Le téléphone
et l'hygiène
Déjà en 1894 ll'hygiéne
était une préoccupation avec le téléphone
à usage public et privé.
Un des premiers dispositif connu est celui de Mr LAMARCHE 240127
du 18 juillet 1894 "dispositif de désinfection des appareils
téléphoniques" (6
pages à consulter )
Balle en caoutchouc remplie d'air et de désinfectant dans l'embouchure
...
Suivra celui de Mr WALDTHAUSEN brevet le 5 juillet 1897 268462
intitulé " dispositif protecteur hygiénique pour
les transmetteurs et récepteurs des téléphones"
(6
pages à consulter)
On trouve aussi le brevet OWEN 302935
du 10 aout 1900 "système perfectionné de protecteur
hygiénique pour embouchures de téléphones, tubes
acoustiques, etc. " (10 pages)
Un déroulaoir de papier devant l'embouchure du téléphone
Dispositif qui sera repris en 1924 (voir en bas de page).
Et en 1901 Brevet 307630
Mr AXTELL - "dispositif pour désinfecter les transmetteurs
et récepteurs de téléphones" (11
pages)
sommaire
Puis aux environ des années
1910, un phénomène apparaît, la psychose
de la tuberculose et d'autres virus.
Le téléphone est alors soupçonné de véhiculer
le virus.
En effet dès 1908 un artile de presse en Allemagne relatait
:
Téléphone et tuberculose.
Il paraît qu'il faut se méfier des appareils téléphoniques.
Non contents de ne pas vous mettre en rapport avec les personnes à
qui vous voulez parler, ces objets semblent contenir de véritables
colonies de bacilles. D'après le journal anglais « The
Lancet », il a été possible de tuer deux cobayes
par la tuberculose en leur injectant les poussières recueillies
dans une cabine téléphonique publique, sur la partie
de l'appareil au-dessus de laquelle on parle.
Il est vrai que nous respirons ces impuretés et que nous ne
nous les injectons pas. Mais les expériences de M. Kuss, faites
sur des poussières de crachats, ont montré que les cobayes
qui respirent ces poussières sèches étaient plus
vivement contaminés que ceux auxquels on les injectait délayées.
Et voilà comment le téléphone a encore un
inconvénient de plus, cela paraissait pourtant difficile.
Pour y remédier, la plus part des constructeurs proposent
alors un combiné en forme de cornet quil était
conseillé de désinfecter à laide dun
coton imprégné de formol ou d'autres produits.
1905
lu dans le Bulletin mensuel / Association
des abonnés au téléphone
Le petit personnel des Téléphones
L'hygiène des bureaux. Les ravages de la tuberculose.
Contre le « casque ».
M. Bérard repousse les revendications des téléphonistes.
Nous avons vu toutes les chinoiseries des règlements et
la sévérité des mesures administratives.
Il serait à souhaiter cependant que le petit personnel
des téléphones n'eût pas d'autres griefs à
formuler. Le plus grave, c'est la situation hygiénique
déplorable dans laquelle se trouvent tous les bureaux où
travaillent les téléphonistes.
Ces bureaux sont heaucoup trop étroits pour le personnel
quils renferment; ils sont tous insulfisamment aérés:
quelques-uns méme le sont jamais.
A Wagram, on a installe, faute de place, des apparcils devant
les seules. fenélres du burean, qui sont ainsi condamnées.
Le résulta de cet élat de choses ne sest pas
fait attendre: L'été dernier, quarante-sept pour
cent des employés ont élé malades pendant
la période des chaleurs.
A Port-Royal, il n'y a que deux petites fenétres, placées
une au-dessous de l'autre, pour une salle de 120 personnes passent
la journée. Encore ne les ouvre-t on jamais parce que l'une
donne froid aux pieds et d'autre froid à la téte
& la surveillante, qui est assise a coté et qui est
trés ftrileuse.
La nuit, les surveillants couchent dans la piéce ou les
demoiselles du téléphone passeront la journée.
Ils fument et crachent. Un écrriteau porte pourtant: «
Défense de fumer». Il parait que l'interdiction nest
valable que pendant la journée sans doule pour les dames
?
Le matin, quand les surveillants sont partis, la piéce
est balayée a sec, sans que les fenétres soient
ouvertes. Jamais de lavages a l'eau, encore.moins avec des anltseptiques.
Lorsque les téléphonisles prennént leur service
à 7 heures, l'air est irrespirable.
A Porl-Royal, une employée voulu venir le matin à
sept heures moins cinc pour ouvrir les fenélres. On lui
répondit séchement que son service ne commencait
qu'a sept heures, el quelle navait pas à soceuper
de ce qui se passait dans le bureaun auparavant.
Aussi les employées vont-elles prendre I'air... dans les
waler-closets ! C'est, pour elles, le seul endroit ot 'on respire
(!) et ou il est possible douvrir Ia fenélre. Lorsque
la surveillante leur accorde deux minutes de répit dans
Faprés-midi, elles se hatent vers le buen retiro
ou elles font leur frugal gouter en prenant lair à
la fenétre... Les collegiens,eux, se contenlent dy
fumer !
Si un induslriel ou un commercant tenait ses locaux dans un pareil
état d'insalubrité ; il serait anssitôt poursuivi
et condamné pour infraction aux lois protectrices de l'hygiène
des travailleurs. N'est-il pas scandaleux que l'Etat, au lieu
de donner le bon exemple, puisse braver impunément la loi
et traiter ses employés une fois plus mal que les particuliers
?
Mais l'inspection médicale ? dira-t-on. Elle est absolument
illusoire. L'inspecteur, lors de sa visite, qui est prévue,
jette un coup d'oeil rapide et interroge deux trois employées.
Ce jour-là, le bureau une fois n'est pas coutume
a été soigneusement aéré et approprié.
Les téléphonistes interrogées savent à
quelles représailles elles s'exposeraient en signalant
les innombrables abus. Elles déclarent que tout va bien
comme dans la chanson. L'inspecteur félicite
le chef de
service et s'en va en se frottant les mains. Au lendemain de cette
petite comédie, tout commence à aller de mal en
pis comme par le passé.
Les inspecteurs pourraient cependant s'alarmer à certains
indices. Dans chaque bureau la tuberculose sous toutes ses formes
fait par an, en moyenne, deux ou trois victimes.
N'est-ce pas vraiment effrayant ? C'est la laryngite tuberculeuse
qui cause le plus de ravages.
L'administration fait preuve, en cette matière, d'une inconscience
vraiment extraordinaire. Dans un milieu qui, hélas ! ne
prédispose que trop à la terrible maladie, elle
introduit des employées déjà tuberculetises
qui sont toutes prêtes à contaminer leurs collègues.
On nous a cité plusieurs bureaux où le fait s'est
produit. Il y a cependant un examen médical à l'entrée
de cette carrière. Par quelle aberration accepte-t-on des
tuberculeuses qui ne peuvent supporter un service aussi fatiguant
?
Une employée tuberculeuse, nommée le 1er novembre
dans un bureau du sud de Paris, a été obligée
de demander un congé au bout de quinze jours. Une deuxième,
qui est dans le même état de santé, a été
mise aux écritures, au détriment d'anciennes téléphonistes,
qui ambitionnent ce poste plus reposant pour se remettre des fatigues
de l'appareil. Une troisième, tuberculeuse également,
est obligée de se reposer un jour sur deux ou trois. Une
quatrième non-valeur dont l'intelligence est si
bornée qu'elle est incapable de donner une communication
compte également dans l'effectif du bureau, ce qui surcharge
d'autant les autres téléphonistes, obligées
de faire le service des incapables et des malades. |
1911
lu dans le Bulletin mensuel / Association
des abonnés au téléphone
Nous croyons intéressant pour nos lecteurs de reproduire
l'article ci-dessous, paru récemment dans Excelsior :
. La désinfection du téléphone
et son antiseptisation constituent un des problèmes d'hygiène
sociale, les plus importants à résoudre.
Le progrès n'apporte pas toujours, avec
lui, la perfection absolue. C'est le cas du téléphone,
qui, tout en rendant les plus grands services, est un danger
de contagion grave, permanent pour la santé publique.
Chaque fois, dans la cabine étroite,
privée d'air salubre, où d'autres personnes, plus
ou moins contaminées, nous ont précédés,
nous nous exposons à prendre, avec la communication,
les germes nocifs des maladies les plus redoutables, dont le
plus terrible est encore la tuberculose, la grande faucheuse
de l'humanité. Un trait qui, en hygiène sociale,
comme dans toutes les circonstances de la vie d'ailleurs, peint
très bien, dans la société intelligente,
dans les pouvoirs dirigeants, et, il faut bien le confesser,
chez les médecins et les hygiénistes même,.cette
espèce de torpeur, de mépris du danger éloigné,
la maladie contagieuse, qui agit, brusquement et brutalement,
nous terrorise. Les moyens les plus extraordinaires sont employés
pour endiguer le mal. Mais celle-là, dont les effets
bien plus terribles s'opèrent lentement,
à longue échéance, nous laisse presque
indifférents.
Voyez ce qui a été fait pour les
maladies épidémiques, le choléra, la peste,
la fièvre jaune et tous les fléaux, qui terrifient
l'humanité par leurs effets immédiats.
Grâce aux efforts des Etats réunis,
aux mesures prophylactiques, aux cordons sanitaires, ces terribles
épidémies sont devenues, pour nous Européens,
quantité négligeable.
Et l'effrayante tuberculose, qui nous guette
partout, dont les ravages lointains sont encore plus meurtriers
que les atteintes immédiates de toutes les maladies dites
contagieuses, par l'emploi du téléphone public,
conserve, pour ainsi dire, parmi nous, son entrée officielle.
Si l'on disait à la foule, qui attend
son tour à la cabine téléphonique, qu'un
pestiféré ou un cholérique vient de se
servir du téléphone, elle s'éloignerait
de l'appareil remplie d'épouvante. Or. à chaque
fois que nous nous servons d'un téléphone public,
nous pouvons être certains qu'un bacille de Koch est là,
qui nous guette, nous attend.
Songez que l'homicide bacille, déposé
sur la plaque communicative et sur les récepteurs, conserve
sa virulence, pendant des années. Qui pourrajamais dire,
dans ces conditions, le contingent de léthalité,
que nous occasionne quotidiennement le contagium téléphonique
?
D'autres Etats de l'Europe, l'Allemagne surtout,
plus avisés que nous, stérilisent depuis longtemps
leurs appareils.
En France, où l'on fait tant pour l'hygiène,
on est réellement stupéfait que, dans cette voie
importante, rien, jusqu'alors, n'ait été tenté
pour préserver la santé publique, en dépit
des éloquentes protestations de notre éminent
confrère le docteur LACHAUD, qui s'est, comme hygiéniste,
acquis à la Chambre des députés une autorité
bien justifiée par la lutte sans merci qu'il poursuit
contre les microbes.
Aussi, tous les hygiénistes accompagnent
de leurs voeux l'initiative privée, qui vient de se constituer
sous le nom de : « SOCIÉTÉ
du PHONÉPOL », pour la désinfection
des téléphones.
« Vaut mieux tard que jamais »,
nous dit la sagesse des nations.
On ne saurait qu'applaudir à la décision
de l'Etat et celle des administrations centrales, telles que
Postes et Télégraphes, Chemins de fer, Douanes,
Police, comptant un nombreux personnel et qui étudient,
en ce moment, les propositions qui leur sont faites par la Société
du « PHONÉSOL ».
Le « Phonésol », d'après
les microbiologistes les plus compétents, est unmicrobicide
énergique de la Tuberculose, de la Diphtérie,
de la Fièvre typhoïde et de la Pneumonie. Il agirait,
à là fois, comme bactéricide et comme vernis,
s'opposant au contact des bacilles, sans nuire à la sonorité
des appareils.
Mais, dans pareille question, où il y
va de la santé publique, le procédé de
désinfection employé employé
pas plus que les personnes. La question est plus haute.
L'initiative privée, qu'on ne saurait
trop encourager dans, la circonstance, a donné une idée
féconde. Elle germera et l'Etat, sous peine de manquer
à son rôle de gardien de ta santé publique,
est forcé, dans un avenir prochain, emboîtant le
pas aux sociétés privées, de présenter
enfin au public ses appareils stérilisés.
Ce jour-là, ardement attendu par ce public,
une lacune, qui a vécu trop longtemps, sera comblée
clans l'hygiène publique de la France.
Dr LKPINAY,
Ex-chirurgien de lu maison de santé du Bon Secours, à
Paris.
|
sommaire
Les constructeurs répondent à ce nouveaux besoin en
inventant des combinés (micro + écouteurs) avec des
noms de baptêmes comme : Soliphone chez Charron &
Bellanger, Solophone chez Kusnick; Monophone chez SIT,
Aérophone cher Berliner, Sanophone, Hygéaphone
...
Les téléphones hygiènique
des années 1900 - 1940
le Soliphone, ou Solophone Kusnick
.

De formes diverses
 
Le monophone SIT
sommaire
Quelques modèles de monophones hygiéniques
:
1914 
1924
sommaire
2020 Même sans parler de virus qui
proliférent à l'intérieur des smartphones, côté
hygiène c'est pas mieux.
Avec les Smartphones : lécran livre des détails
sur notre hygiène de vie Par Audrey Vaugrente
|
Les écrans de
nos smartphones recèlent des traces de boissons, d'aliments
ou encore de médicaments qui s'y déposent durablement.
Les écrans de nos smartphones sont sales, ça nest
pas nouveau. Mais jusquà quel point ?
Les plus informés répondront qu'ils sont moins
propres que des cuvettes de toilettes. Les plus soigneux expliqueront
quil est dénué de toute trace de doigt.
Les bactéries, elles, persistent longtemps. Et elles
ne sont pas les seules, à en croire une étude
parue dans PNAS, la revue de lAcadémie Américaine
des Sciences. Nourriture, cosmétiques et répulsifs
se côtoient joyeusement sur les mobiles que nous affectionnons
tant.
Dans le monde, 280 millions de personnes sont accros à
leur portable. Les 39 adultes qui ont participé à
ces travaux ne verront sans doute plus leur téléphone
de la même façon. Dans les locaux de lUniversité
de Californie à San Diego (Etats-Unis), ils ont accepté
de livrer leur appareil à une analyse particulière.
Les chercheurs ont passé des cotons tige sur 4 zones
du téléphone et 8 parties de leur main droite.
Un portrait robot
Les résultats sont loin dêtre
ragoûtants puisque des traces de nourriture se sont déposées
durablement sur les écrans tactiles. En tête :
citron, café, herbes aromatiques et épices. Un
cocktail a priori alléchant sil ne côtoyait
pas divers produits dhygiène personnell, ainsi
que des restes de médicaments. Crèmes anti-inflammatoire
ou antifongiques, gouttes pour les yeux et autres antidépresseurs
se trouvent également sur la surface analysée.
Pour couronner le tout, des écrans solaires et un insecticide
répulsif contre les moustiques a été détecté.
Et pourtant, ces produits navaient pas été
utilisés depuis plusieurs mois.
Le résultat est si précis quil
titille limagination des chercheurs. A partir dun
simple échantillon, dresser le portrait du propriétaire
est possible. Est-ce une femme ou un homme ? Utilise-t-il des
cosmétiques ? Quelles boissons préfère-t-il
? De quelles pathologies souffre-t-il ? « Cest le
genre dinformation qui peuvent aider un enquêteur
à resserrer ses recherches », avance Amina Bouslimani.
Suivre les patients
Le projet date de 2015, date dune première
étude menée par la même équipe. Elle
note alors que cosmétiques et produits dhygiène
se transmettent sur les surfaces, y compris les téléphones
portables. Cette étude apporte une preuve de concept.
Pieter Dorrestein, qui signe cette publication, nhésite
pas à aller au-delà de ses résultats. «
Il est possible dimaginer un scénario de scène
de crime, où lenquêteur trouve un objet personnel
un téléphone, un crayon ou une clé
par exemple qui ne possède pas dempreintes
digitales ou dADN ou quils ne sont pas répertoriés
», explique-t-il.
La police scientifique est en effet un domaine
dapplication prometteur, mais aussi très large.
Pour y parvenir, il faudrait cataloguer lensemble des
matières textiles, des aliments, des médicaments
Un travail colossal.
Un autre secteur est à envisager, celui de la santé.
En analysant les variations des métabolites de la peau,
les médecins pourraient sassurer que leurs patients
suivent bien leur traitement. Reste à savoir si ces derniers
se plieront à une surveillance si stricte, voire infantilisante.
|
sommaire
|