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Mildé Charles Fils et Compagnie
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Charles Mildé
Industriel et homme politique français. est né à
Paris le 20 septembre 1851. Il termine son apprentissage dhorloger
à lâge de 17 ans et découvre avec son
père les premières applications de lélectricité
en fréquentant les ateliers de Ferdinand Rodde et Louis
Mors.
Les Mildé, père et fils, participent à lExposition
universelle de Paris de 1878. |
Charles Mildé suit un apprentissage d'horloger avant
de s'associer avec son père, horloger lui-même. Les Mildé
père et fils se spécialisent dans les applications de l'électricité.
À partir de 1868, la société Mildé et Cie invente
divers appareils électriques : des appareils d'horlogerie, des appareils
à usage domestique, des accessoires de voiture automobile ou des
équipements de téléphonie.
L'entreprise obtient des récompenses dans les expositions internationales
et universelles (Paris 1878, 1889 et 1900, Chicago 1893) auxquelles elle
participe.
En 1882, le jeune Mildé crée la Société
Charles Mildé fils et Cie de matériel électrique,
dans laquelle il développe des institutions de prévoyance
avancées et organise un système de participation des ouvriers
et employés aux bénéfices.
Mildé remporte en 1883 le marché des installations électriques
du nouvel hôtel de ville de Paris.
En 1886, il aménage la première station de distribution d'éclairage
électrique de Paris, rue du Faubourg Montmartre.
Il fonde en 1887 la Société d'éclairage électrique
et remporte en 1889 le marché d'électrification du Havre puis
celui d'un des secteurs de Paris.
En 1896, Mildé se lance dans la fabrication de véhicules automobiles
électriques.
Adjoint au maire, puis maire du XVIIe arrondissement de Paris en 1919, Mildé
participe à la visite d'étude du Familistère effectuée
le 22 novembre 1922 par les représentants du Groupe parlementaire
de la coopération et par les délégations du conseil
municipal de Paris, du conseil général de la Seine et de la
Chambre consultative des associations ouvrières de production.
Charles Mildé est nommé chevalier de la Légion d'honneur
en 1894, officier en1903 et commandeur en 1926.
Le jeune Mildé saura dès lors sentourer
dinventeurs de talents. Ne reniant pas ses origines, Charles décide
dattribuer 20 % de ses futurs bénéfices nets annuels
à ses ouvriers « pour reconnaître et encourager leurs
efforts ».
Les téléphones MILDE 60 rue Desrenaudes 75017 Paris
C'est A.C. d'Argy
qui en 1882 réussi à le faire fonctionner un microphone
à charbon puis c'est CC. Mildé
en 1884 qui le rendra plus fiable.
Appareils Electrophone à haute voix D'Argy, constructeur
M. A Javelier rue du drapeau Dijon.
En 1883, larchitecte du nouvel Hôtel
de ville de Paris ouvre un marché pour linstallation
dun service complet de 400 sonneries électriques
dalarme, dun service dincendie de 45 postes
et dun système de 100 porte-voix pour la correspondance
des cabinets.
Charles Mildé remporte la totalité du marché
en proposant dinstaller, au même prix, un service
téléphonique complet à la place des porte-voix.
Il sassocie alors avec Arthur dArgy qui vient de mettre
au point un microphone à poudre de charbon et ils déposent
ensemble un brevet pour « un nouveau poste téléphonique
à bon marché ».
En 1884, Charles Mildé a lidée daméliorer
légèrement le microphone dArgy et dépose
un brevet à son seul nom, spoliant alors linventeur.
Les différents appareils forment par leur réunion un
système complet de téléphonie domestique ; M.
Mildé , qui en est l'auteur , s'est attaché surtout
å rendre le fonctionnement des divers instruments qu'il comporte
aussi simple que celui des signaux en usage dans les maisons , ateliers
, usines , etc. Le microphone est remarquable par sa simplicité
et en même temps par la propriété qu'il a de pouvoir
se déplacer sans crainte d'être déréglé
, ainsi que de fonctionner dans n'importe quelle position .
Ce microphone est dû à M. d'Argy , auquel il a
été inspiré par le dispositif de M. Bourseul.
.
Gravures issues du document
"les téléléphones
à haute voix"

Mildé-D'Argy
1883
Dans le modèle de 1884, le caoutchouc a été
remplacé par une caisse métallique ressemblant par ses
ondulations circulaires aux caisses des baromètres anéroïdes.
Les deux coquilles repoussées qui constituent cette caisse
sont percées au centre pour permettre l'introduction de deux
petits blocs de charbon isolés du métal par une gaine
en papier . L'espace libre qui existe entre les parois de cette caisse
est à moitié rempli de granules de coke d'environ 0,5
millimètre de diamètre .
Ce microphone est monté sur la paroi d'une caisse sonore ,
supportant une sonnerie , un téléphone et le mécanisme
de commutation .
La console qui le supporte contient la pile nécessaire à
son fonctionnement , un simple élément Leclanché
.
Les services que cet appareil est appelé à rendre ne
nécessitent pas une grande force par suite du peu de distance
que le courant doit parcourir . Il a fallu cependant prévoir
aussi un dispositif pour de plus grandes distances tout en restant
très simple , par exemple en évitant l'usage de piles
en plus ou moins grand nombre chez les abonnés ; ce résultat
a été obtenu en adaptant le microphone dont nous avons
parlé , ainsi que le téléphone , sur une sonnerie
magnéto - électrique ; cette modification s'obtient
à peu de frais et ne nécessite des piles qu'au bureau
central .
  
La figure 4 représente ce poste muni du microphone et du récepteur
suspendu sur le côté à un crochet faisant office
de commutateur .
Pour une installation complète , dans une usine par exemple
où l'on doit pouvoir se mettre en relation avec plusieurs points
, il était nécessaire d'avoir un tableau indicateur
. Ce tableau ( fig . 5 ) est semblable à ceux déjà
en usage dans les maisons où l'on utilise les signaux électriques
.
La cassure du verre permet de voir le mécanisme , qui consiste
en un levier portant un index en forme d'étoile ; le courant
d'appel , par son passage dans un électro - aimant , produit
le déclanchement de ce levier , l'index parait devant le guichet
en même temps qu'un contact établi ferme le circuit local
d'une sonnerie qui fonctionne ainsi jusqu'à ce qu'on ait replace
le levier dans la position primitive . Dans le bas du tableau est
un bouchon mobile qui sert à mettre le poste en relation ,
soit avec le bureau central , soit avec un autre point , le bureau
restant en dérivalion sur la ligne ; dans ce dernier cas ,
il est nécessaire d'avoir deux bouchons qu'on place aux points
correspondants avec les deux personnes qui se servent de la ligne
.
Un dernier détail qui constitue un perfectionnement important en
ce sens qu'il évite les dérèglements auxquels sont
sujets les téléphones, consiste à rendre le téléphone
proprement dit indépendant de la gaine dans laquelle il est enfermé.
Pour cela , M. Mildé renferme la bobine dans une caisse métallique,
dont le couvercle soudé sert de plaque vibrante ; le barreau aimanté
est serré par un contre-écrou, de sorte qu'une fois réglé,
l'appareil reste toujours dans de bonnes conditions de fonctionnement
.
  
Le microphone à 45° de M.
Mildé (fig. 85) se compose de deux cylindres de charbon
sertis dans les deux valves d'une boîte métallique.
Les charbons sont séparés du métal par une
rondelle de papier.
La boîte est remplie aux 5/6 environ de sa hauteur par des
granules de coke tamisé; les deux parties
sont ensuite réunies par une goutte de soudure. Lun
des cylindres de charbon est collé, par l'intermédiaire
dune rondelle de liège, derrière la plaque
microphonique en sapin.
Les fils métalliques, réunissant le microphone au
circuit primaire de la bobine d'induction et à la pile,
sont arrêtés dans une gorge pratiquée sur
le pourtour de chacun des charbons. Quant aux faces des cylindres
de charbon, tournées du côté de la grenaille
de coke, elles sont légèrement striées. |
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Il construit ensuite son premier appareil domestique
: « le petit poste à pied ».
Puis il propose en 1885 deux nouveaux appareils téléphoniques
: un transmetteur à colonne très élégant,
« le grand poste à pied », et un poste mural, «
le porte-voix électrique ».
Il sassociera ensuite avec de brillants ingénieurs :
Jules Bourdin et Maxymilian Kotyra en 1890, Frédéric
Steiner en 1900.
La clé d'appel, à
double fil, se compose d'un levier AB [fiy. 86), pivotant autour
de la vis O, soutenue par le pont P ; le ressort antagoniste D
glisse sur la plaque métallique E, lorsquon appuie
sur le bouton F. Le talon darrêt G limite la course
du levier AB. A lextrémité de ce levier, une
pièce métallique a a été rapportée
et est isolée de la tige AB. Le levier AB se déplace
entre deux paires de ressorts R et R,, appartenant à chacune
des deux paires et qui sont seuls figurés; les deux autres
ressorts sont situés en regard, le long de la face opposée
du levier AB; La disposition est telle que, à létat
de repos, la partie a du levier est en relation avec le ressort
r, qui fait face à R ; la partie b touche le ressort rK
situé en regard de R, ; R et R, sont isolés. Lorsque
la clé est abaissée, les deux ressorts r, r, sont
isolés, tandis que a prend contact avec R et b avec Rr
Le crochet mobile C ( fig . 87) termine le levier-commutateur
qui pivote autour de la vis à centre 0. Le ressort antagoniste
R, accroché en i et en j, ramène le levier à
sa position de repos ; le ressort R, lui vient en aide, mais assure
aussi une communication électrique.
L'étrier E limite la course du levier.
Le levier CO porte un appendice composé de deux pièces
levier, la seconde, en est isolée ; le fil souple de communication
que reçoit ce.tte dernière est maintenu par lécrou
g. Sur la face postérieure de la tige CO, la plaque métallique
d a été rapportée; elle est soigneusement isolée
et assujettie par les vis b, b, b; a est un contact communiquant avec
CO ; k est une vis de serrage qui reçoit un fil de liaison
destiné à rendre plus intime la communication électrique
entre le levier et son axe. |
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Le jeu de ressorts sur lequel doit agir le levier CO
est monté sur la plaque débonite MN, il comprend
cinq lames dacier r .
Lorsque le crochet C est abaissé, les ressorts r {r1, r 2 , r
3 , r, sont isolés, le ressort r 5 est en contact avec f.
Lorsque le crochet C est relevé, le ressort r, communique avec a
et, par conséquent, avec CO, le ressort r k avec f\ les ressorts
r 2 et r 3 sont relies entre eux par la pièce métallique rf,
mais restent isolés de CO.
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La figure 88
montre la disposition schématique des commu nications intérieures
du poste mural dit à 45°. Lappareil est dans
la position dattente, cest-à- dire sur sonnerie.
Particularités propres aux différents modèles.
Les organes mécaniques que nous venons de décrire
sont ceux du poste mural à 45°. Le microphone est le même
dans le poste portatif monté sur colonne; mais la clé
dappel et le commutateur automatique ont une disposition différente
et très originale.
La clé dappel, vue en dessous (fig. 89), a laspect
dun rectangle pivotant autour de la vis à
centre VV, ; ce rectangle est formé par deux barres métalliques
AB, CD, assemblées par les vis v , Vf , traversant des canons
débonite, de telle sorte que CD soit isolé de
AB; l'équerre E supporte tout le système. La barre AB
porte un appendice a sur lequel agit le bouton-poussoir F ; celui-ci
est indépendant, maintenu par une chape dans lébénisterie,
et soumis à l'action d'un ressort antagoniste à boudin
R, qui le ramène à sa position de repos, lorsque la
main a cessé dagir sur lui.
Le ressort antagoniste de la clé sest encastré
entre la barre AB et léquerre E ; on ne le voit pas.
La barre AB et léquerre E sont creusées en forme
de boîte autour de la vis Y ; dans cette boîte est logé
un petit fil dacier r de forme circulaire et recourbé
à angle droit à ses deux
bouts. Lune des extrémités de ce fil est enfoncée
dans un trou, pratiqué dans la barre AB, l'autre dans un trou
e percé dans léquerre E. Lorsque le système
ABCD, sollicité par le bouton-poussoir F, bascule pour prendre
sa position de travail, le ressort r se tend; il se détend
lorsque le bouton F n'agit plus et ramène le rec tangle ABCD
à sa position de repos.
Aux quatre coins du rectangle, au-dessous de A, B, C, D, sont
vissés, dans la platine isolante qui sou tient la clé,
quatre pistons ; ce sont les plots de repos et de travail.
Le piston est composé de trois pièces : une partie
fixe x, une tige mobile g, un ressort à boudin z. L'un
des pistons de repos est représenté en m ; n figure
un des pistons de travail ; k est un boudin de liaison entre la
barre CD et un plot de communication.
Sur le levier-commutateur (fig. 90), pivotant autour de la vis
O, sont montés trois ressorts aa K , bb isolés par
la lame débonite E ; toutefois, le ressort aa t1
quoique isolé des autres, communique avec le levier CO
par sa vis de serrage. Ces ressorts agissent sur des pis tons
identiques à ceux de la clé dappel. Lorsque
le crochet C est abaissé, le ressort aa t comprime le pis
ton k ; le ressort d t d 2 d 3 , dont la lame d 2 est plus longue
que les deux autres, sappuie sur les pistons h et n; les
autres pistons sont isolés.
Lorsque le crochet C est relevé, le ressort aa, est en contact
avec le piston e, le ressort bb t avec les pistons /*, l, le ressort
d { d. 2 d z avec les pistons (/, h.
Le ressort antagoniste du levier-commutateur est identique à
celui de la clé dappel ; il est logé sous
la vis O ; il est cependant possible de le régler; à
cet effet, lembase S du levier est terminée par une
glissière que traverse la vis s ; pour tendre ou détendre
le ressort, il suffit de faire mouvoir la pièce S et de
serrer à bloc la vis s.
On peut suivre sans difficulté la marche des courants sur la
figure 90. |
 

Les combinés (louche), le modèle "champignon"
(3 différentes tailles)

Le raccordement du poste mobile avec les fils extérieurs
se fait, soit au moyen dune planchette à seize bornes,
soit en employant une fiche en ébonite, garnie de cinq ressorts
sur l'une de ses faces et de trois sur lautre. A cette fiche
correspond une mâchoire comprenant huit pièces de contact
et huit bornes, le tout monté sur un macaron mural.
Dans le transmetteur mural, la maison Mildé n'a apporté
que les modifications prescrites par la circulaire du 10 juin 1892.
Dans le modèle à pied, la forme du levier-commutateur
a été changée, pour permettre d'obtenir des contacts
à friction.
Le levier se compose de deux parties A, B (fig. 28), isolées l'une
de l'autre par des rondelles d'ivoire. La vis D sert de pivot au levier;
des butées b, b' limitent ses déplacements; lt est le ressort
antagoniste. La ligne aboutit à la platine qui supporte le levier,
et la communication électrique est assurée par un boudin
de sûreté.
Lorsque le crochet C est abaissé, le levier abandonne les ressorts.
r', r2, r3; il rencontre le ressort r; la ligne est sur sonnerie.
Lorsque le crochet C est relevé, le ressort r est isolé;
la partie A du levier presse le ressort r' qui communique avec le circuit
secondaire; les ressorts r2, r3, correspondant au circuit primaire, sont
réunis métalliquement par la portion B du levier, isolée,
comme nous l'avons dit, de la partie A.
Le récepteur est du modèle admis sur les réseaux;
il est assujetti par une tige à écrou, dans la glissière
d'un bras métallique qui réunit le récepteur
au microphone. Les communications électriques sont assurées
par un cordon souple à quatre conducteurs.
Ce cordon est emprisonné sous une gaine de cuir, le long du
bras métallique, à l'endroit où on le saisit
avec la main. L'inclinaison du récepteur et du transmetteur,
par rapport à ce bras, est telle, que lorsque le téléphone
est appliqué sur l'oreille, le microphone est en face de la
bouche.
Le mécanisme du levier-commutateur diffère un peu de
celui que nous avons représenté; ainsi, par exemple,
le levier est placé dans une direction perpendiculaire à
celle du crochet, au lieu d'être dans son prolongement; le ressort
auquel est attaché le fil de ligne est constamment en communication
avec le levier et remplit l'office de ressort antagoniste; le ressort
de sonnerie est recourbé en V renversé.
Ces changements, de peu d'importance, résultent de la forme même
de l'appareil, mais la disposition des circuits n'a pas varié ;
nous retrouvons le même mécanisme dans le support à
colonne, fermé à la partie supérieure par un couvercle
à vis.
il a existé un modèle primitif, ce
gros appareil Mildé servait aussi bien en transmetteur que
en récepteur sur un poste sans pile (catalogue Mildé
1887).
  



 
Mildé-Bourdin
Le téléphone MILDE - STEINER
Le microphone imaginé par M. Steiner
(fig. 100) est une modification du microphone Mildé
précédemment décrit.
Brevet Nouveau microphone 299741
27.04.1900 ; Ch. MILDE fils ET COMPAGNIE. STEINER Frederic ; Paris
(75056) 60, rue Desrenaudes.
Il se compose de deux coquilles
métalliques ondulées, semboîtant lune
dans lautre, et formant un récipient ouvert au centre
pour livrer passage aux charbons servant de conducteurs.
La partie supérieure de cette boîte est ondulée
horizontalement et est traversée par un charbon cylindro-conique
strié.
La partie inférieure est ondulée en cône et
reçoit une cuvette en charbon également striée.
Lintervalle entre les deux coquilles, emboîtées
lune dans lautre, est rempli dune poudre dun
charbon spécial semi-conducteur.
Les deux charbons traversant les coquilles sont soigneusement isolés
de celles-ci.
Deux goupilles en laiton, fixées à chacun des charbons,
servent dattache aux fils les reliant avec le circuit primaire.
Suivant linventeur, ce microphone peut fonctionner dans toutes
les positions, même horizontalement; il est indéréglable
et supporte, sans produire la moindre friture, un courant de 1 à
8 volts.
Dans le charbon supérieur est encastrée une petite
pièce de bois qui reçoit une vis permettant de fixer
la boîte à la plaque microphonique.
Le récepteur est analogue à celui qui accompagne
les transmetteurs Mildé à 45°; mais il est de
dimensions plus réduites. |
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Le récepteur Mildé
est monté à glissière sur la barre d'assemblage
qui l'unit au microphone Steiner.
Lappareil combiné, garni dun cordon souple
à quatre conducteurs, est généralement adapté
à un macaron mural ou à une colonne portative.
Le macaron mural ne diffère pas, dans ses dispositions
essentielles, du transmetteur Mildé à 45°.
La clé dappel et le levier-commutateur ont été
légèrement modifiés en raison du peu despace
dont disposait le constructeur, mais on y retrouve aisément
les organes que nous connaissons déjà; il serait
donc superflu dy revenir. |
La figure 101 représente les communications intérieures
du macaron mural; celles de la colonne portative font lobjet de
la figure 102.
Dans la colonne portative, la clé dappel est identique
à celle du macaron mural. Le levier- commutateur se rapproche
de celui du transmetteur Mildé à 45°; mais, tout en
remplissant le même office, le jeu de ressorts est disposé
différemment, et ces ressorts agissent sur les deux faces du
levier, chacune de ces faces étant garnies en partie dune
plaque métallique rapportée et convenablement isolée.
Les deux modes dinstallation, murale et portative, permettent
dutiliser un récepteur auxiliaire concurremment avec lappareil
combiné.
 
Transmetteur microphonique Steiner combiné avec applique vers 1894
(Microphone à grenaille)
Les installations de téléphone chez le client
Dans le catalogue Mildé 1888
on y retrouve tous les appareils et on
peut y lire :
Dès l'apparition, en 1878, du merveilleux
instrument: le microphone, dû à Hughes,
nous nous préoccupâmes d'adjoindre à nos ateliers de
construction d'appareils électriques l'exploitation de la micro-téléphonie.
Car, en effet, avant cette découverte, le téléphone
seul était impuissant pour bien transmettre la parole. Aussi avons-nous
fait intervenir dune façon générale, dans tous
nos postes, le microphone, qui, pour les ondes sonores, jouc le nême
rôle que le microscope pour les objets. En outre, notre but constant
ayant toujours été de donner aux appareils destinés
à la transmission de la parole une simplicité dans le fonctionnement
des organes, indiquée par le principe même du microphone, il
en résulte que, les premiers, nous fumes en état de pouvoir
offrir au public des postes bon marché, capables de faire pénétrer
cette belle application de lélectricité dans les usages
domestiques.
Nous reconnûmes aussi que certaines dispositions de microphones, notamment
celle indiquée par Bourseul, l'éminent
ingénieur télégraphiste français qui, dès
1851, c'est-à-dire plus de vingt ans avant Bell,
avait eu la prescience de la téléphonie, se prètait
à la transmission électrique directe des ondes sonores, cest-à-dire
quil nétait pas utile de transformer le courant primaire
en un courant secondaire, nécessitant l'intervention dune bobine
d'induction. Nos postes ont donc toujours été exempts de cet
adjuvant qui peut avoir sa raison dêtre pour les microphones
généralement employés, mais qui na aucune utilité
avec notre système basé sur l'emploi de matières pulvérulentes
semi-conductrices. Les conséquences de cette suppression ont été
fécondes en résultats:
C'est ainsi que nous avons pu réaliser des procédés
dinstallation de postes téléphoniques extrêmement
économiques. par exemple, dans un petit réseau domestique,
voire même, et surtout, dans une grande installation de ville, il
suffit d'éléments au poste central pour actionner tous les
microphones des postes, de telle sorte que, si lon fait usage du poste
à appel magnétique, on peut supprimer complètement
les batteries de piles chez labonné. ( Voir plans I4 et 16.)
Le résultat n'est pas sans intérêt puisque nous voyons
chez les abonnés du réseau de Paris, chaque poste en service
flanqué de trois boîtes contenant chacune trois éléments
de piles. La dépense est énorme et lentretien considérable.
Chacun sait les magnifiques résultats
acquis; il ne restait plus aux praticiens quà les faire entrer
dans la vie courante, leur assurer leur place à côté
de la sonnerie électrique, remplacer les coûteux et disgracieux
porte-voix. Nous croyons avoir atteint ce but avec les petits postes que
nous avons mentionnés au présent catalogue sous les numéros
1, 1bis, 1er et 2.
Il nous a paru utile de réunir à notre tarif quelques explications
techniques sur la pose et lentretien de nos postes, la disposition
des conducteurs, ainsi que sur les genres dinstallations auxquelles
ils peuvent se prêter. On trouvera donc à la suite de nos
prix, 18 plans des poses les plus usuelles et dont les combinaisons sont
le résultat de nos recherches pratiques.
Néanmoins, nous sommes toujours à la disposition des personnes
qui auraient à nous demander des explications complémentaires:
nous nous efforcerons de les leur faire parvenir aussi rapidement què
possible.
...
MONTAGE ET ENTRETIEN DE LA BATTERIE
La pile au peroxyde de manganèse et au chlorydrate d'ammoniaque
due à Duchemin et Leclanché, est aujourd'hui généralement
en usage dans les installations de sonneries électriques et de
téléphonie. C'est du reste la pile par excellence pour ces
sortes dapplications. .
Elle se Charge en mettant dans le vase en verre 70 grammes de sel ammoniac
et de l'eau ordinaire jusqu'aux 2/3 au plus de la hauteur.
Dans les piles que lon charge pour la première fois, leau
diminue rapidement et le lendemain on est obligé den ajouter.
Ensuite, ce nest quune fois tous les trois mois environ, que
lon doit visiter les piles, entretenir leau à la hauteur
susdite, et remettre 20 à 25 gr. de sel.
Quand les zincs se chargent de crasse noire, il faut les racler avec un
outil quelconque. Quand le liquide devient laiteux, il faut y ajouter
un peu de sel. Enfin il faut veiller à ce que les contacts restent
bien propres.
Cette pile ne doit être exposée ni à la chaleur ni
à lhumidité ; elle doit être placée dans
un endroît où lair circule le plus possible.
....
POSE, VÉRIFICATION ET ENTRETIEN DES POSTES MICROTÉLÉPHONIQUES
Les appareils téléphoniques (mural) doivent être fixés
convenablement sur des parties de murs solides. Éviter autant que
possible les cloisons trop minces qui sont susceptibles de résonner
pendant laconversation. Car les vibrations des surfaces sur lesquelles
sont établis les microphones, étant reproduites au poste
correspondant, nuisent à la transmission des ondes sonores. Éviter
les murs humides et salpétrés qui provoquent loxydation
des pièces métalliques pouvant amener la rupture des communications.
En tous cas isoler le poste par des feuilles de caoutchouc.
Autant que possible garantir les appareils de la poussière qui
à la longue, en se plaçant et se tassant entre les crochets
mobiles et leur pièce de contact, peut amener également
une interruption. Ne pas placer les postes à proximité des
bouches de chaleur ou trop près d'appareils de chauffage, co qui,
en raison des effets de sécheresse produits sur le bois, peut amener
do fâcheux résultats.
Les appareils téléphoniques portatifs transmettent la parole
avec plus de netteté sils se trouvent placés sur de
petits coussins cn caoutchouc, même en laine, ou toute autre matière
capable d'amortir les chocs.
Nos microphones fonctionnent dans la perfection avec un élément,
deux au plus. Cependant, pour des distances dépassant deux ou trois
kilomètres, ce nombre doit être augmenté, la pratique
est le meilleur guide pour en déterminer la quantité.
Les postes étant en place, s'assurer de leur fonctionnement en
local avant dy fixer les lignes qui doivent les relier entre eux.
À cet eltet présenter les fils d'une pile aux bornes de
communication, lun à celle de Ligne (L), lautre à
celle de retour (T. Z.). Dans ces conditions la sonnerie doit fonctionner
jusquau moment où, en appuyant sur le bouton dappel,
elle sarrête. On place alors les fils de piles aux bornes
quils doivent occuper et l'on relie provisoirement ensemble les
deux bornes de lignes du poste en essai; en soulevant le récepteur
pour le porter à loreille, si les communications sont bonnes,
on constate, en passant légèrement le doigt sur la planchette
vibrante du microphone, un bruit sec dans le récepteur.
Après que cette vérification a été faite à
tous les postes, on les relie entre eux suivant les indications du plan
adopté, en ayant bien soin que la partie des fils qui doit être
solidement fixée sous les bornes soit parfaitement nettoyée
et débarrassée de toute trace de gutta.
S'il y avait interruption dune sonnerie il faut sassurer dabord
que la pile est en bon état, puis, pour constater que la sonnerie
nest pas déréglée, on attache directement les
fils dune pile à ses bornes; il peut arriver que le marteau
ne soit plus à bonne distance du timbre ou que la vis de réglage
soit dévissée et ne touche plus le ressort antagoniste du
contact; le réglage, dans ces deux cas, est des plus simples; il
est important de voir si quelquefois les fils ne sont point rompus sous
les bornes.
Dans les installations avec ligne aérienne il peut se faire que
lélectricité atmosphérique, à la suite
d'un coup de foudre, ait brûlé le fil des bobines de la sonnerie.
Il n'y à pas dautre remède que de les remplacer.
Si la sonnerie avait été trouvée en bon état
et que cependant le courant ny parvienne point, il y aurait à
visiter les contacts des boutons dappel, leur communication et les
points d'attache; souvent un petit polissage au papier d'émeri
suffit pour remettre tout en ordre.
L'affaiblissement de la transmission de la voix pout provenir soit du
mauvais état de la pile, soit dun déréglage
dans les récepteurs.
Pour remédier à la première cause, il faut changer
les éléments ou les recharger, ainsi quil a été
expliqué plus haut: si In membrane vibrante du téléphone,
qui doit être à environ 1/2 millimètre du barreau,
venait à être trop éloignée ou trop rapprochée,
on peut avancer ou reculer facilement le barreau dont une des extrémités
extérieures est fendue comme une tête de vis.
La membrane devant être toujours parfaitement plate, si elle était
déformée il faudrait la changer.
L'interruption complète de la parole est souvent le fait de la
rupture dun des fils dans le cordon souple; pour s'en assurer, il
faut réunir au poste les bornes des lignes, et si le poste n'a
pas de pile locale, en fixer une provisoirement, ensuite soulever le récepteur
du crochet commutateur; en frappant légèrement avec le doigt
sur la planchette vibrante de lappareil, on doit entendre un petit
bruit; si rien ne se produit, c'est que linterruption est bien dans
ce poste; sil y a deux récepteurs, afin de localiser la recherche,
réunir les deux bornes de lun et écouter dans l'autre;
faire cette opération alternativement pour déterminer quel
est lapparcil en mauvais état.
Les bruits désagréables de friture qui pourraient être
constatés dans les appareils micro-téléphoniques
peuvent provenir dun mauvais contact par suite d'un serrage défectueux
aux bornages, ou bien des fils qui se touchent, des piles en mauvais état,
ou dune exagération dans le nombre des éléments.
1l arrive quen soulevant le récepteur dun poste, il
se produit un bruit continu qui provient de la sonnerie du poste opposé,
actionnée par la pile du microphone. Ce bruit cesse dès
que le correspondant décroche son récepteur pour répondre.
Si lon tenait à remédier à cet état
de choses, il faudrait diminuer le nombre déléments
de la pile du microphone ou armer davantage le ressort de la palette de
la sonnerie.
Quelquefois les arrêts du service de sonnerie ou de la transmission
de la voix proviennent des déformations de lébénisterie,
occasionnées par la sécheresse ou lhumidité;
il faut alors sassurer si les mouvements du crochet mobile ne sont
pas gênés, si la commutation seffectue librement; s'assurer
également si les vis des bornes et les vis intérieures sont
bien serrées à fond, et si les fils de communication nont
pas de contact entre eux.
Quand une installation aérienne doit être exécutée
dans le voisinage d'unce ligne télégraphique, il est indispensable
de ne pas se servir de la terre comme communication, car la manipulation
des appareils télégraphiques se répercutant par induction
sur la ligne téléphonique entraverait dune façon
considérable la transmission de la parole dans les appareils.
Pour remédier en partie à cet inconvénient, il faut
établir un second fil qui sert à la placo de la terre.
....
Nota La distance à laquelle les appels doivent fonctionner
pratiquement dans ces appareils, dont le but est essentiellement de réaliser
la téléphonie domestique, nexcède pas 500 mètres,
mais notre microphone fournit une excellente transmission à plus
de 50 kilomètres. Pour les appels dépassant la distance
de 500 mètres, la Maison fournit des sonneries spéciales
de résistance,
Les essais ont été fait entre Paris et Versailles. Voir
la description scientifique du microphone et des apparcils téléphoniques
du système Mildé dans: le journal Ia Lumière électrique,
du 6juin; lÉlectricien, du 27 juin 1885; le Génie
civil, du 24 juin 1885; la Nature, du 20 septembre 1884; le Franklin,
des 9 septembre et 10 octobre 1885 ; et dans tous les ouvrages
spéciaux, tels que : l'Électricité à lExposition
de lObservatoire, par M. J. Juppont, ingénieur; lÉtectricien
à la maison, par Hospitalier, etc,, etc.
Vous pouvez retrouver l'affaire Edison Société
Générale de Téléphones dans cette rubrique
(suivre ce lien)
1887 Charles Mildé peut désormais
sintéresser à dautres domaines et y investir
une partie de ses profits. Il se tourne tout dabord vers la
lumière électrique et crée à Paris avec
Louis Clerc, en mars 1887, la Société déclairage
électrique.
La toute première usine électrique française,
située près de lOpéra de Paris, est inaugurée
le 21 juin 1887 et permet dalimenter 1500 lampes à incandescence.
En 1889, Charles Mildé remporte le marché
de lélectrification de la ville du Havre, première
grande ville française à préférer lélectricité
au gaz. Fort de son expérience, il remporte lélectrification
dun des cinq secteurs de la ville de Paris et crée le
12 mai 1892 la Compagnie électrique du secteur des Champs Elysées.
Le réseau est inauguré le 7 mars 1893 avec seulement
260 clients !
En 1896, Charles Mildé se trouve un
autre dada et se lance dans laventure automobile. Il sassocie
avec Robert Mondos et Auguste Courtant et déposent en commun
un brevet pour « une voiture automobile électrique »
.
Il construit plusieurs modèles pour les particuliers : une
voiture de maître en 1899, un tricycle, une voiture de promenade,
une voiture légère de luxe et une voiture pour service
urbain en 1900, un petit coupé et un landaulet à groupe
électrogène de secours en 1904. Il se met ensuite à
fabriquer des fourgons utilitaires et fournit quinze voitures postales
à ladministration des Postes et Télégraphes
pour assurer le transport du courrier entre les bureaux de poste et
les gares. Les voitures à essence, plus autonomes bien que
plus bruyantes, finissent quand même par simposer.
Charles Mildé sintéresse aussi à la navigation
sur la Seine et construit un bateau électrique avec Jules Labergerie.
Il cesse sa production de voitures de tourisme en 1909
et les véhicules utilitaires en 1914.
Cest la fin, et pour longtemps, de lautomobile électrique
en France
Toute sa vie, Charles Mildé restera un homme « généreux
». Il fut en effet le premier patron de la toute jeune industrie
électrique à fonder en 1888 une école dapprentissage
professionnelle pour les jeunes, à créer pour ses ouvriers,
en 1888, une caisse de secours mutuels contre les maladies et les accidents
et, en 1895, et une caisse de retraite alors que rien nexistait
à lépoque dans ce domaine. Il introduit aussi la participation
aux bénéfices dans ses entreprises. A partir de 1908, il
innove encore en mettant en place, dans toutes ses sociétés,
lactionnariat salarié. Il ira jusquà distribuer
50 % de ses bénéfices à ses ouvriers en 1924 !
Il trouve encore le temps de sintéresser à la vie
de sa commune. Il devient adjoint au maire du 17e arrondissement de Paris
puis maire en 1919. Il décède en 1931.
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