|
Bruno Abdank Abakanowicz
Bruno Abdank-Abakanowicz est né le 6 octobre
1852 à Ukmerge, sous le Gouvernement de Kowno, de l'Empire russe
(anciennement le grand-duché de Lituanie).
Après avoir été diplômé
de l'École polytechnique de Riga, Lettonie, à l'âge
de 23 ans, il devient assistant à l'Université technique
de Lwów, où il enseigne la géométrie, et la
mécanique. En 1881, il s'installe en France où il achète
une villa au parc de Saint-Maur, à Saint-Maur-des-Fossés.
Il est l'inventeur d'un intégraphe, dont il dépose
le brevet en 1880, parmi ses autres inventions, le parabolagraphe, le
spirographe, le transmetteur électro-magnétique (cloche
électrique) utilisé dans les trains, et une lampe à
arc électrique de sa propre conception. Abakanowicz a publié
plusieurs ouvrages mathématiques, dans le domaine des statistiques,
des intégraphes et de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique.
En 1881, le gouvernement français engagea Abakanowicz
comme expert en électrification. Il fut responsable de l'électrification
complète de plusieurs villes, dont Lyon. Il vécut dans
une villa à Parc-Saint-Maur, près de Paris, et acquit
progressivement deux propriétés de villégiature
: l'une à Champigny et l'autre sur l'île bretonne de Costaérès,
déjà mentionnée. Le château porte le même
nom. Le mot « costaérès » vient du breton
local, d'origine celtique, et désigne un lieu où les pêcheurs
font sécher leur poisson au soleil.
En France, Abakanowicz fonda son propre laboratoire, où il construisit,
entre autres, des "cloches électromagnétiques"
pour la signalisation ferroviaire et un générateur. Il
présenta des appareils de sa propre conception lors d'expositions
techniques dans les capitales européennes.
Parc Saint-Maur
En 1884, Henryk Sienkiewicz avait fait publier un roman historique sous
la forme d'un feuilleton dans des journaux polonais. Par le fer et par
le feu
relatait les aventures d'un jeune officier au milieu du 17e siècle,
marqué par l'insurrection des cosaques et des tartares des confins
ukrainiens contre le roi de Pologne. L'auteur souhaitait ainsi raviver
le patriotisme polonais. Le roman rencontra un important succès
populaire parmi ses compatriotes et devint le premier tome d'une trilogie.
La tuberculose emporta son épouse l'année suivante, peu
après la naissance de leur fils et de leur fille. Pendant quelques
années, il préféra fréquenter les stations
thermales ou il pensait préserver la santé de ses enfants.
Il ne fit donc que de très courts séjours a Paris. Puis
la vaste maison de l'ingénieur a Saint-Maur devint l'adresse parisienne
favorite de I'écrivain et de ses enfants. Les deux hommes avaient
des filles du même âge qui devinrent les meilleures amies.
Sienkiewicz pouvait y rencontrer des connaissances de l'ingénieur
: savants, artistes ou hommes de lettres, tous militants de la cause patriotique
polonaise.
Il expliquait aussi : « La proximité de Paris permet de respirer
une atmosphère de grande culture, mais ne m'empêche pas pour
autant de jouir du silence et de la paix du Parc Saint-Maur. [...]. Presque
nulle part, je n'ai autant de facilité a écrire que chez
lui. »
Le futur Nobel y créa notamment une grande partie du roman historique
intitulé Les Chevaliers Teutoniques, dont son épisode-clé,
la bataille de Grunwald. L'intrigue a pour cadre la Pologne moyenageuse,
en proie aux chevaliers teutoniques au début du 14e siècle.
Dabord publié sous la forme d'un feuilleton entre 1897 et
1899, le roman rencontra un important succés populaire et fut progressivement
édité en vingt-cing langues a partir de 1900.
En 1889, il représente les États-Unis, à l'Exposition
universelle de Paris.
Ses différents brevets lui ont permis de devenir un homme riche
et aussi de recevoir la Légion d'Honneur en 1889.
Il a construit et commercialisé en 1889 plusieurs modèles
de transmetteurs tous équipés du microphone de son invention.
Les Téléphones ABDANK et ABAKANOWICZ
En 1885 
Il a été construit un poste à appel magnétique
et à transmetteur microphonique par la Compagnie des signaux
magnétiques et communications téléphoniques. ce
poste a été expérimenté entre les bureaux
de MM. Rothschild frère rue Laffitte et le château de Ferrières,
distance de 38 kilomètres, qui a donné les résultats
les plus satisfaisants.
Ce poste est représenté dans les figures ci dessus. Le
microphone est du système Hughes et chaque poste possède
deux éléments Lalande et Chaperon fixés au dos
des parois latérales de la boîte. Cet appareil est dune
sensibilité excessivement grande. La figure gauche donne une
vue extérieure du poste complet; la figure droite montre la disposition
des organes intérieurs
Autres modèles vers 1885

1888 APPAREIL MICRO-TÉLÉPHONE
Les deux premiers brevets pour l'invention du téléphone
ont été obtenus par Bruno Abdank-Abakanowicz en
France et en Autriche-Hongrie en 1888 et, le 8 octobre 1889, il a reçu
un brevet aux États-Unis et l'a immédiatement remis à
la compagnie de téléphone ` American Bell '' .
Le mémoire descriptif du brevet contient principalement une description
de l'émetteur de microphone, qui est un élément
essentiel de l'invention.
Dans les téléphones Abdank-Abakanowicz, tous les composants
sont placés dans un petit boîtier qui rend le téléphone
compact, précis et adapté à un usage domestique.
Cependant, les émetteurs à l'époque étaient
trop encombrants et ne pouvaient pas être utilisés dans
un si petit téléphone. Abdank-Abakanowicz a réussi
à créer un petit émetteur très sensible,
dont l'efficacité était assurée par la disposition
spéciale de quatre tiges de microphone en carbone, chacune étant
dans sa propre cellule individuelle. Grâce à cet agencement
de tiges de carbone, la tension apparaissant sous l'influence de la
voix de l'orateur. Une augmentation vocale a entraîné une
augmentation de la sensibilité du microphone.
Le téléphone était utilisé dans diverses
institutions publiques et ménages privés.

Autre invention
« Le nouvel appel magnéto-électrique »
On retrouvera sa coopération avec les téléphones
Mors-Abdansk.
Le récepteur
La forme de l'aimant du récepteur Mors-Abdank est originale.
La figure 55 montre le fantôme magnétique du récepteur
Mors-Abdank.
|
  |
D'autres téléphones Mors-Abdank
  
 
À l'étranger, Abakanowicz entretenait des
contacts étroits avec la Pologne, alors divisée.
Vers 1884, il fonda à Varsovie le « Bureau électrotechnique
B. Abakanowicz et Cie », qui promouvait ses inventions en Pologne.
Il écrivait des articles pour des revues scientifiques. Philanthrope,
il aidait les associations polonaises en France et soutenait financièrement
la jeunesse polonaise en finançant des bourses et des voyages scientifiques.
Ce scientifique s'intéressait au monde culturel
polonais. Il était un ami proche d'Henryk Sienkiewicz.
Il était un grand admirateur et mécène du peintre
Aleksander Gierymski. Il recevait fréquemment des artistes en France,
dont Léon Wyczólkowski, qui peignit le seul portrait connu
d'Abakanowicz.
La proximité de l'inventeur avec Sienkiewicz est attestée
par le fait qu'après sa mort, l'écrivain devint le tuteur
légal de Zofia, la fille de Bruno Abakanowicz. La Seconde Guerre
mondiale et l'extermination de l'élite polonaise laissèrent
également une trace tragique dans la famille Abakanowicz. Les Allemands
détruisirent et brûlèrent tous leurs biens. Zofia
périt en 1943 dans le camp de concentration allemand d'Auschwitz.
Il dirigea pendant longtemps la Compagnie française Thomson-Houston,
fondée à Paris en 1893. Grâce à ses nombreux
contacts, Abakanowicz exploita des brevets américains dans le domaine
du génie électrique. Pour sa contribution au développement
de cette industrie en France, Bruno Abakanowicz reçut la Croix
de la Légion d'honneur et la Médaille d'argent de la Société
pour l'encouragement de l'industrie nationale.
Il se retire dans une petite île près de
Trégastel, au large des côtes de la Bretagne, où
entre 1892 et 1896, il fait construire un manoir de style néo-gothique,
le château de Costaérès. Bien que les travaux de
construction ne sont pas encore terminés, celui-ci devient un
centre remarquable de la culture polonaise émigrée, abritant
des artistes, scientifiques et politiciens. Parmi les invités
fréquents se trouvaient Aleksander Gierymski, Wladyslaw Mickiewicz,
Leon Wyczólkowski et Henryk Sienkiewicz.
Vers 1896 il fait construire l'hôtel Bellevue
de Ploumanac'h. Le 15 mars 1896, il achète le moulin avec les
tuiles rouges du Petit Traouiéro (Milin Ru) à un boulanger.
1898 Une photographie
montre I'écrivain assis sur la terrasse du manoir. Derrière,
de gauche a droite, se tiennent la gouvernante anglaise de sa fille, puis
Jadwiga sa fille, Zofia Abakanowicz et deux gouvernantes polonaises. L'artiste
et ami Leon Wyczolkowski, professeur de peinture de Jadwiga, pose les
bras croisés. Henryk Jozef, le fils de Sienkiewicz, regarde son
père. Enfin, Bruno Abakanowicz, appuyé sur une canne, fixe
l'objectif du photographe.
Intégraphe Abdank-Abakanowicz
C'est un intégrateur, instrument mécanique
permettant de réaliser des intégrations de façon
moins fastidieuse quen décomposant laire sous la courbe
en une réunion de figures géométriques simples.
Il utilise le principe de construction dune courbe dont la pente
des tangentes est donnée.
Le premier prototype a été inventé en 1878, et permet
de tracer la courbe dite quadratrice d'Abdank-Abakanowicz, ou intégrale
de cercle.
Dans le développement d'une version commerciale de son intégraphe,
Abdank-Abakanowicz a dû surmonter plusieurs difficultés.
Entre 1880 et 1889, il a essayé de nombreux mécanismes différents
pour résoudre le problème, du transfert d'une direction
extraite d'une courbe donnée, sur une roue tranchante. Une coopération
fructueuse a surgi autour de 1885 avec David Napoli, l'inspecteur en chef
et le directeur de l'atelier du Chemin de fer oriental français,
qu'il avait connu en 1883 à l'Exposition de Vienne. Napoli eut
l'idée d'utiliser des roues dentées, pour résoudre
le problème du transfert de direction. Cette solution a abouti
au modèle commercial, confié à l'ingénieur
suisse Gottlieb Coradi, à Zurich.
|