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Migration de la commutation téléphonique
Migration du réseau TDM vers le réseau
NGN : Next-generation Network
La commutation de circuits (aussi nommée transmission
TDM) est caractérisée par létablissement dune
liaison bidirectionnelle entre deux extrémités du réseau
pendant toute la durée de la communication, assurant la continuité´
du transfert de linformation en temps réel.
Le principal inconvénient de cette méthode de commutation
est quelle gaspille de la capacité´ en bande passante
puisque la ligne ne peut être utilisée que pour cette communication.
Dans le réseau téléphonique commuté ou RTC,
les commutateurs assurent :
- La commutation de la voix (Média) nommé SSP (Service Switching
Point)
- Le contrôle de lappel (Etablissement/Maintien/Libération)
nommé STP (Signal Transfert Point) : c'est la partie intelligente.
NPN signifie Next Generation Network : c'est la
nouvelle architecture de réseau de communication en cours de développement
et d'expérimentation.
Le principe est d'utiliser les technologies de transport en mode paquet,
réservé jusqu'alors pour les données, pour transporter
l'ensemble des services de télécommunications.
Le réseau NGN Multimédia apporte l'offre
universelle pour les services multimédia (messagerie vocale/vidéo,
conférence audio/vidéo, Ring-back tone voix/vidéo).
Cette évolution permet des gains en termes de performance et doptimisation
des coûts, mais elle peut aussi faciliter le déploiement
de nouveaux services.
Enhardis par le succès des réseaux IP
pour la communication entre ordinateurs, et leurs nouveaux modèles
économiques, certains se mettent à rêver d'acheminer
par commutation de paquets IP, non seulement les données des
ordinateurs mais aussi la voix des personnes humaines et encore même
les images fixes ou animées. On se met donc à parler
de "réseau multimédia" pour parler d'intégration
voix données images sur un transport paquet alors que pour
la même intégration sur un transport circuit on parlait
de RNIS (Réseau Numérique à Intégration
de Service). Cela n'est pas si facile à faire compte tenu de
plusieurs différences fondamentales entre les machines et les
humains. Les machines s'accommodent très bien d'un
léger délai, le cerveau humain en est incapable. En
cas de délai, il provoque un phénomène intempestif
de bégaiement, de bafouillement... voire de mutisme. Pour une
conversation humaine, il faut donc mettre en place dans le réseau
de transport par paquets, un mécanisme garantissant un délai.
On qualifie ces mécanismes de "mécanismes de QoS"
(Quality of Service). La mise en place d'une QoS, pour un appel donné
est assimilable à une connexion.
Dès que nous faisons communiquer des humains, nous sommes nécessairement
dans le paradigme conversationnel où il faut mettre en place
un environnement de communication (pages mémoires, mécanismes
de QoS) avant tout dialogue et relâcher explicitement cet environnement
à la fin du dialogue. Ce paradigme conversationnel de la téléphonie
nécessite un plan contrôle (l'ensemble des fonctions
nécessaires pour établir l'environnement de communication
préalablement au dialogue) alors que le paradigme requête-réponse
de l'architecture client serveur ne nécessite rien de tel.
A priori, l'Internet conçu pour cette architecture n'est donc
pas approprié pour la communication humaine.
Il faut, pour le multimédia, re-concevoir un autre réseau,
doté de plusieurs plans : un plan transport en mode paquet
avec des mécanismes de QoS, un plan contrôle,
un plan service.
Ce réseau, en cours d'élaboration, s'appelle le
NGN (Next Génération Network).
Il est fort probable que plusieurs solutions de NGN (IP sur ATM, MPLS,...)
coexisteront pour un temps, avant que les technologies se stabilisent.
Une approche des grands enjeux des années
futures
- Vers la fin du règne de larchitecture Client-Serveur
?
En fait, l'informatique distribuée, basée sur le modèle
client-serveur nest pas si révolutionnaire. Elle ne bouleverse
pas les ordres établis. Il y a toujours un chef, le serveur.
Ce modèle persistera probablement longtemps, et sera peut-être
même toujours indispensable pour certains types de problèmes.
On commence cependant à entrevoir aujourdhui quune
vraie révolution serait une informatique sans chef : "linformatique
coopérative". Dans ce nouveau monde, les processus seraient
réalisés par une coopération libre entre entités
participantes égales, sans Ordonnanceur suprême. La difficulté,
cest que la science informatique ne connaît pas encore
de solution technique pour linformatique coopérative.
Cest un véritable défi pour linformatique
et les télécommunications du futur. Un défi bien
difficile à relever. Jusquà présent, ce
que lhomme sait bien faire, cest le maître-esclave.
Coopérer, cest une autre histoire. Les équations
de la coopération ne sont pas encore connues, et ceux qui les
trouveront seront, sans doute, des bienfaiteurs de lhumanité.
Linformatique distribuée sapparente plutôt
à une diversion quà une vraie solution du problème
de la coopération.
Il existe pourtant quelques rares exemples dinformatique coopérative,
mais il sagit en fait de solutions ad hoc, particulières,
ne permettant pas détablir des principes généraux.
Le traitement de connexion des centraux téléphoniques
est lun de ces exemples, la gestion MTP3 du réseau sémaphore
en est un autre. Il nest pas étonnant que ces applications
informatiques aient nécessité des milliers dhomme×ans
de programmation !
C'est en réalité l'ensemble des processus du plan contrôle
des réseaux actuels et des NGN qui sont des processus coopératifs
! Il est curieux de constater, alors que beaucoup pensent que les
réseaux ressortent de la science informatique, quen réalité
le paradigme conversationnel nécessite des techniques logicielles
pour lesquelles la science informatique est encore loin d'avoir trouvé
des solutions génériques !
Toutefois, un peu de réflexion permet dentrevoir déjà
quelques points-clés dune informatique coopérative.
Une telle informatique nécessite de :
Partager les informations entre entités paires. Ce problème
est connu des spécialistes des télécommunications
: le partage dinformations dans le contrôle des réseaux,
cest la signalisation. Nul doute que les mécanismes de
signalisation seront lune des clés des réseaux
de lavenir et de linformatique coopérative.
Attribuer à un moment donné lautorité
de décision parmi les partenaires. Il faut bien en effet que
des décisions soient prises. Si tout le monde est égal,
qui va le faire ? Quel problème difficile, si loin dêtre
résolu ! Cest ici que lon comprend que le traitement
de connexion du téléphone est très particulier,
quil ne peut pas être considéré comme une
solution générale, puisque cest chacun à
leur tour que les centraux prennent leur décision dans létablissement
dune connexion. (Si lon savait comment attribuer les autorités
de décision, lUnion Européenne aurait moins de
mal à trouver sa constitution !).
Connaître les modèles comportementaux des partenaires.
Il est en effet impossible de prendre une décision sans connaître
les comportements des partenaires. Cest le problème des
modèles dappels si nécessaires aux réseaux
intelligents ou au couplage téléphonie-informatique.
Ceci milite pour des plans contrôle statefull dans les réseaux
futurs plutôt que pour les solutions stateless envisagées
actuellement.
Dans ces conditions, nous nous rendons compte que nous sommes encore
très loin des télécommunications du futur, dimmenses
révolutions restent à faire pour que nos futurs réseaux,
les fameux NGN conviennent à la fois aux humains et aux machines,
fixes ou mobiles, au travail centralisé, distribué,
coopératif, à tous les médias.
Mais il faut dabord, pour cela, repenser complètement
les modèles dentreprises des télécommunications.
Les dégroupages, et les nouveaux modèles
économiques.
Nous avons souligné que les années 1990 étaient des
années de rupture. Les années 2000 tirent les conséquences
aux plans économiques et organisationnels de ces ruptures techniques.
Les technologies asynchrones de la commutation de paquet remettent en
question le modèle intégré du commutateur téléphonique.
Il nest dorénavant plus nécessaire de mettre toutes
les fonctions dun commutateur au même endroit comme il fallait
le faire en technologie synchrone. On peut dès lors se poser la
question de "qui fait quoi dans les réseaux téléphoniques
?". Il devient clair que le fameux traitement dappel dun
commutateur est en fait un traitement intégré (par un maître)
de fonctions de natures différentes quil serait
avantageux de traiter de manières indépendantes par des
systèmes coopératifs sans liens de subordination.
Plusieurs groupes de recherche identifient ces fonctions séparables,
on dit dégroupables, et proposent de nouvelles architectures de
commutation et de services où ces fonctions pourraient être
réalisées par des acteurs distincts. Il ny a donc
pas "un" dégroupage, celui de la ligne dabonné,
comme on le pense généralement mais plusieurs dégroupages.
Le dégroupage, au sens actuel, est le dégroupage du service
daccès. Mais on peut aussi dégrouper les services
intelligents et les services de transport.
On obtient ainsi un ensemble de trois types de services séparables
: laccès, le transport, lintelligence.
Dégroupage
horizontal et dégroupage vertical
Cette première séparation, est qualifiée dhorizontale.
Mais on peut encore distinguer, dans chacun de ces 3 types de services,
dautres niveaux de séparation conduisant encore à
des dégroupages supplémentaires qualifiés de verticaux.
Finalement loffre globale de services de télécommunication
peut être structurée en un tableau à deux dimensions
donc chaque case est susceptible dêtre exploitée par
des opérateurs économiques indépendants, libres doffrir
des services, originaux et utiles, mais nécessitant une vraie coopération
avec les autres composants du service global. Il sagit là
dune évolution très importante, nécessitant
une coopération effective, qui devrait permettre à des opérateurs
dun nouveau type, spécialisés sur lune des fonctions
mises en uvre par la communication, de se développer. Cette
évolution que lon voit déjà se mettre en place
avec larchitecture softswitch devrait parachever le travail de dérégulation
entamé dans les années 1990.
Comment remplacer la partie "contrôle
de l'appel" ?
Aujourd'hui un mot fait fureur dans le monde des télécoms
: softswitch, généralement traduit par contrôleur
dappel. Cest-à-dire la partie intelligente
(logicielle) du commutateur téléphonique. Ce type
déquipement est arrivé avec la voix dans les réseaux
IP , VoIP.
En effet, puisque celle-ci allait désormais être prise
en charge par les équipements commutant les paquets de données,
il fallait bien disposer quelque part dun organe intelligent,
capable non seulement détablir lappel, mais aussi
de fournir les services de base de la téléphonie et
de maintenir le dialogue avec les réseaux classiques fondés
sur la commutation de circuits et qui représentent encore limmense
majorité des infrastructures téléphoniques de
par le monde.
Le « softswitch » est la solution
qui gère dans un réseau NGN lintelligence du service
de commutation (gestion de tables dappels, gestion des plans
de numérotation). Toutefois, ce softswitch nest plus
associé à un point physique du réseau, et ne
gère plus les liens physiques du réseau, comme cétait
le cas dans un réseau TDM.
Le « media gateway », dont le rôle
est dassurer la gestion (disponibilité, détection
de fautes) de la couche physique du réseau. Cette couche physique
peut être le réseau de transmission, ou le réseau
daccès. Dans le cas où il sagit du réseau
daccès, la fonction de media gateway peut être
embarquée dans léquipement daccès
lui-même, comme cest le cas pour un MSAN.
Types de commutateur VoIP
Les commutateurs VoIP sont de deux types.
- Un commutateur de classe 4 est utilisé par un opérateur
de gros VoIP tel que IDT Express afin d'acheminer en toute sécurité
le trafic vocal sur de longues distances. Lors d'un appel, le commutateur
s'assure qu'il parvient au destinataire prévu, en empruntant l'itinéraire
le plus efficace pour y arriver.
- Un commutateur de classe 5 est utilisé pour fournir
des services à l'utilisateur final de détail du service.
Ceux-ci acheminent également les appels mais, en plus, ils offrent
des fonctionnalités telles que le renvoi d'appels, les conférences
téléphoniques et la messagerie vocale. Un commutateur de
classe 5 est ce que vous obtenez si vous optez pour un système
PBX hébergé pour gérer le trafic vocal de votre entreprise.
Vous pouvez, bien sûr, avoir un commutateur sur place sous la forme
d'un PBX plus traditionnel, ou vous pouvez avoir votre propre commutateur
logiciel en cours d'exécution sur un serveur interne. Il devient
de plus en plus populaire que le commutateur soit hébergé
dans le cloud.
- Commutateurs cloud. La présence de votre commutateur
dans le cloud vous offre un certain nombre d'avantages. Tout d'abord,
il est hautement évolutif, à mesure que votre entreprise
se développe ou si vous devez gérer des pics saisonniers
de trafic d'appels, vous pouvez facilement augmenter la capacité
sans avoir besoin de matériel supplémentaire.
Le Soft Switch peut être implanté sur un serveur ou installé
sur un commutateur traditionnel TDM ou un équipement différent
comme un Media Gateway. Dans ce cas, on parlera darchitecture distribuée.
La Migration TDM vers NGN, (figure 1) c'est
le sujet qui est en cours depuis les années 2000 et que nous
attendons pour ces prochaines années.
Le class 5 de NGN assure le remplacement des centres téléphoniques,
la croissance du trafic téléphonique à laccès,
ainsi que lADSL.

Rappel : La couche daccès : regroupe les fonctions
et les équipements permettant de contrôler laccès
des utilisateurs au réseau, selon la technologie daccès
(téléphonie commutée, DSL, câble). Cette
couche inclut les équipements DSLAM.
Dans la plupart des réseaux NGN déployés après
2004, la coexistence doffres daccès data et doffres
daccès voix dans le portefeuille des opérateurs
amène le déploiement de solutions « tout en
un », permettant le contrôle daccès pour
les services voix et les services data.
Ces solutions tout en un sont des MSAN.
La plupart des opérateurs historiques Européens
dEurope de lOuest ont testé ou commencé
à déployer des architectures NGN.
La plupart dentre eux ont dans la pratique des solutions
NGN qui sont utilisées dans leurs réseaux nationaux.
Toutefois, pour linstant, ces solutions ne sont pas déployées
dans une perspective de remplacement complet des solutions de réseau
commuté traditionnelles, utilisées pour le transport
du trafic voix.
Dans certains cas, lutilisation de softswitchs
est contingentée aux services voix sur IP proposés aux
abonnés DSL, et dans dautres, lutilisation de softswitchs
nintervient quen des nuds de commutation dont les
équipements TDM sont arrivés en fin de vie. Dans ce
dernier cas, les opérateurs sont dans une logique de remplacement
de leurs solutions.
La plupart des opérateurs historiques européens restent
prudents dans leurs plans de déploiement de solutions NGN,
à lexception notable de BT. Toutefois, de nouveaux facteurs
viennent aujourdhui accélérer leurs plans .
Généralement la modernisation des réseaux
et lintroduction des architectures NGN/IMS fait que les opérateurs
historiques détenant infrastructure de la boucle locale installent
des MSAN dits outdour ou externe au niveau des sous
répartiteurs. Ils ont ainsi déplacé les commandes
de dégroupage des répartiteurs généraux vers
les sous répartiteurs à part le dégroupage concernant
les zones radiales, qui est toujours assuré au niveau des MSAN
indour. Ils demandent ainsi aux opérateurs alternatifs de commander
le dégroupage au niveau des sous répartiteurs.
Cette évolution du dégroupage, du répartiteur général
vers les sous répartiteurs, nest pas facile pour les opérateurs
alternatifs surtout quand ce nest pas bien préparé
par tous les acteurs concernés par le dégroupage.
Rappel : IMS ou IP Multimedia System est une architecture réseau
destinée à délivrer les services basés sur
le protocole IP aux utilisateurs mobiles. Le concept dIMS est de
permettre la mutualisation de plusieurs média, plusieurs points
daccès et plusieurs mode de communication dans un seul réseau,
permettant ainsi à lutilisateur final de profiter simultanément
de la voix, de la data et des sessions multimédias.
IMS est une architecture indépendante de laccès physique,
et par conséquent le service est délivré quelque
soit le terminal (téléphone mobile, PC via ADSL ou FO,
)
ce qui permet une convergence des accès. De plus, les services
sont accessibles à lutilisateur même en cas de mobilté,
de roaming, LIMS est donc le réseau incontournable qui permettra
à la 4G (LTE) de bénéficier de toutes ses fonctionnalités,
notamment de la voix.
Architecture softswitch et NGN.
La fin de la distinction entre réseaux publics et réseaux
privés
Loutil de choix, permettant ces dégroupages plus profonds
est la téléphonie sur IP, telle que nous l'avons décrite
en parlant de NGN.
Jusqu'ici, les commutateurs étaient constitués de concentrateurs,
d'un réseau de connexion et d'unités de contrôle.
Si lon utilise pour le transport une technologie asynchrone
comme la commutation de paquet il nest plus nécessaire
que les diverses fonctions dun commutateur soient intégrées.
Les concentrateurs sont renommés "Media Gateways"
MG, les unités de contrôle sont renommées
"Media Gateway Controlers" MGC et ce sont
les routeurs du réseau Internet ou du NGN qui se substituent
aux matrices temporelles des réseaux de connexions des commutateurs.
Cette nouvelle architecture de commutation, appelée "Softswitch"
est beaucoup moins coûteuse pour les opérateurs de services
vocaux puisquelle fait supporter le coût de la commutation
proprement dite aux transporteurs Internet. Elle permet de dégrouper
les opérateurs de service dappels, des opérateurs
de services supports (Internet). Les opérateurs de service
vocaux nont plus à faire que leur vrai métier
: le contrôle dappel. Cet aspect éclaté
du softswitch permet d'externaliser les commutateurs privés
ou PABX. Il n'est dorénavant plus nécessaire pour une
PME de posséder son propre PABX. Il suffit que ses téléphones
soient des téléphones IP pour quils soient pris
en compte par un MGC externalisé faisant fonction de PABX,
on dit aussi dIP Centrex.
Peut on dire, dans cette configuration, que lopérateur
du MGC extérieur est un opérateur public ou un opérateur
privé ?
Cette question na plus beaucoup de sens et la distinction public-privé
sestompe complètement.
Les réseaux mobiles, sont à leur tour destinés
à devenir des NGN.
Il est en effet prévu par le 3GPP (Third Generation
Partnership Project) que lUMTS version 5 utilise une
couche transport intégrée en mode paquet et une nouvelle
architecture de contrôle dite IMS (IP Multimedia Services) conçue
pour la communication mobile multimedia.
LIMS est en fait, avec des sigles différents,
une évolution de larchitecture softswitch intégrant
lensemble des services daccès, de transport et
dintelligence à la fois pour la voix, la video et les
données.
Une solution très semblable sera probablement reconduite
dans les réseaux fixes suite aux travaux de lETSI.
Il semble donc inéluctable que larchitecture Softswitch
et ses dérivés sétendent à tous
les réseaux.
Les pays émergeants où tout est à construire
ont déjà opté pour cette solution.
A lheure des nouvelles superpuissances, ce sont des centaines
de millions de nouveaux abonnés quil faut raccorder.
Dans ces conditions, il est probable quassez rapidement cette
nouvelle architecture, associée au dégroupage beaucoup
plus complet quelle rend possible, devienne très largement
majoritaire au plan mondial, en changeant complètement les
modèles dentreprises sur lesquels étaient fondées
les télécommunications jusquici.
Différentes approches technologiques vers le
NGN
Il nexiste pas darchitecture standard pour un NGN, ni même
darchitecture, qui, de fait, simpose à tous. Dans la
pratique, deux types de déploiements apparaissent néanmoins
:
Des déploiements pour lesquels le réseau voix reste
un environnement réseau dédié, mis en uvre
en utilisant des équipements dont le rôle est spécifiquement
associé à la gestion des services vocaux. Ces équipements,
media gateways et softswitchs, nont alors pour caractéristique
que dutiliser un réseau de transmission commun avec les services
de données. Dans ce cas les opérateurs conservent des points
de commutation distribués dans le réseau. Il ny a
pas de changement important à cet égard par rapport à
un réseau traditionnel TDM, si ce nest une diminution du
nombre de centres de commutation, où peut avoir lieu linterconnexion.
Des déploiements pour lesquels les opérateurs respectent
larchitecture de référence « IMS ».
Ils envisagent en ce cas de pouvoir déployer des services qui combinent
voix et data au sein dune seule et même session, ce qui nest
pas possible dans le cas précédent. Dans ce cas, les équipements
peuvent être différents, et le contrôle des sessions
voix-data peut être extrêmement centralisé.
Un opérateur comme BT, par exemple, envisage dans son réseau
BT 21 CN de ne déployer quune dizaine d« intelligent
nodes », qui sont les points où ce contrôle de session
sera réalisé. Un opérateur alternatif devrait donc
pouvoir sinterconnecter en ces points, et pourrait, par exemple,
peerer le trafic IP correspondant en dautres points.
On peut distinguer deux approches :
Les stratégies d'overlay, consistant à
déployer un réseau NGN en parallèle du réseau
commuté existant, sont très coûteuses pour les opérateurs
qui les déploient, même si les gains à terme sont
importants. Lopérateur doit faire face à une augmentation
de ses coûts pendant la phase de migration, où le réseau
NGN est déployé et le réseau TDM existant est maintenu.
Les gains arrivent ensuite, lorsque lopérateur commence à
gérer son trafic vocal sur le réseau overlay quil
a construit, tout en diminuant le volume de trafic supporté par
son réseau traditionnel, sur lequel il ninvestit presque
plus. BT est un des rares opérateurs ayant choisi ce scénario,
notamment parce que lopérateur avait de toute façon
dimportants besoins de financement dans son réseau existant.
Les stratégies de remplacement, consistant
à remplacer progressivement les commutateurs traditionnels en fin
de vie par des softswitchs NGN, présentent un bénéfice
plus immédiat pour les opérateurs qui les retiendront. Il
est à cet égard remarquable de constater que les opérateurs
ayant concrètement envisagé de déployer des solutions
de type NGN ont quasiment tous retenu cette approche .
La migration vers les NGN apparaît comme
un processus inévitable du fait de la double convergence voix/données/image
et fixe/mobile.
Elle est déjà enclenchée par un certain nombre
d'acteurs en France, en Europe et sur d'autres continents, et ses
impacts doivent donc être analysés et anticipés.
Cependant elle s'annonce longue (une échelle de temps de 10
à 20 ans semble raisonnable), incomplète (cohabitation
inévitable avec les architectures dites traditionnelles) et
difficile à court terme du fait de l'existence de solutions
concurrentes ayant des niveaux de fonctionnalités et de maturité
différents, et des problématiques d'interopérabilité
de bout en bout.
Les acteurs qui semblent les plus en retrait par rapport aux solutions
NGN sont ceux ayant investi fortement et récemment dans des
infrastructures de commutation voix traditionnelle TDM, et les opérateurs
ayant déjà un accès boucle locale bas débit
et des commutateurs d'accès.
A court terme, la résolution des difficultés actuelles,
notamment concernant le dégroupage de la boucle locale et l'évolution
vers des offres d?accès haut débit.
Selon le document
de l'Arcep (Autorité de régulation des communications
électroniques et des postes) Décision n° 2017-1453
Plusieurs chantiers d'évolution pour la réglementation
et la régulation ont été identifiés :
Sur le plan de la réglementation :
- La transposition rapide des nouvelles directives européennes
(" package 2000 ") en France.
- La définition du statut des futurs différents acteurs
NGN, notamment les fournisseurs de services, et des droits et obligations
associés (notamment les régimes d'autorisation et conditions
d'interconnexion).
Sur le plan de la régulation :
- L'évolution à prévoir de la surveillance du
marché, avec une attention particulière à porter
à la problématique de la qualité de service (au
sein d'un réseau IP, et de bout en bout), qui est identifiée
comme un risque important et un point manquant de maturité.
- Un rôle renforcé d'animation du marché et de
facilitation des discussions techniques et opérationnelles.
Sur le plan de la veille, en préparation à
une éventuelle évolution du cadre réglementaire
et de la régulation :
- Une réflexion de fond sur l'évolution des ressources et
mécanismes de gestion de la numérotation, du nommage et
de l'adressage au sein des réseaux NGN (évolution vers IP).
- L'évolution nécessaire de certains services généraux
pour prendre en compte un environnement convergent voix/données
et fixe/mobile, comme la portabilité, les services d'urgence
(en relation avec les problématiques de géolocalisation)
le périmètre et la définition technique des services
" de base ", l'interception légale.
- L'évolution de l'interconnexion des réseaux, services
et systèmes d'information, qui soulève des problématiques
de normalisation d'interfaces, d'interopérabilité et de
volonté stratégique des acteurs pour ouvrir leurs réseaux
à des partenaires. Il semble opportun, dans l'objectif de préparer
un paysage allant dans le sens des NGN, d'encourager activement dès
maintenant l'ouverture des réseaux d'opérateurs aux fournisseurs
de services tiers, que ce soit dans le cadre des réseaux et services
mobiles (ex. : GPRS) ou fixes.
Sil apparait vraisemblable que linterconnexion
en mode IP devienne au cours du cycle à venir (2017-202x) la
modalité dinterconnexion quasi-exclusive en métropole
et généralisée outre-mer, lAutorité
continuera de sassurer que cette transition ne fausse pas le
jeu concurrentiel et prévoie les délais de mise en uvre
et de préavis suffisants, permettant aux opérateurs
interconnectés de sadapter.
En particulier, il parait nécessaire de prévoir, pour
les opérateurs qui ne lauraient pas déjà
annoncée, une période de recouvrement minimale de 18
mois des deux modalités dinterconnexion,
TDM et IP, assurant notamment une fourniture dans des conditions tarifaires
équivalentes entre les deux modalités durant cette période.
À lissue de cette période, la modalité
dinterconnexion IP pourra devenir, pour le trafic de terminaison
compatible, loffre de référence unique.
Une fois ce mouvement enclenché, lopérateur fournisseur
de terminaison dappel pourra engager le processus de fermeture
commerciale puis technique de son offre dinterconnexion TDM.
Ce processus pourra saccompagner dune évolution
raisonnable des tarifs de linterconnexion TDM, dès lors
quelle ne sera plus considérée, pour les trafics
de terminaison compatibles avec une interconnexion IP, comme une modalité
dacheminement efficace du trafic depuis les points dinterconnexion
pertinents, afin daccompagner au mieux la fermeture de loffre,
selon des
modalités transparentes, prévisibles et loyales. En
tout état de cause, les évolutions apportées
à la modalité dinterconnexion TDM devront respecter
des délais de préavis suffisants ...
Cas particulier des services nécessitant une interconnexion
TDM de bout en bout.
Malgré lavancement de la migration vers linterconnexion
en mode IP, certaines catégories de trafic ne sont à
ce jour pas encore compatibles avec ce mode dinterconnexion
et nécessitent un routage en mode TDM de bout en bout. Les
configurations dont les difficultés techniques et opérationnelles
nont pas encore trouvé de solution en interconnexion
IP devront continuer à bénéficier doffres
régulées en mode TDM. LAutorité note que
des travaux de concertation sont en cours au sein dassociations
inter-opérateurs pour la gestion du trafic résiduel
dinterconnexion en TDM.
Lextension de la modalité dinterconnexion IP à
de nouvelles configurations de trafic pourra nécessiter une concertation
en amont (établissant notamment des règles claires et partagées
entre les parties) et des points davancement réguliers. Ceux-ci
seront organisés, le cas échéant, dans un cadre multilatéral
associant lensemble des opérateurs concernés et, si
nécessaire, sous légide de lAutorité.
Le réseau fixe dOrange présente
des spécificités notamment la cohabitation de deux
réseaux distincts (RTC et NGN33), la capillarité et la structure
hiérarchique de son réseau RTC qui lui confèrent
un niveau de complexité supérieur à ceux des autres
opérateurs (ou à celui de son réseau mobile). Il
apparaît donc nécessaire à lAutorité
de préciser, sagissant du réseau fixe dOrange,
les implications des obligations générales daccès
précitées.
Conformément aux dispositions du IV de larticle L. 38 du
CPCE, il est nécessaire quOrange fasse droit aux demandes
raisonnables daccès des opérateurs tiers concernant
lévolution de son architecture dinterconnexion, afin
de ne pas fausser le jeu concurrentiel, dans un environnement technologique
en évolution rapide. Le caractère raisonnable dune
telle demande daccès est apprécié au regard
de la proportionnalité entre les contraintes économiques
et techniques d'une telle demande, dune part, et le bénéfice
attendu pour la résolution d'un problème concurrentiel particulier,
dautre part.
Orange propose actuellement :
- une offre de colocalisation qui permet à un opérateur
dinstaller ses équipements de transmission directement dans
les locaux dOrange
- une offre de Lien de Raccordement (LR) permettant aux opérateurs
tiers lacheminement du trafic entre leurs équipements colocalisés
et le point de raccordement dOrange ;
- une offre de Lien de Raccordement (LR) permettant aux opérateurs
tiers lacheminement du trafic entre leurs sites distants et le point
de raccordement dOrange
Ces offres de colocalisation et de raccordement des sites dinterconnexion
dOrange sont nécessaires pour couvrir lensemble des
configurations dinterconnexion et pour permettre aux opérateurs
de moindre envergure de disposer dune flexibilité dans les
options de déploiement.
Conformément aux objectifs fixés par larticle L. 32-1
du CPCE, en particulier ceux prévus aux 1° et 2° du III,
et en labsence de mesures moins contraignantes qui permettraient
datteindre le même but, l'Autorité considère
comme proportionné dimposer à Orange de proposer,
au titre de larticle D. 310 du CPCE, notamment de ses 1° et
3°, une offre de raccordement des équipements des autres opérateurs
comprenant a minima les trois solutions précitées. Il est
également nécessaire quOrange continue à fournir
ces prestations, une fois offertes, au titre du IV de larticle L.
38 du CPCE, en particulier les a), b), c) et d). En effet, leur suppression
ou leur modification aurait pour conséquence de déstabiliser
le marché et les plans daffaires des opérateurs alternatifs.
Ces obligations sont conformes aux critères fixés par le
IV de larticle L. 38 du CPCE en particulier ses a), b) et d) en
ce quelles sont aujourdhui fournies par Orange et permettent
le développement de la concurrence. Elles sont, par ailleurs, proportionnées
aux objectifs de larticle L. 32-1 du CPCE, notamment ceux fixés
aux 1° et 2° du III.
...
De quoi nous maintenir en haleine pour les prochaines années.
A suivre
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