LE TÉLÉPHONE A BORDEAUX

Le 10 décembre 1877, Bordeaux est à l'honneur, une expérimentation téléphonique est tentée avec succès entre Bordeaux et Margaux (distantes de 25 km) et Bordeaux et Soulac (distantes de 95 km) par la Société Industrielle où les paroles, les voix, et les musiques émises de chaque extrémité sont audibles et compréhensibles par l'autre extrémité de chaque liaison.
Cette expérience a été menée par M. Buchin, et exposée dans le journal de Toulouse du 18 décembre 1877 :
LE TÉLÉPHONE
M. A. Buchin, mécanicien-électricien, adresse au Courrier de la Gironde la lettre suivante :
Bordeaux, le 9 décembre 1877. vous adresse ci-inclus les résultats des expériences que j’ai faites avec un téléphone ou télégraphe parlant construit dans mes ateliers.
Le 25 novembre dernier, j’ai entretenu une conversation entre la station de Soulac et le Verdon (8 kilomètres) ; le lendemain 26, j’ai répété la même expérience du poste des pompiers du Grand-Théâtre au poste de La Bastide ; le 28, le même essai a été fait entre le poste du théâtre et le poste central, rue Palais-de-Justice ; enfin le dimanche 2 décembre, j’ai entretenu une longue conversation entre le poste central et le poste Bourbon.
Pour toutes ces expériences, j’ai obtenu un résultat complet. Non-seulement la voix arrive, nette et claire, mais, chose plus étonnante, c’est que le timbre ou qualité de la voix est parfaitement reproduit par l’appareil et reconnu par celui qui écoule ; éclats de lire, chansons, musique, tout est transmis par cet appareil étonnant avec toute la pureté désirable.
J’ai donc continué mes essais avec une paire de téléphones construits avec plus de soins, et j’ai opéré entre les Postes de Bordeaux et Murgaux (Méudoc). C’est à l’obligeance habituelle de M. Bouit, ingénieur de la Compagnie, que j’ai pu faire cet essai devant lui et quelques employés. La distance était de 25 kilomètres. Cet essai a donné les mêmes résultats que mes précédentes expériences.
Je ne sais où s’arrêtera celte transmission. Je vais aujourd’hui essayer entre Bordeaux et Soulac, et je ne doute nullement d’obtenir les mêmes résultats. Je vous communiquerai ce que j’ai obtenu dans cette nouvelle expérience.
Je dois faire, d’ici à trois ou quatre jours, une expérience explicative pour la presse, j’attends pour cela que des téléphones en cours d’exécution dans mes ateliers soient achevés.
En attendant, recevez, Monsieur, l’assurance de mon profond respect.
A. Buchin,
Electricien breveté, fournisseur de la Ville, rue Holland, 11
.
En attendant ces expériences qui promettent d’être des plus intéressantes et dont nous rendrons compte dès que nous aurons
vu le téléphone fonctionner, il ne nous paraît pas inutile de faire connaître à nos lecteurs que cet appareil se compose d’un aimant magnétique vibrant au son de la voix humaine. C’est à l’aide d’un fil magnétique, que les différentes oscillations se produisent. Le trémolo causé par la voix
dans l’air à un certain point, sa trouvant exactement et très-nettement répété à l’autre, les paroles dites au bureau de départ sont de la sorte entendues parfaitement au bureau d’arrivée.
Cet instrument étant d’un petit volume, léger, portatif et peu coûteux, il nous semble destiné à faire une révolution dans la télégraphie.

En 1879, le ministre des Postes et Télégraphes, Albert Cochery, décide de créer une commission d’examen pour tenter de savoir ce que valent vraiment les différents systèmes téléphoniques. L'arrêté relatif aux autorisations d'établissements de communications téléphoniques le 26 juin 1879, le Ministre des Postes et des Télégraphes Adolphe Cochery autorise les entrepreneurs de l'industrie privée à construire et à exploiter dans certaines villes des réseaux téléphoniques en fixant ses clauses et conditions. Il y aura trois demandes de concessions, pour l'organisation de réseaux téléphoniques formulées par des sociétes présentant des garanties suffisantes et furent admises. trois sociétés détentrices de brevets américains chargés d'établir et d'exploiter pendant cinq ans des réseaux dans quatre importantes villes de France : Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux qui nous intéresse dans cette page.
Le téléphone en France est géré par la Société générale des Téléphones, à laquelle l'État a accordé en 1879 une concession de 5 ans, puis se prolongera de 5 ans.

1880 La compagnie desTéléphones dont le siège est à Paris au 66 rue Neuve des petits champs, vient de s’installer aux Bains des Quinconces, du côté des allées d’Orléans. Déjà des fils ont été posés pour relier différents abonnés avec ce point central, d’où partiront toutes les communications. Le prix d’abonnement a été fixé à 350 fr. par an.
Vu dans "La lumière Electrique" nov 1880 :
Installée depuis peu de temps à Bordeaux, la Compagnie des téléphones de Paris a rencontré un accueil favorable. Elle a obtenu le concours du président et des membres de la Chambre de commerce. La municipalité et l’administration des lignes télégraphiques lui ont donné des preuves de leur bienveillance. Beaucoup de négociants et de particuliers sont disposés à se servir du téléphone; plusieurs même se sont abonnés. Il existe déjà une ligne en construction; Bordeaux marchera donc de pair avec les grands centres, tels que Lille, Marseille, Lyon, Nantes, qui commencent à se couvrir de fils.
Les appareils qui sont essayés en ce moment à Bordeaux sont le microphone Blake et les téléphones Bell, et les expériences ont lieu entre la Bourse et la caserne des sapeurs-pompiers de la rue du Palais-de-Justice. L’une des stations est installée au premier étage de la Bourse, au fond du corridor des courtiers d’assurances maritimes, l’autre, dans le bureau télégraphique de la caserne des pompiers. Un fil, posé pour la circonstance, relie la Bourse au poste des pompiers du Grand-Théâtre, et à partir de ce point, on se sert du fil télégraphique qui met en communication ce dernier poste avec la caserne des qompiers.


Les journaux de Bordeaux annoncent que la direction technique des Télégraphes vient de traiter avec M. Gauthier entrepreneur à Paris, pour la construction des lignes téléphoniques aériennes et souterraines, à Bordeaux. M. Gauthier a déjà établi les réseaux de Paris, Lyon, Marseille et Nantes.

Côté télégraphie, le procès du Scandale de Bordeaux qui vient de se dérouler devant la cour d’assises, a déterminé entre Bordeaux et Paris un mouvement de dépêches dont il y a peu d’exemples. D’après des renseignements que nous avons lieu de croire exacts, les correspondants de journaux n’ont pas expédié, depuis le 17 février jusqu’au 24, c’est-à-dire pendant huitjours, moins de 125.000 mots, soit une moyenne de 15.625 mots par jour. Le nombre des dépêches a été de 800, soit 100 par jour. Non-seulement ce chiffre n’avait jamais été atteint à Bordeaux pour des cas semblables; mais ce n’est que très rarement qu’on a vu une telle abondance de dépêches adressées aux journaux. Pendant le voyage des Présidents à Cherbourg, on avait à peine atteint le chiffre de 80.000 mots.

Puis fin 1880 , (dans La lumière électrique) nous avons annoncé, il y a déjà quelque temps, l’établissement à Bordeaux d’une agence de la Société générale des Téléphones. On compte actuellement dans cette ville 48 locaux, appartenant à des négociants, des industriels, à divers journaux et agences, qui sont reliés entre eux par le nouveau mode de communication. Plusieurs industriels sont reliés avec leurs succursales, situées dans un autre quartier de la ville que la maison mère; des négociants en vincommuniquent du centre de Bordeaux avec leur cave, située à Brienne ou aux Chartrons, tous les fils étant centralisés au bureau central, bains sud des Quinconces. Parmi les abonnés, nous voyons figurer l’Agence Havas, les journaux la Gironde, le Courrier de la Gironde, deux agents de change, des armateurs. On attend l’adhésion d’administrations publiques pour lesquelles le téléphone sera de la plus grande utilité.

1881 Le syndicat des agents de change de Bordeaux vient d’obtenir de l’Etat la concession d'un fil télégraphique spécial entre Paris et Bordeaux.. Un employé de l’Etat sera affecté au service de ce fil, qui fonctionnera de dix heures du matin à trois heures du soir pour la transmission des dépêches venant de la Bourse de Paris. Chaque agent de change pourra, en outre, durant cette même période de cinq heures, transmettre par ce fil ses propres dépêches à Paris. C'est une importante amélioration qui sera sans doute réalisée aussi pour d’autres grandes villes.

En juillet 1881, la SGT Société générale des Téléphones desservait déjà dans cette ville plus de 50 abonnés.
La Chambre de commerce de Bordeaux fit relier plusieurs locaux, dépendant de son administration, au bureau central. Elle permit aussi l'organisation à la Bourse, d'un bureau spécial d'où chaque abonné du réseau, sur la présentation de sa carte d'abonnement, pouvait être mis en communication avec les autres abonnés. Plusieurs industriels sont, depuis 1881. reliés directement avec leurs succursales situées dans un autre quartier de la ville que la maison-mère. En raison du développement rapide de son réseau téléphonique, la SGT décida qu'à partir du 15 novembre 1881, le service aurait lieu à Bordeaux, sans interruption, nuit et jour.
Il y a quelques jours, à Bordeaux, plusieurs personnes réunies au bureau central de la Société des Téléphones, aux Quinconces, ont écouté un virtuose qui les a tenus sous le charme de son violon, dont les sons paraissaient encore très mélodieux, même en passant par le fil téléphonique. Le violon jouait dans une maison des allées de Tourny. Les appareils dus à MM. Blake, Ader et Crossley permettaient de percevoir les sons les plus faibles; on entendait même le souffle de l’artiste avant et après l’exécution de chaque morceau.
A Bordeaux, les installations téléphoniques continuent à prendre de l’extension. Outre les abonnements que nous avons déjà signalés, la Chambre de commerce vient de souscrire. Plusieurs locaux dépendant de cette dernière administration sont reliés au bureau central. En outre, la Chambre de commerce a fait disposer à la Bourse un bureau spécial où chacun, sur la présentation de sa carte d’abonné, peut être mis en communication avec les autres abonnés.


En 1881 parait une brochure in-8° de 8 pages "Notice sur le téléphone à Bordeaux," avec une planche de dessins de Auguste Bonel.
AUGUSTE BONEL est le Directeur de l'Agence de la Société générale des Téléphones de Bordeaux.

C'est en 1880 que l'auteur, a commencé les premiers travaux d'installation, mais le service n'a été ouvert qu'en 1881. Il n'a pas tardé à prospérer, car au mois d'Avril 1884, le réseau se composait de 201 kilom. de fils aériens, 59 Kilom. de câbles sous plomb et de 347 kilom. de câbles ordinaires. Quant au nombre des abonnés, il a suivi la progression suivante: au mois de Novembre 1881, il était de 146 avec 825 communications par semaine; en Novembre 1882, il y avait 233 abonnés et 4500 communications et en Novembre 1883, 298 abonnés et 12 100 communications. La progression, on le voit, est beaucoup plus marquée pour le nombre de communications que pour celui des abonnés.
La brochure de M. Bonel (brochure in- 8°, de 27 pages) est complétée par la description du réseau téléphonique spéciale aux services de la municipalité, et par quelques indications relatives aux lignes d'intérêt privé....
Puis dans le Journal Télégraphique de septembre 1884 il était écrit :
... Pour le moment, ce sont les réseaux urbains qui constituent encore l'élément principal d'activité de la téléphonie, et, là, il faut bien des fils spéciaux, car les ressources de la télégraphie seraient impuissantes à donner satisfaction aux exigences de ce service nouveau.
Bien que presque partout il soit établi sur des bases analogues, il y a toujours intérêt à connaître les dispositions de détail qui ont été appliquées dans telle localité ou dans tel cas spécial. C'est, sans doute, cette pensée qui a conduit M. Auguste Bonel à publier le compte-rendu de l'établissement et de l'organisation de la téléphonie à Bordeaux.

Dans les MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES PHYSIQUES ET NATURELLES DE BORDEAUX
EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ.

A la Séance du 12 juin 1884 M. BONEL adresse à la Société un mémoire sur les réseaux téléphoniques de Bordeaux,
que l'on retouve dans ce livre de 1884

(consultez le document)


RÉSEAU DE LA SOCIÉTÉ
Appelé en 1880 à établir le réseau de la Société générale des téléphones à Bordeaux, après une longue attente, c'est en mars 1881 seulement que j'ai pu commencer à le faire fonctionner.
Les difficultés rencontrées furent cause de ces longs retards.
L'incrédulité et la routine, opposées aux efforts employés à faire triompher l'entreprise, faillirent en compromettre le succès; car au bout de huit mois, avec un seul abonné, il était assez naturel de se laisser aller au découragement. Les objections présentées provenaient du téléphone lui-même, on se rappelait l'appareil employé à l'Exposition de 1878 et jamais on ne voulait admettre que, même avec des perfectionnements, on arriverait à un résultat sérieux. D'autre part, on se refusait à accepter une innovation dérangeant les vieilles habitudes, adoptées par les ancêtres et transmises avec respect de génération en génération.
Le premier noyau d'abonnés se forma de négociants possédant deux points à relier. On parla de son comptoir à son chai ; puis, trouvant le moyen commode, les abonnés conversèrent entre eux, ensuite quelques courtiers prirent le téléphone. Ils amenèrent beaucoup d'adhésions et il en résulta que d'autres négociants, mécontents de voir les courtiers favoriser les possesseurs du nouvel instrument, suivirent le courant ; si bien que beaucoup de personnes, ayant tout d'abord accueilli ce moyen de correspondance avec indifférence et quelquefois avec dédain, ne voudraient pour beaucoup s'en passer aujourd'hui.
Il ne fallait pas seulement vaincre les difficultés pour trouver des abonnés; il pouvait s'en rencontrer encore d'autres. Le cahier des charges imposait la construction des lignes par l'État.
On devait en outre faire accepter le réseau souterrain par la municipalité et obtenir les autorisations nécessaires des administrations diverses et des particuliers.
Il m'est très agréable de déclarer que dans ces questions souvent très ardues j'ai rencontré l'accueil le plus favorable des fonctionnaires de tout ordre. Quoiqu'en accomplissant strictement son mandat, chacun a bien voulu donner son appui à l'entreprise naissante.
Je voudrais en dire autant des propriétaires dont les maisons ont à supporter les poteaux qui soutiennent les fils. Il s'en trouve de très complaisants ; mais j'ai le regret de constater que certains abusent de la situation. Plus d'un, profitant de l'occasion, a su faire réparer gratuitement sa toiture ou remplacer sa tapisserie endommagée par des gouttières dont les agents téléphonistes étaient parfaitement innocents. Dans les commencements, une malveillance intéressée répandit le bruit que les poteaux formaient autant d'attire-foudre. C'est absolument faux, et même une expérience de quatre ans m'a prouvé au contraire que le réseau préservait les maisons, en servant de paratonnerre. L'électricité condensée dans l'atmosphère trouve par les fils, pour s'écouler dans le sol, une foule de conducteurs, et, en cas de fort orage, on a seulement vu les indicateurs tomber au bureau central et entendu tinter les sonneries chez les abonnés.
Le réseau téléphonique bordelais se composait, il y a trois ans, de fort peu de lignes. Elles se sont considérablement augmentées, on en jugera par les chiffres suivants :
- En août 1881, on comptait : 27,000 mètres de fils aériens ; 36,000 câbles sous plomb et 120,000 câbles ordinaires.
- En avril 1884, il existait : 201,000 fils aériens ; 59,000 câbles sous plomb et 347,000 câbles ordinaires.
On remarquera l'énorme accroissement du réseau aérien comparativement aux autres. C'est que les câbles avaient été placés en attente. Le chemin était à moitié fait. Il a fallu, pour relier les abonnés, simplement de distance en distance transformer les conducteurs souterrains en aériens.
La pose des fils en l'air commence à causer de sérieux embarras pour les lignes d'intérêt privé; leur aspect est disgracieux, tandis que les fils de la Société, placés sur les toits les plus élevés, ne blessent en rien la vue de l'observateur et ne se découvrent même qu'après un examen assez soutenu.
Dans les premiers temps, le fil employé à Bordeaux était en acier de deux millimètres. La plus longue portée construite avec ce conducteur a été de deux cent vingt mètres; mais malgré sa galvanisation, après deux ans de service, il s'est réduit à cause de l'humidité, dans certains endroits, à un millimètre d'épaisseur, ce qui nécessite son changement.
Si les fils aériens présentent de grands avantages, leurs inconvénients sont nombreux. Les premiers se résument dans l'économie et la facilité de les réparer. Ils donnent peu d'induction ; mais par contre le bruit causé par le vent et les mélanges est difficile à éviter. J'ai combattu le premier au moyen de sourdines en caoutchouc. Cette matière se durcissant à l'air, j'ai employé avec plus de succès le chanvre pour entourer le fil en contact avec la cloche en porcelaine ; toutefois, je n'ai obtenu de résultat complet qu'avec un conducteur en bronze de onze dixièmes de millimètre.
Avec d'autres fils, l'inconvénient du vent est fort grave. Parfois le bruit est insupportable, surtout si le support est placé contre un mur plein. On entend alors résonner le fil dans tout le bâtiment.
Il est préférable de mettre le poteau sur le faîtage au-dessus d'un grenier. Il existe dans ce cas une couche d'air qui, en partie du moins, empêche le son de se propager.
Il est à remarquer que le côté d'où souffle le vent produit un bruit plus ou moins désagréable. Ainsi pendant une forte tempête venant de l'Ouest, on l'entend faiblement; tandis que la bise, même légère, donne un ronflement sonore comme une grosse cloche ou le grondement de la vapeur qui se condense. J'ai remarqué aussi que le temps passant du chaud au froid produisait un son très étendu pendant quelques instants.
J'ai mis à l'épreuve un nouveau fil de bronze fabriqué à Angoulême par M. Lazare Weiller. Il se compose de cuivre et d'étain et, au lieu d'y mélanger du phosphore au moment de la fusion, on y introduit du silicium.
M. L. Weiller assure à ses fils aériens une conductibilité de 97 à 98 %, une ténacité de 45 à 46 kilogrammes par millimètre carré, et enfin ils ne se rompent qu'avec 1 % d'allongement seulement.
J'ai employé du fil de onze dixièmes de millimètre. Ce diamètre, un peu faible, donne trop de ruptures, et je n'en fais usage que si le bruit du vent m'y oblige; autrement, je place du fil de deux millimètres, bien qu'il revienne à un prix assez élevé ; il offre de grands avantages pour la solidité et pour l'audition téléphonique.
Dans un temps donné, à cause de l'accroissement du nombre des fils, on devra employer des câbles souterrains. En outre, il existe des villes dont la topographie réclame des artères souterraines.
Telle est la ville de Bordeaux étendue sur la rive gauche de la Garonne, offrant plus de largeur que de profondeur. On ne peut charger les maisons d'une trop grande quantité de fils aériens, et des réseaux de ce genre avec cent ou deux cents conducteurs sont absolument impossibles. Bordeaux exige donc beaucoup de câbles sous terre. Ainsi que je l'ai dit dans une première notice (1), le réseau est formé de fils aériens partant de chez les abonnés et devenant pour la majorité souterrains, placés dans deux égouts, les autres dans des tuyaux en ciment qui aboutissent au bureau central.
(1)
Voir les Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles, 2e série, tome V, page 27.

Les lignes aériennes directes n'ont pas sensiblement augmenté, sauf deux réseaux de dix fils chacun, allant rue Espritdes- Lois et rue Lafayette.
Les réseaux en égout emploient celui des Quinconces, en laissant des câbles jusqu'à la rue Huguerie. Les fils, devenus aériens, vont rue Fondaudège jusqu'à la Croix-de-Seguey, en alimentant les abonnés situés sur ce parcours. L'autre égout est celui du Peugue, renfermant des fils sous plomb greffés au grand réseau des quais. Ces fils sont semés cours d'Alsace-et- Lorraine, cours Saint-Jean, rue du Palais-de-Justice et rue Nauville. De là, les lignes aériennes s'étendent dans une partie des quartiers du sud et de l'ouest. Le réseau du bureau central à la place de Bourgogne dessert la Bourse, la Bastide par le pont de pierre, le quartier Saint-Michel et se termine en Paludate. L'artère du central à la rue Lucien-Faure relie les abonnés des quais Louis XVIII, des Chartrons et de Bacalan, en même temps ceux des rues voisines comprises entre le cours du Jardin-Public et celui de Balguerie-Stuttenberg. Arrivé aux docks, le réseau devient totalement aérien. Il contourne le bassin à flot et s'arrête rue de Lormont. Un nouvel embranchement traverse les Quinconces, les allées de Tourny et la rue Jean-Jacques-Bel, monte sur la tour de la Bibliothèque et rayonne en fils aériens sur les environs.
Enfin, pour augmenter le nombre des fils en Paludate, je fais continuer la tranchée de la porte de Bourgogne sur le quai Sainte-Croix; de cette façon, vingt ou trente fils de plus permettront de satisfaire les abonnés nouveaux qui attendent de ce côté.
Il est permis, sous certaines conditions, de relier des abonnés en dehors de la ville. Il en existe fort peu, quelques-uns à Talence et les autres en Queyries et à Lormont.
La Société se sert pour le service de ses abonnés du téléphone Bell et du microphone Crossley. Le premier est bien connu, c'est un aimant A (fig. 1) au sommet duquel s'enroule du fil de cuivre très fin recouvert de soie faisant partie du circuit.
Devant le pôle garni de cette bobine B, on fixe un diaphragme P pour plaque métallique dite vibrante, enduite d'une légère couche de vernis.

Les vibrations émises au départ par le microphone influencent l'aimant qui, à son tour agissant sur la plaque, reproduit exactement la voix.
Voici la description du microphone Crossley. Remarquons, en passant, que les dispositions intérieures des systèmes se servant du microphone sont toutes les mêmes à peu de chose près.

Dans l'appareil Crossley, les crayons sont en quadrilatère. La plaque vibrante est une planchette de sapin contre laquelle sont fixés les supports des charbons. Le tout est placé dans une boîte renfermant également une sonnerie à relais et une bobine d'induction. Un ressort établit automatiquement la communication, soit avec les téléphones, soit avec le trembleur.
Une barre A B (fig. 2) pouvant basculer au point C s'appuie, au moyen du ressort (non indiqué dans la figure), sur le bouton D.
Son support C communique à l'arrêt F, contre lequel presse GK.
Sur le côté de la lame AB se trouve une plaque en ébonite et, au-dessus, une lame de cuivre, cette dernière indépendante de AB, mais se mouvant avec elle. De cette façon, l'appareil étant sur téléphone, les deux ressorts retr' communiquent entre eux.
La transmission a lieu de la manière suivante : quand on parle devant la planchette, la voix la fait vibrer et imprime son mouvement au microphone M, déterminant des variations de courant dans le gros fil de la bobine R, dont le circuit est ainsi constitué :
le négatif du premier élément vient du bouton ZT attaché au zinc et à la terre, traverse MR, les ressorts r et r', et va rejoindre le positif CM. Les modifications du courant principal font naître des courants secondaires dans le fil induit, qui, d'un côté, va à la terre par ZT, de l'autre gagne la ligne par t't et DCK.
La réception s'opère simplement. Les courants induits du correspondant arrivant de la ligne L traversent KCD, ainsi que les téléphones, et aboutissent à la terre par R et ZT.
Lorsqu'on suspend un téléphone en B, la barre bascule. A quitte D et va s'appuyer contre le butoir I; alors r et r' glissent sur la lame d'ébonite et se trouvent isolés. L'appareil est sur sonnerie.
Pour produire le signal, il suffit de presser G contre H.G cesse d'être en contact avec F et prend le positif C, tandis que le zinc de la pile entière va à la terre par ZT.
Pour former le signal, le courant du correspondant arrive par L, traverse KFCI, la bobine N du relais et se rend à la terre, en attirant la lame a contre b, ce qui ferme le circuit local de ZT à C, en traversant a, b, S, m et n. De cette façon, le trembleur fonctionne. Le marteau m, sous l'attraction du fer doux de S, quitte n. Alors le circuit est rompu. Il se referme quand m retombe sur n, et ainsi de suite quand le courant vient de L.
Le système employé pour mettre les abonnés en communication était formé jadis de commutateurs suisses et d'indicateurs dont le signal était donné par des lames de fer vulgairement appelées lapins. Aujourd'hui, on les a supprimés et voici la description de l'organisation actuelle.

Les fils aériens viennent de la terrasse de la maison occupée par la Société et rejoignent les câbles souterrains qui montent du sol dans des tuyaux en fonte, puis tous suivent des caniveaux en bois jusqu'à un appartement où se trouve une sorte de guérite dont les deux parois latérales possèdent une ouverture circulaire d'un mètre de diamètre, autour de laquelle, à l'extérieur, sont placés des serre-fils à double vis munis d'un paratonnerre à papier.
Les câbles, après avoir été répartis en dedans de la guérite, sortent par des trous et se relient symétriquement aux vis des serre-fils, tandis que des fils paraffinés, attachés aux autres bornes plus près du centre, s'étendent par séries de sept sur le bord de l'ouverture circulaire, retenus par des boules en caoutchouc vissées contre le cercle, pour se réunir dans un anneau soutenu au centre de la circonférence en dedans de la guérite au moyen d'appuis en fer. De cette façon, les fils paraffinés s'épanouissent en rosace. Il retombent jusqu'au sol et, se relevant par séries de vingt-cinq, gagnent au plafond un caniveau qui les mène au bureau central.
Sur la rosace auprès des câbles, sont clouées des fiches portant le nom des abonnés et sur les fils paraffinés d'autres indiquent le numéro des fils. Le but de cette rosace est de séparer les communications entre les abonnés et le bureau central, afin de manipuler les fils avec plus de facilité en cas de changement de lignes.
Les fils paraffinés relient la rosace aux tableaux (fig. 3).

Chaque tableau renferme, par rangées de cinq, vingt-cinq annonciateurs surmontant vingt-cinq blocs appelés jack-knives, avec lesquels ils communiquent séparément, le premier annonciateur avec le premier jack-knife et ainsi de suite. Le jack-knife, d'importation américaine, se compose d'un bloc de cuivre sur le haut duquel est un ressort posé à plat qui sert à amener le courant. Il est fixé sur le tableau au moyen de deux vis ; celle de droite est isolée du jack-knife au moyen d'une rondelle en ébonite; elle communique à la terre à travers la bobine de l'annonciateur. Au repos, le bout du ressort touche à cette vis par une légère saillie. Le bloc est percé de deux trous ; dans celui de droite dépasse un goujon soudé au ressort, de telle façon que si l'on introduit une fiche métallique, le ressort soulevé abandonne la saillie de la seconde vis et la communication se trouve interrompue entre le fil de ligne et l'annonciateur.
L'annonciateur possède sur le devant du tableau un volet métallique retenu par le prolongement de la palette d'un électro-aimant placé derrière la boiserie. Lorsque l'abonné veut appeler l'attention du bureau central, il appuie sur le bouton de sonnerie de son appareil. Le courant suit la ligne, arrive à la rosace, passe dans le fil paraffiné, traverse le jack-knife et la bobine de l'indicateur pour se perdre à la terre. Alors la palette attirée bascule et le volet tombe en découvrant le numéro. Ce dernier se trouve répété, avec le nom et l'adresse de l'abonné, sur une plaque au-dessus du jack-knife. Le volet en s'abaissant frappe contre un bouton de cuivre et ferme ainsi le circuit local pour actionner une sonnerie d'avertissement qu'on met en fonction seulement pendant la nuit.
Dans la figure 3, les numéros 11, 12, 39 et 40 appellent le bureau central. La disposition pour répondre aux abonnés est un peu plus compliquée. Il existe entre les deux tableaux une clef d'appel, en dessous de cette dernière une ouverture carrée et, en dessous encore, un cordon souple rouge métallique terminé par une fiche enfoncée au repos dans un bloc.
La clef G B (fig. 4) est une lame relevée contre un arrêt E.

Le bouton H communique avec le positif d'une pile P d'environ dix éléments. Au bloc B, supportant la lame, est attaché le cordon rouge précité, et de cette façon, en introduisant la fiche F dans le trou de droite du jack-knife correspondant au numéro découvert, on rompt la communication avec l'indicateur et on la met entre la clef et l'abonné, de sorte que si l'on presse sur le bouton G, la lame quitte l'arrêt E, touche Het lance le courant sur la ligne.
Pour parler à l'abonné, l'employée possède un appareil Edison, transformé et rendu portatif. Il se compose d'un téléphone placé de façon à s'appuyer contre l'oreille, tandis que le transmetteur horizontal et légèrement mobile s'adapte contre la bouche. Les deux instruments sont joints par l'intermédiaire d'un barreau aimanté redressé convenablement et qui joue le rôle de poignée.
Trois fils s'attachent, un bleu et un vert au téléphone, le troisième, rouge, au transmetteur. Par leur autre extrémité ils sont reliés à des ressorts légèrement bombés fixés sur une plaque d'ébonite qui peut s'adapter hermétiquement dans l'ouverture carrée située au-dessous de la clef. Cette ouverture possède deux montants en cuivre revenant en équerre en bas et en haut, et dans cette dernière partie existent en outre deux petites plaques métalliques qui, avec les montants, forment quatre contacts suffisamment écartés les uns des autres et fixés sur une lame d'ébonite. (Ils sont indiqués dans la figure 4, avec la plaque prête à être glissée dans l'ouverture.) Le fil bleu du téléphone s'attache à la lame 1, le fil vert à la lame 4 et le fil rouge du microphone à la lame 2. Les lames communiquent aux contacts du même numéro. La lame et le contact 3 servent seulement quand il existe un fil de retour.
Supposons la planchette R appliquée aux contacts de l'ouverture, voici comment se forme le circuit de transmission. D'un côté, en quittant la pastille de charbon C, il gagne le négatif de la pile P' en passant par le fil rouge, la lame et le contact 2 ; de l'autre, il suit l'aimant A; arrivé en N il est joint à K, traverse le fil bleu, la lame et le contact 1, touche en passant le positif de P' et se rend à la terre t' à travers le petit fil de D ; par conséquent, en parlant devant M, les vibrations vocales déterminent des différences moléculaires dans la pastille de charbon C. Les courants induits développés dans le petit fil se rendent à la ligne par le contact et le ressort 1, le fil bleu, K, N, la bobine du téléphone, L, le fil vert, la lame et le contact 4, E, B, le cordon rouge et F.
La réception par le téléphone s'opère ainsi : les courants induits émis par l'abonné arrivent par F, B, E, le contact et le ressort 4, le fil vert jusqu'à L, d'où ils remontent dans la bobine entourant l'aimant considérablement réduit, pour agir sur la plaque vibrante et ensuite se rendre à la terre par N, K, le fil bleu, le ressort et le contact 1 et enfin le petit fil de la bobine D.
Les blocs situés en dessous des tableaux (fig. 3), marqués longitudinalement A, B, C, D, E, F et numérotés perpendiculairement de 1 à 8, servent à faire correspondre entre eux les tableaux éloignés. Chaque série est reliée par le même fil, ainsi A 1 du premier tableau communique avec A1 de chaque groupe, A2 avec A 2 et ainsi de suite, on obtient ainsi le moyen de mettre en rapport quarante-huit abonnés à la fois. Les rangs pairs sont noirs et les impairs jaunes, afin de les mieux distinguer.
En résumé, voici comment s'exécutent les manœuvres :
Quand un abonné veut parler, son volet tombe, l'employée enfonce la fiche F dans le trou de droite du jack-knife de cet abonné, puis elle sonne, introduit la planchette du téléphone dans l'ouverture carrée en dessous de la clef; elle dit ensuite : « voilà, monsieur ! » L'abonné donne le nom de la personne qu'il veut entretenir.
Pour parler à l'autre abonné. L'employée place la fiche F dans le trou de droite du jack-knife du second abonné, sonne, puis met son téléphone en communication, appelle l'abonné et lui dit : avec Monsieur X. » Elle retire la fiche ainsi que l'appareil et replace la première dans le jack-knife de l'abonné appelant, pour l'avertir par un coup de sonnette qu'il peut parler. Elle prend alors un cordon souple vert métallique terminé par deux fiches, enfonce l'une dans le trou de gauche du plus bas numéro et l'autre dans le trou de droite du numéro supérieur.
Cette différence a pour but de laisser une communication par le premier jack-knife avec son avertisseur et la terre, de façon que si l'un des abonnés sonne, le volet en tombant signale la fin de la conversation.
Cette façon d'opérer ne peut se faire que sur deux tableaux voisins. On irait encore au besoin aux premiers numéros d'un troisième ; mais s'il s'agit d'une plus grande étendue, on se sert des conjoncteurs du bas. Je suppose que le numéro 200 veuille parler au numéro 310 ; on place une fiche d'un cordon vert dans le trou de gauche du jack-knife 200, la fiche d'un second cordon dans le trou de droite du jack-knife 310 et les fiches libres de chaque cordon dans les blocs du bas portant le même numéro et la même lettre.

Comme dans l'autre disposition aussitôt que l'indicateur laissé en dérivation fait tomber son volet, la conversation est terminée et on enlève les cordons.
Dans la figure 3, on a relié les jack-knifes des numéros 17 et 43.
Le premier tableau a des communications avec d'autres plus éloignés, par le jack-knife numéro 4 relié au bloc B4 et le jack-knife numéro 20 en rapport avec le bloc A2. Le cordon rouge du milieu est au repos et le second tableau a seulement sur les conjoncteurs le bloc D8 avec le jack-knife numéro 30.
Il existe seize tableaux au bureau central. Ils sont destinés à quatre cents abonnés et il est à supposer qu'ils seront bientôt insuffisants, puisqu'à l'heure qu'il est trois cent trente numéros fonctionnent.
Le réseau de Bordeaux, ainsi qu'on l'a vu par ce qui précède, s'est considérablement développé ; on apprécie de plus en plus ce mode de correspondance, de sorte que dans un temps prochain le téléphone sera considéré comme un accessoire indispensable.
Les chiffres suivants donneront une idée de l'accroissement du service. Au mois de novembre 1881, il y avait 146 abonnés avec 825 communications par semaine; en novembre 1882, 233 abonnés et 4,500 communications ; au même mois 1883, 298 abonnés et 12,100 communications.
On voit que les abonnés, en tenant compte de leur nombre, ont usé du téléphone dans une forte progression.

RÉSEAU MUNICIPAL.
En 1883, la ville de Bordeaux, sur l'initiative de M. Bayssel- lance, ingénieur de la marine, adjoint délégué aux travaux publics, et de M. Wolff, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des travaux municipaux, a fait établir un réseau destiné à relier les postes d'octroi et de police au moyen du téléphone.
Il y a quelques années, alors que les moyens de correspondance se trouvaient limités au télégraphe, la ville de Bordeaux avait fait établir des appareils Bréguet pour le service des incendies.
Le télégraphe à cadran, très bon jadis, quand on ne connaissait pas d'autre instrument, est aujourd'hui complètement démodé, on le retire de partout.
La Compagnie des chemins de fer du Midi l'abandonne pour le Morse, et les grandes usines le rejettent pour les téléphones ; malgré son apparente simplicité, le cadran ne laisse pas que d'être fort compliqué et sous prétexte qu'il n'exige d'autre apprentissage que de connaître ses lettres, on le confie à des mains inexpérimentées, comme les simples pompiers qui, malgré la manœuvre enseignée par le chef télégraphiste, occasionnent des retards par leur mauvaise manipulation ; tandis qu'avec un téléphone, les appels seraient entendus d'une façon intelligible et rapide, et c'est justement un service d'une importance aussi majeure qui devrait être muni de cet appareil. L'instrument téléphonique choisi pour les autres établissements municipaux est l'Ader.
Le réseau téléphonique de la ville comporte les points suivants :
Police, 1° arrondissement cours Balguerie-Stuttenberg, 124.
----------2°--------------------- rue Sicard,
----------3°--------------------- 4. rue Jean-Jacques-Bel,
----------4°--------------------- 2. rue de la Franchise,
----------5°--------------------- 18. rue Guiraude,
----------6°--------------------- 18. rue Bonafoux,
----------7°--------------------- 28. rue du Hà,
----------8°--------------------- 22. rue Sainte-Catherine,
----------9°--------------------- 232. rue de Belleville,
----------10°--------------------- 151. route d'Espagne,
----------11°--------------------- 67. rue Lafargue,
----------12°--------------------- 1. avenue Thiers 127.
le poste des Docks.
le poste des Quinconces.

le poste de la rue Lambert.
le poste du pont La Bastide.
le poste de Brienne.
Le cabinet du Préfet.
Le cabinet du Commissaire central.
Octroi, la Direction, rue du Loup. -
Octroi le poste d'Arès
Octroi, le poste Croix de Seguey.
Octroi, le poste route de Saint-Médard.
Octroi, le poste route de Toulouse.
Octroi, le poste rue de Pessac. rue de la Benauge.
Octroi, le poste rue Saint-Genès.
Octroi, le posterue de Lormont. de Brienne.
L'hôpital Saint-André.

Ces lignes seront augmentées dans l'avenir; car la municipalité et ses différents services ont pu apprécier les avantages des téléphones déjà posés.
Il faut encore ajouter au réseau de la ville pour le service des incendies un fil placé gratuitement par la Société entre son poste central et celui de la municipalité ; de cette façon les abonnés peuvent signaler un accident grave, un incendie et même au besoin demander les secours médicaux de nuit.
Au bureau central de la Permanence, où tous les fils des services municipaux viennent aboutir, se trouve un appareil à peu près semblable à celui décrit précédemment (voir la fig. 3). Il y a deux tableaux chacun de trente annonciateurs et de trente jack-knives; on a supprimé les conjoncteurs et au lieu de la clef à sonnerie et du téléphone Edison, on a placé entre les deux tableaux un Ader grand modèle. Cet appareil possède un transmetteur et deux récepteurs. Le premier se compose d'une planchette comme le Crossley, seulement les charbons au lieu d'être en quadrilatère sont parallèles.
Le système intérieur est le même et un paratonnerre à pointes existe au - dessus de la planche contre laquelle est fixé le système. Il existe quatre boutons en haut et quatre en bas. Ceux du haut communiquent, le premier à gauche avec la ligne, le second et le troisième avec le paratonnerre et la terre et le quatrième avec la sonnerie placée au dehors. Ceux du bas sont reliés le premier et le second à la pile microphonique, le troisième au négatif et le quatrième au positif de la pile d'appel. On parle, comme dans tous les systèmes de ce genre, devant la planchette et on appuie les cornets des récepteurs contre les oreilles

Les récepteurs Ader sont ainsi constitués : le cornet en ébonite se visse sur une large rondelle percée en son centre et garnie d'une bague faisant face aux pôles de l'aimant formé par l'anneau servant de poignée. Les deux pôles concentrés donnent de meilleurs résultats qu'un aimant droit. La bague en fer doux, appelée surexcitateur, a pour but d'influencer l'aimant et de renforcer ses pôles à leurs extrémités. Quand on a retiré la rondelle supérieure, on trouve une plaque mince servant de membrane qui, ôtée, laisse voir les deux pôles de l'aimant entourés de leurs bobines.
Au repos, les récepteurs comme dans le système Crossley sont suspendus, celui de gauche à un support fixe, celui de droite à un support mobile. Ce dernier, suivant sa position, au moyen de contacts contenus dans la boîte, donne les communications requises. En soutenant le récepteur, il s'abaisse pour mettre l'appareil sur sonnerie, et lorsqu'il est libre, il se relève. Alors le système téléphonique peut fonctionner.
Pour exécuter la manœuvre au bureau central, on a fixé à la borne du fil de ligne, sur le transmetteur, un cordon souple métallique, muni d'une fiche que l'on enfonce dans le trou de droite du jack-knife, communiquant au bureau qu'on appelle ou qui vient d'appeler.
Dans le premier cas, l'employé presse sur le bouton de sonnerie placé sur la planchette supportant le microphone.
Aussitôt que le correspondant a sonné, tous deux décrochent le téléphone et conversent.
Dans le second cas, l'employé répond simplement par la sonnerie, porte les téléphones à l'oreille et parle.
S'il faut mettre deux bureaux en communication, on avertit le second et on l'établit avec le premier, après un coup de sonnette, en plaçant comme il est dit précédemment un cordon souple spécial dans le trou de gauche du jack-knife de l'un et dans le trou de droite de l'autre.
La grande quantité de lignes requises pour le service municipal a donné l'idée d'établir une disposition permettant de relier deux postes de peu d'importance au moyen d'un seul conducteur.
Ce système est employé par l'administration des lignes télégraphiques pour ses bureaux secondaires. Au départ, on envoie à volonté le positif ou le négatif sur la ligne au moyen d'un commutateur inverseur. Sur une planchette en bois, deux lames se meuvent ensemble et basculant en leur centre, sont rattachées, l'une au cuivre et l'autre au zinc de la pile. Elles peuvent se placer alternativement sur un bouton central qui communique à la ligne ; quand l'une occupe ce point, l'autre s'appuie sur un contact relié à la terre.
Dans les bureaux d'arrivée se trouve un instrument nommé rappel par inversion de courant. C'est un relais polarisé, un long aimant recourbé possède son pôle sud mobile oscillant entre deux bobines d'un électro-aimant, au travers desquelles doit passer le courant venant de la ligne. Une vis de réglage empêche l'aimant
d'approcher de la bobine de gauche; quant à celle de droite, il ne peut y toucher, en étant suffisamment écarté; mais s'il est attiré par le courant, il vient buter contre une seconde vis et dans cette position ferme le circuit local dans lequel sont intercalées une pile et une sonnerie.
Le poste de la Préfecture et celui du Commissaire central sont reliés en dérivation avec la Permanence.
En changeant de côté l'arrivée de la ligne dans les bobines des rappels on peut attaquer un des deux postes en émettant le négatif et l'autre par le positif. Dans l'appareil téléphonique on doit, dans ce cas, appliquer à la sonnerie le pôle de la pile par lequel on est appelé.
Quand les deux postes veulent parler à la Permanence, afin qu'elle sache qui envoie le courant, on a installé un indicateur spécial oscillant à droite ou à gauche, sous l'influence du positif ou du négatif.

LIGNES D'INTÉRÊT PRIVÉ.
Il y a peu de choses à dire sur ces réseaux. On appelle lignes d'intérêt privé les communications télégraphiques ou téléphoniques construites sur la voie publique par les soins de l'État au profit des particuliers et sous certaines conditions. Jadis quand il s'agissait d'un parcours de moins de cinq kilomètres, on était libre de les faire établir par des entrepreneurs; mais depuis un an l'État s'en est réservé le placement.
L'intéressé doit s'adresser d'abord à l'ingénieur des télégraphes de sa région. Il lui est délivré une formule qui, une fois remplie et signée par lui, est envoyée au ministère des postes et télégraphes accompagnée d'un devis et d'un tracé. L'autorisation accordée, il est procédé à la confection de la ligne, pour laquelle l'État
réclame 250 fr. du kilomètre quand il s'agit d'un seul fil sur le même poteau ; mais s'il en existe deux ou plus la taxe est de 125 fr.
Il y a encore à payer une redevance annuelle pour l'entretien de la ligne et le droit d'usage, 45 fr. pour un seul fil et 37 fr. pour deux et plusieurs par kilomètre.
Pendant longtemps les propriétaires extra muros ne pouvaient se relier au réseau téléphonique de la Société. De nombreux pourparlers ont eu lieu à ce sujet et il en est résulté la combinaison suivante : la Société pose le fil jusqu'à la limite de la ville où les télégrammes se délivrent sans frais d'exprès, l'État continue la ligne jusqu'à destination pour le compte de l'abonné.
Il est à remarquer, dans l'un et l'autre cas, que l'administration télégraphique s'arrête sur le toit du destinataire, la Société reprend la ligne en cet endroit, la termine et place les appareils.
Les lignes d'intérêt privé sont relativement peu nombreuses ; cependant leur quantité commence à défigurer les rues. Les conducteurs sont placés au hasard et il est à supposer que les municipalités finiront par s'émouvoir et mettre des entraves à l'extension des fils de longueur inégale scellés à droite et à gauche des angles des maisons, à des distances indéterminées, formant souvent un grillage devant les fenêtres. Il est très curieux de constater que les propriétaires, à de très rares exceptions près, supportent sans se plaindre tous ces inconvénients, tandis qu'ils montrent peu d'empressement à aider la Société dans l'extension de son réseau.
Les propriétaires de lignes d'intérêt privé sont libres de choisir les appareils de transmission et réception qui leur conviennent et souvent attirés par l'appât du bon marché prennent-ils des appareils de pacotille d'une qualité insuffisante ; aussi beaucoup d'entre eux sont-ils obligés de s'adresser à la Société pour remplacer des microphones absolument muets et des téléphones dans lesquels on n'entend rien.
La Société fournit pour les longs parcours l'Ader construit très solidement et qui n'a pas besoin de réglage, et pour les petites distances elle vend à des prix considérablement réduits un appareil du même système dont les effets de sonorité sont des plus remarquables.
Elle fournit en outre des petits bureaux centraux à plusieurs indicateurs qui permettent à un chef d'industrie ou à un directeur d'administration de se mettre en rapport avec ses subordonnés et de les faire communiquer directement entre eux.
Sur une planchette on place une boîte contenant les bobines des indicateurs dont les volets sont sur la face, en dessous existent les jack-knives. L'appareil Ader complète l'installation et la manœuvre se fait en petit dans les conditions indiquées pour le service municipal.

En 1885 A Bordeaux, cinq abonnés font usage de leurs appareils téléphoniques pour la transmission des télégrammes, mais, malgré leur petit nombre, ils sont aussi actifs que tous ceux de Paris réunis, car ils ont expédié 43 dépêches et en ontreçu autant.

1892 : Création d'une liaison interurbaine à grande distance Bordeaux – Paris.

1894 Le théâtrophone a été installé à Bordeaux, où il relie les différents théâtres au bureau central téléphonique, qui les réunit aux salles d’audition et aux abonnés.

1895 Nouveau central manuel rue du Palais Gallien .
20 mai 1895 : Mise en service de la liaison interurbaine du Midi : Bordeaux-Toulouse-Carcassonne-Narbonne-Sète,

A l' Exposition de Bordeaux du 1er mai au 1er novembre 1895 , au Palais de l'Électricité on trouve des démonstrations des moyens de production de l'électricité, des machines électriques telles que voitures, tramway, ponts roulants, etc. et des appareils comme : horloges, téléphone, phonographe, sonneries, paratonnerres.
À l'entrée sud se trouve le « Théâtrophone » : les visiteurs peuvent entendre par téléphone les principaux théâtres, concerts et orchestres de Paris et de Bordeaux.
Dans "Le Panthéon de l'industrie" du 1er janvier 1895 on y lit :

EXPOSITION DE BORDEAUX

L'Électricité et ses applications pratiques
les savants qui se sont particulièrement attachés à fixer les lois de l'électricité : CErsted, Ampère, Faraday, Ohm, Fechner, Pouillet, Arago, etc., ont surtout travaillé dans le domaine de la théorie, ce n'en est pas moins grâce à leurs travaux que l'on a pu se livrer aux applications pratiques, industrielles, économiques, devenues si importantes et si multiples, surtout depuis quelques années.
En effet, si les belles recherches de ces savants étaient demeurées purement théoriques pendant la première moitié de ce siècle, elles étaient assez complètes pour permettre aux applications de se développer rapidement. En réalité, depuis une quarantaine d'années, la science ne s'est enrichie que d'un petit nombre d'observations nouvelles, comme les faits relatifs à l'état sensitif de l'électricité, découverts par Spottiswode, Warren de la Rue, etc., ou les phénomènes concernant la matière radiante, étudiés par W. Crookes. Mais, en revanche, l'étude approfondie des faits connus a donné constamment dans la pratique des résultats merveilleux.
Parmi ces applications, il y en a qui sont surtout industrielles, comme les machines dynamo-électriques, la galvanoplastie, etc. Mais il en est d'autres qui intéressent tout le monde, et les suivantes sont de ce nombre.
L'éclairage électrique remonte à près de cinquante ans. puisque le régulateur à arc de Foucault fonctionnait à l'Opéra, entre les mains de Dubosq, depuis l'année 1849, mais jamais cet éclairage ne serait devenu usuel, sans l'emploi des machines dynamo électriques comme générateurs d'électricité; grâce à ces machines, la généralisation de ce mode d'éclairage a été rapide. Il ne s'agit plus aujourd'hui d'allumer quelques foyers isolés : la lumière électrique éclaire les rues, les places publiques, les théâtres, et aussi les habitations particulières. La multiplicité de ses usages a provoqué de nombreuses inventions, depuis les puissants foyers des phares, lançant des éclats de plusieurs milliers de carcels, jusqu'aux lampes à incandescence équivalant à quelques bougies. L'emploi de ces lampes il incandescence a résolu le problème, posé depuis longtemps, de la divisibilité de la lumière électrique.
Le téléphone est plus merveilleux encore. Son invention, due à Graham Bell, remonte à 1876, et l'on s'étonne, en présence de l'emploi si général de cet appareil, qu'elle ne soit pas plus ancienne. Devant le résultat que donne le téléphone et la simplicité des moyens d'action, on se sent porté il le considérer comme la plus merveilleuse machine que les hommes aient inventée. Elle est sortie complète des mains de son inventeur. Le seul perfectionnement sensible et presque immédiat apporté à la téléphonie proprement dite a été l'emploi du microphone, proposé par Hughes.
Le téléphone n'a pas tardé à être universellement employé, non seulement dans les applications domestiques, mais comme moyen rapide de communication entre les abonnés d'une même ville et ceux de villes éloignées. Il existe aujourd'hui des réseaux téléphoniques urbains, interurbains et internationaux.
Si l'on voulait énumérer toutes les applications pratiques, d'un usage courant, qu'on a faites de l'électricité, un numéro de ce journal ne suffirait pas. Nous nous contenterons de rappeler, sans parler des applications industrielles, les sonneries et signaux électriques, les avertisseurs, les diverses applications lumineuses, etc., etc.
On trouve, dans chaque grande Exposition, la preuve des progrès de l'électricité pratique et de la généralisation de ses usages. L'Exposition de Bordeaux ne pouvait faire exception à cette règle.
La galerie de l'électricité y est, en effet, fort intéressante et donne une idée d'ensemble des conquêtes accomplies dans cette branche de l'activité humaine.
Nous y avons particulièrement remarqué des téléphones qui nous ont frappé par leur élégance ¦et par leur luxe, et qui nous montrent enfin réalisées les conditions qui avaient fait trop longtemps défaut aux produits de l'industrie électrique : nous voulons diie le confortable et l'aspect décoratif.

Ces téléphones, exposés par M. E. Doizan, constructeur à Bordeaux (17, rue Piliers-de- Tutelle), ne dépareraient aucun luxueux appartement. Ils sont munis de supports recouverts de velours où la personne installée au téléphone peut commodément appuyer ses coudes.
Du reste, tous les appareils exposés par la maison E. Doizan, quelle que soit leur destination spéciale, se recommandent par un aspect des plus satisfaisants. Aussi avons-nous éprouvé le ¦désir de faire une visite à leur constructeur et nous nous sommes rendu dans les ateliers de M. E. Doizan.
Cet électricien fut le premier qui, il y a quelques années, en 1885, entreprit à Bordeaux l'installation de l'électricité dans toutes ses applications : dynamos, moteurs et accumulateurs de tous systèmes, sonneries et signaux, téléphones privés ou pour réseaux, paratonnerres, porte-voix, etc.
Parmi ses principales installations nous citerons : l'éclairage des villes de Langon, Bergerac, celui de la fabrique d'éther de l'Etat; les téléphones du collège de Narbonne, de la bibliothèque de la ville de Bordeaux ; l'établissement des paratonnerres de Notre-Dame, etc. Du reste, M. Doizan est le fournisseur attitré de l'administration de la ville de Bordeaux.
Notons encore spécialement un éclairage mixte au gaz et à l'électricité de l'invention de M. Doizan, et qu'il vient d'installer dans le grand établissement de bains des Chartrons, et un nouveau modèle de lampe portative, créé par la maison, et destiné à l'éclairage des chais.
D'ailleurs M. Doizan jouit d'une réputation bien établie dans tout le Sud-Ouest, dans le Midi, etc.; dans le Tarn notamment, il a fait des installations considérables pour diverses exploitations de laines.
En résumé, les services que peut rendre un tel établissement dans une ville comme Bordeaux sont fort importants, et le grand succès de M. E. Doizan, prouve combien les applications de l'électricité se sont généralisées dans cette région. Nous sommes convaincu que le jury de l'Exposition ratifiera notre jugement sur cette entreprise si bien dirigée et lui apportera officiellement la consécration d'un réel mérite que reconnaît déjà amplement sa nombreuse clientèle.
...

En 1900 : Il y avait 500 abonnés . Puis 3500 abonnés en 1910

L’« Hôtel des Postes de Bordeaux»
Dans la Rue du Palais-Gallien, à quelques mètres de la place Gambetta, véritable carrefour du centre-ville, l'enseigne « Poste – Télégraphe – Téléphone », d'une beauté intemporelle, ornant aujourd'hui un élégant complexe résidentiel, témoigne du passé du bâtiment, qui abritait la poste centrale de Bordeaux.
En 1892, le bâtiment fut repensé et reconstruit selon les plans de l’architecte parisien Jean Boussard et devint l’« Hôtel des Postes », plus communément appelé « Grande Poste », en raison de son statut de principal bureau de poste de la ville.
Le bâtiment se distinguait de l’architecture plus traditionnelle des édifices environnants par son éclectisme original.

Le bâtiment tel qu'il apparaît aujourd'hui et tel qu'il était il y a 100 ans


On y trouvait notamment des sphinx sculptés et, plus étrangement, un bas-relief représentant un empereur romain dans un carrosse au-dessus de l'entrée principale, autant d'éléments qui suscitaient la perplexité de nombreux passants. D'autres ajouts suivirent, comme l'installation sur le toit d'une imposante structure métallique en forme de cage, où convergeaient tous les câbles téléphoniques de la ville !
Sous la direction de l'architecte Justin Tussau, cette partie fut démolie en 1924 et remplacée par l'étage supérieur que l'on peut encore voir aujourd'hui.
Certains éléments de façade les plus extravagants furent également supprimés, conférant au bâtiment une ambiance Art déco plus sobre.
En 1926, la station Radio Bordeaux-Lafayette , propriété des Postes , commença à émettre depuis un studio situé au sous-sol. Le signal était initialement émis depuis une station de la Croix d'Hins, à l'ouest de Bordeaux, bien qu'une antenne ait également été installée sur le toit de l' Hôtel des Postes en 1927.
En 1931, le système de transmission fut transféré dans le quartier de la Carrère, où se trouve aujourd'hui l'hôpital Pellegrin, et le studio déménagea rue Ernest Renan, où se situent encore les studios de France Télévisions .
Durant le reste du XXe siècle, le bâtiment s'imposa comme le centre névralgique des services postaux.
En 1988, le bâtiment a fait l'objet d'une nouvelle rénovation avant le déménagement des services postaux dans des locaux plus modernes et fonctionnels du quartier Mériadeck. Ce qui nous amène aux développements les plus récents : en 2004, le bâtiment a été vendu à un consortium privé qui l'a transformé en appartements de luxe, avant que le complexe ne soit classé monument historique en 2011.

Autres dates
1921 : Dans le domaine des radiocommunications, les installations de Sainte-Assise et de Bordeaux, émettent jusqu'à des distances estimables à 6000 km environ,
1928 : Mise en service du central automatique Strowger à Bordeaux / Palais Gallien. .
1957 : Le télex est automatique à Bordeaux (mise en service du central « L 43 »)
1967 1964 : Mise en service du central Crossbar .
Le dernier Commutateur STROWGER est mis à l'arrêt en Décembre 1979 à Bordeaux-Palais-Gallien, il assura le service durant plus de 51 ans.

1946, le Plan de Numérotage entre progressivement en vigueur, passe à 4 chiffres ou 5 chiffres dans le cas de Bordeaux (desservi par le Commutateur STROWGER Palais-Gallien de 12.000 lignes : 4 chiffres pour les 6.000 premiers numéros, 5 chiffres pour les 6.000 numéros suivants). Bordeaux passe à 6 chiffres le 3 juillet 1955.
Le préfixe interurbain 16, mis en service à partir du 18 janvier 1958 à Paris, perdurera jusqu’au 18 octobre 1996.
Le préfixe interurbain 16, en Province a commencé à être utilisé le 1er novembre 1956 (dans le Sens Bordeaux - Toulouse).

1900 Au sommet du bâtiment, l'arrivée des fils téléphoniques.