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Les
Colonies Espagnoles
En Afrique
Contrairement aux Portugais, les Espagnols nont jamais fait la moindre
publicité autour de leur uvre africaine, aussi le public
français ignore-t-il à peu près tout des présides
( places de souveraineté de la côte nord, et la province
d'Ifni.), de Ceuta et de Melilla, dIfni, du Rio-de-Oro
ou Sahara espagnol, de lî²le de Fernando-Po
et de la Guinée espagnole, ensemble de territoires couvrant
un peu moins de 300 000 kilomètres carrés et groupant environ
400 000 habitants.
Il est vrai que le développement économique et social de
ces pays qui ont cessé dêtre colonies en juillet 1960
pour devenir « provinces espagnoles » est extrêmement
récent : la frontière de la Guinée na été
fixée, après accord avec les Français, quen
1900, et linstallation effective des Espagnols dans lintérieur
du pays na guère commencé quen 1925-1926.
Cependant, si nul ne conteste lintérêt
économique restreint des « provinces espagnoles » dAfrique,
celles-ci devraient néanmoins retenir toute lattention de
ceux qui suivent au jour le jour lévolution politique du
continent noir. Car, depuis quelques mois, un mouvement nationaliste qui
possède de solides appuis extérieurs se manifeste en Guinée
espagnole, territoire sur lequel la République gabonaise et la
République fédérale du Cameroun ont déjà
certaines revendications à formuler.
Dautre part, Ifni et le Sahara espagnol intéressent léquilibre
de toute la partie occidentale du Sahara, et, à Rabat comme à
Nouakchott, on est très sensibilisé à tout ce que
les autorités de Madrid entreprennent dans cette zone.
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Le Rio de Oro, « Rivière
d'or ») était une colonie (1884-1958) puis une province (1958-1976)
espagnole, située sur le territoire du Sahara occidental. Elle
est intégrée dans l'Afrique occidentale espagnole entre
1946 et 1958.
En 1958, elle devient une province espagnole et est intégrée
au Sahara espagnol. Son chef-lieu était Villa Cisneros, actuelle
Dakhla. Son territoire est revendiqué et majoritairement contrôlé
par le Maroc depuis 1979.
(1928 Eut
lieu l'affaire de la captivité de laviateurs REINE et dEdouard
SERRE, Directeur des Services de Télégraphie sans Fil de
la Compagnie Aéropostale, prisonniers dune tribu maure dans
le Rio-de-Oro.)
Contrairement à ce qu'indique son nom, qui parle
d'or, les ressources de la province sont limitées : phosphates,
dattes, et sa zone de pêche, beaucoup plus rentable. Territoire
désertique, peu peuplé, le Rio de Oro coûte plus cher
à l'Espagne en proportion de ce que rapportent ses maigres ressources.
La province d'Ifni était une ancienne province
d'Espagne colonisée en 1934 et située dans le sud-ouest
du Maroc, sur la côte atlantique.
Le territoire, dont la capitale était Sidi Ifni, a été
décolonisé en 1969 pour être intégré
à la région marocaine de Souss-Massa-Drâa.
Sa superficie était de 1 502 km2 et sa population de 51 517 habitants

Il existe un réseau radiotélégraphique et téléphoniques
: 3 centraux et 131 abonnés.
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Le Sahara espagnol

Le télégraphe est installé à El Alun, à
Villa Ciseros et à La Guera. En 1959 il y a deux centraux téléphoniques
avec 206 abonnés.
Le Sahara occidental est un territoire de 266 000 km2
du Nord-Ouest de l'Afrique, bordé par la province marocaine de
Tarfaya au nord, l'Algérie au nord-est, la Mauritanie à
l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'Atlantique.
Cette possession espagnole est une région désertique, peu
peuplée mais riche en phosphates suscite lintérêt
des Etats voisins.
En novembre 1975, lEspagne renonce au Sahara occidental au profit
du Maroc, pour les 2/3, et de la Mauritanie pour 1/3.
Cet accord est aussitôt dénoncé par lAlgérie
et le parti indépendantiste sahraoui du Polisario qui proclame
la République arabe sahraouie démocratique en 1976. Un long
conflit baptisé « la guerre des sables » sensuit,
au cours duquel la Mauritanie renonce à sa part au profit du Maroc.
Depuis la fin des hostilités en 1991 lONU
demande que les populations du Sahara occidental soient consultées
par référendum, mais lorganisation de celui-ci a été
repoussée à plusieurs reprises.
L'Espagne s'implanta dans le Sahara-Occidental entre 1509 et 1524,
qui tomba ensuite sous la domination du Maroc.
Puis dans les îles Canaries (depuis 1478), de nombreux territoires
en Algérie (1505 - 1555), au Maroc (1505 - 1958), en Lybie (1510
- 1551), le Sahara espagnol (1885 1975), en Tunisie (1535 - 1574),
la Guinée équatoriale (1827 - 1968), ainsi que plusieurs
îlots dans l'Atlantique.
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Le territoire est revendiqué à la
fois par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique
(RASD), proclamée par le Front Polisario en 1976. Ce dernier
est un mouvement dont l'objectif est l'indépendance totale
du Sahara occidental, revendication soutenue par l'Algérie.
Devenu un enjeu global illustrant la rivalité entre le Maroc
et l'Algérie, le dossier saharien bloque toujours la construction
de l'Union du Maghreb arabe (UMA). Le Polisario s'appuie sur un
« consensus écrasant parmi les Sahraouis vivant sur
le territoire en faveur de l'indépendance et en opposition
à l'intégration avec tout pays voisin », tel
que décrit dans un rapport de l'ONU en 1975. Le Maroc fonde
sa revendication sur les accords de Madrid et sur la base de liens
d'allégeance passés entre les tribus sahraouies et
les sultans du Maroc. En effet, la position marocaine met en avant
l'appartenance du territoire aux différentes dynasties comme
les Almoravides, issus de ce même Sahara, et les Almohades
dont la monarchie actuelle est l'héritière et qualifie
le conflit de relique de la colonisation5.
Depuis le cessez-le-feu de 1991, le Maroc contrôle
et administre environ 80 % du territoire, tandis que le Front Polisario
en contrôle 20 % laissés par le Maroc derrière
une longue ceinture de sécurité, le « mur marocain
» devenu aujourd'hui la frontière de facto.
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En 1884 l'Espagne place ce territoire sous son protectorat
. Le Sahara espagnol est créé à partir des territoires
de Rio de Oro et de Seguia el-Hamra en 1924. Il est administré
en commun avec le territoire de Cap Juby (Tarfaya), séparément
des territoires marocains sous protectorat espagnol. L'Espagne réorganise
ces territoires en Afrique occidentale espagnole (1946-1958),
puis en Sahara espagnol....
Territoire non autonome selon l'ONU, cette ancienne colonie espagnole
n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan
juridique depuis le départ des Espagnols, en 1976. Le 27 février
1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD)
est proclamée.
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La Guinée Espagnole

1968 La République de Guinée-Equatoriale,
qui comprend les deux provinces de Rio-Muni et de Fernando-Poo,
accède à lindépendance le 12 octobre.
Le gouvernement de Madrid a accepté dès
cet été la date proposée par les nationalistes guinéens
et M. Jaime Pinias, délégué espagnol aux Nations
unies, a officiellement annoncé les intentions de son gouvernement
le 10 juillet dernier à New-York.
C'est dans lamitié
avec lEspagne que les deux provinces espagnoles de Rio-Muni et de
Fernando-Poo accèdent à la souveraineté internationale.
Et si lon ignore encore sous quelle
forme exacte lancienne puissance coloniale maintiendra son aide
technique et économique, du moins sait-on que cette aide indispensable
sera consentie.
« LEspagne nest
pas et na jamais été colonialiste, elle est civilisatrice,
ce qui est tout à fait différent », a déclaré
en juillet dernier le général Franco dans un message aux
Guinéens. Et, quelques jours plus tard, le quotidien madrilène
Ya notait : « LEspagne est fière de cette nouvelle
sur qui, après un processus décolonisateur qui na
pas son pareil en Afrique, vient sincorporer à la famille
des peuples qui prient Jésus-Christ et parlent espagnol... »
Les propos du chef de lEtat espagnol
et les commentaires dun quotidien considéré comme
reflétant les thèses gouvernementales permettent de saisir
dans quel esprit lEspagne sest résignée à
une décolonisation réalisée sous la pression constante
de certains organismes spécialisés de lONU et de la
plupart des nations indépendantes dAfrique.
En tout état de cause, léconomie de la Guinée-Equatoriale
est relativement fragile. Certes, lîle de Fernando-Poo produit
un cacao dexcellente qualité dont lexportation suffit
à assurer un niveau de vie enviable à ses habitants, mais
une importante partie des habitants de Fernando-Poo sont fondamentalement
hostiles au maintien de lunion entre la Guinée insulaire
et la Guinée continentale.
Dautre part, la province de Rio-Muni ne dispose
que de maigres ressources. Quelques exploitations forestières abattent
lokoumé, exporté vers lEurope, et de petites
plantations de cacao permettent la vente dun produit nettement inférieur
en qualité à celui récolté à Fernando-Poo.
Bata, capitale du Rio-Muni, nest quune petite ville léthargique
dépourvue dinstallation industrielles.
Depuis quelques mois, il est vrai, dimportantes
prospections pétrolières sont en cours et, compte tenu de
labondance des ressources en pétrole du Gabon, pays frontalier,
les Guinéens placent de grandes espérances dans ces recherches.
La Spanish Gulf Oil Company a entrepris une campagne de
prospections en mer à partir de plates-formes venues des Etats-Unis.
Associée à la Banco de Bilbao et aux mines de Rio Tinto,
cette campagne a déjà décelé des indices intéressants,
mais aucun puits nest encore en exploitation. La recherche étant
coûteuse et les compagnies américaines opérant en
dautres points du golfe de Guinée dont les ressources sont
déjà connues notamment au Nigeria et au Gabon,
il nest pas exclu que les pétroliers américains préfèrent
exploiter dautres gisements africains si leurs efforts venaient
à être découragés au large de Bata.
Récente, la présence américaine dans
cette partie du continent noir nen vaut pas moins dêtre
signalée. Elle suscite dautant plus de commentaires que lon
a prêté à plusieurs reprises au gouvernement des Etats-Unis
lintention dinstaller une base navale à Fernando-Poo.
Les deux cent soixante mille habitants de la Guinée-Equatoriale
sont dautre part profondément divisés. Les très
longues négociations qui ont précédé la décision
des Cortès daccorder lindépendance au pays ont
souligné combien les désaccords étaient profonds
entre les différents leaders nationalistes guinéens et combien
les autorités espagnoles cherchaient à exploiter ces désaccords.
Aux soixante mille habitants de Fernando-Poo sopposent
les deux cent mille habitants du Rio-Muni. Il sagit de deux régionalismes
récents, mais vigoureux. Aux Bubis de lîle sopposent
les Fangs du continent, appartenant au même rameau ethnique que
les populations du nord et de louest du Gabon.
A loccasion du référendum daoût
dernier, les Bubis défilèrent dans les rues de Santa-Isabel
de Fernando-Poo en proclamant : « Non à lindépendance
» et surtout : « Indépendance oui, mais sans Rio-Muni.
» La consultation électorale, qui intervenait six années
après loctroi de lautonomie aux deux provinces, fut
évidemment favorable à lindépendance
les habitants de Rio-Muni étant largement majoritaires. La commission
électorale enregistra 63,1 % de « oui » et 35 % de
« non » pour une participation de 93,7 %.
Cependant, le pays nétant doté que
dun premier ministre, les élections présidentielles
du mois dernier ont donné lieu à une âpre compétition
entre les trois candidats, incitant les autorités espagnoles à
envisager un deuxième tour de scrutin.
Contrairement aux pronostics, cest M. Francisco
Macias, président dune coalition de trois partis, qui a recueilli
le plus grand nombre de suffrages. Mais ses deux adversaires, MM. Bonifacio
Ondo Edu considéré avant le scrutin comme ayant les
chances les plus sérieuses et Anastasio Ndongo, ont obtenu
un nombre important de voix.
Les conditions dans lesquelles se sont déroulés
le référendum constitutionnel et les élections présidentielles
permettent de mesurer lampleur des tensions politiques qui sévissent
en Guinée-Equatoriale. Ce sont ces tensions qui, plus que les revendications
territoriales des pays voisins, menacent la pérennité du
nouvel Etat. En effet, le Nigeria, qui, du fait de la présence
de plusieurs milliers de travailleurs nigérians à Fernando-Poo,
songea un moment à revendiquer cette île, a renoncé
à cette exigence. Il est en effet difficile au gouvernement fédéral,
en lutte contre le Biafra au nom du respect du statu quo territorial,
de se comporter en expansionniste. Quant au Cameroun et au Gabon, aux
dirigeants desquels on prêta longtemps des intentions précises
sur ce qui constituait alors la Guinée espagnole, ils ont tous
deux officiellement renoncé à incorporer Rio-Muni, dont
les 26 000 kilomètres carrés ne contribueraient guère
à accroître non seulement la surface mais la prospérité
de leurs propres pays.
L'ile de Fernando-Po

Le nom de l'île dérive de l'explorateur portugais Fernando
Pó (ou Fernão do Pó), premier européen à
visiter l'île au XVe siècle.
D'abord colonie espagnole, l'île de Fernando
Poo devient une province à part entière de l'Espagne en
Afrique à partir de 1959, aux côtés de la partie continentale
de l'actuelle Guinée équatoriale, et ce jusqu'à l'indépendance
du pays en 1968.
Entre 1959 et 1968, la province portait également
le nom de Región Ecuatorial Españolatrad ,
plus connue sous le nom de Guinée espagnole.
En 1959 on comptait 12 bureau de Poste à Fernado-Poo
et 11 à Rio Muni .
En 1960 il y avait 8 centraux téléphones, 941 abonnés
concentés à Fernado-Poo et à Bata.
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La Guinée équatoriale
Superficie totale 28 051 km2
Ancienne colonie espagnole pendant la
colonisation européenne de l'Afrique,, la possession Guinée
équatoriale est constituée dun ensemble diles
et dune enclave continentale entre le Cameroun et le Gabon. Lémancipation
de ce territoire se fait par étapes : fin de lindigénat
en 1959, régime de semi-autonomie en 1964.
Elle obtient son indépendance le 12 octobre 1968 sous la dictature
sanglante du Président à vie, Francisco Macías Nguema.
Depuis son renversement par un coup d'État en 1979, le président
du pays est son neveu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
Sous sa propre dictature, la Guinée équatoriale continue
à connaître de graves violations des droits de l'homme.
Depuis les années 1990,
la Guinée équatoriale est devenue un important pays producteur
de pétrole en Afrique subsaharienne. Mais sa production décline
depuis 2016 ... peu de gens ont profité
des richesses issues du pétrole, et les inégalités
restent très importantes
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En Amérique
du sud
La colonisation espagnole
de l'Amérique, commencée avec les voyages de Christophe
Colomb vers la fin du XVe siècle, a permis à la monarchie
catholique espagnole de maîtriser une grande partie du continent
(son extension maximale étant atteinte au XVIIIe siècle).
L'Espagne a ensuite perdu progressivement cette domination avec laccès
à lindépendance des territoires, et la guerre hispano-américaine
de 1898, quand les dernières colonies espagnoles (Cuba, Porto Rico,
les Philippines) ont été perdues au profit des États-Unis.
Les possessions du continent Amérique constituaient une grande
partie de l'empire espagnol.
Les premières colonies étaient situées dans les Caraïbes,
puis se sont ensuite étendues à l'Amérique centrale,
la partie de l'Amérique du Sud située à louest
du « méridien de Tordesillas », le Mexique,
le Sud actuel des États-Unis et enfin une partie de l'Alaska.Au
début du XIXe siècle, les colonies espagnoles en Amérique
commencèrent leur processus d'indépendance qui se termina
autour de 1825.
Les colonies restantes de Cuba et de Porto Rico
furent finalement perdues à
l'issue de la guerre hispano-américaine en 1898, qui mit un terme
définitif à la domination espagnole sur les Amériques.
La colonisation européenne des Amériques,
ou plutôt les différents Empires coloniaux que les différentes
puissances maritimes européennes ont essayé de constituer,
sur plus de trois siècles, contribue à brouiller les repères,
par les rivalités ainsi provoquées, batailles, guerres, pirateries,
et commerce triangulaire.
L'essentiel reste l'Empire colonial espagnol (1492-1975) et l'Empire colonial
portugais (1415-1999), colonisation portugaise de l'Amérique).
A droite Carte des territoires de l'Empire espagnol pendant
l'union ibérique (1580-1640).
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