de chemin de fer et
le long des lignes, une grande quantité de fils et de supports
en bois, avec leurs isolateurs en « clé de sol ».
Le décret du 9 novembre 1911 met en place le service des
Lignes Souterraines à Grande Distance (LSGD) de lAdministration
des P&T mais il ne sagit, pour le moment que de lignes souterraines
télégraphiques.
En 1914, larrêté du 6 juin organise létablissement
de lignes aériennes et aéro-souterraines.
Ce nest que le 7 septembre 1923 que la première liaison
interurbaine téléphonique à grande distance, entre
Paris et Strasbourg, et en service manuel, est prévue et
elle sera ouverte le 9 août 1926.
On peut donc dire que la grande période des poteaux présents
dans le monde ferroviaire ne démarre que dans les années
1920 et 1930, ce qui est tout à fait constatable sur les photographies
ferroviaires qui peuvent être datées avec précision
grâce à lidentification du matériel roulant
présent sur le cliché.
Notons quavec la généralisation du téléphone
et le grand nombre dabonnés, le nombre de fils se multiplie
dautant et demande des poteaux de plus en plus imposants, larges
et hauts. Le grand nombre de fils impose aussi les fameux isolateurs dits
« en clé de sol » qui soutiennent deux fils. Cest
une spécialité française : les autres pays du monde
restent fidèles à lisolateur simple soutenant un seul
fil.
Mais il se pose aussi, plus particulièrement avec le téléphone,
le problème du sol. Pour éviter des perturbations créées
par la proximité du sol, on fait « tourner » les positions
des fils par leur permutation sur le fil. On voit, parmi les isolateurs
en « clé de sol », quelques isolateurs simples à
un fil permettant cette rotation répartie sur plusieurs poteaux
successifs.

Poteau PTT sur une ligne SNCF : la rangée supérieure comprend
quatre isolateurs simples remplaçant deux « clés de
sol », permettant la permutation des fils par rapport à la
terre. Pour passer de lisolateur supérieur dune «
clé de sol » à lisolateur inférieur,
le fil utilise à titre transitoire un isolateur simple intermédiaire
qui le positionne à une hauteur proche du support transversal.
Langle de la déviation du fil est moins importante car répartie
sur plusieurs poteaux successifs.
Les poteaux en bois sont petit à petit remplacés par des
poteaux métalliques.
À partir de l'année 1967 sont apparus les poteaux
téléphoniques en acier galvanisé, immunisés
contre la putréfaction et plutôt bien protégés
contre la corrosion.
D'abord timide, leur implantation a commencé à proliférer
dans les campagnes de France à partir de l'année 1974 et du
grand plan d'expansion du réseau téléphonique, le Delta
LP. En effet, devant l'explosion de la demande de nouveaux poteaux téléphoniques
en bois durant ces années fastes, les industriels de la filière
bois ont été incapables de satisfaire la cadence de 2 millions
de poteaux par an et il fut ainsi fait appel aux sidérurgistes. Ainsi,
apparurent les poteaux en acier galvanisés pour suppléer efficacement
à cette carence.
Finalement, suite à de nombreuses plaintes d'association de défense
de la nature et du cadre de vie, M. le Président de la République
- Valéry Giscard d'Estaing s'est ému de la situation et fait
rendre publique la décision par M. le Directeur Général
des Télécommunications - Gérard Théry, le 30
août 1978, d'interdire la pose de nouveaux poteaux en acier galvanisé
à compter du 1er septembre 1980 (finalement interdits de pose à
partir du 1er janvier 1981 hors agglomération).
Le poteau métallique télécom
est un support de section octogonale est réalisé en
acier galvanisé dépaisseur 2 mm galvanisé
à chaud.
La charge admissible en tête du poteau telecom est 220 daN pour
les hauteurs de 6 à 8 m et 200 daN pour les hauteurs de 9 et
10 m.
- Une encoche poinçonnée en tête du poteau telecom
destinée à recevoir une traverse en cornière
de 40mm x 40 mm et de longueur 820 mm perforée de 13 trous
par face pour laccrochement des câbles.
- Une clavette de serrage.
- Un obturateur de tête en matière plastique.
Le poteau télécom en acier galvanisé est devenu
plus utilisé que le poteau telecom en bois grâce à
sa robustesse et sa capacité à supporter des conditions
climatiques très dures.
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Malheureusement, les poteaux téléphoniques
en acier galvanisé souffrent d'un défaut majeur : ouverts
en leur sommet, ils constituent un piège mortel pour n'importe quel
oiseau ou rapace qui y tomberait dedans. Dès 1979, un modèle
d'obturateur est déployé dans le parc de poteaux.
Mais au début des années 1990, il est constaté que
ce modèle d'obturateur vieillit mal et finit assez souvent par se
déboîter, réactivant ces pièges mortels. Aussi
en 1992 une seconde campagne massive de déploiement d'un nouveau
modèle d'obturateur est engagée.
Une fois les poteaux d'acier galvanisé inventoriés, un agent
se rend sur place et à l'aide d'une perche télescopique construite
à cet effet, pose un nouvel obturateur en leur sommet.
Les Appuis Partagés sur Poteaux Béton EDF
Courant 1969, l'Administration des PTT et Électricité
De France ont décidé de mener une expérimentation commune
autorisant l'Administration des PTT à utiliser les poteaux électriques
EDF en partage, afin d'accélérer le déploiement du
téléphone dans les villes et les campagnes.
Le 13 novembre 1969, après une première expérimentation
qui s'est déroulée à Saint-Valéry-sur-Somme,
il a été décidé de généraliser
cette pratique supplétive.
La moins coûteuse des solutions est : les poteaux
en bois, qui ont d'abord été utilisés (traités
à la créosote), puis les poteaux EDF en béton armé
(utilisation partagée avec les PTT) et enfin les poteaux en acier
galvanisé.
La distance moyenne entre deux poteaux consécutifs
est denviron 35 m .
Selon la configuration de lartère, ils peuvent être
consolidés en jumelage de deux poteaux (dit appui moisé),
en jambe de force (dit appui couplé) ou en haubanage.
  
Chaque poteau sur le terrain fait lobjet dun étiquetage
de couleur bleue comportant un numéro didentification.
Dautres étiquettes peuvent également être rencontrées..
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Les potelets
sont constitués généralement de tubes dacier
scellés dans les façades des maisons ou immeubles.
Ils servent de support aux câbles réseau de la boucle
locale et aux branchements clients.
Les potelets utilisés par Orange installés sur des façades
privatives ainsi que les appuis aériens installés en
propriété privée doivent faire lobjet dune
demande dutilisation préalable aux propriétaires
concernés. |
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1978 Le téléphone cherche à plaire
Le poteau téléphonique métallique est condamné.
M. Gérard Théry, directeur général des télécommunications,
a annoncé, le mercredi 30 août, que d'ici trois ans, ses
services abandonneraient définitivement ce genre de support inesthétique.
M. Théry a également promis que les P.T.T. généraliseraient
le câble téléphonique " enterré ",
sauf dans les agglomérations et dans les parties terminales des
lignes rurales.
L'environnement quotidien est fait de petits riens. Il
faut peu de chose pour briser l'unité d'un paysage rural simple,
non pas grandiose, mais équilibré, harmonieux : une maison
trop blanche et trop en vue ; un château d'eau au sommet d'une colline,
ou une série de poteaux métalliques le long de la route,
à la place, ou à côté, des traditionnels poteaux
de bois.
En équipant en grande hâte les campagnes, ces messieurs du
téléphone se sont fait bien mal voir de ceux qui sont sensibles
aux transformations regrettables du paysage. Sans doute fallait-il donner
le téléphone aux campagnes, mais pas sans avoir réfléchi
aux dégâts.
Prenons un site rural banal. Une petite route ordinaire. Discrète,
elle se faufile à travers champs. Peu de signaux routiers, pas
de bande blanche. Le bitume se laisse oublier. Champs de blé ou
d'avoine, prairies et bois. De ci, de là, une ferme-caméléon,
couleur de terre, calée au creux d'un vallon. Arrive le téléphone.
Une chance pour ces fermes isolées, ces paysans loin de tout à
qui la télévision seule apporte les nouvelles du monde.
Catastrophe ! Il arrive en accrochant ses fils non pas sur les troncs
d'arbres grossièrement équarris d'autrefois, mais sur des
poteaux sortis d'usine en métal gris, presque blanc, qui accroche
la lumière. Irruption regrettable. Où les P.T.T. ont-ils
donc la tête ?
L'avance des poteaux métalliques le long des routes
de campagne a provoqué de nombreuses protestations. Les P.T.T.
ont rétorqué qu'ils avaient dû faire face à
une demande soudaine et massive : la forêt française n'y
suffisait plus.
Quelques chiffres : la forêt produit au maximum, selon les P.T.T.,
1,2 à 1,4 million de poteaux téléphoniques par an.
Dans les années 70, les besoins ont augmenté progressivement
: 1,1 million de poteaux en 1971 ; 1,7 en 1975, et 2,5 en 1977. Ce furent
les " années terribles " pour le paysage, puisque, pour
combler le déficit, on a planté plus de métal que
de bois. Il fallait amener l'automatique dans les campagnes. Apparus modestement
en 1967, les fûts de métal passaient de 300 000 en 1975 à
1,3 million en 1977.
Il fallut cette période un peu folle pour ouvrir les yeux du ministère
de l'environnement et du président de la République. Mais
le mal était fait. On intervint pour établir avec les P.T.T.
un calendrier de réduction du programme des poteaux métalliques
pour les années suivantes et déterminer les secteurs d'installation.
La réaction du ministère de l'environnement fut, selon les
P.T.T., " draconienne ". Interdits de séjour dans les
forêts, les parcs naturels et les sites boisés, les poteaux
de métal devraient être, à terme, réservés
aux agglomérations.
2022 Il reste encore des poteaux en bois .
Dans le cadre de lentretien de son réseau cuivre, Orange
a lancé un vaste chantier de remplacement de poteaux dans le Lot.
Confié à son partenaire Sotransa, (Solutions 30), ce chantier
porte sur le remplacement de plus dun millier de poteaux dont 111
sur le Grand Figeac, dici à la fin 2022. Il sagit denlever
progressivement les poteaux bois (dont lemploi est abandonné)
et de mettre en place des remplaçants en composite ou en métal.
Orange, assure que lentretien du cuivre (dont labandon est
prévu dans les années 30) est une préoccupation constante,
et est conscient de lattention croissante des collectivités
sur ce sujet, notamment en zone rurale.
Une vaste campagne dévaluation a été lancée
sur le territoire et en 2021 Orange a engagé un plan sur certains
départements dont le Lot avec un renforcement de la concertation
locale ; si pour la France on compte 14,6 millions de poteaux pour
une population de 67 millions, le département du Lot compte pratiquement
autant de poteaux que dhabitants (176 000 poteaux pour 172 000 habitants).
Cest un plan de remplacement de 1 100 poteaux au 4e trimestre qui
sera réalisé. En 2021, Orange a changé 4 673 poteaux
sur le Lot et ce seront 7 100 supplémentaires qui seront posés
en fin 2022.
Depuis les années 2000, l'accès au sommet des poteaux téléphoniques
n'est autorisé qu'avec une nacelle.
Aujourd'hui la fibre cohabite avec le RTC
PRINCIPE DE SÉPARATION DES RÉSEAUX
VU PAR ORANGE (RÈGLES DE PARTAGE)
Les règles liées à la séparation des réseaux
supportés par les appuis Orange sont définies dans les annexes
du contrat daccès aux infrastructures
souterraines ou aériennes de lopérateur historique
pour le déploiement de boucles et liaisons optiques.
En règle générale la nappe optique doit être
située au-dessus de la nappe cuivre en place, cela se traduit par
la pose dune traverse positionnée au minimum à 10
cm de la nappe existante la plus haute et au maximum à 15 cm au-dessus
de la tête du poteau.
Les équipements sont limités en nombre par appui, ils seront
toujours implantés sur les appuis entre 2m et 4 m du sol (préconisation
métier de pose des PBO entre 2 m et 2.5 m).
La pose dune rehausse ne peut être autorisée que sur
les appuis satisfaisants aux principes :
de sécurité
de séparation des réseaux (nappe fibre optique au-dessus
de la nappe cuivre)
de calcul de charges avec les réserves de ressources (ajout
éventuel dautres câbles)
Cest donc la question de lentretien dun
réseau vieillissant quil convient maintenant de poser.
Comme le rappelait lARCEP dans un rapport de 2010 , le réseau
des lignes téléphoniques a été déployé
massivement par France Télécom durant les années
1970 et dessert lensemble du territoire. Il représente de
lordre de 400 000 km dartères de génie civil
et 110 millions de paires kilomètres de câbles. Concernant
les infrastructures de génie civil aériennes, Orange possède
de lordre de 15,2 millions de poteaux, et dispose a priori dun
nombre un peu plus important de supports communs pour sa boucle locale
de cuivre au niveau de poteaux utilisés pour la distribution délectricité,
généralement gérés par ERDF.
Orange a indiqué mettre en uvre de nombreuses actions destinées
à lentretien du réseau : 1,8 million de poteaux sont
expertisés par an, 180 000 étant remplacés chaque
année.
Raccordement de l'abonné
L'intervention est réalisée par l'agent
des lignes du Centre Principal d'Exploitation téléphonique
(CPE) dont dépend l'abonné.
L'agent rend visite à l'abonné pour mettre en service son
installation téléphonique, lui expliquer son fonctionnement,
pour modifier son installation ou pour la dépanner.
Tout agent des lignes se déplaçant pour une intervention
au domicile d'un abonné doit être muni de son Ordre de Construction,
d'Intervention ou de Travaux et de sa Carte Professionnelle pour identification.
Les agents du service des lignes assurent la construction, la maintenance,
l'entretien et l'exploitation des réseaux d'abonnés. Ils
effectuent notamment le raccordement des lignes nouvelles, c'est-à-dire
que leur participation aux brillants résultats de 1975 - soit 900.000
lignes d'accroissement net - a été déterminante.
Le corps des Agents Techniques du Service des Lignes, qui, fort de 24.000
personnels, représente au 1er janvier 1975, 20% de l'effectif de
l'Administration des Télécommunications.
Depuis le local de l'abonné en passant si nécessaire
par des poteaux, les deux fils du téléphone sont raccordés
sur une armoire de raccordement appelée sous-répartiteur
de zone ou SRZ ou un câble souterrain est raccordé au Centre
Téléphonique de rattachement (CPE).
Sous-Répartition de Zone (SRZ), en ville. C'est dans cette armoire
que les abonnés au téléphone d'une rue ou d'un pâté
de maisons sont raccordés.
Les lignes souterraines
Câbles souterrains urbains : Tout commence à Paris
Le 26 juin 1879, le ministère des Postes et Télégraphes
publie un arrêté déterminant les conditions auxquelles
pourront être concédés les réseaux téléphoniques.
Les contraintes se retrouvent dans les conditions qui président à
l'établissement du réseau : d'une part, la SGT agit sous l'oeil
sévère et parfois suspicieux de l'administration ; d'autre
part, elle uvre dans Paris, ville aux institutions anciennes dont
le sous-sol est à la fois très convoité et très
réglementé.
Les clauses de la concession prévoient un curieux partage entre l'administration
des télégraphes et les compagnies concessionnaires : aux compagnies,
la responsabilité de l'équipement de l'abonné, du poste
téléphonique jusqu'à la façade de l'immeuble,
ainsi que la responsabilité des centraux téléphoniques
; à l'administration, celle des fils et câbles, qu'elle se
réserve le droit de poser aux frais de la compagnie concessionnaire.
Par ailleurs, à l'exemple de ce qui s'est fait pour le télégraphe
vingt ans plus tôt, la Ville et la préfecture de Paris imposent
à la compagnie de renoncer aux fils aériens et d'emprunter
le réseau des égouts.
Or, c'est une exigence qui, dans un premier temps au moins, est contradictoire
avec l'état de la technique.
Comme ceux du télégraphe, les tout premiers réseaux
étaient prévus « en aérien », avec un seul
fil par abonné et retour par la terre.
Il faut plusieurs mois pour qu'on se rende compte, aux États-Unis
comme en Europe, qu'un circuit à deux fils est nécessaire.
Par ailleurs, établir les fils téléphoniques en parallèle
dans les égouts, comme on le fait au début, provoque des phénomènes
électriques qui se traduisent, soit par un bruit de « friture
» insupportable, soit par la possibilité d'écouter les
conversations adressées à un abonné voisin.
Autant d'obstacles sérieux à une exploitation commerciale.
On comprend que la Société générale des téléphones
tienne à faire savoir à ses abonnés potentiels, dans
un article paru en 1882 dans le journal de vulgarisation scientifique la
Nature, qu'en adoptant le circuit à deux fils et les câbles
torsadés elle a réussi à éliminer ces inconvénients.
L'installation du réseau téléphonique dans les égouts
est, à l'origine, des avantages dont la SGT ne manque pas de se féliciter
devant ses actionnaires : les fils sont simplement posés sur des
herses métalliques suspendues à la voûte des égouts.
On évite ainsi de coûteux et impopulaires terrassements. En
outre, les égouts donnent la plupart du temps la possibilité
de pénétrer chez l'abonné sans travaux supplémentaires.
Cependant, cette contrainte, jointe à la surveillance de l'administration
des Postes et Télégraphes, ne facilite pas la gestion et oblige
à des négociations répétées.
Témoin les démarches que doit faire la société
Gower concessionnaire d'un des trois réseaux parisiens avant
son absorption par la SGT pour raccorder ses quarante-huit premiers
abonnés.

Ainsi, le 24 septembre 1879, Gower a demandé à la préfecture
du département de la Seine l'autorisation de faire établir
dans les égouts de Paris 101 lignes téléphoniques .
Un plan est joint à la demande. Cela ne se fera ni sans frais ni
sans délais.
La société doit d'abord verser une provision de 20 000 francs,
un cautionnement spécial de 5 000 francs, plus un cautionnement supplémentaire
de 20 000 francs.
Cela fait, le directeur des travaux de Paris affirme aux gérants
de la société : « Je ne vois aucun inconvénient
à ce que vous procédiez, dès à présent,
à l'établissement des fils » sauf bien sûr à
donner avis du début des travaux au moins à trois ingénieurs
détenteurs de l'autorité sur une parcelle du sous-sol : l'ingénieur
de l'assainissement pour le service des égouts, l'inspecteur des
eaux et l'ingénieur de la section intéressée en ce
qui concerne les tranchées sur la voie publique ».
Soumise
à la surveillance des hommes des égouts, la société
Gower l'est aussi à celle des ingénieurs des télégraphes.
Le 27 octobre, elle adresse à l'ingénieur chargé
de poser « son » réseau la nomenclature des premiers
câbles.
Ceux-ci sont modestes : il y a en tout huit lignes à chacune
six conducteurs qui divergent à partir de la rue Neuve-des-Petits-Champs,
siège de la société.
Cela permet accessoirement de voir qui sont les quarante-huit premiers
abonnés : des banques, dont celles qui financent la compagnie
(la Société générale, qui utilise le réseau
un peu comme un réseau intérieur entre ses propres bureaux,
le Crédit mobilier, la Société financière,
la Banque franco-égyptienne, la Banque générale
de change), des financiers (Chambre syndicale des agents de change),
des hommes d'affaires intéressés dans le financement
des sociétés de télégraphie sous-marine
et de téléphone (Erlanger), des journaux (la Lanterne,
le National), ainsi que l'agence Havas.
Le réseau bénéficie au départ de la concentration
de ce type d'activités autour de la Bourse, et le trajet des
fils suit le tracé des rues avoisinantes. La prévision
d'extension du réseau est réduite à sa plus simple
expression.
Deux jours plus tard, le 29 octobre, la société Gower
précise à l'inspecteur qu'elle « le prie de bien
vouloir utiliser le sixième fil de la sixième ligne
(un câble à six conducteurs) pour le Cercle franco-américain,
4, place de l'Opéra ». |

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Mais cette courtoisie ne dure pas.
Lors des dures discussions pour le renouvellement de la concession
en 1884 et en 1889, la SGT est mise en cause pour le grand nombre
d'abonnés qui attendent encore leur raccordement.
Elle fait alors peser la responsabilité du retard sur l'administration,
incapable, selon ses avocats, de réaliser le réseau
au rythme demandé.
Et il est vrai que, dans un premier temps, la mise en place des
liaisons bute sur l'insuffisance de l'approvisionnement en câbles.
Hormis l'adoption précoce des circuits à deux fils,
choix « moderniste » dont on ne cessera par la suite
de féliciter la SGT, les caractéristiques du réseau
sont encore très frustes. Tous les câbles sont isolés,
sur le modèle des câbles sous-marins, à la gutta
percha. Il n'existe que deux types de câbles : d'une part,
les lignes auxiliaires qui relient entre eux les bureaux ; d'autre
part, les câbles qui desservent les abonnés. Les deux
fils constituant chaque circuit sont réunis dans les égouts
en câbles de sept paires toronnées et protégées
par une enveloppe de plomb.
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Le
réseau a cependant fait l'objet de quelques choix de structure
délibérés.
Ainsi, la société explique que « tous les fils
qui joignent les divers bureaux centraux de Paris passent tous par
un point central situé 27 avenue de l'Opéra.
On aurait pu établir des lignes reliant les bureaux deux à
deux par le chemin le plus court.
Cette méthode aurait diminué la longueur totale de câbles
employée à ce service. On a cependant préféré
le système du point central d'où rayonnent les fils
venant de tous les bureaux ».
Cela permet de tirer parti des rosaces sur lesquelles les fils correspondant
à chaque abonné sont disposés à l'aboutissement
des câbles : « Si on reconnaît que le bureau C fait
un usage peu actif de ses fils auxiliaire avec D, tandis que les communications
entre D et I sont actives et sont quelquefois retardées par
le manque de lignes, la manuvre à faire est facile. [...]
On disjoint un fil double CD à son extrémité
C dans la rosace et on le relie à un câble libre venant
du bureau I. »
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Cette adaptation du réseau au trafic observé
ne vaut pas seulement pour les lignes auxiliaires.
Pour faciliter le travail des opératrices, « il y a
lieu de réunir [sur les tableaux], autant que possible, les
abonnés en groupes sympathiques, si on nous permet cette
expression, c'est-à-dire en groupes de personnes causant
le plus habituellement ensemble.
Rosaces
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Ainsi, dans les grandes villes, les câbles téléphoniques
urbains passent-ils par les égouts.
La loi du 2 juillet 1885 réglemente l'utilisation
des égouts des villes concernant le passage des câbles télégraphiques
et téléphoniques.
En effet, l'Administration des P & T avait initialement interdit de
creuser de nouvelles tranchées notamment dans Paris.
Le passage par les égouts étant alors obligatoire au début
de la constitution du réseau téléphonique initié
par la Société Générale des Téléphones
(SGT).
À compter du 1er janvier 1914, étant donnée la pénibilité
et l'insalubrité du travail en égout, un arrêté
du 22 janvier 1914 de M. le Ministre en charge des P & T - Louis Malvy
crée une prime spécifique par journée travaillée
en de telles conditions pour le personnel des P & T.
La nécessité de porter des bottes par les agents des lignes
souterraines en est évidente, pour l'hygiène.
Les câbles isolés au plomb sont disposés le long de
la galerie, de chaque côté, et reposent sur des consoles
horizontales construites à cet effet.
Les câbles posés sur les consoles horizontales se présentent
devant la conduite multitubulaire (râtelier de sortie.)
Chaque câble traverse une réservation et emprunte derrière
ce mur le réseau d'égouts pour aller vers un autre centre
ou vers un groupe d'abonnés de Paris.
Pour éviter tout risque d'inondation en cas de brusque montée
des eaux dans les égouts de Paris, toutes les réservations
doivent rester en permanence bouchées :
soit par un câble qui la traverse avec un joint d'étanchéité,
soit par un cache plastique calibré à cet effet.
Certains câbles sont pressurisés (par surpression), afin,
en cas de légère entaille de la gaine protectrice du câble
de plomb, d'empêcher l'air extérieur chargé d'humidité
de pénétrer rapidement le câble, auquel cas il se
corroderait très rapidement en raison de la présence d'électricité
et d'isolant de papier.
Concernant la ville de Paris, la situation concernant le passage
des câbles souterrains est particulière.
En effet, la ville est divisée en deux par la Seine...
Ainsi donc, les Ingénieurs des PTT ont d'abord pensé utiliser
les différents ponts de Paris pour y passer les câbles téléphoniques.
Mais il existe une limite imposée par le poids des câbles
et la résistance des ponts...
Chaque pont ne peut supporter qu'un nombre limité de câbles
constitués de plomb et de cuivre...
Après la seconde guerre mondiale, les besoins en lignes téléphoniques
croissant, il a fallu trouver une solution pour enjamber la Seine...
Ainsi, entre 1952 et 1955 une galerie sous-fluviale (c'est à dire
qui passe sous la Seine) est construite entre la Place du Châtelet
et la Place Saint-Michel, soit une longueur de plus de 600 mètres.
Elle est mise en service en 1958.
Ainsi, le problème de connexion entre centres téléphoniques
parisiens (qui ont besoin d'être interconnectés pour que
chaque parisien puisse joindre au téléphone n'importe quel
autre parisien de la rive opposée) est -il résolu par cet
ouvrage colossal.
Ouvrage soumis à rude épreuve, la galerie sous-fluviale
parisienne a assuré un service satisfaisant durant 30 années.
Mais en 1989, au cours d'une inspection, des concrétions calcaires
teintées de rouille sont détectées.
Les premières fuites apparaissent ! Les arceaux métalliques
d'acier sont aussi attaqués par la rouille !
Ainsi, un chantier de restauration complète de la galerie sous-fluviale
est-il décidé en urgence pour sauver la galerie.
L'expertise préalable menée par le bureau SOCOTEC prend
alors une année entière.
Il sera fait appel aux procédés les plus modernes utilisés
dans les centrales électronucléaires et lors de la construction
du tunnel sous-la Manche pour refaire l'étanchéité
de manière efficace et pérenne.
Les matériaux utilisés font même que la galerie se
retrouve désormais protégée des radiations atomiques.
Le réseau d'éclairage électrique de la galerie sous-fluviale
est refait à neuf à l'occasion de ces travaux.
Le 9 décembre 1993, la galerie sous-fluviale de Paris est donc
inaugurée pour la seconde fois.
Câbles souterrains urbains
Pour constituer un réseau téléphonique,
il n'y a pas d'autre possibilité à l'époque de poser
des câbles métalliques
- Les fils conducteurs en cuivre sont isolés au papier.
- Le tout étant enceint dans une enveloppe de plomb et constitue
un câble téléphonique.

Pose des câbles en sous sol paris et autres grandes villes et dans
une tranchée en banlieue et en province vers les petites et moyennes
villes.
Câble téléphonique 1856 paires
Cest ce type de câble qui regroupe (Et a regroupé)
tous les fils des abonnés au téléphone pour arriver
aux centraux téléphoniques.
Une ligne téléphonique est constituée dune
seule paire : un fil daller et un fil de retour torsadés
ensemble pour réduire les inductions parasites et les diaphonies.
Une télé-alimentation par batterie centrale (0 V et -48
V) alimente le poste téléphonique. Cette astuce géniale
de la torsade permet aux signaux de toutes ces paires de ne pas recevoir
le ronflement à 50 Hz des lignes de distribution de lénergie
électrique et de pas se mélanger entre eux (Diaphonie).
Les câbles <<réseaux>> Ethernet utilisent aussi
des paires torsadées. Ces gros câbles sont enterrés.
Pour signaler et prévenir des défauts qui pourraient laisser
rentrer de leau et provoquer des pertes disolement, ces câbles
sont pressurisés.
Les premières générations étaient isolées
avec du papier et le gainage était un tube de plomb. A partir des
années 1950, lisolant des paires ainsi que la gaine ont été
réalisés en matière plastique comme le PVC et sur
de courtes distances les mégabits de lADSL peuvent sy
propager.
La coloration des fils permet le repérage des fils. Les paires
sont groupées par 2 formant ainsi une quarte. Si dans les câbles,
les fils sont rangés par quartes, on parle, dans le langage des
"lignards", de paires. La capacité des câble vont
de 7 paires à 3584 paires.
La contenance des câbles du réseau français s'exprime
par une formule 2n * 7 paires, c'est à dire que la contenance d'un
câble double à chaque fois, à partir d'un câble
de la contenance de base 7 paires. Cette contenance de base a été
choisie parce que la disposition comportant une paire (ou quarte) centrale
entourée de 6 paires (ou quartes) concentriques utilise très
bien l'espace, laissant le minimum de vide.
Disposition cable
Les capacités des câble sont de 7, 14, 28, 56, 112, 224,
448, 896, 1792 paires. Cependant, dans un câble dit "7 paires",
il y a en réalité 8 paires, soit 4 quartes, 16 fils. Dans
les câbles de capacité supérieure 112 paires, une
ou plusieurs quarte de réserve ont été ajoutées,
ceci pour pallier à l'éventuelle casse de certains fils,
permettant ainsi de ne pas remplacer le câble.
Deux groupes de 7 (soit 14 paires) forme ce que l'on appelle un toron
repéré également par couleurs.
L'ordre des couleurs est le suivant : blanc, bleu, jaune, marron, noir,
rouge, vert. Une paire est composée d'une couleur et d'un accompagnateur
(gris ou incolore)
Dans les villes câblées, cest le câble coaxial
(une paire de conducteurs coaxiaux comme ceux des antennes TV) qui permet
de multiplexer la distribution TV, lInternet et la téléphonie.
Câbles Urbains à paires symétriques parcourant les
villes de France, à partir de la fin des années 1960.
Chaque conducteur électrique est désormais isolé
par du PVC, en lieu et place du papier.
Un code couleur constant est utilisé pour reconnaître chaque
fil dans chaque câble, parmi ces centaines de paires.
La gaine des Câbles Urbains à paires symétriques est
désormais constituée de PVC de couleur noire, en lieu et
place du Plomb.
Câbles souterrains interurbains
Pour mailler le territoire français, il ne suffit
pas que chaque ville ou agglomération constitue son réseau
de câbles...
Encore faut-il que toutes les villes de France soient reliées entre-elles
par un réseau construit le plus rationnellement possible.
Si la toute première solution fut, au début de l'épopée
téléphonique, de poser des liaisons dites aériennes
le long des chemins de fer, tel qu'il avait été pratiqué
pour le réseau télégraphique, cette solution s'est
avérée rapidement saturée et de surcroît techniquement
inutilisable pour les liaisons à très grande distance destinées
à transporter les signaux électriques analogiques de la
parole : au delà d'une certaine distance, l'on n'entendait plus
que les parasites et les courants telluriques...
La solution adoptée pour les liaisons interurbaines fut la pose
de câbles sous enveloppe de plomb, qui étaient enfouis sous
la terre.
Ainsi donc, pour poser ces câbles interurbains, l'on utilise des
Trancheuses.

Une fois la tranchée creusée, les équipes spécialisées
posent le câble.
Les premiers câbles interurbains étaient
des câbles mutipaires à paires symétriques (semblables
aux câbles urbains) ou les courant circulent à Basses Fréquences
(BF) c'est-à-dire à la modulation de la voix.
Liaisons Interurbaines Automatiques
en service (en gras) en 1954
La technologie suivante apparaît à la
fin des années 1940.
Il s'agit de câbles à paires coaxiales, où
les courants analogiques vocaux sont modulés analogiquement
en fréquence.
A droite, coupe des premiers Câbles Interurbains de France,
à quartes symétriques, Lyon - Marseille, mis en service
en 1926-27.
Chaque conducteur électrique est isolé
par du papier.
Un code couleur constant est utilisé pour reconnaître
chaque fil dans chaque câble, parmi ces dizaines de paires
ou de quartes.
La gaine des Câbles Interurbains à paires ou à
quartes symétriques est constituée de plomb.
Pour la rocade Lyon - Roanne - Saint-Étienne - Grenoble destinée
à acheminer les communications interurbaines automatiques
à l'intérieur de cette zone, ainsi que celles provenant
de Paris via Lyon à partir du 30 novembre 1951, on utilisa
un câble coaxial à 4 paires, de 2.400 voies simultanées
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Épissure des câbles téléphoniques
Le travail du plomb est inhérent au métier des lignes. Il
en est la règle jusque dans les années 1960, où les
câbles gainés de matière plastique apparaissent, mais
se poursuit encore de nos jours, notamment à Paris et en première
couronne, zone à densité téléphonique élevée
ancienne.
Qu'il s'agisse d'un câble urbain ou d'un câble interurbain,
il s'avère nécessaire procéder à ce que l'on
nomme l'Épissure des câbles téléphoniques.

Concernant les câbles interurbains qui atteignent de longues distances,
nous ne pouvons pas nous contenter de raccorder bout-à-bout une multitude
de tronçons de câbles par la technique de l'épissure.
En effet, en raison de l'affaiblissement linéique et des courants
telluriques, toute conversation téléphonique devient inaudible
au bout de quelques kilomètres.
Il est alors nécessaire :
- soit de poser des filtres passifs spéciaux (dit boîtes Pupin)
qui fut la première technologie utilisée,
- soit de poser des amplificateurs électroniques actifs (à
tubes électroniques au début, puis à transistors ultérieurement.
Câbles téléphoniques aériens
Pour raccorder les abonnés des villages, petites
villes et des villes moyennes jusque 15 à 20 kilomètres
de distance, la solution qui est la plus utilisée jusqu'à
la fin du XXème siècle fait appel aux câbles téléphoniques
aériens.
Solution initiale la moins coûteuse, les poteaux en bois ont d'abord
été utilisés (traités à la créosote),
puis ont été utilisés les poteaux EDF en béton
armé (utilisation partagée avec les PTT) et enfin les poteaux
en acier galvanisé.
Toujours utilisée en France, surtout en province, cette solution
tend à disparaître depuis les années 1990, où
l'on enterre désormais le plus possible les câbles téléphoniques,
pour des raisons de sauvegarde des paysages.
Organisation du service des lignes
Évidemment, avant de déployer un réseau de câbles
téléphoniques, encore faut-il disposer d'équipes
réparties sur tout le territoire national.
Le Bureau d'étude
Parmi ces équipes, il convient de citer le corps des Dessinateurs-Projeteurs
(DESPRO) qui réalisent alors au crayon de papier puis au tire-ligne
(ou au Rotring) et à l'encre de Chine les plans (sur calque) de passage
des futurs câbles téléphoniques urbains, interurbains
et internationaux pour tout le territoire.
Des copies sont ensuite tirées par diazographie (plans à l'ammoniaque).
Chaque câble aérien ou souterrain du territoire national doit
voir son parcours dûment archivé sur plan.
Depuis la fin des années 1990, tout le processus a été
informatisé sur l'application n°104.
Tous les nouveaux plans sont désormais conçus par Dessin Assisté
par Ordinateur (DAO).
Le Fichier Technique des Abonnés
Il s'agit que sur tout le territoire national, l'Administration
des PTT sache sur quelle position, sur quel câble, sur quelle paire
de fils, chaque abonné au téléphone est effectivement
connecté.
Chaque service qui concourt à la création/ modification /
maintenance / suspension / résiliation de lignes téléphoniques
doit disposer d'un Ficher Technique des Abonnés en ce qui concerne
les abonnés du secteur desservi par ledit-service.
Initialement , le Fichier Technique des Abonnés est constitué
de fiches en carton-bristol où sont notées toutes les données
de raccordement des abonnés, l'itinéraire complet de câblage
en quelque sorte, ainsi que l'état d'occupation et le taux de remplissage
des différents câbles téléphoniques du secteur
desservi.
Chaque Centre de Construction des Lignes (CCL) est chargé de tenir
à jour le Fichier Technique des Abonnés principal couvert
par sa zone géographique.
Chaque Centre Principal d'Exploitation, par son Service Technique des Abonnés
(STA) est chargé de tenir à jour une copie locale actualisée
du Fichier Technique des Abonnés, en ce qui concerne la partie seulement
desservie par ledit centre.
Chaque service d'exploitation chargé de concourir à la construction
et au fonctionnement des abonnés au téléphone y étant
rattachés sont pourvus d'une copie de ce fichier local du F.T.A.
En pratique, une copie du fichier local du F.T.A est nécessairement
implantée dans chaque Répartiteur d'Abonnés. Accessible
lui-aussi sous forme de fiches en carton-bristol rassemblées dans
un meuble métallique où des bacs motorisés commandés
par des boutons permettent de faire émerger le bon bac où
est rangée la fiche de l'abonné souhaitée par l'équipe
d'agents du répartiteur.
En 1976, il n'pas de fichier d'informatique, par d'ordinateurs
... Il faut tout faire à la manuellement sur des fiches en carton.
En novembre 1978 est mis en service le premier Fichier Technique des Abonnés
informatisé de la région parisienne, au Centre Principal
dExploitation (CPE) de Vélizy. En Avril 1979, les Fichiers
Techniques des Abonnés des CPE de Massy, de Noisy-le-Grand et de
Soisy-sous-Montmorency sont informatisés à leur tour...
À partir de l'année 1986, le Fichier Technique des Abonnés
est progressivement informatisé, région par région
en province. Accessible désormais par des consoles dédiées,
puis depuis les années 2000 par des micro-ordinateurs de type PC,
la gestion du F.T.A a été sérieusement modernisée
et allégée aux PTT devenus France-Télécom
au 1er janvier 1991.
Essais du Réseau Téléphonique

Chaque centre téléphonique doit pouvoir mener des essais
et des mesures électriques pour chaque abonné et sur chaque
équipement.
A partir de la Table d'Essais, on doit pouvoir vérifier l'état
du Commutateur Téléphonique, des câbles et des lignes
téléphoniques de cuivre ainsi que de tous type de points
de coupure (Réglettes et Têtes de raccordement au répartiteur,
borniers en Sous-répartitions et en Boîtiers de Raccordement,
jarretières et câbles empruntés, jusqu'au Conjoncteur
téléphonique installé chez l'abonné ainsi
que son poste téléphonique agréé) de sa zone
géographique.
Ainsi, chaque Centre Téléphonique est-il pourvu d'au moins
une Table d'Essais.
Ultérieurement, au mitan des années 1980, toutes les tables
d'essais ont été supprimées et remplacées
par des applications informatiques accessibles par des consoles dédiées,
puis au début des années 2000, par des micro-ordinateurs
de type PC.
Avec l'accroissement continu du trafic téléphonique, et
notamment le trafic interurbain, s'imposa à l'Administration la
nécessité d'accroître le nombre de voies téléphoniques
de transmission entre commutateurs téléphoniques.
En effet, pour pouvoir acheminer les communications à
travers tout le pays, il est nécessaire de construire un réseau
de câbles téléphoniques chargés de connecter
les commutateurs téléphoniques entre eux. Ce fut donc la
course pour multiplier les câbles de transmissions sur tout le territoire,
"ouvrir les liaisons" entre les villes, avec toutes les difficultés
matérielles et financières que cela comportait.
Initialement, une liaison de transmission ne pouvait véhiculer
qu'une seule voie téléphonique, qu'une seule conversation
téléphonique à la fois.
- Au début du téléphone, sur ces premières
liaisons téléphoniques, les courants qui circulaient étaient
tout simplement les courants analogiques bruts générés
par les voix des deux correspondants au travers des microphones des téléphones.
De ce fait, les signaux étaient rapidement affaiblis par les pertes
induites par les câbles métalliques, ainsi que par les courants
telluriques qui parasitaient les transmissions vocales brutes. Les liaisons
de longue distance, interurbaines, étaient alors impossibles.
- M. l'ingénieur serbe Mihajlo Idvorski Pupin inventa en 1894 une
technologie (la Pupinisation) qui permit de limiter l'affaiblissement
des conversations vocales sur de longues distances, par le biais de bobines
de charge insérées à intervalles réguliers
tous les 1830 mètres sur les liaisons de transmissions. Les liaisons
longue distance devinrent possibles, mais sous une qualité tout
de même plus que précaire...
Avant le début de la première guerre mondiale,
il existe alors en France, seulement 2 câbles téléphoniques
pupinisés de quelques kilomètres seulement : Paris-Versailles
et Lille-Tourcoing.
Il s'agit plus de câbles suburbains que de câbles réellement
interurbains, étant donné leur faible longueur.
Dès le lendemain de la première guerre mondiale, les premiers
amplificateurs analogiques stables à tubes électroniques,
issus de l'invention de la triode par M. Lee De Forest en 1906 furent
déployés sur le réseau de transmissions pour accroître
la portée des liaisons téléphoniques de transmissions.
Il s'agissait d'appareils fragiles qui nécessitaient une surveillance
régulière et un entretien continu. Ils étaient disposés
à intervalles de 70 Km.
La première liaison interurbaine téléphonique à
grande distance (interurbain manuel), entre Paris et Strasbourg, est commandée
le 7 septembre 1923 (date de notification du marché),
Le but de l'existence du câble Paris-Strasbourg est alors, au lendemain
de la Première Guerre Mondiale, de rattacher téléphoniquement
de manière efficace l'Alsace-Lorraine de nouveau réintégrée
dans la Nation Française.
L'idée est lancée dès la fin 1919 par M. Alexandre
Millerand, alors Commissaire Général de la République
en Alsace-Lorraine depuis le 22 mars 1919. Les études préalables
commencent dès 1920.
Au terme de reports successifs et assez laborieux depuis la fin de la
grande guerre, un budget de 160 millions de francs est enfin voté
par la Chambre des Députés le 30 juin 1923 par la Loi de
Finance pour construire le câble.
Notification du marché par l'Administration des PTT à la
société LTT le 7 septembre 1923.
Mise en construction du câble dès
Septembre 1923 par la société LTT (société
d'études des Lignes Télégraphiques et Téléphoniques),
une filiale entre autres de la société LMT.
Liaison livrée en ordre de marche le 1er avril 1926 à
l'Administration des PTT,
Ouverture officielle à l'exploitation le 9 août 1926.
À Paris, l'extrémité de ce câble est implantée
dans le central de la rue des Archives, le "Cerveau Téléphonique
de la France" comme l'on disait jadis.
Câble sous enveloppe de plomb, à 94 Quartes Combinables
: 28 quartes de conducteurs de 1,3mm et 66 quartes de 0,9 mm.
Le câble Paris-Strasbourg, le premier sur notre territoire,
baptisé LGD 1 (pour Ligne Grande Distance numéro 1)
assurera un service continu jusques en Décembre 1994, soit
une durée de 67 ans !
Cet illustre câble, sous enveloppe de plomb, de fiabilité
supérieure tant il était constitué de plusieurs
couches protectrices qui lui permirent de traverser 7 décennies
sans trop de problèmes, est remplacé par une fibre optique
en modulation numérique synchrone. |
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Carte des
câbles téléphoniques Liaisons Grande Distance en Février
1939 .
Les débuts du Multiplexage à Répartition de Fréquences
(MRF) :
Au fur et à mesure du déploiement du réseau
téléphonique interurbain et transfrontalier, il est apparu
de plus en plus compliqué et coûteux de maintenir le principe
"une paire téléphonique pour une communication téléphonique".
Aussi, les recherches se concentrèrent sur la possibilité
de pouvoir faire circuler simultanément plusieurs conversations
téléphoniques sur une seule paire de cuivre. Nous pouvons
aisément imaginer le gain en matières premières et
en frais d'installation et d'entretien.
Les premières études de multiplexage et de communications
à longue distance ont étés réalisé
dès 1907 par Augustin
Maior. qui ne fit pas breveter son travail qui sera repris en
1911 par G.O. Squier, des États-Unis, et fait breveter
un système téléphonique à l'aide duquel il
parvient à réaliser la transmission simultanée, sur
le même circuit, de deux conversations téléphoniques.
( consulter la téléphonie
multiple)
- Dès 1918, aux USA, est utilisé le procédé
de Multiplexage Analogique par onde porteuse.
Désormais sur une liaison de transmission il est possible de transmettre
deux conversations téléphoniques simultanément, sans
qu'elles se mélangent, grâce à la Répartition
en Fréquences.
- En 1931, l'ingénieur français Pierre Marzin, conçoit
un procédé de Multiplexage Analogique par onde porteuse
que l'on dénommera Système Marzin pouvant transmettre 2
voies téléphoniques simultanément. Puis, les progrès
furent continus, on parvint à faire passer ultérieurement
3 puis 6 conversations téléphoniques simultanées
sur la même liaison métallique de deux fils à partir
de 1942 (Système CNET) et plus encore par la suite...
- Il fut inventé également le principe du circuit fantôme
qui consista, avec deux liaisons, à créer une troisième
voie, la voie fantôme : c'est à dire qu'avec deux liaisons
métalliques de transmissions, nous pouvions désormais transmettre
1 voie téléphonique supplémentaire portée
entre les deux liaisons métalliques, ce qui permettait d'augmenter
sensiblement le nombre de voies de transmissions avec le même nombre
de liaisons métalliques installées...
Dans le monde, le premier système à courants
porteurs à 3 voies téléphoniques modulées
est mis en service entre Londres et Madrid (avec stations intermédiaires
à Versailles, Saumur, Saintes, Bordeaux, Saint-Sébastien
et Saragosse) le 8 juin 1928.
En France, les 2 premiers systèmes à courants porteurs à
3 voies sont mis en service (fournis par la société LMT)
pour les communications interurbaines : le 5 août 1929 entre Dijon
et Annemasse et le 5 octobre 1929 entre Marseille et Nice.

Vue d'ensemble d'un imposant équipement terminal d'un système
à courants porteurs à 3 voies, à Paris.
En haut, à droite sur la baie la plus à droite, nous distinguons
8 rangées de tubes électroniques à effet thermoïonique,
utilisés pour l'amplification, la modulation et la démodulation
des signaux téléphoniques transmis.
Ces systèmes 3 voies simultanées seront modernisés
après la seconde guerre mondiale et permettront le passage de 6,
puis 12 voies téléphoniques simultanées au lieu de
3.
Les différents assemblages de base à courants porteurs :
Avec lapparition des matériels de Multiplexage analogique
par Répartition de Fréquences (MRF), les premières
liaisons à grande distance multiplexées ont dabord
compté 2 puis 3 voies... (Par convention, chaque voie téléphonique
est une bande de fréquence réservée dune largeur
spectrale de 4 kHz.)
Puis, avec lévolution des matériels, les types de
liaisons ont été normalisés :
-Le Groupe Primaire (GP) a été normalisé en regroupant
12 voies téléphoniques, modulées par 12 ondes porteuses
différentes par 12 circuits, sur une bande de fréquences
large de 48 kHz. (de 60 kHz à 108 kHz).
-Le Groupe Secondaire (GS) a été normalisé en regroupant
60 voies téléphoniques, en regroupant 5 Groupes Primaires
(GP), modulés par 5 ondes porteuses différentes, par 5 circuits,
sur une bande de fréquences large de 240 kHz. (de 312 kHz à
552 kHz).
-Le Groupe Tertiaire (GT) a été normalisé en regroupant
300 voies téléphoniques, en regroupant 5 Groupes Secondaires
(GS), modulés par 5 ondes porteuses différentes, par 5 circuits,
sur une bande de fréquences large de 1,232 MHz. (de 812 kHz à
2,044 MHz).
-Le Groupe Quaternaire (GQ) a été normalisé en regroupant
900 voies téléphoniques, en regroupant 3 Groupes Tertiaires
(GT), modulés par 3 ondes porteuses différentes, par 3 circuits,
sur une bande de fréquences large de 3,872 MHz. (de 8,516 MHz à
12,388 MHz).
-Au 1er janvier 1970, la France compte en service 4705
Groupes Primaires (GP) de 12 voies téléphoniques à
courants porteurs.
-Le 10.000ème Groupe Primaire (GP) de 12 voies téléphoniques
à courants porteurs est mis en service le 10 février 1973.
-Le 20.000ème Groupe Primaire (GP) de 12 voies téléphoniques
à courants porteurs est mis en service en France, entre Paris et
Bordeaux, via un faisceau hertzien de
1.800 voies, le 2 juin 1975.
Après les tous débuts des premiers câbles mis en service
en France dans les années 1926-33 avec leurs premiers équipements
de multiplexage analogique à courants porteurs évoqués
plus-haut, qui marquent les débuts de lexploitation interurbaine
et internationale moderne, les principaux matériels damplification
ultérieurs, modulation-démodulation, amplification et transmission
ont été les suivants, notamment déployés à
Paris-Interurbain-Archives.
-Matériels Type 1934 de la LTT, technologie à tubes électroniques
à effet thermoïonique,
-Matériels Type 1937 de la LTT, technologie à tubes électroniques,
en complément du Matériel Type 1934.
-Matériels Type 1944, technologie à tubes électroniques,
déployés dans limmédiate après guerre
en débutant sur les liaisons Paris-Lyon. Ce matériel a été
utilisé jusques en Juin 1978 et définitivement réformé
en 1980.
-Matériels Type 1951L déployés à partir de
1953 à Paris Inter Archives, technologie à tubes électroniques
miniaturisés, en remplacement des Matériels Types 1934 et
1937. Ce matériel a été réformé vers
1982.
-Matériels Type TASI importé des USA, mis en service en
1960 à Paris Inter Archives, permettant de doubler le nombre de
voies entrantes sur les premiers câbles internationaux (alors de
petite capacité) puis les premières liaisons internationales
par satellite. Ce matériel a été progressivement
supplanté jusquen 1982 par larrivée des technologies
de Transmission Numérique.
-Matériels Type 1960B et C à transistors, déployés
à Paris Inter Archives et à Paris Saint-Amand à partir
de 1963, permettant de compléter puis remplacer très progressivement
les anciennes installations à tubes électroniques. Ces matériels
sont plus stables et plus fiables que les systèmes à tubes.
Ce matériel a été réformé dans le courant
des années 1990 au profit des technologies de Transmission Numérique.
-Matériels Type 1960K déployé au début de
lannée 1969 à Paris Inter Archives, technologie à
transistors, étant lultime modernisation des Matériels
Types 1960. Par exemple, à Paris Inter Archives, 216 Groupes Primaires
en Type 1960K ont été installés, soit 2592 voies
téléphoniques simultanées. Ce matériel a été
réformé dans le courant des années 1990 au profit
des technologies de Transmission Numérique.
-Matériels Type 1970 déployé à partir de Juin
1970 durant toutes les années septante. Lon comptera sur
le site de Paris Inter Archives environ 2.000 Groupes Primaires, soit
24.000 voies téléphoniques dans cette technologie. Ce matériel
a été réformé dans le courant des années
1990 au profit des technologies de Transmission Numérique.
Multiplexeurs
Analogiques - Type 1970
Les différents supports de liaisons à courants porteurs
:
Les liaisons normalisées, au fur et à mesure
des innovations technologiques, sont réalisées par regroupements
de groupements de base normalisés sur différents supports.
- Câbles souterrains à paires symétriques par
liaisons 4 fils : Pour chaque quarte symétrique au choix, par 12,
24, 36, 60 ou 120 voies téléphoniques maximum, par formation
à partir de Groupes Primaires (GP) et/ou Groupes Secondaires (GS).
- Câbles souterrains à paires symétriques par liaisons
2 fils : Pour chaque paire symétrique à 2 fils, au choix,
de 12 à 300 voies téléphoniques maximum, par formation
à partir de Groupes Primaires (GP) et/ou Groupes Secondaires (GS).
- Câbles souterrains à paires coaxiales : Pour chaque paire
coaxiale, au choix, de 120 à 10.800 voies téléphoniques
maximum, par formation à partir de Groupes Secondaires (GS), Groupes
Tertiaires (GT) et/ou Groupes Quaternaires (GQ). (en général
lutilisation des câbles coaxiaux débute au minimum
pour 300 voies). Elles sont désignées par la fréquence
supérieure limite du spectre transmis : 1,3 MHz (300 voies téléphoniques),
4 MHz (960 voies téléphoniques), 6 MHz (1.200 voies téléphoniques),
12 MHz (2.700 voies téléphoniques)
Jusquà
60 MHz maximum (soit pour un maximum de 10.800 voies téléphoniques).
Faisceaux Hertziens :
Pour chaque faisceau hertzien, la capacité varie entre 120, 300,
600, 1200, 1800 et 2.700 voies téléphoniques maximum, par
formation à partir de Groupes Secondaires (GS), Groupes Tertiaires
(GT) et/ou Groupes Quaternaires (GQ). Les liaisons hertziennes sont désignées
par la bande de fréquences dondes radio utilisée :
bande des 6 GHz, 7 GHz
Câbles sous-marins internationaux :
Attention ! En Multiplexage Analogique, la largeur de bande allouée
à chaque voie téléphonique est réduite à
seulement 3 kHz (au lieu des 4 kHz habituels des liaisons interurbaines
ou internationales terrestres ou hertziennes). Ceci permet de passer plus
de communications téléphoniques simultanées sur le
même câble sous-marins, au prix dune sensible perte
de qualité téléphonométrique.
Ainsi, dans les premières années d'exploitation des câbles
sous-marins, la largeur de bande était initialement de 4 kHz. Quelques
années plus tard, les équipements d'extrémités
ont été changés, pour passer à une largeur
de bande de 3 kHz afin d'augmenter le nombre de voies.
Par convention, les Groupes Primaires (GP) portent 16 voies téléphoniques
et les Groupes Secondaires (GS) portent 80 voies téléphoniques,
en norme « sous-marine ». Leur capacité sétendant
jusquà plusieurs milliers de voies téléphoniques
simultanées.
Câbles Coaxiaux souterrains.
Expérimentation coaxiale : En 1939, juste avant
la déclaration de guerre, les premiers câbles coaxiaux furent
déployés à titre expérimental entre Paris
et Vierzon et Vierzon et Limoges et exploités initialement en Basse
Fréquence, puis, une fois convertis après la guerre au multiplexage
analogique, permirent à l'aide d'amplificateurs à tubes
électroniques disposés tous les 9 km d'atteindre une bande
passante utile de 4 MHz, et qui permettait de ce fait de transporter 960
voies de conversations téléphoniques sur le même câble,
par Multiplexage Analogique lorsque le Multiplexage Analogique fut mis
ultérieurement en service. Ces deux câbles sont fabriqués
par la société LTT.
Il faut attendre le 29 juillet 1947 pour qu'un second câble coaxial
soit mis en service en France : Paris - Toulouse. Il s'agira du premier
câble coaxial multiplexé mis en service régulier dans
notre pays.
C'est grâce à cette technologie de Câbles Coaxiaux
que le téléphone interurbain a pu être multiplié,
grandement accru à partir du début des années 1950
sur tout le territoire national.
Premier câble coaxial mis en service en France :
Paris - Toulouse.
Concernant l'historique du câble coaxial Paris-Toulouse
:
Ce câble coaxial est conçu dès 1937, mais sa construction
et sa mise en service sont stoppées nettes par la seconde guerre
mondiale,
Le projet redémarre en Mars 1946 sous l'impulsion de Pierre Marzin
alors Directeur du SRCT,
De Mars à Août 1946, les études et expérimentations
en laboratoire sont entreprises,
D'Août 1946 à Décembre 1946, une expérimentation
entre Paris et Vierzon en multiplexage analogique a lieu,
De Décembre 1946 à Février 1947, le choix des matériels
et de leurs caractéristiques techniques sont arrêtés
et transmis, aux fins de productions, à l'industrie privée,
De Février à Mai 1947, le matériel est fabriqué
puis livré,
La pose du câble et l'installation des matériels de transmissions
associés se déroule entre Mai et Juillet 1947,
La mise en service effective du câble téléphonique
coaxial Paris-Toulouse a lieu le 29 juillet 1947 à 16H00 en présence
de M. le Ministre des PTT - Eugène Thomas, au 6 rue Saint-Amand
à Paris (station-relais - Centre d'Amplification).
Concernant les caractéristiques techniques du câble coaxial
Paris-Toulouse :
Le câble à une paire coaxiale possède un conducteur
interne de 5 mm de diamètre et un conducteur externe (concentrique
au premier) de 18 mm de diamètre. Sa longueur est de 700 km.
Chaque intervalle transportant les signaux vocaux analogiques modulés
sont d'une largeur de 4 kHz.
La bande passante du câble est de 5 MHz.
Le câble et ses équipements sont prévus pour permettre
la transmission simultanée de 600 voies téléphoniques
(contre 15 voies simultanées avec les installations précédentes).
Le câble est amplifié par 42 stations. 1 station de départ/arrivée
à chaque extrémité du câble et 40 stations
d'amplification intermédiaires.
Le câble coaxial téléphonique interurbain entre Grenoble
et Lyon. est un câble coaxial à 4 paires, de 2.400 voies
simultanées en tout, faisant partie de la rocade Lyon - Roanne
- Saint-Étienne - Grenoble destinée à acheminer les
communications interurbaines automatiques à l'intérieur
de cette zone, ainsi que celles provenant de Paris via Lyon à partir
du 30 novembre 1951.
Second câble coaxial mis en service en France :
Dijon - Nancy.
Le 5 avril 1952 est inauguré le câble coaxial Dijon - Nancy
par M. le Ministre des PTT - Roger Duchet en présence de M. le
Directeur du SRCT - Pierre Marzin. Cette seconde liaison coaxiale permet
la transmission simultanées de 960 voies téléphoniques,
sur une distance de 281 km.
Premier câble coaxial avec Répéteurs
à Transistors : Paris - Bordeaux.
En Octobre 1952 l'artère coaxiale Paris - Bordeaux est mise en
service, équipée de 6 répéteurs-régénérateurs
à transistors.

Câbles Coaxiaux pour Transmission Analogique de 60 MHz.
- Avec l'arrivée du transistor inventé en
1948, les amplificateurs et les modulateurs analogiques (les multiplexeurs)
se miniaturisèrent, devinrent plus fiables et moins coûteux,
si bien qu'ils furent désormais disposés tous les 4,5 km,
ce qui permit d'atteindre une bande passante exploitable de 12 MHz, soit
2.700 voies à la fin des années 1950. En combinant des câbles
coaxiaux entre eux, en les regroupant nous pouvions multiplier le nombres
de voies de conversations téléphoniques analogiques...
- Le Multiplexage Analogique permettait une qualité
de service très-élevée, allant de 12 voies en paires
symétriques (fréquence supérieure jusque 60 kHz)
jusqu'à 10.800 voies téléphoniques sur un même
câble coaxial (fréquence supérieure jusque 60 MHz),
qui perdura jusques à la fin de l'année 1997. Cette technologie
analogique fut donc exploitée jusqu'à son maximum, en employant
des câbles métalliques coaxiaux, si bien que jusque vers
la fin des années 1950 la plupart des ingénieurs des télécommunications
ne juraient que par le coaxial qui permettait de multiplier les voies
téléphoniques en utilisant le spectre de fréquences
disponibles.
Câbles Coaxiaux sous-marins.
Le Service des Câbles Sous-Marins français
est créé le 15 octobre 1912 par décret. C'est à
partir de cette date que la France va commencer à se doter d'une
flotte de navires câbliers, mais devra pendant une bonne vingtaine
d'années faire appel régulièrement à la flotte
câblière de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, nettement
plus développée. Voir
la page en lien.
Les premiers câbles téléphoniques sous-marin entre
la France et un autre pays cont posés entre la Grande-Bretagne
et la France, d'une portée maximale comprise entre 30 et 40 km.
Le 10 mars 1891, le premier câble sous marin à
vocation téléphonique d'une longueur de 31 km est immergé
entre la France et la Grande-Bretagne (Sangatte - Margaret's Bay à
proximité de Douvres) par le navire câblier britannique le
S.S Monarch, permettant de faire circuler une unique conversation téléphonique
simultanée.
Le 24 mars 1891, ce câble sous-marin est utilisé pour une
diffusion, en direct, à Londres, d'un opéra de Massenet
(le Mage) donné à Paris.
Le 1er avril 1891, la liaison téléphonique Paris-Londres
est mise en exploitation publique.
Le 10 mai 1897, un second câble sous-marin est immergé entre
la France et la Grande-Bretagne (Calais - Douvres), par le post-office
britannique. Technologie identique au précédent.
En Juillet 1897, deux nouveaux câbles sous-marins sont immergés
entre la France et la Grande-Bretagne, par l'administration française
des P&T. Technologie identique aux précédents câbles.
Le 5 mai 1910, le navire câblier britannique à vapeur S.S
Faraday commence, pour le compte du Post-Office britannique, la pose du
câble Abbots-Cliff - Cap-Gris-Nez. Le 18 juillet 1910, les travaux
côté britannique sont achevés. La France doit parachever
le raccordement au réseau téléphonique français
du câble pour une mise en service à la fin 1910. Il s'agit
d'un câble téléphonique sous-marin pupinisé
(avec bobines pupin de 100 millihenrys posées tous les 1852 mètres),
à 4 conducteurs, sans amplification active. Ce câble permet
de faire circuler une conversation téléphonique entre la
France et la Grande-Bretagne à la fois.
Le 6 février 1912, le navire câblier britannique à
vapeur S.S Cambria commence, pour le compte de l'administration française
des P&T, la pose du câble Abbots-Cliff - Cap-Gris-Nez. En Mai
1912, les travaux sont achevés. Il s'agit d'un câble téléphonique
sous-marin pupinisé (avec bobines pupin réparties tout le
long des conducteurs), à 4 conducteurs, sans amplification active.
Ce câble, plus résistant mécaniquement que son prédécesseur
en raison de la répartition de la pupinisation tout le long du
câble (ce qui évite les contraintes mécaniques localisées),
permet de faire circuler une conversation téléphonique entre
la France et la Grande-Bretagne à la fois.
Le 24 avril 1913, deux nouveaux câbles téléphoniques
sous-marins sont posés entre Douvres et Calais. Il s'agit une fois
de plus de câbles téléphoniques de capacité
réduite, pupinisés et sans amplification.
Le 3 mars 1928, un nouveau câble téléphonique sous-marin
multipaires est mis en service. Il comporte 21 circuits simultanés,
ce qui représente un énorme progrès.
Le 16 septembre 1933, débute la pose par le navire câblier
britannique S.S Dominia, pour le compte du post-office britannique, d'un
nouveau câble téléphonique sous-marin multipaires
entre Douvres (lieu-dit : Margaret's Bay) et Calais : (lieu-dit : Les-Hemmes-de-Marck).
Pour la première fois, le câble est pourvu d'amplificateurs
de signaux destinés à compenser les pertes en ligne.
Il s'agit du premier câble téléphonique qui permette
sans restriction au grand-public de Grande-Bretagne de téléphoner
en dehors de Grande-Bretagne, par voie manuelle.
Les premières expérimentations 100% françaises
en matière de Câbles Sous-Marins débutent dès
la libération après Mai 1945.
À cette époque, seule la technologie sous-marine est techniquement
envisageable à l'échelle intercontinentale.
Toulon - Ajaccio, première expérimentation,
est mise en service en Septembre 1946. Elle a lieux en recyclant un vieux
câble sous-marin télégraphique Toulon - Ajaccio, en
y implantant en son milieu un unique prototype d'amplificateur à
tubes électroniques de conception française la plus récente,
constitué de composants fiabilisés capables de supporter
une pression en eaux profondes de 350 kg par M². Cet amplificateur
est encapsulé dans un manchon rigide. Après 6 mois d'essais
en fonctionnement continu, les conclusions sont favorables à la
poursuite du projet.
Nice - Cannes, seconde expérimentation, est mise en service en
Octobre 1950. Un câble sous-marin télégraphique de
110 km du même type que ceux utilisés pour les réparations
est fabriqué par le CGE puis posé par le navire câblier
d'Arsonval au fond de la mer entre ces deux localités. L'amplificateur
principal, et l'amplificateur de secours qui y est cette fois-ci ajouté,
qui sont posés sont toujours constitués par des tubes électroniques,
mais ils sont désormais encapsulés dans un manchon souple,
ce qui constitue un ensemble Répéteur Souple, qui leur permet
de suivre la courbure du câble lors de la pose et des mouvements
éventuels dans les fonds marins. Le 23 mai 1951, quatre voies téléphoniques
sont mises en service sur ce câble expérimental.
Le résultat de ces deux expérimentations permet d'envisager
la mise en service du premier câble français sous-marin à
vocation internationale. Ainsi naît le projet de câble sous-marin
France - Algérie (qui est alors française)... Ce choix de
se cantonner au sein de l'Union Française pour cette première
réalisation de grande ampleur relève d'ailleurs de la prudence
: un éventuel échec aurait alors été traité
comme une affaire strictement interne à la France. .
Câbles de 1ère génération
à armature externe - répéteurs à tubes électroniques
:
Marseille - ALGÉRIE Alger I, 60 voies téléphoniques
simultanées à courants porteurs (4 kHz), longueur 925 km,
est mis en service le 15 décembre 1957 (première conversation
d'essai réussi le 31 octobre 1957). La cérémonie
d'inauguration se déroule le 10 janvier 1958. Il est le premier
câble sous-marin à courants porteurs à vocation téléphonique
mis en service par la France (posé avec le navire câblier
Ampère III).
Penmarch- USA Clarenville (TAT2), 36 voies téléphoniques
(4 kHz), longueur 4.200 km, mis en service le 22 septembre 1959, en présence
de M. le Ministre des P et T - Bernard Cornut-Gentille (retiré
du service en 1982).
Second câble téléphonique transatlantique, mais premier
câble transatlantique atterrissant en Europe continentale.
Projet cofinancé par les USA, la RFA et la France.
La station de Clarenville est en réalité située sur
l'île de Terre-Neuve, juridiquement en territoire canadien.
Perpignan- ALGÉRIE Oran (Mers-El-Kebir), 60 voies téléphoniques
(4 kHz), longueur 1000 km, mis en service en fin Décembre 1961.
Câbles de 2ème génération à
porteur central - répéteurs à tubes électroniques
:
Saint-Hilaire-de-Riez USA Tuckerton (TAT4), 128 voies téléphoniques,
longueur 6.500 km, mis en service le 15 septembre 1965. (retiré
du service en 1987).
Cannes - CORSE Île-Rousse, 96 voies téléphoniques,
longueur 205 km, mis en service en Juillet 1966. (retiré du service
en 1993).
Perpignan - MAROC Tétouan, 96 voies téléphoniques,
longueur 1.360 km, mis en service le 21 juillet 1967. (retiré du
service en 1993).
Marseille ISRAËL Tel-Aviv (MARTEL), 96 voies téléphoniques,
longueur 3.400 km, mis en service le 13 novembre 1968. (retiré
du service en 1993).
Marseille - TUNISIE Bizerte (DIDON), 96 voies téléphoniques,
longueur 875 km, mis en service le 3 mai 1969. (retiré du service
en 1993).
Câbles de 2ème génération à porteur
central - répéteurs transistorisés :
Marseille - LIBAN Beyrouth 1, 120 voies téléphoniques (4
kHz), longueur 3.450 km, mis en service le 25 juillet 1970. L'inauguration
officielle a lieu le 3 août 1970.
Marseille - ALGÉRIE Alger 2, 480 voies téléphoniques
(4 kHz), longueur 820 km, mis en service en Janvier 1973. (répéteurs-régénérateurs
de type S5) - (retiré du service en 1994).
Penmarch - MAROC Casablanca, 640 voies téléphoniques
(3 kHz), longueur 1.920 km, mis en service le 13 septembre 1973. (répéteurs-régénérateurs
de type S5)
Marseille - GRÈCE Hêraklion (LARIANE), 640 voies téléphoniques
(3 kHz), longueur 2.500 km, mis en service le 5 décembre 1974.
(répéteurs-régénérateurs de type S5)
- (retiré du service en 1997).
Perpignan - TUNISIE Bizerte (HANIBAL), 640 voies téléphoniques
(3 kHz), longueur 912 km, mis en service le 15 juillet 1975. (répéteurs-régénérateurs
de type S5) - (retiré du service en 1998).
Marseille - LIBAN Beyrouth 2, 640 voies téléphoniques (3
kHz), mis en service le 13 décembre 1975. (répéteurs-régénérateurs
de type S5)
Marseille - ITALIE Palo (MARPAL), 3.440 voies téléphoniques
(3 kHz), longueur 689 km, mis en service le 16 avril 1976. (répéteurs-régénérateurs
de type S25).
Courseulles-sur-Mer GRANDE-BRETAGNE Eastbourne (France-UK 1), 3.440
voies téléphoniques (3 kHz), mis en service le 13 juillet
1976. (répéteurs-régénérateurs de type
S25).
Saint-Hilaire-de-Riez - USA Rhode-Island (TAT6), 4.000 voies téléphoniques,
longueur 6.268 km, mis en service le 4 août 1976, inauguré
le 1er septembre 1976 par M. le Secrétaire dÉtat aux
P et T - Norbert Ségard. (retiré du service en 1994).
La Seyne-sur-Mer - Bastia, 2580 voies téléphoniques, longueur
310 km, mis en service en Août 1977, (retiré du service en
1995).
Saint-Valéry-en-Caux - GRANDE-BRETAGNE (France - UK 2), 4300 voies
téléphoniques, mis en service en 1978.
Martigues - MAROC Tétouan (AMITIE), 2580 voies téléphoniques,
mis en service en Septembre 1978.
Marseille - LYBIE Tripoli, 480 voies téléphoniques, mis
en service en Juin 1979.
Penmarc'h - PORTUGAL Sesimbra (TAGIDE 1), 2580 voies téléphoniques,
longueur 1.500 km, mis en service en 1979.
Veules-les-Roses GRANDE-BRETAGNE 2 Eastbourne, 5.000 voies téléphoniques,
mis en service en Novembre 1979.Câbles de 3ème génération
à porteur central et à conducteur extérieur contre-couché
- répéteurs transistorisés S25 :
La Seyne-sur-Mer - GRÈCE Lehena (ARTEMIS), 2580 voies téléphoniques,
mis en service le 15 juillet 1981. Il est inauguré par M. le Ministre
des PTT - Louis Mexandeau le 17 décembre 1981.
Marseille - ALGÉRIE Alger 3, mis en service le 19 octobre 1981
(date d' inauguration).
La Seyne-sur-Mer - TUNISIE 3 Bizerte (DIDON 2), 2580 voies téléphoniques,
mis en service en 1983, longueur 895 km.
Marseille - SINGAPOUR (SEA-ME-WE 1), 3660 voies téléphoniques,
longueur 13.600 km, mis en service le 25 avril 1986. Il est le dernier
câble coaxial, métallique, à transmission analogique,
mis en service dans le monde.
Par la suite, les câbles ultérieurs seront constitués
de fibres optiques, les conversations téléphoniques étant
multiplexées numériquement.
Tous ces câbles sous-marins galvaniques de technologie analogique
coaxiale sont aujourd'hui réformés et abandonné.
Depuis 2015, les câbles en cuivre sont remplacés
par la fibre optique et ils seront à terme enlevés.
A noter ce point faible des fibres optiques : à
savoir qu'ils ne peuvent pas acheminer de télé-alimentation,
d'où la nécessité de conserver quelques conducteurs
électriques dans les câbles optiques de grande longueur >
100 km (câbles sous-mains surtout).
Là où l'accès par fibre optique
n'est pas pertinent, les solutions alternatives sont nombreuses et l'on
dispose de :
1) La téléphonie portable, les <<box
4G ou box 5G>> fixes,
2) La boucle locale radio (BLR),
3) Les faisceaux hertziens très utilisés
par l'infrastructure des réseaux de téléphonie mobile,
les services critiques comme la défense Nationale, le ministère
de l'intérieur, la gendarmerie, l'aviation civile etc.,
4) Les constellations de satellites défilants
du type Starlink,
5) Les satellites géostationnaires,
6) Les communications optiques en espace libre :
Free Space Optics ou FSO qui sont à faible portée, grand
débit, ne nécessitent pas de licence et assurent une bonne
discrétion,
7) Les communications à travers le sol ou
système de transmission par le sol (TPS) pour notamment porter
les secours aux spéléologues,
8) Les guides d'ondes métalliques qui sont
toujours utilisés pour les transmissions de signaux ou de très
fortes puissances entre 200 MHz et 200 GHz et pour des courtes portées
< 1 km
9) Les courants porteurs en ligne CPL : Utilisation
des réseaux électriques de distribution d'énergie
(BT ,MT , HTA , HTB) depuis 1930 pour y rajouter des signaux. Utilisation
très courante pour le relevé des consommations électriques
par les transmetteurs Linky et pour émuler un réseau Ethernet
domestique.
10) Les transmissions radio-électriques en
espace libre avec réflexions / guidages ionosphériques dans
la gamme de fréquence 10 kHz - 30 MHz . Ce mode de transmission
permet des liaisons numériques à bas débit (<
10 kbits) cryptées à portée mondiale pour les services
critiques qui doivent dépendre d'aucune infrastructure : Marine
nationale, ambassades, navires, avions loin des cotes, radio-amateurs,
diffusion de l'heure de référence, localisation par Loran
C, télécommandes pour les réseaux électriques
etc,.... Ce mode de transmission a été le seul disponible
pour les liaisons téléphoniques à grande distance
jusqu'aux années 1960.
11) Réflexions par traînées
météoritiques (Meteor scatter) : Utilisation par les radioamateurs
et la diffusion de données météorologiques.
12) Pigeons voyageurs, espions et maintenant les
drones : Utilisés pour acheminer des microfilms depuis la guerre
Franco-Allemande de 1870
13) La Poste, Amazon etc.
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