Wilhelm Œsteerrich

W. Oesterreich était un ingénieur et inventeur pionnier de la téléphonie et de la télégraphie en Allemagne, rattaché à l'administration des Postes et Télégraphes de Berlin (Reichspost). Il est particulièrement célèbre dans l'histoire des télécommunications pour avoir conçu des technologies d'infrastructures cruciales au moment même où les réseaux de communication urbains commençaient à se développer.

Wilhelm Oesterreich a développé l'un des premiers modèles de standard téléphonique à choix multiples (Klappenschrank mit Vielfachumschalter). Ce système permettait d'interconnecter efficacement des centaines de lignes téléphoniques urbaines et d'optimiser le travail des opérateurs (les « demoiselles du téléphone ») en combinant les mécanismes de test de ligne et de connexion.

Puis il a conçu une méthode innovante d'appel par courant continu (Ruhestrombetrieb) adaptée aux réseaux de téléphonie des villes (Stadt-Fernsprechanlage), fiabilisant la transmission des signaux d'appel entre les usagers et le central. Son commutateur, est le premier qui ait été construit en Allemagne; il présente sur les systèmes américains l'avantage de ne nécessiter qu'un seul conducteur, ce qui permet une grande simplification de matériel et une économie de place très avantageuse, étant donné le nombre toujours croissant des abonnés aux réseaux urbains.

1884 Système téléphonique urbain de W. Oesterreich fonctionnant en courant continu.
L'administration impériale allemande des télégraphes utilise des batteries galvaniques dans ses réseaux téléphoniques urbains pour acheminer les appels vers le central et l'abonné souhaité. Ces batteries sont installées chez chaque abonné.
W. Oesterreich, à Berlin , décrit un système simple et, malgré des économies importantes sur les matériaux des batteries, très fiable, fonctionnant avec un courant de repos. .

La figure 1, selon l' Elektrotechnische Zeitschrift, 1887, p. 373, montre le circuit du central V et de deux postes téléphoniques S. Dans le central, le rail de terre commun e n'est pas directement connecté à la terre E , mais une batterie de ligne B est connectée à la connexion de terre. Vingt à trente cellules cuivre-zinc sont connectées ; les postes téléphoniques S1 , S2 , etc. , ne possèdent aucune batterie. Ce système diffère d' un système classique uniquement par la présence d'une résistance R (en graphite) dans le circuit de sonnerie. Cette résistance est dimensionnée de manière à garantir, d'une part, que le courant de repos de la batterie du central ne devienne pas trop élevé, préservant ainsi sa matière, et d'autre part, que les variations de résistance sur la ligne lors de la commutation entre les deux branches F et R, W, par le dispositif de commutation u, soient minimales. Un dimensionnement approprié des résistances R permet d'uniformiser les résistances de toutes les lignes. Dans le réseau téléphonique urbain susmentionné, toujours en service, 30 cellules constituent la batterie de repos, et la résistance R est dimensionnée à 5 000 O S-E
Si les constantes d'un élément sont E = 100 et w = 5 , et qu'il y a 50 lignes (un standard téléphonique) de 5000 O chacune, le courant de repos total a une intensité de Sr = 12, dont 1/50 = 0,24 est réparti sur chaque ligne . Ce courant n'active ni le commutateur k du central ni la sonnerie W ; ces deux dispositifs réagiraient avec une intensité six fois supérieure. L'appel du central téléphonique se fait en décrochant le téléphone du dispositif de commutation u ( Fig. 2 ) : cela active la résistance de deux téléphones F (un seul est représenté sur le schéma) d'une résistance totale de 400 O au lieu de la résistance R + W (environ 5000 ohms) . Cela réduit-il la résistance totale à 500 . Lorsque la batterie B descend, elle injecte un courant d'environ 2 A dans la ligne, ce qui provoque la fermeture du volet k du central.
On peut augmenter la différence entre les deux courants en connectant les deux téléphones côte à côte, ou en appelant le central téléphonique.On utilise un bouton dans lequel le contact de la batterie est relié à la masse. L'appel vers l'abonné souhaité est initié par le central téléphonique, qui reçoit à cet effet une batterie de réveil suffisamment puissante (100 cellules dans le système susmentionné) pour surmonter une résistance de 5 000. Une inductance de forte puissance pourrait également être utilisée. Le réveil s'effectue au moyen d'un cordon relié à la borne libre de la batterie, lequel est ensuite inséré dans la prise correspondante. Lorsque deux lignes sont connectées ( Fig. 2 ), les électroaimants à clapet s'activent. Pour recevoir le signal de fin de communication, un galvanoscope G et une pile spéciale b sont connectés. Plus le galvanoscope est sensible, plus la pile b peut être petite ; dans la configuration décrite, huit piles cuivre-zinc sont utilisées. La sensibilité du galvanoscope, ou plutôt le courant, peut être facilement ajustée de sorte que l'aiguille revienne à zéro dès que l'un des deux interlocuteurs raccroche ; ce retour à zéro est encore plus fiable lorsque les deux raccrochent. Il s'agit du signal de fin de communication parfaitement fiable, indépendant de la volonté des interlocuteurs. Sachant que même des galvanoscopes à résistance élevée peuvent être connectés à une ligne téléphonique sans perturber la communication, la pile b peut aisément être réduite à une seule pile. Outre cet équipement, suffisant pour un fonctionnement normal, certains circuits spéciaux sont nécessaires, qui sont brièvement mentionnés ci-dessus. La première méthode consiste à établir une ligne avec une station intermédiaire. Dans ce cas, la station intermédiaire est équipée d'une inductance puissante permettant d'activer la station terminale. L'appel du central s'effectue alors depuis l'une ou l'autre station en réduisant la résistance de la ligne, comme décrit précédemment. Une seconde caractéristique est la connexion continue de deux postes téléphoniques durant la nuit. Les deux postes S , reliés au central V par les lignes L1 et L2 , sont équipés d'un commutateur U à cet effet. Le fonctionnement de la commutation est identique dans les deux postes et est illustré sur la figure 3.

Peu avant la fermeture, le central demande aux abonnés de tourner la manivelle du commutateur vers la droite ; le central connecte alors les deux abonnés comme d'habitude, activant une batterie (8 à 12 éléments) qui sert ici de batterie d'alarme. En veille, le courant dans le poste téléphonique circule par le contact normalement fermé du bouton T, à travers les enroulements de l'alarme W , jusqu'à la terre E. L'armature est constamment enclenchée, mais l'alarme ne sonne pas. Cependant, si l'un des postes appuie sur le bouton T , le courant circule du contact normalement ouvert du bouton T , par la branche a, via le contact normalement fermé r, jusqu'à la terre E.Les enroulements sont mis à terre, l'ancre est tirée, le courant est interrompu à r , l'ancre est relâchée, le courant est rétabli à r , etc., les deux alarmes retentissent. Au début de son service, l'agent peut facilement vérifier, d'après la position de l'aiguille, si les deux participants sont revenus à leur position initiale, et il déconnecte les lignes .

Un réseau téléphonique urbain fut installé dans une ville de province rhénane en 1885

1887 Commutateur automatique pour lignes téléphoniques, de M. Œsteerrich.

En France dans un premier article vu dans "La Lumière Electrique" de mai 1887, on lit :
On sait, que dans les réseaux téléphoniques urbains , chaque station est reliée au bureau central à l’aide d’une ligne directe. Mais dans la plus grande partie des cas, la ligne n’est occupée qu’à des intervalles assez éloignés et pendant un temps souvent très court ; aussi est-il de la plus haute importance d’arriverà la construction d’un appareil simple permettant d’insérer plusieurs stations sur le même fil tout en leur donnant les mêmes avantages qu’à une station reliée directement à la station centrale.
Ce problème a déjà beaucoup occupé les ingénieurs des réseaux téléphoniques et plusieurs appareils ont été proposés; les uns, comme par exemple, le commutateur dû à M. Rothen et en usage dans les réseaux suisses, exigeant le concours des stations intermédiaires, les autres, par contre, effectuant les combinaisons désirées d’une manière absolument indépendante.
Ces derniers appareils sont, par la nature même des fonctions qu’ils doivent remplir, d’une construction assez compliquée et par là même d’un fonctionnement un peu difficile.
C’est dans cette dernière catégorie que rentre le nouveau commutateur automatique imaginé par M. Œsterreich, à Berlin, et décrit dans l’Elektrotechnische Zeitschrift.
Cet appareil n’est ni plus simple ni plus compliqué que d’autres proposés également dans le même but; il lui manque en tout cas, la sanction de l'expérience, car nous ne sachons pas qu’il ait été déjà employé dans la pratique journalière d’un réseau quelconque.
Le but de l’appareil construit par M. Œsterreich est spécialement de relier à la station centrale un certain nombre d’abonnés aboutissant tous directement au commutateur automatique, celui-ci étant en communication directe avec le bureau central par un fil spécial. Ce cas qui se présente fréquemment est, par exemple, celui d’une maison dans laquelle demeurent plusieurs abonnés que l’on veut relier par un seul fil à la station centrale.
M. Œsterreich a combiné son appareil en vue des applications possibles dans les réseaux téléphoniques allemands dans lesquels chaque station est munie d’une batterie de 8 à 12 éléments Leclanché avec laquelle tous les appels de la station centrale et des abonnés ont lieu.
Aucun changement ne devant être apporté aux stations ordinaires, le commutateur doit satisfaire aux conditions suivantes :
1° La manœuvre du commutateur doit se faire à la station centrale ; cette opération doit avoir lieu sans que les abonnés en soient avertis.
2° La station centrale doit pouvoir appeler chaque abonné à l’insu des autres.
3° La station centrale peut relier chaque abonné avec n’importe quel autre qu’il soit placé ou non sur une ligne à plusieurs stations.
Les abonnés, une fois reliés, doivent pouvoir s’appeler directement et causer entre eux sans que d’autres personnes puissent participer à la con
versation. De même, on doit pouvoir relier deux abonnés dont les lignes aboutissent au même commutateur multiple.
4° Chaque abonné doit pouvoir, tant que la ligne est libre, appeler la station centrale sans déranger les autres stations. Si la ligne est déjà occupée, on doit le reconnaître facilement à la première tentative d’appel.
5° Enfin,la station centrale doit pouvoir contrôler, après chaque communication, si le commutateur a été ramené exactement à sa position initiale.
Les figures 1 , 2 et 3 représentent l’appareil tel qu’il a été construit pour trois abonnés. On peut se faire une idée de sa complication dès qu’un plus grand nombre d’abonnés serait en jeu.

Un cylindre d’ébonite du, mobile autour de son axe dans le sens de la flèche, porte, incrustées à l’intérieur, à une certaine distance de sa surface 8 bandes métalliques m longitudinales et équidistantes. Chacune d’elles est munie d’un certain nombre de boutons de contact qui, suivant la position du cylindre, viennent frotter contre l’un des 10 ressorts lamellaires à fin.

La figure 3 , qui donne le développement de la surface cylindrique, permet de constater faci lement la position relative de ces boutons de contact et en même temps de vérifier les liaisons qui sont établies dans l’une ou l’autre des 8 positions du cylindre.
Les chiffres placés à gauche de la figure 3 indiquent la position du cylindre; ceux qui sont placés à droite représentent par contre la combinaison établie lorsque le cylindre se trouve dans la position correspondante. Ainsi, on voit que dans la position 8 les ressorts f2 à f5 et f sont reliés entre eux, ce qui correspond à la liaison des abonnés 2, 3 et de la station centrale.
L’échappement n, n, s, est mu par l’électro-aimant de telle sorte qu'à chaque attraction de l’armature, le cylindre se meut d’un huitième de tour dans la direction de la flèche. Cet électro-aimant est réglé de manière à n’être,sensible qu’au courant de la station centrale qui est deux fois aussi fort que celui qui provient d’une station d’abonné.
A la station centrale, les émissions nécessaires du courant ont lieu à l’aide d’une manivelle V K qui frotte successivement sur 8 contacts reliés à la batterie et 8 contacts de repos.

Le commutateur comprend en outre les appareils auxiliaires suivants:
1 ° Un relais polarisé R (fig. 4) qui est placé dans le circuit de façon à n'être excité que sous l’influence du courant transmis par la station centrale; lorsqu’il est actionné par ce courant, l’armature h établit un contact en a et ferme ainsi une communication à la terre, en sorte que le courant ne peut pas aller au delà du commutateur, mettre en action les sonneries des abonnés intercalés sur le fil.
2° Trois relais R1 R2 R3, un pour chaque ligne secondaire partant de la station de commutation ; ces relais servent à transmettre à la station centrale l’appel des abonnés.
Le courant provenant de l’abonné relié au relais R, par exemple , après avoir circulé dans les spires de R, , est conduit à la terre, car le levier h appuie au repos contre le contact a, ; ce levier h, est alors attiré et vient frapper contre le contact i,, fermant ainsi le courant d’une batterie B sur un circuit composé du fil 1, du commutateur C, du relais R et de la ligne L.
On peut, dans les cas peu compliqués, de 3 stations par exemple, employer un seul relais portant 3 enroulements distincts.
3° Une résistance r qui doit être au moins aussi grande que celle de la ligne L ; elle est reliée d’un côté à la terre, de l’autre au ressort f du commutateur.
4° Une batterie B dont l’un des pôles est relié avec le ressort f2, et l'autre avec l’axe du commutateur C et avec les contacts i, i2 is des relais R, R3 Ra.
La figure 4 donne le schéma des communications; T. est l'appareil téléphonique de la station centrale, G. un galvanoscope et K le commuta teur destiné à envoyer dans la ligne les émissions de courants nécessaires pour le fonctionnement du système.

La description de l’appareil et des communications étant ainsi complète, voyons rapidement comment.les différentes parties du système sont reliées entre elles et quelle est la marche du courant dans chacune des huit positions du commateur automatique.
- Dans la position n (position de repos de l’appareil), les lames f1 et f2 ainsi que f4 f6 f8 f9 et f10 sont reliées entre elles; chaque abonné peut, dans cette position, appeler la station centrale. Si, par exemple, l’abonné i émet un courant d'appel, celui-ci passe à la terre par f4 et f9 et actionne le relais R, ; ce relais envoie alors un courant de la batterie B par IL jusqu’à la station centrale; il existe bien sur le parcours de ce courant une dérivation à la terre par f1 et f2, mais
puisque r>L, le courant de la ligne L n’est pas sensiblement affaibli.
L'employé de la station centrale tourne alors la manivelle du transmetteur K de manière à passer de la position r, à la position r2; le courant qui est émis pendant ce mouvement actionne le commutateur automatique et le place dans la position 2.
Dans cette position 2, les lames f2, f4., f6 et f8 communiquent entre elles. Le bureau central répond alors à l’abonné; cette réponse parvient aux trois abonnés reliés au commutateur automatique, mais cela n’offre pas d’inconvénients.
Pour relier l’embranchement i avec un abonné dont la ligne part du bureau central, celui-ci place la manivelle dans la position 3; dans ce cas la ligne l, est relié par les lames f2 et f3 avec le fil L, et la communication se fait comme d’habitude.
Les appels des deux abonnées n’actionnent pas le commutateur automatique puisque son électro-aimant n’est sensible qu’à l’action d’un courant deux fois aussi fort, et que le relais R, est mis hors du circuit. Pendant ce temps, les deux autres abonnés sont isolés par le commutateur C, ce qu’ils reconnaissent facilement à l’immobilité de leur galvanoscope lorsqu’ils pressent le bouton de fermeture du courant.
Lorsque le premier abonné a donné le signal de clôture de la conversation, la. station centrale ramène la manivelle de K à la position r, et remet ainsi tout le système dans son état initial.
Les positions 4 et 5 correspondent pour les abonnés 2 et 3 à la position 3 de l’abonné 1.
Les abonnés 1, 2 et 3 communiquent entre eux dans les positions 6, 7 et 8.
La station centrale contrôle la position exacte du commutateur automatique de la manière suivante :
Entre les bandes métalliques 8 et 1 le cylindre (fig. 3) porte un contact s, relié d’un côté à l’axe et de l’autre à la batterie B. L’autre extrémité du cylindre porte également deux contacts t et n, en sorte que dans la position intermédiaire entre 8 et 1 la batterie B est reliée à la terre par les lames f9 et f10 (fig. 4).
Lorsque la statton centrale replace la manette K dans sa position de repos, la batterie B est fermée après l’émission du 8° courant correspondant au contact a s; elle envoie ainsi dans la ligne L par le contact s, et la lame ^ un courant qui dévie l’aiguille du galvanoscope de la station centrale et avertit ainsi l’employé que le commutateur automatique a été ramené dans sa position normale.

Dans un autre article on lit que M. W. Oesterreich a pris un brevet pour un un commutateur automatique placé au point de bifurcation du fil unique vers les abonnés. La station automatique qui est représentée par la fig. 44 se compose du commutateur proprement dit, d'un relais polarisé R' et d'autant de relais ordinaires R1 R2 R3 qu'il y a d'abonnés reliés au commutateur.
Fig44
Le commutateur de la figure 44 est disposé pour 3 abonnés dont les lignes sont indiquées par 1, 2 et 3.
Une pile P et une résistance R complètent l'arrangement. Les flèches signifient communication avec la terre. Le commutateur proprement dit n'est pas visible dans le dessin, mais on comprendra ses fonctions par ce qui suivra. Il consiste en un cylindre mobile autour d'un axe horizontal. Sur ce cylindre, qui est en matière isolante, sont encastrées, sur huit rayons, des pièces de contact. La partie Y démontre le revêtement du cylindre développé en plan avec les huit rangées de pièces de contact sur lesquelles glissent dix lames de ressort r1 à r10 .
Le cylindre est mis en rotation par la station centrale, au moyen de courants électriques qui parcourent l'électro-aimant G, dont l'armature, se terminant en échappement, avance le cylindre d'une dent à chaque fermeture du circuit.
Cette disposition ressemble beaucoup à celle des cadrans électriques qui sont mis à l'heure par une horloge type. Au lieu de faire tourner le cylindre par l'électricité elle-même, on peut produire la force de rotation par un poids; dans ce cas les impulsions électriques ne font que déclancher d'une dent la roue d'échappement. Le poids, avant d'arriver à son point inférieur, ferme le circuit d'une sonnerie d'alarme qui donne aux personnes présentes à la station du commutateur le signal de remonter le poids. Le cylindre peut prendre huit positions différentes correspondant aux huit rangées de contact 1 à 8 (voir Y). Quand le cylindre a une position telle que les pièces de contact de la rangée 1 touchent les ressorts, il y a communication électrique entre les ressorts r 1 et r2 et entre les ressorts r 4, r6 , r8, r 9 et r10. Quand, par un courant électrique passant par l'électro-aimant C, le cylindre avance d'une dent, c'est la rangée des contacts 2 qui se place sur les 10 lames r, et il y a communication électrique entre les ressorts r2, r4 , r6 et r s . Ainsi pour chacune des 8 positions du cylindre on trouve facilement les communications électriques qui s'établissent.
Le commutateur a la position de repos quand les contacts de la rangée 1 se trouvent sous les ressorts. Chacun des trois abonnés peut alors appeler la station centrale sans déranger les autres. Quand par exemple l'abonné 2 appelle, le courant prend le chemin suivant : Par 2 il traverse le relais R2 , car dans la direction du ressort r 5 il y a interruption, et par les ressorts r 6 et r9 il parvient à la terre. Mais le passage du courant par les ressorts r6 et r9 ne dure qu'un instant excessivement court, car l'armature du relais R2 touche le butoir a 2 qui ouvre au courant un chemin plus direct à la terre. Il y a en même temps un -second contact établi par l'armature du relais; une pièce isolée fixée à l'armature bute contre c2 , et un courant de la pile P peut passer par c2 , R', C et la ligne L vers la station centrale et retourner de là par la terre à P. Ce courant n'a pas la bonne direction pour faire mouvoir l'armature du relais polarisé R', ni une force suffisante pour actionner le relais C, donc il ne fait pas autre chose que d'appeler la station centrale. Cette station envoie un courant énergique pour faire avancer le cylindre d'une dent et ainsi la position 2 se trouve établie. Ce courant arrivant passe par L, C, R', r2 , r1 et une résistance artificielle R à la terre, l'armature du relais polarisé R' touche le butoir a et ouvre ainsi au courant un chemin plus direct à la terre. La position 2 du commutateur cylindrique obtenue, la conversation par téléphone entre l'abonné appelant et la station centrale peut commencer. Dans cette position 2 les autres abonnés peuvent se mêler à la conversation; ils peuvent aussi appeler, mais cela ne produit qu'un coup sec et court pour les interlocuteurs qui, par ce fait, comprennent qu'un autre abonné demande aussi la station centrale. Les trois interlocuteurs peuvent alors s'entendre entre eux pour décider lequel des deux abonnés doit avoir la préférence.
Pour établir la communication à travers la station centrale avec l'abonné d'une autre ligne, la station centrale donne au commutateur cylindrique la position 3 si c'est l'abonné 1 qui a appelé la position 4 pour l'abonné 2, la position 5 pour l'abonné 3. Pour les cas où un abonné en demande un autre du même fil, on a les positions 6, 7 et 8. Par la position 6, l'abonné 1 est mis en relation avec l'abonné 2, par 7 l'abonné 1 avec 3 et par 8 l'abonné 2 avec 3. Le chemin que parcourt le courant dans chaque cas spécial est facile à suivre : dans la position 6, par exemple, où l'abonné 1 est mis en communication avec l'abonné 2, le courant arrivant de 1 passe, sans traverser le relais Rn par le ressort r3 dans les ressorts r3 et Par rb le courant arrive chez l'abonné 2, par r2 il atteint la station centrale qui est intercalée en bifurcation pour pouvoir recevoir le signal de fin de conversation. Après la fin d'une conversation, la station centrale ramène toujours le commutateur cylindrique dans la position de repos, mais elle doit pouvoir s'assurer que cette position est en effet atteinte. Dans ce but, il y a entre les rangées de contact 8 et 1 un contact qui correspond au ressort r 2 et communique avec un pôle de la pile P, et les deux derniers contacts de la rangée 1 sont allongés vers la rangée 8. Quand le cylindre passe de la position 8 à la position 1, le ressort r 2 glisse un moment sur le contact qui est en communication avec un pôle de la pile F, tandis que l'autre pôle communique par les ressorts r9 et r 10 avec la terre ; un courant momentané atteint donc la station centrale et y donne, sur un galvanomètre, le signal indiquant que le cylindre a effectivement atteint sa position de repos. Pour que la station centrale puisse appeler un abonné elle n'a qu'à avancer le cylindre du commutateur automatique jusqu'à la position voulue, pour l'abonné 3 par exemple jusqu'à ce que la rangée 5 des contacts Y soit arrivée sous les ressorts r .

Et une étude de E. Estaunié très détaillée du système Oesterreich est disponible dans ce document (pdf).


1890 LE COMMUTATEUR TÉLÉPHONIQUE MULTIPLE W. OESTERREICH

Trois bureaux de Paris : Gobelins, Etienne Marcel et Wagram étaient en commande pour un système de commutateur "multiple" à batterie centrale qui met tous les abonnés du central à la portée de la main et de la fiche de l'opératrice.

1893 Le journal La Patrie se plaint amèrement du service téléphonique tel qu’il fonctionne à Paris.
« Nous en avons assez, dit-il, et nombre d’abonnés sont comme nous. Loin de devenir un adjuvant et une commodité pour les affaires, le téléphone devient une source de déboires et de contre-temps.
« L’administration n’a pas songé aux procès légitimes qu’elle pourrait s’attirer.
« Qu’elle prenne garde!
« Elle ne fait pas attention au mécontentement sans cesse croissant du public et semble ne pas se rappeler la grève des abonnés qui a menacé Marseille.
« Enfin, c’est une honte pour un pays comme le nôtre qu’une incurie et une mauvaise volonté semblable régne dans une administration de l’Etat chargée d’un service urgent et de nécessité immédiate. »
Ces récriminations ont peut-être aujourd’hui encore quelque raison d’être; mais le public doit reconnaître de son côté que l’administration fait en ce moment même de louables efforts pour remédier à cet état de choses. Les 18 000 abonnés parisiens étaient, il y a peu de temps encore, répartis entre douze bureaux centraux réunis entre eux par des lignes auxiliaires. Les retards dont se plaint le public provenaient et proviennent encore de la multiplicité de ces lignes de renvoi. Pour améliorer le service, l’Administration a, depuis la reprise des téléphones par l’Etat, poursuivi la centralisation des bureaux, tendance qu’on ne peut qu’approuver et encourager. Elle a créé le bureau de l’avenue Wagram avec 3000 abonnés, celui de la rue de Belleville avec 6000 abonnés, et achève en ce moment le bureau de la rue Gutenberg, aménagé pour 6000 abonnés et dont la mise en service n’est plus qu’une question de quelques jours, à moins de difficultés imprévues. Enfin, elle projette l’établissement d’un quatrième bureau sur la rive gauche. En agissant ainsi, l’Administration s’est mise au niveau des derniers progrès réalisés en téléphonie, car il faut bien se dire que le système multiple employé jusqu’à ce jour faute de mieux ne permet pas dans la pratique de centraliser plus de 6000 lignes d’abonnés dans un même bureau. Dès que le nombre d’abonnés dépasse ce chiffre, on se voit obligé de créer de nouveaux bureaux. Le grand desideratum actuel serait de pouvoir relier tous les abonnés à un seul bureau, en supprimant ainsi les lignes de renvoi aussi encombrantes qu’incommodes à desservir. On a bien entendu parler vaguement de multiples de 12000 abonnés, mais on ne paraît pas pouvoir atteindre ce chiffre dans la pratique. Un progrès de ce genre devenant nécessité, nous espérons le voir bientôt réalisé .


La Lumière Électrique a donné la description d’un commutateur multiple de W. Oesterreich, et plus tard d’une simplification de ce commutateur.
Le grand avantage de ce système est qu’il n’est pas nécessaire de faire passer dans tous les tableaux deux fils pour chaque abonné, mais qu’un seul fil suffit; de plus, les jacks et les fiches sont d’une disposition très simple.
Ce système a reçu depuis de nouveaux perfectionnements, nous avons montré récemment une nouvelle disposition de ce commutateur.
Celui-ci a subi une autre transformation importante, et nous croyons intéressant de la faire connaître à nos lecteurs dans tous ses détails.
La Société Mix et Genest avait exposé un tel commutateur à Francfort, en 1891.


La figure 1 est destinée à rappeler le montage général du système.
La ligne L traverse un certain nombre de jacks de I à III, qui ne sont composés que de deux parties conductrices, une bague a et une lame de ressort b, réunies par une pièce d’ébonite c. Le dernier jack est en relation avec un annonciateur K et une pile locale B desservant simultanément une quarantaine de lignes et composée de deux à trois éléments constants.
Le circuit contient encore une résistance réglable W, dont le but est d’affaiblir le courant suffisamment pour qu’il ne puisse produire l'appel chez les abonnés, mais qu’il soit assez intense pour permettre de faire l’essai de la ligne.
Dans la disposition la plus récente de ce commutateur, on emploie toujours les deux fiches que nous avons décrites dans nos précédents articles, et les ressorts b reposent sur les bagues isolantes n (fig. 2), tandis que les douilles a sont reliées entre elles par les parties métalliques h et les fils s et a 3 des cordons. Les communications des fiches avec les appareils sont représentées par la figure 2. Cette disposition permet de réduire le nombre de fiches et de simplifier considérablement les manipulations.
La fiche, représentée à gauche sur la figure 2 est destinée à la ligne qui appelle, celle de droite à la ligne appelée; cette dernière est employée pour l’essai de la ligne, et possède un cordon à deux conducteurs. Elle se compose d’une pièce métallique présentant une pointe d’un tube d’ébonite, il l'enfilé sur cete pièce, et portant lui-même un tube métallique h. Les parties métalliques de la fiche communiquent avec le cordonà deux conducteurs, la partie h avec le conducteur s et k avec s

Fig. 3. — Montage des quatre tableaux.

L’employé a à sa disposition un transmetteur et un galvanoscope G très sensible. L’annonciateur de fin de conversation SK est placé entre les contacts a etc et peut être intercalé au moyen du commutateur U dans les lignes qui sont mises en relation par les fils et s.
Les longueurs des divers organes composai! les fiches et les jacks sont disposées de façon qu’en introduisant la fiche pour amener la pointe k sous le ressort b, lt vienne en contact avec b et Il avec a, de sorte que la ligne précédemment coupée se trouve refermée. Le galvanoscope intercalé entre s et à 1! doit donc indiquer le passage d'un courant, si la ligne est libre. Dans le cas où la ligne serait déjà en communication par un jack placé à la droite du jack d’essai, elle serait reliée à la terre, mais isolée de la pile B par la pièce n. Si la communication était établie dans un jack de gauche, cette même pièce n séparerait la ligne entre a et b des appareils placés à droite ; dans les deux cas, l’aiguille du galvanoscope ne peut dévier.
Les deux lames isolées de la clé U sont mobiles autour des points e et/, et peuvent mettre s2 et i- en contact soit avec a et e, soit avec b et d.

Fig. 4. — Vue de face d’un commutateur pour 6000 abonnés.

Sous la table sont fixées trois bandes métalliques dont III est en communication avec tous les cordons .sq, I avec b et II avec d ; entre les bandes II et III se trouve le galvanoscope G, et entre I et III l'appareil téléphonique de l’employé.
Ce dernier appareil comprend un microphone M, une bobine d’induction J, un téléphone F et une clef d’appel T. MB est la pile du microphone, WB la pile d’appel. La clef T se compose de deux ressorts isolés l’un de l’autre, la lame supérieure étant reliée à la bande de métal III, la lame inférieure à II. La première touche ferme à l’état de repos, le contact du téléphone, la seconde vient en contact, lorsqu’on abaisse la clef avec le pôle zinc de la pile d’appel. Cette clef T et la pile d’appel WB peuvent naturellement être remplacés par un inducteur.
Pour empêcher que le courant d’essai ne puisse trouver par le circuit local une dérivation vers la terre, on a intercalé dans le circuit de terre un petit condensateur G, qui améliore en même temps la. transmission en protégeant les appareils contre les courants terrestres. Le montage du téléphone de l’employé permet d’ailleurs de contrôler les conversations sur les diverses lignes sans introduire une dérivation à la terre.

Pour l’établissement des communications, ce système nécessite les opérations suivantes.
Toutes les clefs U sont à l’état de repos sur les contacts b,d, comme dans la figure 2. Si l’abonné A de la ligne L A vient à appeler, la fiche de s2 est introduite dans son jack; le téléphone local se trouve alors en circuit. A demande B. La fiche du cordon s st est alors introduite lentement dans le jack de l’abonné B, de sorte que le galvanoscope G se trouve passagèrement intercalé dans le circuit par k, st, III, G, II, d,f, s, h. Si l’aiguille du galvanoscope est déviée par un courant de la pile d’essai B, c’est que la ligne LB de l’abonné B est libre. Le courant dérivé passant par su T, F, J, I, b, e, s2, h vers LA ne traverse pas le galvanoscope. Les lignes LA et L B sont ensuite reliées définitivement en poussant la fiche à fond.
En appuyant sur la clef T, on appelle l’abonné B, si cette opération n’est pas exécutée par l’appelant A. Lorsque l’employé s’est aperçu que la conversation est engagée, il amène les lames de la clef U en contact avec a c, pour intercaler l’annonciateur de fin de conversation SK. Celui-ci tombe lorsque l’un des abonnés émet le signal final ; on retire alors les deux fiches et l’on remet la clef U dans la position de repos sur b d.
La figure 3 montre les liaisons établies entre les lignes de quatre abonnés A, B, G, D, dans les différentes phases de l’opération ; on remarque ici un conducteur commun E, en communication d’une part avec tous les annonciateurs du tableau, par exemple KB sur le tableau I, d’autre part avec la pile d’essai B et la résis-lance W. Les jacks de chaque abonné sont désignés par les mêmes lettres sur les quatre tableaux.

Voici quelles sont alors les communications.
1) Tableau I. — B vient d’appeler. Le jack B que possède B sur ce tableau contient la fiche reliée au cordon s2. U est placé sur b et d, et le téléphone de l’employé est intercalé par le circuit s2, e, b, I, J, F, G.
2) Tableau II. — G vient d’appeler. La fiche correspondant à L C est introduite dans le jack G, U est dans la position b d, le téléphone est intercalé. C a demandé la communication avec A. La ligne L A est mise en communication dans le jack A avec la fiche d’essai ; celle-ci n’est pas poussée à fond, elle se trouve dans la position d’essai. Le courant de la pile B passe dans le tableau IV à travers l’annonciateur K A, ensuite de LA par le ressort b du jack A dans le tableau II, et par k, jj, III, G, II, d,f, s, h, a, à la ligne extérieure LA. Si cette ligne est libre, le galvanoscope indiquera le passage d’un courant.
3) Tableau, III. — D veut être mis en relation avec A ; la communication est établie, car la fiche de s2 se trouve dans le jack D et la fiche en A est poussée à fond. On appelle A en appuyant sur la clef T; le courant part de WB en III et va rejoindre L A en traversant la partie inférieure de T, ensuite II, d,f, s, h, a ; l’employé écoute si la conversation est engagée.
4) Tableau IV. — A est en communication avec B, les deux abonnés ont terminé leur conversation. U était en contact avec a et c et l’annonciateur de fin de conversation S K3 est en circuit. La communication entre LA et LB a lieu par l’intermédiaire de a et m dans le jack A par s2, e, a, S Kj, c,f, s, h et a du jack B. L’annonciateur S Kj est tombé ; on retire les fiches, et l’on ramène la clef U dans sa position de repos.
Les figures 4 et 5 donnent la vue de face et la section d’un commutateur complet pour un réseau de 6000 abonnés; la figure 6 en est une vue d’ensemble. Le tableau peut contenir, en commençant par en haut, en A et B 6000 jacks, dont 1200 sont en place dans la figure 4. B contient 1000 jacks généraux et G 200 jacks individuels. On voit encore sur ce commutateur en D et E trois galvanoscopes G, 40 cordons simples et 40 autres à double fil, ainsi que 40 clefs en F. On trouve près de G, 40 annonciateurs de fin de conversation, en II 200 annonciateurs d’appel, en K trois clefs d’appel et des jacks pour les appareils téléphoniques. Les 40 paires de cordons sont visibles en L, et en N les poids qui servent à les tendre au moyen des poulies visibles en M.

Pour plus de clarté, nous donnons ci-dessous un exemple du numérotage des jacks dans le tableau II d’un bureau; ce tableau dessert les lignes 201 à 400, dont les annonciateurs sont placés en C et manquent pour cette raison en B.
Trois appareils téléphoniques portatifs du modèle Mix et Genest sont posés sur la table, ou bien l’on se sert de trois téléphones et de trois microphones suspendus qui peuvent être reliés par une fiche avec la bande métallique 1, comme on peut le voir figure 2. Dans le cas où trois employés desservent un tableau, les bandes 1, II et III sont composées de trois parties qui restent séparées ou peuvent être au besoin reliées par l’insertion de fiches. Chaque employé peut atteindre avec sa fiche le jack le plus à sa portée, soit sur son tableau, soit sur un tableau voisin.

La figure 5 montre comment les bandes portant les jacks sont verticales pour la série inférieure, mais s’inclinent de plus en plus jusqu’à
la rangée supérieure, qui fait avec l’horizontale un angle d’environ 30°. De cette façon, le bras portant la fiche se dirige toujours dans le sens axial du jack, ce qui facilite les manipulations.
Les jacks généraux sont placés par série de 30, les jacks individuels par séries de 20 sur des bandes d’ébonite fixées sur les montants du tableau par deux vis. On peut d’ailleurs enlever les différents jacks séparément sans déranger les autres.
Les électro-aimants des annonciateurs se composent d’un noyau en forme de fer à cheval et de deux bobines présentant environ 150 ohms de résistance ; leur construction est très soignée; il sont assez sensibles pour fonctionner dans un circuit de 1500 ohms avec six éléments Leclanché.

Entre la disposition que nous avons décrite antérieurement et celle que nous venons d’examiner il en a été combiné une autre par la Société Mix et Genest. Dans ce système, 40 annonciateurs de fin de conversation étaient placés sous les 3000 jacks, venaient ensuite 40 fiches à cordons doubles, puis 300 annonciateurs d’appel et 200 jacks individuels, enfin 40 fiches à cordons simples.
On était obligé de placer sous les 3000 jacks généraux une seconde série de 200 jacks individuels, pour ne pas être obligé de passer avec le cordon à double fil par dessus les annonciateurs d'appel. Au lieu de la clef à deux lames T de la figure 2, on employait une clef Morse ordinaire, dont l’axe était relié avec III et st, tandis que les contacts de repos et de travail étaient montés comme dans la figure 2 ; le courant d’appel du bureau passait donc à travers le galvanoscope, qui devait en même temps être assez sensible pour dévier sous l’action du faible courant d’essai, deux conditions difficiles à réaliser.

Fig-6 — Ensemble d’un commutateur pour 6000 abonnés.

On peut se rendre compte des avantages de la disposition actuelle du commutateur multiple en le comparant avec d’autres systèmes.
Tandis que dans le commutateur de la Western Electric C° de Chicago les clefs se composent de huit parties, elles n’en comportent ici que six; le système américain contient pour 100 abonnés 40 clefs d’appel, le système Oesterreich n’en contient que trois pour 200 abonnés.
Dans le tableau à cordons simples de Scribner il y a pour 200 abonnés 200 commutateurs et 200 clefs, composés de 10 parties avec 11 fils et donnant lieu à de nombreux dérangements.
Dans le système Oesterreich la manipulation de l’essai de la ligne coïncide avec celle qui réalise la communication des lignes, car on n’a qu’à introduire la fiche s lentement dans 1e jack voulu et à observer l’aiguille du galvanoscope.
Dans d’autres systèmes, on fait l’essai en touchant avec la fiche et en se servant du téléphone. Ce moyen est beaucoup moins sûr, car on peut toujours entendre du bruit dans le téléphone; mais, de plus, cette opération exige de 1/2 seconde à 1 seconde, et pendant ce temps un autre employé peut essayer la ligne, ce qui donne lieu à des irrégularités dans le service. Cet inconvénient est évité lorsque l’essai et l’occupation de la ligne se font par une opération unique.
Le montage du commutateur que nous venons de décrire et l’essai au moyen d’un galvanoscope peuvent être appliqué aux réseaux à double fil et aux circuits à simple fil qui aboutissent, comme dans le système Scribner, à un cordon simple avec fiche.
E. Zetzsche
Le dispositif pour ces trois cas est breveté en France et en Angleterre.
Source: Polytechnischen Journals Tome 283, année 1892, p. 223

En dehors du téléphone, Oesterreich a également structuré les diagrammes de circuits et la distribution des courants pour le réseau télégraphique urbain de Berlin (Stromlauf für die Berliner Stadt-Telegraphenleitungen).
Ses inventions et rapports techniques ont été largement documentés et partagés à l'échelle internationale dans les revues d'ingénierie de l'époque, notamment dans le Journal Télégraphique de l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) ainsi que dans le célèbre journal technologique allemand Dingler's Polytechnisches Journal.