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CGCT Compagnie générale de constructions téléphoniques
1884 Dès la fin du siècle
dernier, la COMPAGNIE GÉNÉRALE DE CONSTRUCTIONS TÉLÉPHONIQUES
participe à l'installation des premiers centraux publics, en réalisant
notamment ceux de Bordeaux et de Lyon.
A cette époque les ateliers de la CGCT appartenaient à la
Société Postel-Vinay. Ils furent incorporés à
la Compagnie française pour
lexploitation des procédés de Thomson-Houston, créée
en 1893.
Cette société prit le nom de Compagnie Générale
de Construction téléphonique en 1926 après le rachat
de la Compagnie française pour lexploitation des procédés
de Thomson-Houston par ITT (International Telegraph and telephone)
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Spécialisée depuis plus
de soixante ans dans l'étude, la fabrication et le montage
du matériel pour installations téléphoniques
publiques et privées de toute importance, au cours de cette
longue période, la CGCT n'a cessé d'apporter des perfectionnements
à la technique de cette branche si particulière de
la construction électrique et, par cela même, d'assurer,
pour une large part, le développement, en France et dans
les territoires de l'Union Française, de ce merveilleux moyen
d'échange de la pensée.
Peu de temps après l'apparition des applications pratiques
du téléphone, c'est-à-dire vers la fin du siècle
dernier, la CGCT commençait à fournir à l'État
des centraux pour l'exploitation des premiers réseaux publics
créés dans les grandes villes de la métropole
.
Ses modestes usines appartenaient à
cette époque à la Société des Établissements
POSTEL-VINAY et devaient être incorporées
par la suite à celles de la Compagnie
française pour 'Exploitation des Procédés THOMSON-HOUSTON
dont elles ne tardèrent pas à devenir l'un des Départements
les plus prospères.
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L'importante extension prise par ses fabrications conduisit
la CGCT à faire construire, en I916, de nouvelles usines à
PARIS, rue des Favorites, qui constituèrent l'amorce de l'important
bloc d'immeubles actuel situé en bordure des rues de Vaugirard,
des Favorites et Paul Barruel, dans le quartier de Vaugirard.

Paris, 251 Rue de Vaugirard Paris Bâtiment du ministère
de l'Agriculture, anciennement siège social de la CGCT
Dans ces bâtiments sont groupés, outre les Usines, le Siège
Social de la Compagnie, les Services Administratifs, Techniques et Commerciaux.
En 1953 La COMPAGNIE GENERALE DE CONSTRUCTIONS TELEPHONIQUES occupa près
de 3.500 personnes dont l'activité s'exerce tant en France que
dans les Territoires de l'Union Française.
En 1925 , La CGCT fut créée la Compagnie
des Téléphones Thomson-Houston (CTTH)
pour prendre la succession industrielle et commerciale de ce Département,
dénomination qui devait être remplacée en 1940 par
celle de COMPAGNIE GENERALE DE CONSTRUCTIONS TELEPHONIQUES.
LA CGCT n'est pas seulement l'une des plus anciennes
Sociétés de l'Industrie Téléphonique Française,
on lui doit aussi d'avoir apporté dans cette tranche des créations
d'une grande valeur technique.
Telles sont notamment :
- L'introduction de l'usage du téléphone automatique
Strowger en France en
installant à NICE, en 1913, pour le compte de l'Administration
Française des P.T.T., les premiers autocommutateurs utilisés
pour l'exploitation des réseaux publics.
- Le développement et le perfectionnement du système de
téléphonie automatique "R6"
adopté en 1929 par l'Administration Française des P.T.T.,
pour l'équipement des centraux téléphoniques des
villes de province en France et des grands centres dans les territoires
rattachés à l'Union Française ( Afrique du Nord,
A.E.F., A.O.F., Madagascar, Indochine, etc .. .).
- L'adoption par l'Administration des P.T.T., en 1935 à la suite
d'un concours technique, du système de téléphonie
automatique créé et présenté par la CGCT pour
l'équipement des réseaux ruraux.
- Une participation importante à l'équipement des télécommunications
par haute fréquence sur les lignes de transport d'énergie
à haute tension, des réseaux : de " Électricité
de France " et " Électricité et Gaz d'Algérie
",
- Une position exceptionnelle dans les réalisations en matière
de commande à distance, principalement sur les lignes des chemins
de fer électrifiés de la S.N.C.F. (commande centralisée
de Paris à Lyon).
Les particularités d'une fabrication qui, en raison de sa diversité
et de la précision qu'elle exige, impose l'emploi d'un outillage
très moderne approprié, permettant de fabriquer en grandes
séries des organes souvent délicats ayant à satisfaire
à des conditions rigoureuses d'utilisation tant au point de vue
électrique que mécanique, quelques unes de ses plus remarquables
réalisations concernant l'équipement des grands centraux
téléphoniques urbains et interurbains fournis à l'État,
les installations privées où ses références
sont nombreuses et de premier ordre, les installations de téléphonie
par Haute Fréquence sur les lignes de transport d'énergie
à Haute Tension, les installations de Télécommande,
etc.
Pour assurer la parfaite qualité de ses productions, la CGCT exerce
un contrôle rigoureux à tous les stades de la fabrication.
Elle dispose, d'autre part, d'un personnel d'une formation très
poussée et de laboratoires de recherches, grâce auxquels
les problèmes si variés et si complexes qui se posent constamment
reçoivent : les solutions les plus rationnelles.
C'est à cet ensemble de moyens remarquables à tous égards
que la CGCT doit cette notoriété incontestée qui
lui vaut d'occuper une place de tout premier plan dans l'industrie téléphonique
et qui lui permet de prendre une part appréciable à l'accroissement
de la productivité Française.
Alger
MÉTHODES ET PRODUCTIONS
L'industrie moderne doit faire face chaque jour à des facteurs
impératifs de tous ordres.
L'organisation du travail est l'outil qui permet de résoudre tous
ces problèmes dans les conditions optima d'efficience.
L'Atelier
Une Fraiseuse.
Le Service des Méthodes de la Compagnie Générale
de Constructions Téléphoniques, choisit les matières
premières et les machines les plus appropriées à
l'exécution d'un matériel déterminé. Il en
met au point également les procédés de fabrication.
Le Service chargé de l'Ordonnancement les délais et contrôle
l'exécution du travail.
Le Service de la Production procède au lancement des fabrications
et surveille l'état d'avancement des commandes.
Le matériel téléphonique exige une
qualité qui ne peut être obtenue qu'avec des moyens de fabrication
les plus perfectionnés et un contrôle sévère.
L'outillage spécial de haute précision qui est nécessaire
pour des productions de pièces en grandes séries, interchangeables,
est fabriqué dans les ateliers mêmes de la Compagnie Générale
de Constructions Téléphoniques équipés de
machines-outils les plus modernes.
Machines à pointer de haute précision destinées au
pointage des parties les plus précises des outils de presses et
gabarits exécutés dans nos ateliers. Précision garantie
: + 0,001 m/m.
 
Fabrication de centraux téléphoniques
et d'appareils téléphoniques
La grande variété des installations réalisées
par la CGCT nécessite un nombre très important d'organes
et d'appareils divers qui constituent une gamme étendue de matériel.
Centraux Rotatif Strowger et R6

Montage des bancs de commutateurs rotatifs , et soudage des multiplages.
Centraux crossbar
Georges Goudet a une fort intéressante carrière.
Né en 1912, ce normalien, docteur ès-sciences, travaille
en 1944-1945 au Laboratoire central des télécommunications.
Ses travaux portent sur l'optique électronique et les ondes ultra-courtes.
Il devient ensuite chef du service « Hyperfréquences »
au CNET, qu'il quitte en 1951 pour la faculté des sciences de Nancy
(chaire d'électrotechnique et direction de l'Ecole nationale supérieure
d'électricité et de mécanique). En 1955 G.
Goudet passe définitivement dans l'industrie privée,
au sein du groupe Le Matériel Téléphonique
où il dirige le LCT : Laboratoire Central des Télécommunications
et deviendra PDG de la CGCT. Il continue cependant à enseigner
dans diverses écoles d'ingénieurs ...
1954 Le premier Commutateur électromécanique de type
PENTACONTA
(500) est commandé en Avril 1954 à la CGCT, et est mis en
service le 23 juillet 1955 à Melun.
Le Système, est conçu à partir
de 1951, par les sociétés LMT et CGCT toutes
deux filiales françaises de l'américain ITT. Ce système
a été nommé à partir du préfixe
grec « Penta » parce que lélément-multisélecteur
de base à barres croisées comporte 52 points de sortie.
La conception de ce système doit beaucoup à M. l'Ingénieur
CGCT - Fernand Gohorel ayant conçu personnellement l'architecture
du système et qui supervisa la conception du Multisélecteur
à barres croisées.
Il faut rapper aussi qu'en 1924, Téléphones Thomson-Houston
rachète le brevet R6 à son concepteur M. Barnay et va
être, développé par l'Ingénieur français
Fernand Gohorel de la Compagnie des Téléphones Thomson-Houston
et ses équipes ... avant d'inégrer la CGCT.
Gohorel, Fernand deviendra Directeur général de la Compagnie
de constructions téléphoniques . |
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Suivra le PENTACONTA type 1000 A (Multisélecteur à 1040
points)
Et le PENTACONTA type 1000 B (Multisélecteur à 1040 points
de sortie développé dans les années soixante, pour
permettre de relier jusqu'à 50.000 abonnés ou circuits par
cur de chaîne et pourvoir Paris ainsi que les très
grandes villes françaises.
Il est installé à La-Plaine-Saint-Denis Chénier (Paris
zone suburbaine 1ère couronne), par la CGCT.
L'autre sera installé au Centre Téléphonique Boulogne-Billancourt
- Molitor (Paris zone suburbaine 1ère couronne), par la société
LMT,
...
Et dans les années 1975 le PENTACONTA type 2000 (Multisélecteur
à 2080) Il est aussi bien utilisé en Commutateur dabonnés
de grande capacité (50.000 lignes) quen CTU (Centre de Transit
Urbain) essentiellement pour Paris puis Lyon.
Le montage
Si la valeur technique des systèmes de la CGCT
et la perfection de ses fabrications contribuent, pour une large part,
à assurer le bon fonctionnement des installations, elles ne sauraient
permettre, à elles seules, d'atteindre complètement ce but.
Les questions se rattachant au montage et à l'entretien du matériel
posent, en effet, elles aussi, des problèmes divers, souvent complexes,
dont dépend pour beaucoup, la marche régulière des
appareils et qui ne peuvent être résolus que grâce
à l'application, par des spécialistes expérimentés,
d'une technique très particulière.
C'est pourquoi la CGCT a créé d'importants SERVICES DE MONTAGE
et d'ENTRETIEN dont le personnel, très nombreux, est réparti
dans toutes les régions.
A Paris, le centre d'entretien est situé au cur même
de la capitale, près de la Madeleine, ce qui facilite et rend plus
rapides les déplacements des techniciens attachés à
ce service.
La CGCT se voit généralement confier l'entretien des installations
qu'elle a réalisées et s'engage, dans ce cas, par contrat,
à assurer la bonne marche de celles-ci.
Elle reste ainsi en contact direct avec sa clientèle, ce qui lui
permet d'en bien connaître les besoins et de mettre en uvre
les puissants moyens dont elle dispose pour les satisfaire.
Quant aux clients, ils trouvent un intérêt évident
à n'avoir affaire qu'au constructeur même du matériel
entrant dans la constitution de leurs installations et qui reste, à
leur égard, le seul responsable.
En 1957, la CGCT Compagnie Générale
de Constructions Téléphoniques ouvre une usine à
Saint-Omer (62), rue de Hazebrouck, spécialement dédiée
à la fabrication des Commutateurs PENTACONTA.
Des services Régionaux qui constituent le prolongement
de l'organisation centrale, permettent à la clientèle de
province de trouver sur place des techniciens qualifiés pour assurer
les liaisons utiles avec les Services du Siège.
En Afrique du Nord, des Succursales avec Services annexes dans les grands
centres, assurent un rôle analogue.
Enfin, la CGCT est représentée dans les territoires rattachés
à l'Union Française et dans tous les pays du monde.
Ainsi, la clientèle est-elle assurée de trouver, quelle
que soit la région dans laquelle elle se trouve, des organisations
où des techniciens expérimentés
ingénieurs, chefs de travaux, monteurs, etc. sont à sa disposition
pour lui fournir rapidement, monter et entretenir des installations offrant
les meilleures garanties à tous égards.

Le 17 mars 1970, l'usine se St-Omer est transférée
à Longuenesse (62), route des Bruyères.
Début 1971 Un nouvel atelier ouvre à Boulogne sur Mer.
La CGCT coexista avec l'autre filiale d'ITT
Le Matériel Téléphonique
(LMT) jusqu'à la nationalisation consécutive à l'élection
de François Mitterrand à la présidence de la république1
en 1981.

Contrôleur à la Compagnie générale de constructions
téléphoniques à Lannion en 1973.
Quelques Téléphones CGCT
Années 1945
1970 et 1980
le « Digitel 2000 » lancé par lAdministration
des PTT, est fabriqué par la Compagnie Générale des
Constructions Téléphoniques (CGCT). Il est commercialisé
à partir doctobre 1980.
1986 Voilà bientôt dix ans que le sort de la CGCT
empoisonne les pouvoirs publics.
Cette filiale dITT qui, dans les années 70, fabriquait des
centraux Metaconta
à la technologie dépassée, proposait
de livrer, à lavenir, le nouveau central (Système
12) du groupe international. Or les PTT françaises avaient déjà
deux fournisseurs, la CGE et Thomson, qui produisent chacun
un central électronique.
La petite CGCT, avec 16 % de parts des marchés publics, navait
guère sa place, les PTT se refusant à installer trois types
différents de centraux dans le réseau. Les conversations
entre ITT et le directeur général de la Direction générale
de télécommunications (DGT) de lépoque, M.
Gérard Théry, seront longues, tendues et ne déboucheront
sur rien.
Après mai 1981, on pense le problème résolu,
les filiales dITT figurant sur la liste des nationalisations.
A lissue dune difficile négociation, la CGCT est
donc nationalisée : 215 millions de francs dindemnités
sont versés à ITT.
Certes, il y avait bien eu quelques voix pour suggérer quune
telle opération ne simposait pas ; que, au lieu de résoudre
les problèmes, on allait les multiplier ; quil valait peut-être
mieux laisser ITT se débrouiller avec sa filiale. Elles ne seront
pas entendues.
Le démantèlement, au début de
1984, du monopole dAmerican Telegraph & Telephone (ATT)
ne visait pas seulement à introduire une concurrence interne aux
Etats-Unis dans le domaine des télécommunications. Lobjectif
était aussi de permettre aux géants américains ATT
et IBM de sattaquer à titre de réciprocité
aux marchés étrangers protégés, tel
celui de la France.
La privatisation de la Compagnie générale de constructions
téléphoniques (CGCT) offre ainsi une magnifique
occasion à ATT de sinstaller dans lHexagone. Le groupe
allemand Siemens sest cependant, lui aussi, porté candidat.
Le gouvernement français devra choisir entre lamorce dune
intégration des PTT à une stratégie mondiale, qui
se décide outre-Atlantique, et la création, in extremis,
du noyau dur dune Europe des télécommunications.
Choix symbolique, lourd de conséquences, qui va bien au-delà
du simple rachat dune société nationalisée.
Car, derrière les deux principaux candidats, laméricain
ATT et lallemand Siemens, ce sont deux options politiques différentes
qui se profilent. Dun côté, lalliance avec le
géant doutre-Atlantique qui rêve de devenir, aux côtés
dIBM, le grand communicateur de lan 2000 ; de lautre,
le renforcement de laxe franco-allemand, point de passage obligé
dune construction européenne qui marque le pas.
En 1986, le CGCT est privatisée et ses actifs
sont répartis entre Alcatel-Thomson et Matra.

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