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Le Téléphone Glover
Dans la revue "La Lumière
Electrique" d'Avril 1913, on découvre que M. dArsonval
a présenté le 14 de ce mois à lAcadémie
des Sciences un perfectionnement très ingénieux du téléphone,
imaginé par le Dr Jules GLOVER, médecin du Conservatoire.
Le téléphone physiologique intensif Glover est basé
sur une étude physiologique de la voix; cet appareil comprend un
ou deux groupes de microphones transmetteurs de sensibilité différente
pour le nez et la bouche. Il permet dobtenir, parait-il, une amplification
sonore considérable, une netteté extrême de la voix
particulièrement précieuse dans les transmissions à
très longue distance et dans les transmissions transocéaniques.
Son emploi évitera aux téléphonistes lobligation
pénible de deviner souvent dans la conversation téléphonique
les vibrations absentes. Peut-être ce téléphone trouvera-t-il
aussi une application dans la téléphonie sans fil ?
Ce n'est pas par son intensité propre que le courant agit sur laimant
récepteur dans le téléphone, mais bien par ses variations.
Il y a lieu, pour la sensibilisation précise de loreille
interne et limpression parfaite des centres auditifs, de chercher
à multiplier ces conditions de variation autant que les vibrations
aériennes de la voix le permettent.
Mais multiplier les conditions de variation autant que les vibrations
aériennes de la voix le permettent ne consistera pas à multiplier
le nombre des microphones, ou encore à rendre un certain nombre
de microphones plus ou moins sensibles aux diverses intensités
vocales par tension différente des membranes vibrantes.
Ceci ne donnerait quune multiplication des mêmes périodes
doscillations sonores.
Multiplier les conditions de variation exige ici quon utilise pour
loreille les variations daction de la dynamique vocale, nasale,
dune part, buccale, de lautre, car alors se trouvent parallèlement
engendrées des variations du courant microphonique de deux ordres,
grâce à la dissociation des deux principaux timbres vocaux
effectués par le fonctionnement vocal du voile du palais (Fonction
vocale du voile du palais).
Une condition physiologique essentielle simpose donc dans la construction
de lappareil. Il faut que laction dynamique vocale soit dissociée
au moment même de lémission vocale pour être
doublement mise à profit au point de vue électromagnétique
et dune façon différente pour le nez et la bouche.
Ainsi, lappréciation de la valeur dynamique de chaque élément
sonore du langage, suivant les divers accents, sera effectuée par
les microphones transmetteurs et perçue par loreille au niveau
des microphones récepteurs.
Toute la voix sera utilisée dans lélaboration des
phénomènes électromagnétiques, alors quà
lheure actuelle presque une moitié de la voix est inutilisée.
Le fait peut expérimentalement être vérifié
par lenregistrement photographique de lintensité des
variations du courant microphonique à laide de loscillographe,
et aussi par lexamen complémentaire des buées vocales
et leur fixation sur des plaques de gélatine bichromatée.
Les tracés, les empreintes sont différents pour le nez et
la bouche, suivant la hauteur, pour une même formation verbale.
Jusquici, cest surtout sur la construction plus ou moins minutieuse
des microphones en vue de leur sensibilité électromagnétique,
sur les régimes et les ; canalisations électriques, sur
lautomatisme que les perfectionnements ont porté, mais non
sur lapplication méthodique de létude physiologique
raisonnée, de la voix à la téléphonie.
En se basant sur les considérations physiologiques qui précèdent,
on peut réaliser un appareil permettant dobtenir une amplification
sonore considérable, une netteté extrême de la voix
particulièrement précieuse dans les transmissions à
très longues distances et transocéaniques. Cet appareil
évitera le fatigant travail mental, qui consiste à deviner
souvent dans la conversation téléphonique les vibrations
absentes.
Description de l'appareil. Lappareil, dans
son ensemble, se résume à une simple colonne portative supportant
le crochet commutateur avec son combiné, formé de deux microphones
transmetteurs de sensibilité différente pour le nez et la
bouche et du récepteur.
Lensemble est fixé aux deux extrémités dun
manche.
Les microphones sont utilisés ici directement en primaire, sans
pile dappel, sans pile de conversation, sans bobine dinduction.
Et ils fonctionnent parfaitement sous le régime de la batterie
centrale intégrale, sous un courant de 24 volts et plus encore,
ainsi que sous tout autre régime électrique.
Ils peuvent aussi fonctionner parfaitement du reste sous un voltage moindre.
La résistance uniforme des microphones forme dans lensemble
un total de 150 ohms. Elle varie avec le nombre de microphones. On peut
supprimer la bobine dinduction, car les variations dintensité
du courant dues aux vibrations de la voix sont suffisamment accentuées
dans le circuit de ligne.
Toutefois la transmission semble amplifiée un peu avec la bobine.
Enfin lappareil comporte une sonnerie polarisée et un condensateur,
qui est celui dela sonnerie.

L'hygiène peut être assurée dans les postes fixes
publics par un dérouleur automatique de papier fin, qui permet
dinterposer chaque fois ce papier fin entre les microphones, le
nez et la bouche pour chaque communication.
En somme, ce perfectionnement physiologique du téléphone
peut sappliquer. soit au régime actuel, soit au régime
de la batterie centrale, système pour lequel lénergie
électrique utilisée à la fois en vue des transmissions
vocales et des appels visuels et de supervision est pour le réseau
tout entier produite par une batterie daccumulateurs placée
dans le bureau central et maintenue à un voltage donné.
Il n'est pas impossible que ce perfectionnement puisse être appliqué
avec intérêt à la téléphonie sans fil.
Rééducation respiratoire
avec le galvanomètre.
Auscultation
avec le système Glover.
Sondage,
système Glover. Appareils utilisés pour mesurer la pression
artérielle .
AU TÉLÉPHONE, IL FAUT QUE LE NEZ PARLE
TOUT AUTANT QUE LA BOUCHE
Vu dans "La science et la vie" de Juillet 1913
Le Dr Glover, médecin du Conservatoire de Paris, qui a fait de
remarquables recherches sur le mécanisme physiologique de la voix,
a particulièrement étudié un point spécial
de cette question : en recueillant sur un miroir les buées émises
par la bouche ou le nez, pendant larticulation, il a constaté
que les voyelles donnent une buée buccale sur toute létendue
de chaque variété de voix, sans buée nasale, cest-à-dire
que le voile du palais est exactement appliqué, pendant lémission,
sur l'orifice nasal postérieur. Au contraire, les syllabes contenant
la consonne M ou N (AN, UN, ON, IN, MA, ME, et surtout ME, MO,MU, NA,
NE, NI, NO, NU) produisent une buée nasale.
Nous émettons donc certains sons par le nez : leur timbre est réglé
par le mouvement du voile du palais qui ouvre ou ferme l'orifice postérieur
des fosses nasales ainsi que par le jeu des cartilages et des muscles
du nez qui rétrécissent plus ou moins lorifice supé
rieur de la narine. Le même phénomène se produit dans
l'articulation buccale : lintensité de la voix résulte
des variations de pression du courant d'air, le larynx donnant la hauteur
par un ébranlement initial.
Or, les sons émis par la bouche et ceux émis par le nez
ne sont pas indistinctement recueillis par l'oreille les centres auditifs
peuvent, en effet, percevoir toutes les inflexions de sonorités
buccales alors que certains sons exprimés par le nez seront absolument
perdus.
Le Dr Glover a tiré de ce principe une application pratique.
Il a constaté que, lorsque nous parlons au téléphone,
la plaque recueille surtout les émissions buccales alors que les
syllabes d'émission nasale sont inutilisées; il en résulte
une mauvaise transmission et il est bien des mots que l'auditeur qui est
à lextrémité du fil ne comprend pas ou comprend
mal.

Pour éviter cet inconvénient, le Dr Glover a eu l'idée
dajouter au simple microphone qui constitue lappareil téléphonique
habituel, un microphone spécial destiné à recueillir
les émissions nasales. Ainsi, aucun son nest perdu et la
transmission téléphonique gagne infiniment en netteté.
Le D Glover a fait des expériences sur les plus grandes distances;
elles furent toutes satisfaisantes.
L'usage de cet appareil est des plus simples; il suffit, comme le montre
nos photographies de placer exactement a bouche et le nez respectivement
devant le microphone qui leur est destiné; il suffit de parler
sans élever la voix.
L'interposition dune feuille de papier mince entre le nez et la
bouche,d'une part, et les microphones d'autre part, n'altère nullement
la communication et prémunit contre toute contamination.
Par la simple application pratique d'une notion physiologique, il va donc
être possible d'améliorer notre organisation téléphonique.
La transformation, portant sur une partie mobile et extérieure
de l'appareillage nentraîne pas de grands frais.
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